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Full text of "Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France"

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ÂNNUÂIRE-BULLETIN 



DE LA SOCIÉTÉ 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE 



ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 1 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



A NOGBNT-LK-ROTROU. 



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NUAIRE-BULLETIN 



DE LÀ SOCIÉTÉ 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE 



ANNÉE 1889 




A PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 

H. LAURENS, SOGCESSE0R 
LIBRAIRE DE LA BOCIÉTÉ DE L'hISTOIRB DE FRANCE 

RUE DE TOURNOH, H" 6 

1889 

T. XXVI. ^ f 

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DÉCHET 

RBG0NNAIS8ANT 

LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE 

COMME iTABUSSEMENT D'UTILiri PUBUQXJE. 



RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, 
liberté, Égalité, Fraternité. 

AU NOM DU PEUPLE FBAXfgAIS. 

Le Préflident de la République, 

Sur le rapport dn Ministre de llnstmctioii publique et des Cultes, 

Le Conseil d'État entendu, 

Décrète : 

Article premier. 
La Sùdéié de l'Histoire de France, établie A Paris, est reconnue comme 

BTABU88EMBNT D'UTILITi PUBLIQUE. 

Son règlement est approuvé tel qu'il est et demeure d-annexé. Il ne 
pourra y être apporté de modification qu'en yertu d'une nouyelle autori- 
sation donnée daûs la même forme. 

Art. II. 

Le Ministre de l'Instruction publique et des Cultes est chargé de l'exé- 
cution du présent décret, qui sera inséré au Bulletin des lois. 

Fait à l'Élysée-National, le 31 juiUet 1851. 

Signé : L. N. Bonaparte. 

Le Ministre de l'Instruction puàUque et des CuUes, 

Signé : de Crouseilhes. 



REGLEMENT 

LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE 

A&RÉTlî LE 23 JANYIER 4834 ET MODIFIÉ LE 40 MAI 4836. 

TITRE PREMIER. 

But de la Société. 

Art. 1*'. Une société littéraire est instituée sous le nom de Société db 
l'Histoirb db Francs. 

Art. 2. Elle se propose de publier : 

1* Les documents originaux relatifs à l'histoire de France, pour les 
temps antérieurs aux États généraux de 1789; 

2** Des traductions de ces mêmes documents, lorsque le Conseil le 
jugera utile; 

3* Un compte rendu annuel de ses travaux et de sa situation; 

4* Un annuaire. 

Art. 3. Tontes les publications de la Société sont délivrées gratis à 
ses membres. 

Art. 4. Elle entretient des relations avec les savants qui se livrent à 

des travaux analogues aux siens ; elle nomme des associés-correspondants 

parmi les étrangers. 

TITRE IL 

Organisation de la Sodéié, 

Art. 5. Le nombre des membres de la Société est illimité. On en fait 
partie après avoir été admis par le Conseil, sur la présentation faite par 
un des sociétaires. 

Art. 6. Chaque sociétaire paie une cotisation annuelle de trbntb francs. 

Art. 7. Les sociétaires sont convoqués au moins une fois l'an, au mois 

de mai, pour entendre un rapport sur les travaux de la Société et sur 

l'emploi de ses fonds, ainsi que pour le renouvellement des membres du 

Conseil. 

TITRE IIL 

Organisation du Conseil. 

Art. 8. Le Conseil se compose de quarante membres, parmi lesquels 
sont choisis : 
Un président, 
Un président honoraire. 
Deux vice-présidents, 
Un secrétaire. 
Un secrétaire adjoint. 
Un archiviste. 
Un trésorier. 



RÈGLEMENT. 7 

Art. 9. Les membres da Conseil^ à l'exception da président honoraire, 
sont renouvelés par quarts à tour de rôle, chaque année. Le sort désignera, 
les premières années, ceux <iui devront sortir; les membres sortants peu- 
yent être réélus. Le secrétaire continuera ses fonctions pendant quatre ans. 

Aet. 10. L'élection des membres du Conseil a lieu à la majorité absolue 
des suffrages des membres présents. 

Abt. 11. Le Conseil nomme, chaque année, un Comité des fonds, com- 
posé de quatre de ses membres. 

Il nomme aussi des commissions spéciales. 

Les nominations sont faites au scrutin. La présidence appartient à celui 
qui réunit le plus de suffrages. 

Aar. 12. L'assemblée générale nomme, chaque année, deux censeurs 
chargés de yérifier les comptes et de lui en faire un rapport. 

Art. 13. Le Conseil est chargé de la direction des travaux qui entrent 
dans le plan de la Société, ainsi que de l'administration des fonds. 

Les décisions du Conseil pour l'emploi des fonds ne pourront être prises 
qu'en présence de onze membres an moins, et à la majorité des suffrages. 

Art. 14. Le Conseil désigne les ouvrages A publier, et choisit les per- 
sonnes les plus capables d'en préparer et d'en suivre la publication. 

Il nomme, pour chaque ouvrage A publier, un commissaire responsable 
chargé d'en surveiller rexécntion. 

Le nom de l'éditeur sera placé en tète de chaque Volume. 

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans l'au- 
torisation du Conseil, et s'il n'est accompagné d'une déclaration du 
commissaire responsable portant que le travail lui a paru mériter d'être 
publié. 

Art. 15. Le Conseil règle les rétributions à accorder à chaque éditeur. 

Le commissaire responsable aura droit à cinq exemplaires de l'ouvrage 
à la publication duquel il aura concouru. 

Art. 16. Tous les volumes porteront l'empreinte du sceau de la Société. 
Après la distribution gratuite faite aux membres de la Société (art. 3), 
les exemplaires restants seront mis dans le commerce, aux prix fixés par 
le Conseil. 

Art. 17. Le Conseil se réunit en séance ordinaire au moins une fois par 
mois. 

Tons les sociétiHres sont admis à ses séances. 

Art. 18. Nulle dépense ne peut avoir lieu qu'en vertu d'une délibéra- 
tion du Conseil. 

Art. 19. Les délibérations du Conseil portant autorisation d'une dépense 
sont immédiatement transmises au Comité des fonds par un extrait signé 
du secrétaire de la Société. 

Art. 20. Le Comité des fonds tient un registre dans lequel sont énon- 
cées au fur et à mesure les dépenses ainsi autorisées, avec indication 
de l'époque à laquelle leur paiement est présumé devoir s'effectuer. 



8 RÈGLEMENT. 

Le Comité des fonds tient un registre dans lequel sont inscrits tous 
ses arrêtés portant mandat de paiement. 

Art. 21. Le Conseil se fera rendre compte, tous les trois mois au moins, 
de rétat des impressions, ainsi que des autres travaux de la Société. 

Art. 22. Le Comité des fonds devra se faire remettre, dans le cours du 
mois qui précédera la séance où il doit faire son rapport, tous les ren- 
seignements qui lui seront nécessaires. 

Art. 23. Les dépenses seront acquittées par ,1e trésorier sur un mandat 
du président du Comité des fonds, accompagné des pièces de dépense 
dûment visées par lui ; ces mandats rappellent les délibérations du Conseil 
par lesquelles les dépenses ont été autorisées. 

Le trésorier n'acquitte aucune dépense si elle n'a été préalablement 
autorisée par le Conseil, et ordonnancée par le Comité des fonds. 

Art. 24. Le Comité des fonds et le trésorier s'assemblent une fois par 
mois. 

Art. 25. Tous les six mois, en septembre et en mars, le Comité des 
fonds fait, d'office, connaître la situation réelle de la caisse, en indiquant 
les sommes qui s'y trouvent et celles dont elle est grevée. 

Le même Comité présentera au Conseil, dans les premiers mois de 
l'année, l'inventaire des exemplaires des ouvrages imprimés existant dans 
le fonds de la Société. 

Art. 26. A la fin de l'année, le trésorier présente son compte au Comité 
des fonds, qui, après l'avoir vérifié, le soumet à l'assemblée générale pour 
être arrêté et approuvé par elle. 

La délibération de l'assemblée générale sert de décharge au trésorier. 



La Sogibté db l'Histoire de Frange a été fondée le 21 décembre 1833. 



LISTE DES MEMBRES 



DE 



LA SOCIETE DE L'HISTOIRE DE FRANCE 

AYBIL 1889. 



MM, les Membres de la Socie'të sont priés de vouloir bien faire connaître 
leurs changements d'adresse à l'agent de la Société, M. Fr, Martin, rue 
des Francs-Bourgeois, n* 60, aux Archives nationales. 



MM. 

AouiLLON (Gabriel), [1489], ayocat au €k)aseil d'État et à la Cour de 

* cassation, rue Richepanse, n* 10. 

Aix (Bibliothèque de la viUe d^), [687], représentée par M. Gant; cor- 
respondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n» 6. 

ko. [BibliotJièque universitaire cf'), [2083]; correspondant, M. Picard, 
libraire, me Bonaparte, n* 82. 

Alobr (Bibliothèque universitaire d'), [2081] ; correspondants, MM. Ha- 
cbette et C'% libraires, bonleyard Saint- Germain, n* 79. 

Âus (l'abbé), [2143], curé de Xaintrailles (Lot-et-Garonne) ; correspondant, 
M. Tabbé Meynial, professeur au collège Stanislas, rue d'Assas, n* 33. 

Allasd (Paml), [1341], avocat, associé correspondant de la Société natio- 
nale des Antiquaires de France, rue du Rempart, n* 4, à Rouen (Seine- 
Inférieure). 

Amphbrnbt (ricomte dO, [1844], ^, à Versailles (Seine-et-Oise), rue 
Royale, n* 92. 

Andab (Alfred), [1170], ^, régent de la Banque de France, rue la Boëtie, 
n* 49. 

Angers {Bibliothèque de la ville d^, [2117], représentée par M. Sorin, 
bibliothécaire; correspondants, MM. Germain et Grassin, libraires, à 
Angers (Maine-et-Loire). 

Anisson-Dupbrron, [1845], ancien député, boulevard Haussmann, n* 149. 

Antioghb (comte d'), [2138], rue Vaneau, n* 18. 

Arbaumont (Jules d'), [1154], secrétaire de la Commission d'archéologie 
de la Gôte-d'Or, associé correspondant de la Société nationale des 
Antiquaires de France, aux Argentières, près Dijon; correspondant, 
M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13. 



10 LISTE DES MEMBRES 

Arc (Pierre d'), [2151], aTocat à la Cour d'appel d'Aix, à Alx (Boaches- 
dn-Rhône); correspondant, M. Goérin, rue de Gondé, n* *29. 

ÀRGHnrBS vAnosALBs(BibUothèque deà), [1147], représentée par M. Gus- 
tave Senrois, ^, garde général des ArchÎTes; correspondant, M. Picard, 
libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

Abobnton (baron Eugène d'), [1995], au château de Saint-Marcouf, par 
Lison (Calvados). 

Arihnoaud, [1550], professeur au lycée Henri lY, rue Cassette, n* 7. 

Arnal (Albert), [1500], avocat à la Cour d'appel de Paris, avenue d'Antin, 
n»57. 

Arth (Louis), [519], avocat, à Nancy, rue de Rigny, n* 7; correspondant, 
M. Ém. Rondeau, libraire, passage des Panoramas, n* 35. 

Athbnjsum Clxtb, [2168], à Londres, Pall Mail ; correspondants, MM. Dulau 
et C**, libraires, à Londres, Soho Square, n* 37. 

AuBERT (Félix), [1997], avocat, rue de TÉpinette, n* 5, à Saint-Mandé 
(Seine) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

AuBiLLY (baron Georges d'), [1427], rue Caumartin, n* 60. 

AuBRT-YiTET (Eugène), [1485], archiviste-paléographe, rue Barbet-de^ouy, 
n- 9. 

AuGOG (Léon), [1030], C. ^, membre de llnstitut, ancien président de 
section au Conseil d'État, membre du Comité des travaux historiques, 
rue Sainte- Anne, n* 51. 

AuDiAT (Louis), [1729], professeur de rhétorique au collège de Saintes 
(Charente-Inférieure); correspondant, M. Picard, ' libraire, rue Bona- 
parte, n* 82. 

Audiffrbt-Pasquier (duc d'), [3], sénateur, membre de TAcadémie fran- 
çaise, rue Fresnel, n* 23. 

AuoERD, [1 480] , ancien magistrat, à Bourg (Ain) ; correspondant, M. H. . Lau- 
rens, libraire, rue de Tournon, n* 6. 

AuMALB (duc d'), [961], G. C. ^, membre de l'Académie française, de 
l'Académie des beaux-arts et de l'Académie des sciences morales et 
politiques, président de la Société des Bibliophiles français, général 
de division, au château de Chantilly (Oise). 

AvBNBL (vicomte G. d*), [1929], rue Galilée, n* 23. 

Avignon {Musée et Biblioikèque éT), [645] ; correspondant, M. Antoine 
Calmet, garde-magasin des livres, au ministère de l'Instruction publique. 

Avocats {Bibliothèque de Vordre des), à Paris, [720], représentée par 
M. Templier, au Palais-de-Justice. 

Babinet, [1827], C. ^, conseiller à la Cour de cassation, rue Notre-Dame- 

de-Lorette, passage Laferrière, n* 4. 
Baousnault de Pughesse, [1735], docteur es lettres, secrétaire de la 

Société archéologique et historique de l'Orléanais, rue Yignon, n' 18, 

et à Orléans (Loiret). 
Bâillon (oomte db), [857], quai d'Orsay, n* 45. 
Balorrb (comte de), [1950], au château de la Cour, par Saint-Pourçain 

(AUier). 



• • • ■ • 

• • • 

• • • 



DE LA SOCIÉTÉ. 11 

Bauah (AngDSte), [1806], andcs député, me de la Btimie, n* 8. 

Balbém (Gharies), [1807], nie de la Baume, n* 8. 

BAMDim-Giutnifun (prince vm), [1235], palazzo Altieri, piaxza del Getà, 

àBime. 
Bamt (André-Étiemie), [1870], capitaine d'artillerie, me de Lifbomie, 

s* 10. 
BAPar (Gennain-CoDstant), [1869], membre de la Société nationale des 

AntJqDairet de France, avenne floche, n* 18. 

Basadat dm Lacazb (C), [2059], an château de Bozès, par Astaifort 

(Lot-et-Oaionne). 
BABAim (ban» Pro^er de), [14S2], ^^ boulerard Hamanann, n* 182. 
BAmBSBBT (Maurice ds), [751], aTeooe Bosquet, n* 11. 
Bàmmi vu Bogaob, [893], ^, me d'Anjou, n* 4. 
Babbike (Aimé), [2106], rue des Sablons, n* 86. 
Baeooux, [2028], sénateur, ancien ministre, aTenne d'Iéna, nr 74. 
Bamteèubêy (Anatole db), [1384] , ^, membre de Tlnstltut, du Comité 

des traraux historiques et de la Société nationale des Antiquaires de 

France, me d'Anjou, n* 9. 
BAaTBoumi (Femand), [1013], ^, ancien maître des requêtes an ConseU 

d'État, me la Bochefoucauld, n* 12. 

Baudow de Xoinr (Charles), [2153], arehiTiste-paléographe, place du 

Palais-Bourbon, n* 6. 
Baddouv, [2068|, arehimte de U Haut^-Garonne, rue Mage, n* 34, à 

Toulouse (Haute-Garonne); correspondant, M. Armaing, libraire, à 

Toulouse, rue Saint -Borne, n« 42. 
Badutt (oa), [1332], ^, ancien maître des requêtes an Consdl d'État, me 

Boissy-d'Anglas, n* 30. 
Bâtard (Eugène), [849], ^, ancien maître des requêtes an Conseil d'État, 

lisent général de la Caisse d'épargne de Paris, me du LouTre, n* 19. 
Batb (baron na), [2174], membre de la Sodété nationale des Antiquaires 

de France, aTenne de U Grande-Armée, n* 58, et au château de Baye 

(Marne). 
BATomrB (Bibliothèque de la ville de), [1407], représentée par M. Léon 

Hiriart, bibliothécidre; correspondant, M. Didron, libraire, bonlerard 

Baspail, n* 6. 
BcAUCBBam (comte Adelstan db), [2105], me Boccador, n* 6. 

Bbaucoubt (G. DU FassHE, marquis de), [921], rue de Babykme, n* 53, 

et au château de MoraiuTille, par Blangy (Calvados). 
Bbauxb (Itoirî), [992], ^, anden procureur général, à Lyon (Bhône), 

cours du Midi, n* 21 ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de 

Toumon, n* 6- 
BBAirmcpa-BBAUPRâ, [749], ^, conseiller â la Cour d'appel de Paris, 

rue de Vangirard, n* 22; correspondant, M. Pedone Lanrid, libraire, 

me Sonfllot, n* 13. 

Bbautais (Bibliothèque de la vUle de), [2052] , représentée par M. Mar- 



12 LISTE DES MEMBRES 

chandin, bibliothécaire; correspondaDt, M. Picard, libraire, me Bona- 
parte, n* 82. 

BflAinrERosR (baron ds), [1941], me dn Cirqae, n* 8. 

Bbauyillé (db), plll], anden dépaté, me Cambacérès, n* 4, et à Mont- 
didier (Somme). 

Bbooxtbn (Ticomte Henri), [2064], place Saint-François-XaYier, n* 10. 

BsLLAoïTBT (Mesdemoiselles), [2002], me Bonaparte, n* 68. 

Bbmda, [1748], négociant, me des Archiyes, n* 17. 

BsNiER (Emest-Albert), [1954], 0. ^, capitaine de frégate, boulevard 
Saint-Michel, n- 107. 

Bebobr (élie), [1645], ancien membre de l'École française de Rome, 
archiviste anx Archiyes nationales, auxiliaire de rinstitnt, quai d'Or- 
léans, n* 14. 

Bbbnabd (l'abbé Eugène), [1897], ^, ancien. TÎce-doyen de Sainte-Oene- 
YièYe, me Gay-Lussac, n* 5. 

Bbbnabd (Lucien), [1320], à Gnéret (Creuse); correspondant, M. H. Lan- 
rens, libraire, me de Tournon, n* 6. 

Bbbnibb (Adrien), [2150], conseiller à la Cour d'appel de Bordeaux, à 
Bordeaux (Gironde), me de la Croix-Blanche, n* 43. 

Bbbnon (J.-A. db), [1799], avocat à la Cour d'appel de Paris, me des 
Saints-Pères, n* 3. 

Bebtband (Joseph), [2014], C. ^, membre de l'Académie firançaise, 
- secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, me de Toumon, n* 4. 

Besançon {Biblioihèque de la ville de), [1371], représentée par M. Castan, 
!j^, bibliothécaire; correspondant, M. Allouant, libraire, me Séguier, 
n* 3. 

Besançon {Bibliothèque universitaire de), [2055], représentée par 
M. Prieur, bibliothécaire; correspondant, M. Thorin, libraire, me 
Médicis, n* 7. 

BizuEL d'Esnetal, [1942] , rue Saint- Guillaume, n* 29. 

BiANCSEï (Marins), [1171], me Jean-Goujon, n* 6. 

BmijoTHÀQUES des châteaux de Compiègne, Fontainebleau, Pau et Ver- 
saiUes, [595 à 598]. 

Bidoibb, [1499], ancien avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassa- 
tion, me de Conrcelles, n* 38. 

BiENATME, [1674], ^, chef de bureau au ministère des Finances, me des 
Saints-Pères, n* 13. 

BixNGOXJBT (marquis de), [1966], me de Poitiers, n* 12. 

Bienvenu, [1501], ancien député, me Jouffroy, n* 38. 

Blagas (comte Bertrand de), [2109], me de Yarenne, n* 52 bis, et au châ- 
teau d'Ussé, par Chinon (Indre-et-Loire). 

Blanghb (Alfred), [936] , C. ^, ancien conseiller d'État, avocat â la Cour 

d'appel de Paris, me Daru, n' 5. 
BiihnY, [1719], ancien auditeur au Conseil d'État, boulevard Haussmann, 

n* 105. 



DB LA' SOCIÉTÉ. 13 

BuoNT, [1744], notaire, à Rouen (Seine-Inférieure), rue Ganterie, n* 58. 
BoMLiSLB (Arthur db), [1651], ^, membre de l'Institut, du Comité des 

trayaux historiques et de la Société nationale des Antiquaires de 

France, rue de TUniversité, n* 18. 
BoNAND (Henri de), [1794], au chAteau de Montaret, près SouTigny (Allier) ; 

correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n* 6. 
BoNDT (comte de Taillepibd db), [462], C. ^, envoyé extraordinaire et 

ministre plénipotentiaire, au château de Chassey, par Doulon (Loire- 
Inférieure). 
BoNFTBAU (Albert), [1560], rue de la Banque, n* 17. 
BoNNASsiBux (Pierre), [2113], archiviste aux Archiyes nationales, rue de 

Rennes, n* 62, et à Versailles (Seine-et-Oise), avenue de Villeneuve- 

l'Étang, n* 21. 
BoppB (Auguste), [2123], rue Bonaparte, n* 13. 

Bordeaux {Bibliothèqvs universitaire de)^ [2118], représentée par M. Mor- 
tel, bibliothécaire; correspondant, H. H. Laurens, libraire, rue de 

Toumon, n*> 6. 
Bon DB RiOAUD (Alméric du), [1961], boulevard Malesherbes, n"" 168. 
Borblu de Serres (colonel), [2140], 0. ^, ancien attaché militaire à 

l'ambassade de France à Berlin, rue Boccador, n"* 20. 
Boucher de Molandon, [1733], ^, membre de la Société archéologique et 

historique de l'Orléanais, correspondant du ministère de l'Instruction 

publique, associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires 

de France, à Orléans (Loiret). 
BouGHERET, [977], avoué, à NeufchÂtel (Seine-Inférieure); correspondant, \ 

M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n" 6. 
BouillA (comte Louis de), [1404], rue de Courcelles, n* 54. 
BouLATXONiER, [§04], C. ^, audeu président de section au Conseil d'État, 

villa Montboron, à Nice (Alpes-Maritimes), et au château de Pise (Jura). 
Boulât de la Meurtre (comte Alfred), [1656], rue de l'Université, 

nr 23. 
Bourges (Bibliothèque de là Cour d'appel de), [1483] ; correspondant, 

M. H. Laurens, libraire^ rue de Tournon, n* 6. ^ 

BouRMONT (comte Amédée de), [1920], archiviste-paléographe, rue Saint- 

Thoma&-d'Aquin, n** 1, et à la Roche, par* Vaas (Sarthe). 
BouRT (comte de), [2116], au château d'Amfreville-la-Campagne, par Lou- 

viers (Eure); correspondant, M. le baron le Vavasseur, rue Boissy- 

d'Anglas, n° 25. 
Braun, [1372], ^, conseiller d'État, me du Ranelagh, n* 98, à Passy- 

Paris. 
Brazbnozb Collbob, [2136], à Oxford (Angleterre); correspondant, 

M. Nutt, libraire, à Londres, Strand, n« 270. 
Brissaud, [1322], ^, ancien professeur d'histoire au lycée Charlemagne, 

me Mazarine, n** 7. 
Broqlie (duc de), [1614], ^, membre de .l'Académie française, rue de 

Solferino, n« 10. 



14 LISTS DES MEMBRES 

Brolbmanm (Georges), [HBT], boulevard Malesherbes, n* 52. 

Brotonnb (P. db), [1796], ancien élèye de l'École polytedinique, attaché 
an ministère des Finances, me Saint-Honoré, n* 370. 

Brubl (Alexandre], [2146], sons-chef de section anx Archiyes nationales, 
rue Stanislas, n* 6. 

BuRB (Charles-Philippe-Albert bb), [668], à Moulins (Allier); correspon- 
dant, M. Chossonnery, libraire, quai des Grands-Augustins, n* 47. 

Burin dbs Roziers, [1105], ^, ancien magistrat, au chAteau du Mesnil, 
par Latour-d'Auyergne (Puy-de-Dôme). 

Bussibrrb (M"* la baronne Edmond db), [2164], rue de Lille, n* 84. 

Gabn {Bibliothèqw de la ville de), [1015], représentée par M. Lavalley, 
bibliothécaire ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

Gabn {Bibliothèque universitaire de), [2078], représentée par M. Bouvy, 
bibliothécaire ; correspondant, M. Le Soudier, libraire, bouleyard Saint- 
Germain, n* 174. 

Gaillebottb (l'abbé), [1162], curé de Notre-Dame-de-Lorette, à Paris. 

Gambbfort, [2060], boulerard Haussmann, n* 34. 

Gambridob (Bibliothèque de, V Université de), [2169], à Cambridge (Angle- 
terre) ; correspondants, MM. Dulau et C'*, libraires, à Londres, Soho 
Square, n* 37. 

Camus (Fernand), [1756], boulevard Saint-Michel, n* 123. 

Carraby (E.), [2020], arocat à la Cour d'appel de Paris, me de 
Téhéran, n* 4. 

CARRi (Gustave), [1822] , professeur agrégé d'histoire au lycée Lakanal, 
à Sceaux (Seine) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, me de Tour* 
non, n* 6. 

Carsalaoe du Pont (l'abbé db), [2065], curé de l'église Saint-Pierre, à 
Auch (Gers) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, 
n* 6. 

Cartwrioht (William), [951], à Londres. 

Cassation {Bibliothèque de la Cour db), [1721], représentée par M. Ga- 
briel Richou, conservateur, quai de l'Horloge. 

Cazbnovb (Raoul db), [1438], à Lyon (Rhône), me Sala, n* 8. 

Chabrillan (Paul Guioues db Morbton, comte de), [356], me Jean- 
Goujon, n' 29. 

Chabrillan (Hippolyte-Camille-Fortuné Guioues, comte de Morbton de), 
[1311], rue Christophe-Colomb, n* 8. 

Chambre des D^puTés {Bibliothèque de la), [1660], représentée par 
M. Laurent, ^, bibliothécaire; correspondant, M. Le Soudier, libraire, 
boulevard Saint-Germain, n* 174. 

Champion (Honoré), [1741], libraire, quai Voltaire, n* 9. 

CHANTéRAO (marquis de), [908], rue de Bellechasse, n* 17. 

Chantérag (comte Victor de), [1732], me Ch3mel, n« 12. 

Charavat (Etienne), [1705], archiviste-paléographe, me Fiirstenberg, n** 4. 



Bfi LA SOCIÉTÉ. 15 

Charayat (Eugène), [2033J, expert en autographes, quai du Louvre, 

n* 8. 
Chabdin (Paul), [1542], rue des Pyramides, n" 2. 
CHAfiLBicAONE (Edmoud), [2040], rue de Déols, n* 81, à GhÂteauroux 

(Indre). 
Chabpin-Fsugbrolubs (comte db), [919], !^ ancien député, au château de 

Feugerolles, par le Chambon (Loire); correspondant, M. H. Laurens, 

libraire, rue de Tournon, n** 6. 
Gha&tbbs (Bibliothèque de la ville de), [1516]. 
Chaslus (Paul), [2067], avocat à la Cour d'appel de Paris, 'place 

Malesherbes, n* 24. 
CnATBAUDUN (BibUothèque de la ville de), [1855], représentée par 

M. Hetté, bibliothécaire ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue 

de Tournon, n** 6. 

Cbatbl (Eugène), [2035], archiviste honoraire du département du Calva- 
dos, associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires de 
France, rue Vavin, n" 5. 

Chavanne de Dalmassy, [2154], capitaine au 11* régiment de cuirassiers, 
à Niort (Deux- Sèvres). 

Ghazellbs (Etienne de), [1863], ancien préfet, rue de Varenne, n* 58, et 
au château de la Canière, par Aigueperse (Puy-de-Dôme). 

Chéruel (A.), [786], O. ^y membre de l'Institut et du Comité des tra- 
vaux historiques, inspecteur général honoraire de Tlnstruction publique, 
rue de l'Odéon, n* 16. 

Chbtbam Librabt [2110], â Manchester (Angleterre); correspondant, 
M. David Nutt, libraire, Strand, n* 270, à Londres. 

Cheyallisr (Léon), [1226], ^^ conseiller-maître à la Cour des comptes, rue 
de Rivoli, n- 216. 

CnivRiER (Adolphe), [2088], ^, avocat général à la Cour de cassation, 
rue de Téhéran, n* 13. 

CHévBiBR (Maurice), [1922], ancien magistrat, rue Jacob, n* 35. 

Choppin (Albert), [1156], O. ^, ancien directeur au ministère de l'Inté- 
rieur, quai Voltaire, n* 3. 

Chossat db Montbueon (A.), [2053], au château de la Garde^ par Bourg 

(Ain). 
Chbistophlb (Albert), [1104], ancien ministre, député, gouverneur du 

Crédit foncier, place Vendôme, n* 19. 
Clambgt (baron de), [1363], ^, ancien sous-préfet, rue Hurel, n* 13 bis^ 

à Neuilly (Seine); correspondant, M. Jolibois, rue Castellane, n" 8. 
Claveau, [1200], O. >^, inspecteur général honoraire des établissements 

de bienfaisance, rue Bonaparte, n* 5. 

Clermont-Fer&and [Bibliothèque universitaire dé), [1937], représentée 
par M. A. Maire, avenue Charras, n* 20 ; correspondant, M. H. Laurens, 
libraire, rue de Tournon, n» 6. 

CooHiN (Henry), [2054], rue de Vienne, n* 3. 



16 LISTE DES MEMBRES 

GoLLBTiLLB (Yicomte db), [^b\], secrétaire général de la Préfecture, à 

Digne (Basses-Alpes). 
GoLMBT D ÀAaa, [1769], O. ^j doyen honoraire de la Faculté de droit de 

Paris, bouleyard Sainte-Germain, n* 126. 

CôLMBT d'A^ob (Henri), [1158], ^, conseiller-maître à la Cour des 

comptes, rae de Londres, n* 44. 
GoMBouL, [1943], ingénieur dTil, rue de Rennes, n* 74. 

GoMifUNAT (Amauld), [2157], secrétaire général de la Société des Biblio- 
philes de Guyenne, à Bordeaux (Gironde), rue Saubat, n* 12 ; corres- 
pon'^ant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n« 82. 

GoNSBiL d'État {Bibliothèque du), [934], représentée par M. Gustave 
Yattier, ^, au Palais-Royal. 

GoRicBNiN (Roger db la Hatb db), [1716], rue de l'Arcade, n* 25. 

GosNAO (comte Jules de), [717], ^, rue Yaneau, n*" 37, et au château du 
Pm, par Salons-la-Tour (Corrèze). 

GoTTiN, [1291], ^y ancien conseiller d'État, rué de la Baume, n* 15. 

GouoNT (Edmond) , [1877] , ^ , inspecteur d'Académie à Paris, associé 
correspondant de la Société nationale des Antiquaires de France, rue 
Boissière, n" 59, à Passy-Paris. 

GouRGBL (baron db), [2133], G. O. ^j ancien ambassadeur, boulevard 
Montparnasse, n* 10. 

GouRGBL (Yalentin Ghodron de), [1068], rue de Yaugirard, n* 20. 

GouKaiYAL (marquis de), [2102], !^, rue Marcadet, n" 112. 

GouRGT (marquis db), [2149], ^, ancien ministre plénipotentiaire, rue 
Saint-Dominique, n" 33. 

Goubnault (Gharles), [2026], ^, correspondant du ministère de Tlns- 
truction publique, associé correspondant de la Société nationale des 
Antiquaires de France, à Malzéville (Meurthe-et-Moselle) ; correspon- 
dant, M. A. de Barthélémy, rue d'Anjou, n* 9. 

GouBsoN (baron Amédée de), [1841] , ancien sous-préfet, au château des 

Planches-sur-Amblie, par GreuUy (Galvados). 
GoxjBTiLLiER, [1628], ^, membre du Gonseil général de la Sarthe, au 

château du Perray, par Précigné (Sarthe). 
GoussBMAKER (Iguacc db), [^^39], à Bailleul (Nord); correspondant, 

M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 
GoYiLLB (A.), [2163], archiviste-paléographe, maître de conférences â la 

Faculté des lettres de Gaen, à Gaen (Gs^vados), rue Bosnières, n» 24. 
Grbsson, [1299], ^, avocat à la Gour d'appel de Paris, ancien préfet de 

police, rue Gambon, n"* 41. 
GRàvBGŒUB (Robert de), [2125], rue de Longchamps, n* 120. 
Groissandbau (Jules), [1909], négociant, rue du Bourdon- Blanc, n* 15, à 

Orléans (Loiret) ; correspondant, M. Groussois, libraire, rue Dupuytren, 

n« 4. 
Geoze (Gharles db), [793], rue du Gherche-Midi, n* 15. 



DE LA SOCIÉTÉ. 17 

Daouim (Christian), [1849], avocat à la Cour d'appel de Paris, rue de 
l'Université, n* 29. 

Daouin (Femand), [1726], doctenr en droit, avocat à la Cour d'appel de 
Paris, rue de l'Université, n* 29. 

Dallbmaoiib (baron), [2032], rue des Capucins, à Belley (Ain). 

D'Allshaonb (Henri), [2121], archiviste-paléographe, attaché à la Biblio- 
thèque de l'Arsenal, rue des Mathurins, n* 30. 

Dàmpisrbb (vicomte A.-Fr. de), [1762], rue Chomel, n« 12. 

DANaLAED (l'abbé), [1644], docteur es lettres, rue de Picpus, n* 12. 

Da&as, [1314], 0. ^, ancien officier de marine, à Angouléme (Charente). 

Dabbstb de la Chavanne (Rodolphe), [1098], ^, membre de l'Institut, 
conseiller à la Cour de cassation, quai Malaquais, n* 9. 

Dauvbronb (H.)> [2050], architecte du département de l'Indre, à Châ- 
teauroux (Indre). 

Davannb, [1901], sous-bibliothécaire à la bibliothèque Sainte-Geneviève, 
rue des Petits-Champs, n* 82. 

David (Edmond), [985], ^, ancien maître des requêtes au Conseil d'État, 
rue Montalivet, n* 11. 

Debidour, [2156], doyen de la Faculté des lettres de Nancy, rue de 

< Lorraine, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Dbgq (Emile), [1711], libraire, rue de l'Université, n* 46, à Liège (Bel- 
gique). 

Décrue de Stoutz (Francis), [1871], docteur es lettres, professeur à 
l'Université de Genè?e (Suisse); correspondants, MM. Pion, Nourrit 
et C^% libraires, rue Garancière, n" 10. 

Delabo&db (Henri-François), [1912], ancien membre de l'École française 
de Rome, archiviste aux Archives nationales, rue du Faubourg-Saint- 
Honoré, n* 103. 

Delaoarde (Emile), [1974 1, rue de Courcelles, n"" 10, et au château 
d'Écuiry-Septmonts (Aisne). 

Delage (l'abbé), [1802] , professeur d'histoire au petit séminaire de Bor- 
deaux (Gironde) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tour- 
non, n* 6. 

Delalain (MM.) frères, [1859], imprimeurs -libraûres, me des Écoles, 
n- 56. 

Dblaroque (Henri), [879], libraire, quai Voltaire, n» 21. 

Delaville Le Roulx (Joseph), [1837], archiviste-paléographe, docteur es 
lettres, ancien membre de l'École française de Rome, associé corres- 
pondant de la Société nationale des Antiquaires de France, rue de Mon- 
ceau, n* 52, et au château de la Roche, par Monts (Indre-et-Loire). 

Dbuslb (Léopold), [816], C. ^, membre de l'Institut, administrateur 
générai de la Bibliothèque nationale, président de section au Comité des 
travaux historiques, membre de la Société nationale des Antiquaires de 
France, rue des Petits-Champs, n» 8. 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 2 



18 LISTE DES MEMBRES 

Delmas (Jean), [2119], à Anrillac (Cantal), ayenue des Ponts, n* 30. 
Dblpit (Jules), [1399], à Bordeaux (Gironde). 

DsMAT (Ernest), [1103], ancien avocat au Conseil d'État et à la Cour de 
, cassation, rue de Berlin, n* 38. 
DsMOMBTNBS (Gabriel), [1724], avocat ^ la Cour d'j^>pel de Paris, me 

Jacob, n* 28. 
Dbnièrb, [1035], C. ^, ancien président de la Chambre de commerce 

de Paris, régent de la Banque de France, boulevard Malesherbes, 

n- 29. 
Dbnjot (Henri), [845], ancien membre du Conseil général du Gers, à 

Tuco, près Àuch; correspondanl, M. H. Laurens, libraire, rue de Tour- 
non, n* 6. 
DssjAaDiNS (Albert), [2056], membre de l'Institut, professeur à la Faculté 

de droit de Paris, ancien sous-secrétaire d'État, rue de Condé, n' 30. 
Dbs Mbloizbs (Eugène), [638], 0. ^, ancien conservateur des eaux et 

forêts, à Bourges (Cher). 
Dbsnoters (Charles), [1633], conservateur des hypothèques, à Évreux 

(Eure). 
Dbspebz (Henri), [1277], directeur de la compagnie d'assurances le Comp' 

toir maritime, place de la Bourse, n"" 6. 
Db8 Rots (marquis), [1186], ancien député, boulevard La Tour-Maubourg, 

n- 11. 
DiBPPE [Bibliothèqw de la ville de), [1054], représentée par M. Paray, 

bibliothécaire; correspondant, M. Chossonnery, libraire, quai des 

Grands-Augustins, n* 47. 
DiGARD (Georges), [2097], archiviste -paléographe, ancien membre de 

l'École française de Rome, boulevard Malesherbes, n* 27. 
Dijon {Bibliothèque de la ville de), [1279], représentée par M. Guignard; 

correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13. 
DuoN {Bibliothèqtie universitaire de), [2080], représentée par M- Archinet, 

bibliothécaire ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n*" 82. 
DoAZAN (Anatole), [1647], au château de Fins, par Saint-Christophe-en- 

Bazelle (Indre); correspondant, M. Rouquette, libraire, passage Choi- 

seul. 
DoRiA (comte Armand), [818] ; correspondant, M. Bourselet, libraire, bou- 
levard des Capucines, n" 27. 
DosNB (Mlle), [1944], place Saint-Georges. 
DouDBAUviLLB (d8 LA RocHBFOuGAULD, duc db), [2166], député, ruc de 

Varenne, n* 42. 
DnâifE, [1695], 0. ^, premier président de la Cour d'appel d'Agen; cor- 
respondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n"* 82. 
Dubois db l'Estano (Etienne), [i960], inspecteur des finances, rue de 

Courcelles, n*" 43. 
Du Bots (Emile), [2091], avenue Tourville, n* 28; correspondant, 
' M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 



DE LA SOCIÉTÉ. 49 

DuoHATBL (comte Tannegny), [1540], 0. !j^, ancien ambassadeur, me 
de Varenne, n* 69. 

DuFBuiLLB (Eugène), [1722], ancien chef du cabinet du ministre de l'In- 
térieur, rue d'Anjou, n* 42. 

Du Lao (Jules Pekein), [1561], ancien magistrat, à Gompiègne (Oise). 

DuLAU et C% r^l29], libraires, à Londres, Soho Square, n* 37; correspon- 
dant, M. G. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, n* 9. 
DuMAiNB (Charles), [1777], rue d'AnUn, n*" 3. 

Du Mbsmil (Armand), [1041], O. ^, conseiller d'État, rue Gay-Lussac, 

n*36. 
DuMBz, [1856], 0. ^, président de chambre à la Cour des comptes, rue 

BarbetHle-Jouy, n* 28. 

DuNOTER DB NoiRMONT (baron), [1858], ^, rue Royale, n* 6. 

Du Pabg (comte Charles), [1257], à Dijon (Côte-d'Or), rue Vannerie, n» 35 ; 
correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 31. 

Du Pont (comte), [1977], rue du Regard, n* 5. 

Dupont-Ghatblain (M"* Edmond), [817], me Jean-Goujon, n* 2. 

DuBRiBu (Paul), [1873], archiviste-paléographe, ancien membre de l'École 
française de Rome, membre de la Société nationale des Antiquaires de 
France, conserrateur adjoint des peintures au Musée du Louvre, rue 
de Gourcelles, n* 75. 

DuRUY (^ctor), [1081] , G. 0. ^, membre de l'Académie française, de 
l'Académie des inscriptions et belles - lettres et de l'Académie des 
sciences morales et politiques, ancien ministre, rue Médicis, n* 5. 

DuYBRDT (Charles), [748], avocat à la Cour d'appel de Paris, place Boîel- 
dieu, n* 1. 

DuYBBOiBR DB Haubanhb (Emmanuel), [1963] , ^ , membre du Conseil 
général du Cher, rue Leroux, n* 10, et au château d'Herry (Cher). 

ÉooLB DBS HAUTBS éruDBS {Bibliothèqtie de V), [2126], à la Sorbonne; 
correspcmdant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

ÉooLB NATIONALE DBS CHARTES {V), [1703], représentée par M. le Directeur 

de l'École, rue des Francs-Bourgeois, n* 58; correspondant, M. Picard, 

libraire, rue Bonaparte, n* 82. 
ÉcoLB NORMALE supéRiBURB (1'), [1617], représentée par M. le Directeur 

de l'Ecole, rue d'Ulm, n* 45; correspondant, M. Thorin, libraire, rue 

Médicis, n* 7. 

Épbrnat (Biblioihèq^ de la viUe d'), [1474], représentée par M. Brion, 
bibliothécaire ; correspondants, MM. Marpon et Flammarion, libraires, 
rue Racine, n* 26. ' 

EsTAiNTOT (comte d'), [975], correspondant du ministère de l'Instruction 
publique, associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires 
de France, à Rouen, rue des Arsins, n" 9; correspondant, M. H. Laurens, 
libraire, me de Tournon, n» 6. 



20 LISÏE DES MEMBRES 

ÉsTBRHAZT (comte Ferdinand), [1817], !j^, capitaine ao 7* bataillon de 

chasseurs à pied, à Marseille (Bouclies-du-Rhône), et an château de 

Dommariin, par Sainte-Meneliouid (Marne). 
EuRB (Soeiéié libre d'agriculture, sciences, arts et beUes-lettres du 

département de T), [1770], à Éyrenx, représentée par M. Golombet, 

secrétaire perpétuel . 
Faucon (Maurice), [2093], archiviste-paléographe , ancien membre de 

l'École française de Rome, à Escoiore, par fiillom (Puy-de-Dôme), et à 

Cannes (Alpes-BCaritimes), pavillon de la Ferrage. 
Fayrb (Camille), [1984], archiviste-paléographe, à Genève (Suisse), rue 

Eynard ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n"" 82. 
Fatbb (Edouard), [1914], docteur es lettres, à Genève (Suisse), rue Neuve- 

du-Manège, n* 3 ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, 

n* 82. 
Fayab (Léopold), [1930], associé correspondant de la Société nationale 

des Antiquaires de France, à Niort (Deux-Sèvres); correspondant, 

M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 
Fatollb (marquis Gérard db), [1980], au château de FayoUe, par Tocane- 

Saint-Apre (Dordogne); correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue 

de Tournon, n*> 6. 
FÉLIX, [1760], ^, conseiller à la Conr d'appel de Rouen, rue titoupée, 

n* 33, à Rouen (Seine-Inférieure). 

Febbt (Vabbé), [1874], curé de Saint-Maurice-Charenton (Seine). 

FiBiNO (Roger), [1785], rue de Téhéran, n* 24. 

Flagh (Jacques), [1919], membre du Comité des travaux historiques, 

professeur au Collège de France, à TÉcole d'architecture et à l'École 

des sciences politiques, rue de Berlin, n* 37. 
Flayiont (M"*la vicomtesse de), [1449], rue d'Anjou, n* 42. 
Flobian (M"* la comtesse Xavier db), [2075], rue Royale, n* 8. 
FoNTBNiLLES (db LA RooHB, marquis de), [1436], rue de Villersexel, n* 4. 
VovcBÂ (Lucien), [224], à Évreux (Eure); correspondant, M. Gaulon, 

libraire, rue de Madame, n* 39. 

Fouomè-LBPBLLBTiBB, [1228], ^, ancien député, à Honfleur (Calvados), 
Côte-de-GrAce. 

FouBNiBB (Alban), [1750], docteur en médecine, à Rambervillers (Vosges); 
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6. 

FouBNiBB DB Flaix, [858], villa Brancas, à Sèvres (Seine-et-Oise). 

Feaissinbt (Alfred), [1996], gérant de la compagnie Marseillaise de Navi- 
gation, à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; correspondant, M. H. Laurens, 
libraire, rue de Tournon, n* 6. 

Fbappibr (Paul), [1682], à Niort (Deux-Sèvres), rue Saint- Jean, n» 83; 
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6. 

FniMT, [722], G. 0. ^, ancien gouverneur du Crédit foncier, rue de 
Lisbonne, n* 28. 



DE LA SOCIÉTÉ. 21 

Frbmt (René), [2005], bonleyard Saint-Germain, n* 174. 

Fresne (comte Marcellin de), [388], rue de Bellechasse, n* 15. 

FRéTEAU DE PéNT (baron) , [2063] , au château de Vaux-le-Pénil, par 

Melun (Seine-et-Marne); correspondant, M. Saint- Jorre, libraire, rue 

Richelieu, n* 91. 

F&iriLLB DE LoRME (Marccl de), [1959], auditeur à la Cour des comptes, 
rue Cassette, n* 12. 

FaiBS (Charles- Albert), [1648], avenue Karcean, n* 1. 
Froissard de Broissia (comte Maxence de), [2011], au château de 
Rochefort-sur-le-Beyron, par Aignay-le-Duc (Côte-d'Or). 

FnsTEL DE GoxTLANOEs, [1776], 0. ^, membre de l'Institut et du Comité 
des travaux historiques, professeur d'histoire à la Faculté des lettres 
de Paris, rue de Toumon, n* 29. 

Gadoin, [1422], ^, président du tribunal civil de Cosne (Nièyre); corres- 
pondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n" 6. 

Gallitfet (marquis de), [2074], G. C. ^, général de division, rue Wa- 
shington, n* 18. 

Galopin (Auguste), [1095], ancien avocat au Conseil d'État et à la Cour 
de cassation, aux Ravanx, près Buxy (Saône- et-Loire) ; correspondant, 
M. Maurice Godefroy, avocat au Conseil d'État, rue Gounod, n* 9. 

Gardissal (Félix), [1810], avocat, rue de la Victoire, n* 65. 

Gaultry (Paul), [1605], notaire, à Fontainebleau (Seine-et-Marne). 

Gautier (Léon), [1798], ^, membre de l'Institut et du Comité des 
travaux historiques, professeur à l'École nationale des chartes, secré- 
taire des Archives nationales, rue Yavin, n* 8. 

Géuneau, [2103], docteur en médecine, rue d'Aumale, n* 15. 

Genesteix (François-Emmanuel), [2058], rue Montgautier, n*" 8, à Poitiers 
(Vienne) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n"* 82. 

Genève {Bibliothèque publique de la ville de), [1821], représentée par 
M. Gas, conservateur; correspondant, M. Delagrave, libraire, rue Souf- 
flet, n» 15. 

Gborge-Lemaire, [2147], 0. ^, conseiller à la Cour de cassation, rue du 
Vieux-Colombier, n* 18. 

Gerbidon (Émile-Victor), [810], O. ^, ancien chef de bureau au minis- 
tère de la Marine, rue Dumont-d'Urville, n* 16. 

Germain (Henri), [2095], membre de Tlnstitut, rue du Faubourg-Saint- 
Honoré, n* 89. 

Germon (Louis de), [2007], au château de Labatut, par Maubourguet 
(Hautes-Pyrénées) ; correspondant, M. le vicomte Bégouën, place Saint- 
François-Xavier, n' 10. 

Giraud (Paul), [2034], conseiller à la Cour d'appel de Lyon, à Lyon (Rhône), 
quai d'Occident, n* 1. 

GiRAUDSAu (Ambroise), [1965], boulevard Malesherbes, n* 75. 



22 LISTE DES MEMBRES 

Glandaz (Albert), [1324], avocat à la Goor d'appel de Paris, rue du Fau- 
bourg- Sain t-Honoré, n* 103. 

GoDiMAT (Eugène), [1947], docteur en médecine, à Ghàteauroux (Indre); 
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n* 6. 

GoMBL (Charles), [1025], ^, ancien maître des requêtes au Conseil d'État, 
rue de la Vilie-rÉvôque, n* 1. 

GoNSB (Raphaël), [1310], O. ^, directeur au ministère delà Justice, à Ver- 
sailles (Seine-et-Oise), rue Montebello, n* 25. 

GoNTAUT-BiRON. (comtc Théodore de), [2061J, rue de Varenne, n* 45. 

GoooET (Eugène), [1518], artiste dramatique, secrétaire de TAssociation de 
secours des Artistes dramatiques, rue de Lancry, n* 17. 

CroupiL DE PRÊFELN (Anatolc), [923], ^y chof de bureau honoraire au 
ministère des Finances, rue des Mathurins, n* 30. 

GouBJAULT (comte Oliyier de), [1969], à Mézières (Ardennes); correspon- 
dant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

Grandeau, [1671], !j^, doyen honoraire de la Faculté des sciences de Nancy, 
à Nancy (Meurthe-et-Moselle); correspondant, M. Louis Grandeau, 
boulevard Saint-Germain, n* 155. 

Gbandidier (Ernest), [1094], ^, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n* 27. 

Grenoble {Bibliothèque de la ville de), [948], représentée par M. Mai- 
gnien, bibliothécaire; correspondant, M. Chossonnery, libraire, quai 
des Grands-Augustins , n* 47. 

Grenoble [Bibliothèque universitaire de), [1976], représentée par 
M. Callamand, conservateur; correspondant, M. Picard, libraire, rue 
Bonaparte, n* 82. 

Grimbert, [1945], avocat, place d'Armes, à Douai (Nord); correspon- 
dant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n* 6. 

GuiRARD (M*"* veuve François], [967], à Amiens (Somme), rue Saint-Denis, 
n* 26; correspondant. M"* la vicomtesse de Saint-Martin, avenue Vil- 
lars, n* 5. 

GuiLHiERMOz (Paul), [1994], archiviste-paléographe, sous-bibUothécaire à 
la Bibliothèque nationale, quai Voltaire, n* 5. 

GxTiLLAUME (Joseph), [2162], élève de l'École nationale des chartes, quai 
Bourbon, n* 19. 

GuizoT (Guillaume), [1746], ^, professeur au Collège de France, rue de 

Monceau, n"* 42. 
Halphen (Eugène), [900], avenue Henri-Martin, n<* 69, à Passy-Paris; cor-' 

respondant, M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9. 
Hambourg {Bibliothèque de la ville de), [873], représentée par M. Isler; 

correspondant, M. Lucas Grafe, libraire, à Hambourg. 
Hanquez (Rodolphe], [990], ancien procureur de la République, à Noyon 

(Oise) ; correspondant, M. Tourillon, boulevard Malesherbes, n* 19. 

Haureau, [1868], G. ^, membre de l'Institut, rue du Buis, n* 1, à 
Auteuil-Paris. 



DE LA SOCIÉTÉ. 23 

Haittb-Garonnb (Àrchit^es du département de la), [2069], représentées 

par M. Baudouin, archiviste. 
Hautpoul (comte d*), [925] ^ place du Palais-Bonrbon, n* 7. 
Hayet (Julien), [1990], archiiiste-paléographe, bibliothécaire à la Biblio- 
thèque nationale, me de Sèze, n* 8. 
Hathe {Bibliothèque de la ville du), [1193], représentée par M. Bailliard; 

correspondant, M. Ghossonnery, libraire, quai des Grands- Augustins, 

n«47. 
Hennet db Bernoyillb, [1369], ^, conseiller référendaire à la Cour des 

comptes, rue de TAbbé-Grégoire, n* 25. 
HÉRAULT (Alfred), [1479],conseiller-mattreà la Cour des comptes, ancien 

sous-secrétaire d'État au ministère des Finances, rue Pierre-Charron, 

n- 1. 
HihuGouRT (comte Ch. d'), [1888], ^, consul de France à Stuttgart, au 

château de Carrieul, par Souchez (Pas-de-Calais); correspondant, 

M. Béconrt, rue de Babylone, n« 48. 
HniLT, [1007], O. ^, membre de Tlnstitut, doyen de la Faculté des lettres 

de Paris, ayenue de l'Obseryatoire, n"" 23. 
HoDOBS, [2172], à Londres; correspondants, MM. Dulau etC'% libraires, 

à Londres, Soho Square, n* 37. 
HoMicET (Théophile-Paul du), [1847], ancien notaire, au chAteau de la 

Chênaie, par Herblay (Seine-et-Oise). 
HoRDAiN (Emile dO, [1599], ancien notaire, rue Grange-Batelière, n* 22. 
Inoold (le R. P.), [1928], bibliothécaire de TOratoire, rue d'Orsel, n« 49. 
Innbr Temple, [2170], à Londres; correspondants, MM. Dulau et C, 

libraires, à Londres, Soho Square, n* 37. 
IsAAO (Louis), [1903], manufacturier, rue du Puits-Gaillot, n" 1, à Lyon 

(Rhône) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n" 6. 

IzARN, [1457], à Éyreux (Eure). 

Jameson, [1167], rue de Provence, n* 38. 

Janicart de Brouillant (Léonce), [2141], à Bruxelles (Belgique), ayenue 
Louise, n"" 118. 

Jarrt (Louis), [1892], avocat, membre de la Société archéologique et his- 
torique de l'Orléanais, place de l^tape, n* 8, à Orléans (Loiret). 

Joinyille (baron de), [1689], ^, inspecteur général des établissements 
pénitentiaires, rue de Clichy, n* 4. 

JouBERT (André), [1678], boulevard de Saumur, n" 49, à Angers (Maine- 
et-Loire), et aux Lutz-de-Daon, près ChÂteau-Gontier (Mayenne). 

JouiN, [1846], notaire, à Neufchâtel-en-Bray (Seine-Inférieure); correspon- 
dant, M. H. Laurens, libraire, me de Tournon, n* 6. 

JouRDAN, [1860], chef de bureau à la préfecture de la Seine, rue Soufflot, 
n- 18. , 

JusTBiï, [2130], libraire, à Londres, Soho Square, n* 37; correspondant, 
M. C. Borrani, libraire, rue des Saints-Pères, n* 9. 



24 LISTE DES MEMBRES 

Kellbr (M"^), [2089], rue de Yarenne, n* 19. 

Kbbdrel (Audren db) , [340] , sénateur, rue de runiyersité, n* 9, et au 
chÀteau de Saint-Uhel, près Lorient (Morbihan). 

KsRMAiNOANT (P. Lafflbub db), [1753], ^, associé correspondant de la 
Société nationale des Antiquaires de France, avenue des Champs-Ely- 
sées, n*" 102. 

Kervtn de Lbttbnhoyb (baron), [799], ^, correspondant de l'Institut, 
membre de la Chambre des députés de Belgique, ancien ministre, à 
Saint-Michel, par Bruges (Belgique). 

Labittb (M"' Adolphe), [1329], ]yi)raire de la Bibliothèque nationale, rue 
de Lille, n* 4. 

Labordb (marquis Joseph db), [1360], membre du Comité des travaux 
historiques, rue d'Anjou, n* 8. 

La Border» (Arthur de), [1 198], ancien député, correspondant de l'Ins- 
titut, à Vitré (Ille-et-Yilaine); correspondant, M. Léopold Delisle, rue 
des Petits-Champs, n* 8. 

La Caille, [2018], ^, ancien magistrat, boulevard Malesherbes, n* 50. 

Lagaillb (Henri), [2142], boulevard Malesherbes, n* 68. 

La Caze (Louis), [1494], sénateur, rue de Grenelle, n" 107. 

La Chaise (Eugène-A.), [2073], rue Lincoln, n* 9. 

Lachenal, [1739], ^, receveur particulier des finances à Brioude (Haute- 
Loire) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

Lagombe (H. de), [1508], rue Croix-de-Malte, n* 1, à Orléans (Loiret). 

La Coste (Camille-Robert Frottier, marquis de), [2122], au château des 
Oulches, par Melle (Deux-Sèvres). 

Lafaroub (Ch.), [1409], ^, ancien conseiller de préfecture, à Albi (Tam- 
et-Garonne) ; correspondant, M. P. Dupont, rue Jean-Jacques-Rousseau, 
n*41. 

La Ferriàrb-Perct (comte H. de), [1080], ^, rue Matignon, n« 19, et 
au château de Ronfeugerai, près Athis (Orne). 

La Ferronnays (M"* la comtesse de), [1358], membre de la Société des 

Bibliophiles français, avenue du Cours-la-Reine, n* 34. 
Laouerrb (Léon), [790], avocat, docteur en droit, rue de Copenhague, n* 10. 
LAm (Jules), [1283], ^, archiviste-paléographe, directeur de la compagnie 

des Entrepôts et Magasins généraux, place de TOurcq, boulevard de 

la Villette, n* 204. 
LAiSNi (Henri), [1521], conseiller à la Cour d'appel de Rennes, à Rennes 

(Ille-et-Vilaine). 

Lalanne (Ludovic), [8*22], membre du Comité des travaux historiques, 
sous-bibliothécaire de l'Institut, rue de Coudé, n* 14. 

Laloy, [1932], docteur en médecine, rue des Pyrénées, n" 383, à Belle ville- 
Paris. 

La MoRANDiàRE (Gabriel de), [2017], rue Bayart, n* 4; correspondant, 
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n" 82. 



DE LA SOCIÉTÉ. 25 

Lanibr, [1935], professeur d'histoire au lycée Janson de Saiily, rue 
Boissière, n* 59, à Passy-Paris. 

Lanjuinais (comte db), [1653], dépoté, rue Gambon, n* 31. 

Labmag (Julien), [1529], ^, avocat à 'la Cour d'appel de Paris, rue du 
Cirque, n* 8. 

La Roghe-Athon (M"* la comtesse de), [2160], rue de Varenne, n* 52 bis, 

La Roohefot7Gàuld (comte Aimery db), [1949], rue de l'Université, n* 93. 

liAsavB (baron Marc db), [1195], boulevard Malesherbes, n* 57. 

La. TRiMOÏLLB (duc de), [1196], avenue Gabriel, n« 4. 

Lau (marquis du), [2077], rue des Petits-Champs, n" 99. 

Latjbbspin (comte Léonel de), [1866], sénateur, rue de l'Université, n* 76. 

Laueens (H.), [2124], libraire, rue de Toumon, n* 6. 

Laval {Bibliothèque de la ville de), [1852], représentée par M. D. Œhlert, 
conservateur. 

Lavisse (Ernest], [1582], ^, maître de conférences à l'École normale 
supérieure et professeur d'histoire à la Faculté des lettres de Paris, 
rue Médicis, n« 5. 

LEBiaRE-BEAURBPAiRB, [714], uotaire, à Lille (Nord), rue Nationale; cor- 
respondant, M.'AIlouard, libraire, rue Séguier, n" 3. 

Le Blano (Paul), [814 1, à Brioude (Haute-Loire); correspondant, M. H. 
Mosnier, à l'Imprimerie nationale. 

Lb BomisiLUEE (Georges), [1613], notaire, à Caen (Calvados), place Saint- 
Sauveur, n* 19. 

Lboestrb (Léon), [2112], archiviste aux Archives nationales, rued'Arcole, 
n* 3. 

Leghevauer (Emile), [1999], libraire, à la Librairie historique des pro- 
vinces, quai des Grands-Augustins, n"* 39. 

Lbglerg, [1890], i^, notaire, rue de Paris, n* 49, à Charenton-le-Pont 

(Seine). 
Lbgointre (Pierre), [1498], au cliâteau de Grillemont (Indre-et-Loire); 

correspondant, M. A. de Barthélémy, ^, rue d'Anjou, n* 9. 

Ledain (Bélisaire), [1537], rue Neuve-de-la-Baume, n« 1, à Poitiers 
(Vienne). 

Ledru (l'abbé Ambroise), [1918], à Issy (Seine), allée des Citeaux, n« 9. 

Lefbbvre (Charles), [2004], professeur à la Faculté de droit de Paris, 

boulevard Saint-Michel, n" 89. 
Lbfebvrb db Yibfvillb (Louis), [1555J, rue de Rivoli, n* 240. 
Lefàvrb-Pontalis (Amédée), [1795], ancien député, rue Montalivet, 

n* 3, et au château d'Aulnaie, par Châteaudun (Eure-et-Loir). 

Lefètrb-Pontalis (Germain), [2019], archiviste-paléographe, attaché au 
ministère des Affaires étrangères, rue des Mathurins, n* 3. 

Leffembero (baron de), G. O. i^, [1978], ancien procureur général à la 
Cour d'appel de Paris, rue de Bourgogne, n** 43. 



26 LISTE DBS MEMBRES 

Lefort, [1263], ^, associé correspondant de la Société nationale des Anti-* 
quaires de France, rue de Condé/ n** 5. 

LfiOBEixE, [1975], docteur es lettres, rue Neuve , n* ti, à Versailles 

(Seine-et-Oise). 
Lelono (Eugène), [2085], archiviste aux Archives nationales, rue Monge, 

n» 59. 
Lblono (Julien), [2104],notaire, à Chartres (Eure-et-Loir); correspondant, 

M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6. 

Lbloup db Sangt, [1373], ^, ancien auditeur au Conseil d'État, boule- 
vard Haussmann, n* 105. 

Lehairb (Arthur), [2066], rue de Rome, n" 35. 

LEMBRaBR (comte Anatole), [756], ancien député, rue de l'Université, 
n- 18. 

Lbmirb (Paui-Noel), [1679], à Pont-de-Poitte (Jura); correspondant, 

M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6. 
Lemonnier (Henri), [1388], ^, archiviste-paléographe, docteur es lettres 

et en droit, professeur d'histoire au lycée Saint-Louis et à l^cole des 

beaux-arts, boulevard Saint-Germain, n" 15. 

Lesbioneur (Edouard), [1850], à Conty (Somme); correspondant, M. H. Lau- 
rens, libraire, rue de Tournon, n" 6. 

Lesieur (Paul), [1567], ^, docteur en droit, avocat, boulevard de Magenta, 
n* 116. 

Le Sourd, [1836], ^, docteur en médecine, rue Soufflot, n» 15. 

LBVAssEim ÇÉmile), [1364], O. ^, m^nbre de l'Institut, professeur au Col- 
lège de France et au Conservatoire des Arts et métiers, président de 
section au Comité des travaux historiques, rue Monsieur-le-Prince, 
n* 26. 

LÉvT (Raphaâ-Georges), [1808], rue de Courcelles, n* 80. 

L'Hbraule (Tristan de), [1557], ^, ancien officier de cavalerie, place 
de la Carrière, n* 27, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

L'Hôpital, [1028], 0. ^y ancien conseiller d'État, directeur de la Compa- 
gnie d'assurances la Nationale, rue du Quatre-Septembre, n" 18. 

LiBFFROT (Aimé), [1862], rue Neuve, à Besançon (Doubs). 

LiBUTAUD, [1684], bibliothécaire de la ville de Marseille. 

Lille (Bibliothèque de l'Institut catholique de), [1854], représentée par 
Mgr Hautecœur, recteur, à Lille, rue Royale, n« 70; correspondant, 
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n** 82. 

Lille (Bibliothèque universitaire de), [2079] ; correspondant, M. Pedone 

Lauriel, libraire, rue Soufflot^ n* 13. 
Limoges (Bibliothèque communale de la vUlede), [1908], représentée par 

M. Leymarie, bil^liothécaire. 
LoNGNON (Auguste), [1347], ^, membre de l'Institut, du Comité des 

travaux historiques et de la Société nationale des Antiquaires de 



DB LA SOCIÉTÉ. 27 

France, sous-chef de section anx Archives nationales, directeur à TÉcole 
des hautes études, boulevard des Invalides, n* 34. 

LoNouBBUB (Roger db], [1558], rue de Grenelle, n* 75. 

LoRAT (marquis de), [1658], rue Christophe-Colomb, n* 4, et au chAteau 
de Cléron, près Omans (Doubs). 

LoRMiBR (Charles), [1340], avocat, rue Racine, n* 15, à Rouen (Seine- 
Inférieure). , 

Louis-Lucas (Paul), [1970], agrégé à la Faculté de droit, à Dijon (Côte- 
d'Or), boulevard Camot, n* 5. 

LouvAiN (Universiié catholique de), [812], représentée par M. Reusens, 
bibliothécaire. 

LouvEL (Georges), [1820], sous-préfet, à Saintes (Charente-Inférieure); 
correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n" 6. 

LouvRiBR DB Lajolais (A.), [859], ^, quai Bourbon, n* 19. 

LuBOMiRSKi (prince), [2027J, rue Portalis^ n' 14. 

Lucas (Charles), [1556], architecte attaché aux travaux de la ville de 
Paris, boulevard de Denain, n" 8. 

LuçAT (comte db), [1308], ^, ancien maître des requêtes au Conseil 
d'État, membre du Comité des travaux historiques, associé corres- 
pondant de la Société nationale des Antiquaires de France, rue de 
Yarenne, n* 90, et au château de Saint-Agnan, par Mouy (Oise). 

LuGB (Siméon), [1511], ^, membre de l'Institut et du Comité des tra- 
vaux historiques, professeur à l'École nationale des chartes, chef de 
la section historique aux Archives nationales, boulevard Saint-Michel, 
m 95. 

LuxBicBouRO (Bibliothèque du palais du), [956], représentée par 
M. Choëcki, 0. ^, bibliothécaire; correspondant, M. Pedone Lauriel, 
libraire, rue Soufflot, n« 13. 

Lton (Bibliothèque de V Institut catholique de), [1851], représentée 
par M. Eugène L^^tard, doyen, rue du Plat, n" 25 ; correspondant, 
M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n** 6. 

Lton [Bibliothèque universitaire de), [1998]; correspondant, M. Picard, 

libraire, rue Bonaparte, n* 82. 
Mackau (baron de), [1764], député, avenue d'Antin, n? 22. 
Maoihbl (Edmond), [2128], ^, quai d'Orsay, n« 11. 
Magimbl (René), [2108], rue de Berlin, n» 40. 
IfAONB (Napoléon), [2165], sous-Ueutenant au 14* régiment de dragons, 

avenue Montaigne, n" 31. 

Maillé (M"« la duchesse db), [914], rue de Lille, n* 119. 

Mallet (baron), [2039], ^, régent de la Banque de France, rue d'An- 
jou, n» 35. 

Mallet (Edouard), [1234], boulevard Malesherbes, n* 24. 
Manneville (Henri de), [2120], archiviste -paléographe, attaché au 
ministère des Affaires étrangères, rue d'Anjou, n* 22. 



28 LISTE DBS MEMBRES 

Mannixr, [1530] 9 ancien notaire, associé correspondant de la Société 
nationale des Antiquaires de France, me de TUniversité, n" 8. 

Mans {Bibliothèque de la ville du), [1696], représentée par M. F. Gaé- 
rin, conservateur. 

Mantes {Bibliothèqw de la ville de), [1295], représentée par M. Petit, 

bibliotliécaire. 
Marcel (Eugène), [1209], au cliâteaudes Ardennes-Saint-Louis, parMon- 

tiYilliers (Seine-Inférieure); correspondant, M. fl. Laurens, libraire, ^ 

rue de Tournon, n* 6. 

Marœllt (Charles); [1472], rue d'Assas, n« 78. 

Mareusb (Edgar), [1902], boulevard Haussmann, n* 81. 

Marort (Pierre), [1694], ^, ancien chef adjoint aux archives de la 
Marine, rue l'Ecluse, n* 9, à Batlgnolles-Paris. 

Maroubrib (René), [1664], maître des requêtes au Conseil d'État, cité 
Martignac, n" 6. 

Marin-Darbel (Victor), [1878], ^, oiBcier de marine, à Fontainebleau 
(Seine-et-Marne), rue du Chemin-de-Fer, n* 28. 

Marine {Bibliothèque centrale du ministère de la), [1102], représentée 
par M. Durassier, ^, bibliothécaire, rue Royale, n" 2; correspondant, 
M. Challamel aîné, libraire, rue Jacob, n* 5. 

Marmibr (G.), [1312], ^, capitaine du génie, conseiller général de la 
Dordogne, rue de Noailles, n* 2, à Versailles (Seine-et-Oise). 

MàRST (comte de), [1378], associé correspondant de la Société nationale 
des Antiquaires de France, à Paris, rue Pigalle, n* 22. 

Martin (William), [1627], avenue Hoche, n» 13. 

Martrot (vicomte du), [1023], C. ^, ancien président de section au Conseil 
d'État, rue de Solferino, n* 6. 

Martt-Laybaux (Charles), [780], ^, membre du Comité des travaux his- 
toriques, rue de Passy, n" 75, à Passy-Paris. 

Mas Latrie (comte Louis de), [289], O. ^, membre de l'Institut et du 
Comité des travaux historiques, chef de section honoraire aux Archives 
nationales, professeur honoraire à l'École nationale des chartes, bou- 
levard Saint-Germain, n« 229. 

MASSihvA (Victorin), duc de Riyou, [1131], ^, ancien député, rue Jean- 
Goujon, n" 8. 

Mataorin (René), [1595], à Melun (Seine-et-Marne), rue des Fossés, n* 7. 

Matharel (Victor de), [1675], ^, conseiller référendaire à la Cour des 
comptes, boulevard Malesherbes, n« 137. 

Mathevon (Octave), [2131], avocat à la Cour d'appel de Lyon, rue des 
Quatre-Maisons, n" 4, à Lyon (Rhône). 

Maulde (René de), [2022], archiviste-paléographe, ancien sous-préfet, 
boulevard Raspail, n* 10, et au château de Flotm, par Boiscommun 
(Loiret). 

Maurt (Alfred), [1553], C. ^, membre de llnstitut, professeur au Collège 



DK LA SOCIÉTÉ. 29 

de France^ directeur général honoraire des ArcfaiTes nationales, yice- 
président de section an Comité des travaux historiques, me de Gondé, 
n» 12. 

IffAussABRé (comte db], [2021], au ch&teau de Puy-Barbeau, par Sainte- 
Sévère (Indre). 

Mâzarink {Bibliothèque) f [33], représentée par M. Franklin, ^, adminis- 
trateur, quai Conti, n* 21 ; correspondants, MM. Sandoz et Fischba- 
cher, libraires, rue de Seine, n* 33. 

Mbaux (vicomte db), [1623], ancien ministre, rue du Bac, n"* 40. 

Mbinadur (Albert), [1985], rue de Prony, n* 53. 

MALT (F. db), [2096], boulevard Haussmann, n* 186; correspondant, 
M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n" 82. 

Mbunibr (Alfred), [1657 1, à Chantilly (Oise). 

Meunibr du Houssot, [1639], attaché d'ambassade, rue de Prony, n*" 22. 

MéviL (M"* veuve), [651], à Viéville, parVignory (Haute-Marne). 

Mbtbb (Paul), [1446], ^, membre de l'Institut et du Comité des travaux 

historiques, professeur au Collège de France, directeur de TÉcole natio- 
nale des chartes, rue Boulainvilliers, n" 26, à Passy-Paris. 
Mbtnial (l'abbé), [2159], professeur au collège Stanislas, rue d'Assas, 

n» 33. 
Midi db la Frangb {Société archéologique du) y [2158], à Toulouse 

(Haute-Garonne); correspondant, M. Privât, libraire, à Toulouse, rue 

des Tourneurs, n« 45. 
MiB (Isidore), [1718], à Montpellier, cours des Casernes, n* 25. 
MiLLOT (Albert), [1440], avenue des Champs-Elysées, n* 117. 
MiNOBBT (René), [2099], à Roujon, par Beaumont-de-Lomagne (Tam-et- 

Garonne), et à Paris, rue de l'Échelle, n* 7. 
MiRBPOix (duc db), [2137], au château de Léran (Ariège). 
MiTANTiBH (Edmond), [1887], ancien notaire, rue de l'Hôtel-de- Ville, 

n* 38, à Troyes (Aube); correspondant, M. Saint-Denis, libraire, quai 

Voltaire, n* 27. 
MoLAND (Louis), [1551], avenue du Maine, n* 10. 
MoLiNiBR (Auguste), [2098], archiviste-paléographe, conservateur à la 

bibliothèque Sainte-Geneviève, quai Bourbon, n" 53. 
MoNOD (Alfred), [2161], 0. ^, conseiller à la Cour de cassation, à 

Neuilly (Seine), rue Jacques-Dulud, n" 39. 
MoNOD (Gabriel), [1566], ^, directeur à l'École des hautes études, maître 

de conférences à l'École normale supérieure, membre du Comité des 

travaux historiques, rue du Parc-de-Clagny, n"" 18 bis, à Versailles 

(Seine-et-Oise). 
MoNOD (Henri), [2132], ^, directeur au ministère de l'Intérieur, rue 

Weber, n» 15. 
Monstibrs-Mbhinyillb (marquis des), [1989], rue de l'Université, n« 119, 

et an château du Fraisse, par Bellac (Haute-Vienne). 



30 LISTE DES MEMBRES 

MoNTAiOLON. (Anatole db), [1478] , i^, professeur à l'École nationale des 

chartes, membre dn Comité des trayanx historiques et de la Société 

nationale des Antiquaires de France, place Royale, n* 9. 
Mo2iTALrm (Georges db), [1805], me Roqu^ine, n* 14. 
MoMTBBBLLO (comtc Adrien db), [1690], i^, avenue de l'Aima, n* 1. 
MoMTBBBLLO (comtc GustaYc db), [1731], O. ^j ambassadeur à Constan- 

tinople, rue François I", n** 11. 
Momtbsquioo-Fezbnsac (duc db), [1549], me de la Baume, n* 5. 
MoMTPBLUBR {BibUothèçue umvenitaire de), [2045], représentée par 

M. Fécamp, bibliothécaire; correspondant, M. Lemoigne, libraire, me 

Bonaparte, n* 12. 
MoRANTiLLé, [1046], ancien directeur des Magasins et Entrepôts de Paris, 

bouleyard Pereire, n« 112. 
MoRNAT-SouLT DB Dalmatie (comte db), [1267], O. ^, lieutenant-colonel 

an 18* régiment de chasseurs, à Épinal (Vosges); correspondant, 

M. Alex. Richardière, avenue de l'Opéra, n* 4. 
MosBOURo (comte db), [1910], G. ^, ministre plénipotentiaire, quai Vol- 
taire, n* 9. 
MouGHT (duc db), [1539], ^, député, rue de Gonstantine, n* 19, et au 

château de Mouchy-le-Ghâtel, par Mouy (Oise). 
Moulins {Bibliothèque de la ville de), [1365], représentée par M. Béca- 

nier, bibliothécaire. 
MouuNs (Bibliothèque de Vordre des avocats de), [1504] , représentée 

par M. Boyron, trésorier du barreau de Moulins; correspondant, 

M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13. 
MuTBAu (Charles), [906], ^, ancien conseiller à la Cour d'appel de Dijon, 

avenue Matignon, n* 11. 
Nadaillac (marquis db), [864], ^, correspondant de l'Institut, ancien 

préfet, rue Duphot, n* 18. 
Nadaillac (comte Bertrand db), [1921] , me de Monceau, n« 91. 
Nancy {Bibliothèque de la ville de), [850], représentée par M. Favier, 

conservateur. 
Nancy {Bibliothèque universitaire de), [2062], représentée par M. le 

D' Neiter; correspondant, M. Berger- Le vrault, libraire, me des Beaux- 
Arts, n* 5. 
Naurois (Albert de), [1924], rae Duphot, n« 18. 
Nbrvo (baron Robert de), [1736], rae de Marignan, n* 25. 
Neufuzb (M"* la baronne db), [1152], rae de Phalsboorg, n* 15. 
Nbymaeck (Alfred), [2024], ^, rué Vignon, n* 18. 
NiCJABD (Pol), [288], bibliothécaire-archiviste de la Société nationale des 

Antiquaires de France, rae de Sèvres, n" 38. 
NiGOLAY (marquis de), [1889], rue Saint-Dominique, n* 35. 
Nigolay (comte Antoine de), [2175], rae de Lille, n" 80. 
NoAiLLBS (marquis db), [1506J, G. 0. ^, ancien ambassadeur, rue Casi- 

mir-Périer, n» 5. 



DE LA SOCIÉTÉ. 31 

NoBL (OcUve), [1562], ^, rue de rUniyersité, n» 70 Ms. 
NOLLKVAL (Alfred), [Ï857], rue du Mont-Thabor, nr 8. 
NouLENS, [1415], à Condom (Gers), et à Paris, rue Miroménil, n* 15. 
Odiot (Ernest), [1178], rue Duphot, n* 29. 

Omont (Henri), [1992], archiviste -paléographe, membre de la Société 
nationale des Antiquaires de France, sous-bibliothécaire à la Biblio- 
thèque nationale, rue Raynouard, n* 30, à Passy-Paris. 

Orford (comte n'), [1417], Wolterton-Park, Aylsham, Norfolk; correspon- 
dants, MM. Hallet, banquiers, rue d'Anjou, n* 35. 

Orléans (Bibliothèque de la ville d'), [2100], représentée par M. Loise- 
leur, ^, bibliothécaire; correspondants, MM. Belhatte et Thomas, 
libraires, rne Monsienr-le-Prince, n* 14. 

OsMONT (comte d), [1967], boulevard Maillot, n* 52, à Neuilly (Seine). 

Pages du Port, [2071], avocat à la Gonr d'appel de Paris, rue Demours, 
n" 7, et au château du Porl-Tournepique, par Albas (Lot). 

Paillard-Duglsrb, [2048], député, boulevard Haussmann, n* 96. 

Pangb (marquis db), [2010], ^, chef d'escadron d'artillerie, attaché 
militaire adjoint à l'ambassade de France à Vienne; correspondant, 
M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9. 

Panob (comte Maurice db), [1906], rue de Lisbonne, n« 53; correspon- 
dant, M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9. 

Parbnt qe Rosan (Charles-Félix), [815], route de Versailles, n* 122, villa 
de la Réunion, n** 3, à Auteuil-Paris. 

Paris (Monsieur le comte db), [2013]; correspondant, M. le capitaine 
Morhain, avenue Victor-Uugo, n* 44. 

Paris (Gaston), [1667], O. ^, membre de l'Institut, professeur au Collège 
de France, président de section à l'École des hautes études, vice-prési- 
dent de section au Comité des travaux historiques, rue du Bac, n* 110. 

Paris {Biblioihèqu^ de. la Faculté de droit de), [1883], représentée par 
M. Paul Viollet, membre de l'InsUtut, bibliothécaire-archiviste. 

Paris {Bibliothèque de la ville de), [135], représentée par M. Jules 
Cousin, ^, bibliothécaire, au musée Carnavalet, rue Sévigné ; corres- 
pondant, M. Champion, libraire, quai Voltaire, n* 9. 

Pascal (Alfred), [1134], licencié en droit, chef de bureau en retraite, rue 
Desbordes-Valmore, n* 27, à Passy-Paris. 

Pasgaus, [1026], O. ^, ancien conseiller d'État, rue de l'Université, 
n» 74. 

Pasgaud (Edgar), [1755], rue Porte-Jaune, à Bourges (Cher) ; correspon- 
dant, M. H. Laurens, libraire, rue de Tournon, n* 6. 

Passt (Edgard), [1536], ancien secrétaire d'ambassade, avenue de Mes- 
sine, n» 27. 

Passt (Louis), [1708], député, ancien sous-secrétaire d'ÉUt, secrétaire 
perpétuel de la Société nationale d'agriculture, membre de la Société 
nationale des Antiquaires de France, rue de Clichy, n* 45. 



32 LISTE DES MEMBfiES 

Patat, [1927], médecin adjoint à l'HAtel-Di^a d'Orléans, membre de la 

Société archéologiqne et historique de rorléanais, à Orléans (Loiret), 

roe des Grands-Ciseaux, n* 13. 
Patubxau (Josepli), [1958], ancien maire de la Tille de Châteanronx, 

place Lafayette, à ChAteauroux (Indre); correspondant, M. Gillier, 

libraire, rue Bonaparte, n* 8. 
Pau {Bibliothèçue de la ville dé), [1592), représentée par M. Soulice, 

bibliothécaire ; correspondant, M. Thorin, libraire, me Médicis, n* 7. 

PAumBa, [1625], pasteur de l'Église réformée, rue de lUniTersité, n* 74. 

Pbgoijl (Auguste), [1217], archiviste-paléographe, associé correspondant 
de la Société nationale des Antiquaires de France, avenue Montaigne, 
n* 51, et au chAteau de Yilliers, à Draydl (Seine^IrOise) ; correspon- 
dant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

Piussisn (Léon), [2000], anden membre de l'École francise de Rome, 
professeur à la Faculté des lettres, à Montpellier (Hérault), rue Bar- 
thés, n* 6. 

Pbrrxt, [1093], O. ^, anden consdller d'État, rue François I*, n* 6. 

PxRRST (Michel), [2134], archiviste-paléographe, auxiliaire de l'Institut, 

boulevard des Capucines, n* 19. 
Pbraot db Chazbllb (M** la comtesse sb), [1925], à Précj-sons-Thil 

(Côte-d'Or). 

Pfbiffbr, [1749], banquier, boulevard Malesherbes, n" 95. 
Phiuppon (Georges), [2107], archiviste-paléographe, an château de 
Mazargnes, près Marseille (Bouches-du-Rh6ne). 

Put (Albert), [1655], ^, fondeur-mécanicien, me Saint-Maur-Popin- 

court, n» 85. 
PiOABD (Alexandre), [924], ^, chef de bureau au ministère des Finances, 

me de Lille, n* 37. 

PiOABO (Alphonse), [1766], libraire, rue Bonaparte, n* 82. 

PiooT (François), [2030], boulevard Malesherbes, n* 88. 

PiooT (Georges), [1435], membre de Tlnstitut et du Comité des travaux 
historiques, rue Pigalle, n* 54. 

PiBRRBT, [2086], sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale, rae 
d'Amsterdam, n* 72. 

PioBONNBAu, [1654], ^, professeur adjoint à la Faculté des lettres de 
Paris, professeur à l'École libre des sciences politiques et à l'École 
des hautes études commerdales, rue Lafontaine, n" 110, à Auteuil- 
Paris. 

PiLLBT-WiLL (comte F.), [1983], ^, régent de la Banque de France, rue 
de Monceau, n* 55. 

PiicoDAN (marquis db), [2016], rue de l'Université, n* 98. 

PiNAUT (l'abbé Jules), [1938], curé de Chevilly (Seine). 

PiNOAUD (Léonce), [1565], professeur d'histoire à la Faculté des lettres de 



DE LA SOCIÉTÉ. 33 

Besançon, à Besançon (Doobs), rne Saint- Vincent, n* 17; correspon- 
dant, M. H. Laurens, libraire, rue de Toumon, n"* 6. 

P1SAN90N (Claude-Henri dbla Croix db CnsTRiiBB, marquis db), [56Cy, 
au château de Pisançon, par Bourg-de-Péage (Drôme). 

P0DBNA8 (marquis us), [2076], rue Fortin, n« 4. 

PomsjBK (Bdmoud), [1424], avoué honoraire, à Château-Thierry (Aisne); 
correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13. 

P01TIBR8 {Bibliothèqite universitaire de), représentée par M. Girardin, 
bibliothécaire, [2094] ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, rue de 
Toumon, n"* 6. 

PoPBLUf (Claudius), [2047], ^, rne de Téhéran, n« 7. 

PouMBAU DB Lafforbst (Louls), [1564], rue BoussairoUes, n* 7, à Mont- 
pellier (Hérault). 

Pradbl-Vbrnbzobrb (C), [1355], membre de la Société française d'archéo- 
logie, à Toulouse (Haute-Garonne), rue Pargaminière, n* 66. 

pRAROND (Ernest), [1608], président de la Société d'émulation d'Abbeville 
(Somme) ; à Paris, rue de Tournon, n« 14. 

PRiivosT (Gustave), [1955], ancien magistrat, me de la Banque, n* 2, à 
Éyreux (Eure). 

Prost (Auguste), [1497], ^, membre de la Société nationale des Anti- 
quaires de France, bouie?ard Malesherbes, n* 19. 

PuTMAioRB (comte Théodore db), [587], associé correspondant de la 
Société nationale des Antiquaires de France, me de l'Université, n" 17. 

QuBuz DB Saint-Hilairb (marquis db), [1835], me Soufflet, n* 3, et au 
château de Saint-Hllaire, par Soubize (Charente-Inférieure). 

Raoubnbt (Octave), [1804], archiviste -paléographe, au château de Sou- 
laires, près Orléans (Loiret) ; correspondant, M. Broussois, me Dupuy- 
tren, n* 4. 

Rambutbau (comte db), [2043], 0. ^, ancien conseiller d'État, me 
Barbet-de-Jouy, n« 32. 

Rasillt (marquis db), [1161], au château de Beaumont, par Saint- 
Pierre-le-Moutier (Nièvre). 

Rattibr (Léon), [1274], au château de Jandlieurs (Meuse) ; correspondant, 

M. Coccoz, libraire, rue Montfaucon, n« 5. 
Ratnaud (Gaston), [1900], archiviste-paléographe, sous-bibliothécaire à 

la Bibliothèque nationale, rue de Saint-Pétersbourg, n"* 2. 

Rbad (Charles), [877], ^, ancien chef de la section des Travaux histo- 
riques, archives et bibliothèques de la ville de Paris, membre de la 
Société nationale des Antiquaires de France, boulevard Saint-Germain, 
n» 2. 

RioAMiBR (Etienne), [1797], avocat à la Cour d'appel de Paris, me du 
Regard, n* 1. 

RiaiPOM, [2049], député, me Bassano, n" 39. 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 3 



34 LISTB DKS MEMBRES 

RnTX (Henri), [1367], esq., secrétaire dn Conseil privé de S. M. Britan- 
niqae, rédacteur principal de VEdinburgh Review, n* 62« Rutland-Gate, 
Hyde^Park, à Londres ; correspondanti M. Cb. Gavard, ancien ministre 
plénipotentiaire, rue de RiToli, n* 252. 

Rbiffbmbbro (baron Frédéric db), [1778], au pavillon de Millon-la-Gba- 
pelle, par Obevreuse (Seine-et-Oise). 

Rbiics (Bibliothèque de la ville de), [^135], représentée par M. Courmeaux, 
bibliotbêcaire ; correspondant, M. Michaud, libraire, à Reims (Marne). 

Rbiset (comte db), [655], O. ^, ancien ministre plénipotentiaire^ an chA« 
teau du Breuil, par Dreux (Eure-et-Loir). 

Rbnabd (le major), [1907], commandant de TÉcole de guerre de Bel* 

gique, à Bruxelles. 
Rbnabdbt, [1709], professeur à la Faculté de droit de Dijon (Gôte-d'Or) ; 

correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue Soufflot, n* 13. 
Rbnnbs {Bibliothèque universitaire de), [1346] , représentée par M. Dubuls- 

son; correspondant, M. Le Soudier, librabre, boulevard Saint-Germain, 

n» 174. 
Rbnnbs {Bibliothèque de la ville de), [1956], représentée par M. Vétault, 

bibliotbêcaire; correspondant, M. TriboulUet, employé au ministère 

de l'instruction publique. 
Rbpoux, [1789], à la Perrière, par Anost (SaAne-et-Loure); correspondant, 

M. Lbomme, rue de Pbalsbourg, n* 6. 
RiGHA&D (Max), [2029], O. ^, ancien député, à Angers (Maine-et-Loire), 

et à Paris, avenue Montaigne, n« 85. 
RiGHon (Gabriel), [1864] , archiviste - paléograpbe , conservateur de la 

bibliothèque de la Cour de cassation, au Palais-de-Justice, quai de 

rflorloge. 
RiSTBLBUBBR (Paul), [1451], me de la Douane, n" 7, à Strasbourg. 
RrvAiN (Camille), [2101], archiviste aux Archives nationales, rue des 

Francs-Bourgeois, n* 60. 
Robin (Armand), [1646], rue du Parc, à Cognac (Charente); correspon- 
dant, M. Keller, rue de Chevreuse, n* 4. 
RocHB (Paul), [1979], avoué à la Cour d'appel de Paris, me Sainte-Anne, 

n» 10. 
RooQUAiN (Félix), [2031], ^, chef de la Section administrative et domaniale 

aux Archives nationales, rue Yaneau, nM5. 
ROBSSLBR (Charles), [2057], rue de la Bourse, n* 3, au Havre (Seine-Infé- 
rieure). 
RoLUN, [1896], préfet des études au collège Rollln, avenue Tmdaine, 

n* 12. 
Roman (Joseph), [1800], associé correspondant de la Société nationale des 

Antiquaires de France, correspondant du ministère de l'Instruction 

publique, rue Blanche, n*> 75, et au chAteau de Picomtal, près Embrun 

(Hautes-Alpes) ; correspondant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 
Rothschild (baron AIpho9se db), [1214], C. ^, rue Saint-Florentin, n* 2. 



DE LA âOClETÉ. 35 

Rothschild (baron Bdmond db), [1183], rae do Fanbourg-Saiat-itoooré, 
H* 41. 

Rothschild (baron Gnstaye db), [1213], i^, me Laf&tte, n* 23. 

Rothschild (baronne James db), [1962], avenne de Friedland, n" 38. 

RoTT (Edouard), [1946], secrétaire de la légation soisse, rne Pierre- 
Charron, n* 53-, correspondant, H. Picard, libraire, rne Bonaparte, 
n» 82. 

RoxjBN (Biblioihèque de la Cour d'appel de), [1884], représentée par M. le 
conseiller Pain, à la questure de la Cour, à Rouen (Seine-Inférieure). 

RouBN {Bibliothèque de la ville de), [2012], représenta par M. Eugène 
Noël, bibliothécaire, à Rouen (Seine- Inférieure). 

RoussioNi, [1033], i^, rne Bayart, n* 6. 

Roux (Agricol), [2044], notaire, membre de l'Académie de Yaucluse et de 
la Société française d'archéologie, à Cavaillon (Yaucluse) ; correspon- 
« dant, M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n" 82. 

Rot (Jules), [1831], professeur à l'École nationale ttes chartes, maître de 
conférences à l'École pratique des hautes études, rue Spontini, n* 9, à 
Passy-Paris. 

Rot (Maurice), [2008], rue de Yillersexel, n* 4. 

RoziiRB (Eugène db), [174*7], 0. ^, sénateur, membre de l'Institut, du 
Comité des travaux historiques et de la Société nationale des Anti- 
quaires de France, rue Lincoln, n* 8. 

RuBLB (baron Alphonse db), [1190], rue Cambon, n* 43. 

Sabatibb (Maurice), [1812], avocat au Conseil d'État et à la Cour de cas- 
sation, rue Saint-Simon, n* 2. 

Saintb-Aulairb (marquis db), [1580], 0. i^, ancien député, rue de Paris^ 
n" 22, à Périguenx (Dordogne). 

SiJNTB-GBifBYiàyB (BiUiothèque de), à Paris, [2175J, représentée par 
M. Lavoix, administrateur. 

Salin (Patrice), [1392], secrétaire de section au Conseil d'État, boule- 
vard Saint-Germain, n* 175. 

Saporta (marquis db), [2167], à Aix (Bonches-du-Rhône). 

Sargus (vicomte Félix db), [1137J, ancien capitaûie de dragons, à Dijon 
(C6te-d'0r); correspondant, M. Pedone Lauriel, libraire, rue SoniSot, 
n» 13. 

Sat (Léon), [1075], sénateur, membre de l'Académie française et de l'Aca- 
démie des sciences morales et politiques, rue Fresnel, n* 21. 

ScHALGK DB LA Faybrib, [2072], sous-blbliothécalre à la Bibliothèque 
nationale, rue Richelieu. 

SoHBFBH (Charles), [1405], C. i^, membre de l'Institut, ministre plénipo- 
tentiaire, administrateur de l'École nationale des langues orientales 
vivantes, rue de Lille, n« 2. 

SoHBLBB (Auguste), [543], bibliothécaire de S. A. R. Mgr le comte de 
Flandres, rue de la Régence, à Bruxelles; correspondant, M. H. Lan- 
rens, libraire, rue de Tournon, n* 6. 



36 LISTE DES MEMBRES 

Sghioxlbr (baron Fernand db), [1236], place Vendôme^ n* 17. 

SaouT (Philippe-Ludovic}, [2155], doctear en droit, arocat à la Cour 

d'appel de Paris, nie de Saresnes, n* 28. 
SàcHBHATB (Charles), [1244] , O. ^, doctear en droit, ancien conseilla 

de préfectore, chef de la sténographie du Sénat, au palais dn Luxem- 
bourg. 
Sbilliàrb (baron Frédéric), [1620], arenue de TAlma, n* 61. 
Sbidoeon, [1964], ^, inspecteur des finances, rue Cassette, n* 27. 
Sebyois (Gustave), [1136], ^, garde général des Archives nationales, 

membre du Comité des travaux historiques, rue des Francs-Bourgeois, 

n»60. 
Setssbl (comte Marc db), [2148] , rue de l'Université, n* 23, et au chA* 

teau de Mussin, près BeUey (Ain). 
SioNBT UBRART, [2171], à Édlmbourg (Ecosse) ; correspondants, MM. Dn- 

lau et C'*, libraires,^ à Londres, Soho Square, n" 37. 
SoLBSMBS {Abbaye des Bénédictins de), [1661], près Sablé (Sarthe), repré- 
sentée par le R. P. Abbé; correspondants, MM. Delhomme et Briguet, 

libraires, rue de l'Abbaye, n* 13. 
SoioaxR (Alfred), [1737], rue de Ponthieu, n* 57. 
SoRBL (Alexandre], [942], ^, président du tribunal civil, à Compiègne 

(Oise). 
STBDf (Henri), [2084], archiviste aux Archives nationales, rue Saint-Pla- 
cide, n"* 54. 
Stuttgart (Bibliothèque royale de), [1610] ; correspondant, M. Lemoigne, 

libraire, rue Bonaparte, n* 12. 
Talhoubt-Rot (marquis db), [2023], avenue Bosquet, n* 2, et au château 

du Lude (Sarthe). 
Tamizbt DB Labboqub (Ph.), [1345], ^, correspondant de l'Institut, 

associé correspondant de la Société nationale des Antiquaires de 

France, à Gontaud, par Marmande (Lot-et-Garonne); correspondant, 

M. Picard, libraire, rue Bonaparte, n* 82. 
Tamdbaudb Marsao, [1176], notaire, place Dauphine, n* 23. 
Tardif (E.-J.), [2114], archiviste-paléographe, avocat à la Cour d'appel 

de Paris, rue Boulainvilllers, n* 16, à Passy-Paris. 
Tbrras (Amédée db), [1813],^, au chAteau du Grand-Bouchet, près 

Mondoubléau (Loir-et-Cher) ; correspondant, M. H. Laurens, libraire, me 

de Toumon, n* 6. 
Tbrrat (B.), [2173], archiviste-paléographe, ancien agrégé des facultés de 

droit, professeur à l'Institut catholique de Paris, rue Sa^nt-Romain, n* 18; 
Tbrrbbassb (Humbert db), [1948], ^, au château de Terrebasse, par Rous- 

sillon (Isère); correspondant, M. Chossonnery, libraire, quai des Grands- 

Augustins, n« 47. 

Tbulbt (Raymond), [1933], archiviste aux Archives nationales, rue Sainte- 
Beuve, n* 3. 



DE LA SOCIÉTË. 37 

TsisR&T-Pomc (0.), [1913], ^, oonfieirateur da département des Impri- 
més à la Bibliothèqae nationale, me Richeiien. 

TnRMT (Paul), [2144J, archiyiste-paléographe, me Gantelen, n* 29, à Lille 
(Nord). 

TissoT, [1775], à Saint-Geimain^n-Laye (Seine-et-Oise), place Lonis XV, 
n» 1. 

TouLousB {BUdiothèque de la viOe de), [2082], représentée par M. Eugène 
Lapierre, bibliothécaire; correspondant, M. Ârmaing, libraire, à Tou- 
louse (Haute-Garonne), rue Saint-Rome, n" 42. 

Toulouse [Bibliothèque universitaire de V Académie de), [2037], repré- 
sentée par M. Crouzel, bibliothécaire; correspondant, M. Armaing, 
libraire, à Toulouse (Haute-Garonne), rue Saint-Rome, n* 42. 

TouBNOuÊa (Henri), [2115], archiviste-paléographe, attaché au ministère 
des Afiaires étrangères, me des Saints-Pères, n« 11. 

TBATsas (Emile), [2152], archiviste-paléographe, ancien conseiller de 
préfecture, me des Chanoines, n* 18, à Gaen (Calvados) ; correspondant, 
M. Picard, libraire, me Bonaparte, n* 82. 

Tbibbrt (Germain), [1049], ancien conseiller général, à Fontiaux, par 
Yivonne C^enne) ; à Paris, jue du Faubourg- Saint-Honoré, n« 83. 

Trotbs {Bibliothèque de la ville de), [1755], représentée par M. Socard, 
bibliothécaire; correspondant, M. Brévot-Leblanc, libraire, à Troyes 
(Aube). 

TwoMBLBT (W.), [1993], avenue Mae-Mahon, n* 1. 

UNrvxRsrr]& db Frangb {Bibliothèque de T), [767], représentée par M. de 
Chantepie du Dézert, bibliothécaire; correspondant, M. Picard, libraire, 
me Bonaparte, n" 82. 

UssBL (vicomte n'), [2145], ^, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 

me Bayart, n* 4. 
Vabsbn, [1853], archiviste- paléographe, à Lyon, me de TAnnonciade, 

n* 13, et à Paris, me Franklin, n* 10. 
Valbnçat (M"* la duchesse db Tallbtband-), [855], au château de Yalen- 

çay (Indre) ; correspondant, M. le marquis de Nadaillac, rue Duphot, 

n* 18. 

Vallbntin (Ludovic-Edouard), [811], juge au tribunal civil de Montéli- 
mar (Drôme); correspondant, M. H. Laurens, libraire, me de Toumon, 
n» 6. 

Yallois (Félix) fils, [1759], à Rouen (Seine-Inférieure), me de la Savon- 
nerie, n* 12. 

Yallois (René), [1782], avocat, à Rouen (Seine-Inférieure), me* de la 
Savonnerie, n* 12. 

Yalois (Noël), [2006], docteur es lettres, archiviste aux Archives natio- 
nales, me de l'Abbaye, n* 13. 

Yalut, [1843], chef d'escadron à l'état-major du 19* corps d'armée, à 
Alger. 



38 LISHB DES MEMBfiES 

Vamdal (comte Albert), [1691], rne François I", n* 1. 

V.AMDBWALLB, 11663], ATOoé près le tribunal de la Seine, me Graoge- 

Batelière, n* 18. 
Vanbt (A.-E.), [775], ancien conseiller à la Goor d'appel de Paris, me 

Dnphot, n* 14; correspondant, M. Saint-Jorre, Uteaire, me Ricfadieo, 

n-9i. 
YATiiasNiL (H** Albert db), [1779], ayenoe d'Antin, n* 24. 
Yatat (colonel baron db), [2046], O. ^, boulevard Hanssmann, n* 82. 

Vaufrblani) (vicomte db), [1848], me da Ranelagh, n* 45, et an châteaa 
de Yanfreland, par Sancerre (Cher). 

Vbndbutbb (baron db), [452], me de Penthièvre, n* 4. 

Vbbsaillbs {Bibliothèque de la ville de), [2127], représentée par M. Déle- 
Tot, bibliothécaire. 

Ybssillieb (Léonce), [1287], percepteur des contributions directes, à Mont- 
ceau-les-Mines (Saône-et-Loire). 

YiBBATB (M"* la marquise de), [1882] , au château de Cheveray (Loir-et- 
Cher), et à Paris, me de Yarenne, n« 56. 

YioNAT, [1811], membre de la Société archéologique et historique de 
rOrléanais, à Orléans (Loiret), dottre Saintp-Aignan, n* 7. 

YiLLABD (Henri), [1203], avocat, à Langres (Haute-Marne); correspondant, 
M. Yerconsin, rue Neuve-des-Capudnes, n* 6. 

YnjLBNBXTYB (Gustavc db), [2090], square de Messine, n* 13. 

YiLLBSAiaoN (René Giba&d db), [1898], à Siébon, par Ciron (Indre); cor- 
respondant, M. H. Laurens, libraire, me de Touraon, n* 6. 

YiOLLBT (Paul), [1952] , membre de Tlnstitut, bibliolhécaire-archiTiste 
de la Faculté de droit de Paris, me des Uons, n* 7. 

YiTU (Auguste), [2001], O. ^, avenue de Wagram, n* 36. 

Yooui (marquis db), [1916], C. ^^ m<»nbre de Flnstitut et de la Société 
nationale des Antiquaires de France, ancien ambassadeur, me Fabert, 
n*2. 

Walgkbnabr (Charles), [987], ancien chef du cabhiet du ministre de l'In- 
térieur, avenue Matignon, n" 15. 

Wattbyillb (baron O. db), [830], i^, directeur honoraire au ministère de 
rinslmction publique, boulevard Malesherbes, n* 63. 

WBBLé (comte Alfred), [1619], boulevard du Temple, à Rehns (Marne). 

WiLHBLH, [1393], juge de paix, à Chartres (Eure-et-Loir). 

WiTT (Pierre de), [1972], boulevard Hanssmann, n* 83. 

WiTTB (baron Jean db), [461], ^, associé étranger de l'Institut, me For- 
tin, n* 5. 

ZmxBB, [1411], C. i^, membre de Flnstitut, professeur d'histoire A TÉcole 
polytechnique, inspecteur général de l'enseignement supérieur, me 
LegoflF, n» 1. 



DE LA SOCIÉTÉ. 39 

Zbtort (Edgard), [2092], ^y recteoi de rAcadémie de Caen, à Gaen 
(Calvados). 

ZuuGB (BibUothèquê de la ville de)^ [1830], représentée par H. le doc- 
teur Homer, conserratear. 



ARCHIVES ET BIBLIOTHÈQUES ASSOCIÉES. 

Arohitbs db la Hautb-Garonnb^ [M. Baudouin, n" 2069]. 
BiBuoTEàQUBS DX8 CHATEAUX DB Compiègne, Fontainebleau, Pau et 

Versailles [n** 595-598]. 
BmuoTHÀQUB de la yiUe d'An, pd. Gaut, n* 687]. 

— UNnrBRSiTAnui d'Ade, [M. Capdxnat, n* 2083]. 

— mnYBRsiTAiRB d'Alobr, [M. le Bibliothécaire, n* 2081]. 

— de la yille d'ANOBRS, [M. Sorin, n* 2117]. 

— des Arghiyes nationalbs, [M. le Garde général, a* 1147]. 

— de l'ATHBNiBUM Club, à Londres, [n* 2168]. 

— de la ville d'AvioNON, [M. Dblotb, n» 645]. 

— de l'ordre des Atooats de Moulins, [M. Bovbon, n* 1504]. 

— de l'ordre des Ayooatb de Pabis, [M. Tbmplibr, n* 720]. 

— de la ville de Batonnb, [M. L. Hibiabt, n* 1407]. 

— de la ville de Bbauvais, [M. Mabghandin, n* 2052]. 

— de la ville de Bbsançon, [M. Castan, n* 1371]. 

— UNIYBRSITAIBB DB BbSANÇON, [M. PrIBUB, B* 2055]. 

— UNITBRSrrAIBB DB BOBDBAUX, fn» 2118). 

-- de la Cour d'appel de Boubobs, [n* 1483]. 

— du Bbazbnozb Collbgb, à Oxîford, [n* 2136]. 

— de la ville de Cabn, [M. Layallbt, n* 1015]. 

— UNrVBRSITAIBB DB CaBN, [M. BOUTT, B* 2078]. 

— de rUNivBBSiTi DB Cabibbidob, [n* 2169]. 

— de la Chambbb dbs dAput^s, [M. Laubbnt, n* 1^]. 

— de la ville de Ohabtbbs, [MM. les Conservateurs, n" 1516]. 

— de la ville de Cbatbaudun, [M. HBni, n* 1855]. 

— UNIVBRSITAIRB DB ClBBMONT-FbBRAND , [M. A. MaIBB, 

n- 1937]. 

— du Consbil d'État, [M. Gustave Yaitibb, n* 934]. 

— de la Cour db cassation, [M. Richou, n* 1721]. 

— de la ville de Dibppb, [M. Parât, n* 1054]. 

— de la ville de Dijon, [M. Guionard, n* 1279]. 

— UNiVBRsrrAiRB DB DuoN, [M. Arghinbt, n* 2080 1. 

-— de l'EcOLB DBS HAUTBS ÉTUDBS, [n» 2126]. 

-- de rÉooLB NATiONALB DBS GHARTBS, ptf . IcDlrecteur, n* 1703]. 

— de l'EcOLB NORMALB suPÉRiBURB, [M. le Directeur, n* 1617]. 



40 LISTE DES MEMBRES 

BiBuoTHiQna de la Yille &ÉnKSAY, [M. Bbion^ n* 1474]. 

— de la Faoult^ db droit dx Paris , [M. Viollet, n* 1883]. 

— de la Yille de GenAte^ [M. Gas, n* 1821}. 

— de la Tille de Grbnoblb, [M. MkioNixN, n* 948]. 

— UNITBRSITAIRB DB GrXNOBLB^ [M. CaLLAMAND, D* 1976]. 

— de la Tille de Hambourg, [M. Islbr, n* 873]. 

— de la Tille du Hatrs, [M. Bailuard, n* 1193]. 

— d'iNNBR Tbmplb, a Londres, [d* 2170]. 

— de la Tille de Layal, [M. B. OEblbrt, n* 1852]. 

— de I'Institut gatholiqub db Lillb, [M. le Rectear, n* 1854]» 

— UNiyBRSiTAiRB DB LiLLB, [M. le BlbUothécalre, n» 2079]. 

— de la Tille de LtMooBS, [M. Lbtmarix, n* 1908]. 

<» de rUKiYBRSiTÉ DB LouYAiN, [M. Rbusbnb, n* 812]. 

— du palaifr du Luxembourg, à Paris, [M. Chobgki, n* 956]. 

— UNIYBRSITAIRB DB LtON, [M. DrBTFUB, B* 1998]. 

— de IInstitut gatholiqub db Lton, [M. le Doyen, n* 1851]. 

— Chbtham, db Manghbstbr, [n* 21iOJ. 

— de la Tille du Mans, [M. GuArin, n* 1696]. 
~ de la Tille de Mamtbs, [M. Pbtit, n* 1295]. 

-r du MiNiSTÀRB db la Marins, [M. Durassibr, n* 1102]. 

— Mazarinb, à Paris, [M. Franklin, n* 33]. 

— UNIVERSITAIRE DB MONTPELLIER, [M. FbGAMP, B* 2045] . 

— de la ville de Moulins, [M. B^ganibr, n* 1365]. 

— de la ville de Nangt, [M. Fayier, n* 850]. 

— UNIVERSITAIRE DE Nanct, [M. le D' Nbtter, u* 2062]. 

— Nationale, A Paris, [M. L. Deusle]. 

— de la ville d'ORi^ANS, [M. Loiselbur, n* 2100]. 

— de la ville de Paris, [M. J. Cousin, n* 135]. 

— de la ville de Pau, [M. Soxtugb, n* 1592]. 

— UNIYBRSrrAlRE DE PorTIBRS, [M. GiRARDIN, B* 2094]. 

— de la ville de Reims, [M. Gourmeauz, n* 2135]. 

— de la ville de Rennes, [M. Vbtault, n* 1956] . 

— UNIVERSITAIRE de ReNNBS, [M. DUBUISSON, B* 1346]. 

~ de la Cour d'appel de Rouen, [M. Pellegat, n** 1884]. 

— de Sainte-Geneyiàyb, à Paris [M. Lavoiz, n* 2175]. 

— des Bénédictins de Solesmbs, [le R. P. Abbé, n" 1661]. 
— / Signet librart, à Edimbourg, [n* 2171]. 

— royale de Stuttgart, [M. le Bibliothécaire, n* 1610]. 

— UNIYBRSITAIRB DE L'ÂCAD^MIB DE TOULOUSE, [M. CrOUZEL, 

n* 2037J. 

— de la ville de Toxtlouse, fM. Eug. Lapibrrb, n» 2082]. 

— de la ville de Trotbs, [M. Sogard, n* 1754]. 

— de TUniversité de France, [11 de Chantepib du D^zert, 

n* 7671. 

— de la ville de Versailles, [M. DiLEROT, n? 2127]. 

— de la ville de Zurich, [M. Borner, n* 1830]. 



DE LA SOCIÉTÉ. 41 



SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE 

DE FRANCE. 

BN FBANGB. 
AcADiMlS DBS SciBNGES; AbTS ET BblLBS-LbTTRBS DB CaBN. 

Agadémib DBS Sgibngbs, Abts bt Bbllbs-Lbttrbs db Duon. 

AcADilUB DBS SCOBNGBS, ArTS BT BbLLBS- LbTTRBS DB MaGON. 

Agadémib des Sgibngbs, Bbllbs-Lett&bs bt Abts db Tabn-bt^Gabonmb, 
à Montauban. 

Agadémib dbs Sgiengbs, Lbttiibs bt Aats d'Abbas. 

Agadémib db Vaugluss. 

Association philotbghniqub. 

Commission dbs Antiquités du département de la Côte-d'Ob, à Dijon. 

Société académique db Bouloonb-sub-Mbb. 

Société académique de l'Aube, à Troyes. 

Société académique des Sciences, Abts et Belles-Lettres de Saint- 
Quentin. 

Société archéolooiqub db Rambouillet. 

Société archéologique de Touraine, à Tours. 

Société archéologique et historique du Limousin, à Limoges. 

Société archéolooique et historique de l'Orléanais, à Orléans. 

Société bibuooraphique, à Paris. 

Société d'Agriculture, Scienobs, Arts bt Commerce du Put. 

Société d'Agriculture, Sciences et Arts du département du Nord, 
à Douai. 

Société de l'Histoire du Protestantisme français, à Paris. 

Société d'émulation du département de l'Allier, à Moulins. 

Société d'émulation de la Vendée, à la Roche-sur-Ton. 

Société des Antiquaires de la Morinie, à Saint-Omer. 

Société des Antiquaires de Normandie, à Caen. 

Société des Antiquaires de l'Ouest, à Poitiers. 

Société des Antiquaires de Picardie, à Amiens. 

Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes. 

Société des Sciences historiques et naturelles de l'Yonne, à Anxerre. 

Société de Statistique, Sciences, Belles-Lettres et Arts du dépar- 
tement DES Dbuz-Sèyrbs, à Niort. 

Société d'études des Hautes-Alpes, à Gap. 

Société d'histoire et d'archéolooib, A Chalon-8ur-Sa6ne. 

Société libre d'Agriculture, Sgiencbs, Arts bt BELLBS-LBmES du 
département de l'Eure, à Évreux. 

Société nationale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. 

Société nationale des Antiquaires de France, à Paris. 



42 SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES. 



EN PATS AtRANOSRS. 
AOAOÉXIB ROYALE DE BELGIQUE, à BlUXelles. 

Agabêmib royale irlandaise, à Dublin. 

Comité de publication des Analegtes pour servir a l'histoire bgglb- 

SIASTIQUB DB LA BELGIQUE, à LOUYain. 

Institut archéologique liégeois. 

Institut Smitbsonien, à Washington. 

Société dHistoire db la Suisse Romande, A Lausanne. 

Société d'Histoire et d'Archéologie de Gbnèyb. 

Société historique du Massachusetts, A Boston. 

Société philosophique amérioainb, à Philadelphie. 

Unitbrsité de Kibl. 



CONSEIL D'ADMINISTRATION. 



43 



LISTE 

DBS 

MEMBRES DU CONSEIL d' ADMINISTRATION, 

avec l'indication des années où cessent leurs fonctions. 

1889. 1890. 

MM. Beaucourt (de). MM. Baouenault de Pughesse. 

DURUY. 

Broolib (de). Gautier (Léon). 

Ghantbrao (de)- Himlt. 

GosNAO (de). La Tr^moîlle (de). 

Delislb (L.). Luçat (de). 

Marst (de). Mas Latrie (de). 

PlCX)T. 

RiVAiN. QuBXTx DE Saint-Hilaire (de). 

VioLLBT. Valois. 

1891. 1892. 

MM. BARTHÉLEifT (An. de). IfM. Boislisle (A. de). 

boulationier. 

Laborde (J. de). Geébjjel» 

Lalannb (Lad.). Lair. 

LoNONON. Maurt (Alfred). 

Lues. PUTMAIORB (de). 

MbTBR (P.). ROGQUAIN. 

Moranyillé. Rublb (de). 

Seryois. Wattevillb (de). 

\ùQvà (de). Wittb (de). 



BUREAU DE LA SOCIÉTÉ NOMMÉ EN 1888. 

Président MM. de Luçat. 

Vice-Présidents. ... P. Meter et de Vooiii. 

Secrétaire Arthur de Boisusle. 

Secrétaire adjoint . . Noël Valois. 

Archiviste 'Trésorier. { ^ „ 

Bihliothécak-e. ... .] y- »^^^* 

Censeurs . . « J. Delatille Le Roulz et P. Durrieu. 



44 CONSEIL D'ADMINISTRATION. 



COMITÉ DE PUBLIGATION. 



MM. 


MM. 


A. DU Barthélémy. 


Lalannb. 


Db BsAUcoimT. 


Picot. 


Dbuslb. 


Db Rublb. 



COMITÉ DES FOrCDS. 

MM. MM. 

De Gosnac. Mobanyillé. 

De Mab Latrie. Sbryoie. 



JOURS DES SÉANCES 

DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE 

pendant l'année 1889. i 

8 Janvier. 4 Juin. 

5 Février. 2 Juillet. 

12 Mars. 5 Novembre. 

2 et 30 Avril. 3 Décembre. 
7 Mai. 

Xe Conseil d'administration de la Société se réunit aux Archives natio- 
nales (salle des cours de l'École des chartes), à quatre heures un quart, 
le premier mardi de chaque mois (août, septembre et octobre exceptés, 
et sauf le cas où le premier mardi est jour de fête]. Tous les membres 
de la Société ont le droit d'assister aux séances. 

La séance extraordinaire du 30 avril est destinée à fixer l'ordre 'du jour 
de l'Assemblée générale. 

La séance du 7 mai est celle de l'Assemblée générale de la Société. 
Elle se tiendra dans la salle du cours d'Archéologie, à la Bibliothèque 
nationale. 



Agent de la Société: M. Fr. Martin, rue des Francs-Bourgeois, n* 60, 

anx Archives nationales. 



LISTE DES OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. 45 



ORDRE DE PUBUCATION 



DES OUVRAGES ÉDITÉS PAR LA SOCIÉTÉ 



DEPUIS L'AMNil 1870. 



{Voir, pour Vordre de publication des 151 volumes édités par la Société 
depuis sa fondation jusqu'en Vannée 1869, les Annuaires-BtUletins 
de 1863 à 1869.) 



1870-1871. 

152. COMMSNTAIRBS BT LbTTRBS DB MoNLUC, t. IV. • • • ) <c m^fa IfiTA 

153. Mbmoirbs du xa&bghal db Bassompibr&b, t I . . f 

154. Ghroniqubs db J. Fboissart, t. Il 1*' mai 1870. 

155. Ghboniqubs dbs oomBS d'Anjou, Introduction. : . 11 juin 1871. 

156. Annuaibb-Bullbtin, t VIII. Année 1870 réunie à Tannée 1871. 

1872. 

157. Gh&ONIQUB d'ErNOUL BT pB BbRNARD LB TRiSOHIBR. 18 oct. 1871. 

158. Annalbs db Saint-Bbrtin bt db Saint- Vaast .... 29 nor. 1871. 

159. Chboniques db J. Fboissa&t, t. III 5 fév. 1872. 

160. GoMMBNTAiRBS BT Lbttrbs DE MoNLUG, t. V et dernier. 1*' mai 1 872. 

161. Annuajrb-Bullbtin, t. IX. Année 1872. 

1873. 

162. Mbmoirbs du mareohal db Bassokpibrrb, t. II . . . 15 mars 1873. 

163. OËUTRBS DB Brantôme, t. VI 5 mai 1873. 

164. Chroniques db J. Froissart, t. IV 7 nov. 1873. 

165. Histoire de BiARN bt Nayarrb, par Bordbnayb. . 4 août 1873. 

166. ANNUAiRB-fiuLLBTiN, t. X. Année 1873. 

1874. 

167. Chronioubs de Saint-Martial db Limoges 2 déc. 1873. 

168. Œuvres de Brantôme, t. VU 10 déc. 1873. 

169. Ghroniqubs de J. Froissart, t. V 1" juin 1874. 

170. Nouveau rbgubil de Cobcptbs db l'Argenterie. . . 1*' oct. 1874. 

171. Annuaire-Bulletin, t. XI. Année 1874. 



46 LISTE DBS OUVRAGES 



1875. 

172. OËuTRES DE BRijfTÔMB, t. VIII 31 déc. 1874. 

173. MÉMOIRES Dxi MARÉCHAL DB Bassompibrrb, t. III. . . 1*' mai 1875. 

174. Chanson de la Croisade contre les Albiobois, 1. 1*'. 1*' août 1875. 

175. Chronique du bon duc Louis de Bourbon 1*' ayril 1876. 

176. ÂNNUAiRE-BuLLEHN, t. XII. Aonée 1875. 

1876. 

177. ŒuYRES DE Brantôme, t. IX 31 déc. 1875. 

178. Chronique de Le Fàyre de Saint-Remt, t. I ... . 1*' mai 1876. 

179. Récits d'un Ménestrel de Reims 15 sept. 1876. 

180. Chroniques de J. Froissart, t. VI 1*' déc. 1876. 

18i. Annuaire-Bulletin, t. Xlll. Année 1876. 

1877. 

182. Mémoires du maréchal de Bassompibrre, t. IV . . 1*** avril 1877. 

183. Lettres d'Antoine de Bourbon l^sept. 1877. 

184. Mémoires de la Huouerye, t. I 1*' déc. 1877. 

185. Anecdotes d'Etienne de Bourbon 15 déc. 1877. 

186. Annuaire-Bulletin, t. XIV. Année 1877. 

1878. 

187. Extraits des AuTEURS'aREcs concbrn. les Gaules, 1. 1 23 juill. 1878. 

188. Chroniques de J. Froissart, t. VII !«■ mai 1878. 

189. Histoire de Bayart 15 oct: 1878. 

190. MÉMOIRES DE LA HUOUERYB^ t. II 15 noY. 1878. 

191. Annuaire-Bulletin^ t. XV. Année 1878. 

1879. 

192. Chanson de la Croisade contre les Albiobois, t. II 15 déc. 1878. 

193. MÉMOIRES de Nicolas Goulas, t. 1 15 avril 1879. 

194. ExTR. DES Auteurs grecs gongern. les Gaules, t. II 30 sept. 1879. 

195. MÉMOi^s DE Nicolas Goulas, t. II 15 déc. 1879. 

196. Annuaire-Bulletin, t. XVI. Année 1879. 

1880. 

197. Gestbs des Éyéques de Cambrai 15 mai 1880. 

198. Mémoires de la Huouerye, t. III 15 déc. 1880. 

199. Œuyres de Brantôme, t. X 1" déc. 1881. 

200. Eitr. des Auteurs orecs concern. les Gaules, t. III 1" mars 1881 . 

201. Annuaire-Bulletin, t. XVII. Année 1880. 



PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. 47 



1881. 

202. Lbs Établissbmbnts db saint Louis, 1. 1 31 déc. 1880. 

203. Lbs Établissbmbnts de saint Louis, t II l*''juill. 1881. 

204. Ghroniqub db Lb Fèvrb db Saint-Rbmt, t. II . . . . !•' nov. 1881. 

205. Chronique normande du xiy* sibclb 31 jaav. 1882. 

206. Annuairb-Bullbtin, t. XVIU. Année 1881. 

1882. 

207. Œuvres de Brantôme, t. XI l"févr. 1882. 

208. Mémoires de Nicolas Goulas, t III 30 avril 1882. 

209. Relation d'Éz. Spanheim 30 oct. 1882. 

210. Œuvres de Rioord et de G. le Breton, t. I. . . . 15 déc 1882. 

211. Annuaire-Bulletin, t. XIX. Année 1882. 

1883. 

212. ExTR. des Auteurs orbcs ooncern. lbs Gaules, t. IV 15 mars 1883. 

213. Mémoires d'Olivier de la Marche, t. 1 3 juill. 1883. 

214. Lbs Établissements db saint Louis, t. III 15 oct. 1883. 

215. Lettres de Louis XI, t. I 7 nov. 1883. 

216. Annuaire-Bulletin, t. XX. Année 1883. 

1884. 

217. Notices et documents (Cinquantième anniversaire) . mai 1884. 

218. MÉMOIRES du maréchal de Villars, t. I 15 juin 1884. 

219. MÉMOIRES d'Ouvier de la Marche, t. Il 7 août 1884. 

220. Mémoires d'Olivier de la Marche, t. III 7 mars 1885. 

221. Annuaire-Bulletin, t. XXI. Année 1884. 

1885. 

222. Journal db Nicolas de Bâte, t. I X" juin 1885. 

223. Lettres de Louis XI, t. II 1^'août 1885. 

224. Œuvres de Rigord et de G. le Breton, t. II. . . .* 25 déc. 1885. 

225. ËxTR. DES AUTEURS GRECS coNGERN. LBS Gaules, t. V. 25 mars 1886. 

226. Annuaire-Bulletin, t. XXII. Année 1885. 

1886. 

227. Les Établissements de saint Louis, t. IV 30 mars 1886. 

228. La Règle du Temple 15 avril 1886. 

229. Histoire universelle d'Agr. d'Aubignb, t. I 15 nov. 1886. 

230. Table générale de l'Annuaire-Bullbtin, années 1863-1884. 

231. Annuairb-Bulletin, t. XXill. Année 1886. 



48 LISTE DES OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. 



1887. 

232. MAmOIRBS du MARAnHAI. DB YlhhàMM, t. II 15 DOT. 1886. 

233. Lb Joutencbl, par Jban bb Bubil, t 1 28 déc. 1886. 

234. Lbttrbs db Louis XI, t. III • 25juiU. 1887. 

235. HiSTOiEB UNiYBRSBLLB d'Aob. d'Aubioné, t. II ... . 15 oct. 1887. 

236. Annuairb-Bullbtin, t. XXIV. Année 1887. 



1888. 

237. Chbonioubs db J. Froissabt, t. VIII, l'* partie . . . 20 jany. 1888. 

238. Ghroniqubs db J. Froissart, t. VIII, 2* partie. . . . 20 janT. 1888. 

239. Journal db Nicolas db Bâte, t. II ... 20 aTril 1888. 

240. Mbmoirbs d'Oliyier db la IICarghb, t IV 1*' déc. 1888. 

241. Annuaire-Bullbtin, t. XXV. Année 1888. 



PROCÈS-VERBAL 

' DE LA 

SÉAI9GE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE, 

■ 

TEMUB LE 8 JANTIBR 1889^ 

A rÉcole des chartes, à quatre heures un quart, 

sous LA PRisIDBNCB DE M. LE COMTE DE LUGAY, PRESIDENT. 

(Procès-verbal adopté dans la séance du 5 février suivant.) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente ; la rédaction en est approuvée par le Conseil. 

M. le président annonce la mort de M. le comte Paul 
Riant, de l'Institut, qui était membre de la Société depuis 
1867, et du Conseil depuis 1879. Retenu dans sa résidence 
de Suisse par le mal qui vient de l'emporter, M. Riant ne 
pouvait plus prendre part aux réunions des Compagnies et 
des Conseils dont il faisait partie; mais néanmoins il s'est 
occupé jusque dans ses derniers moments des travaux d'éru- 
dition qui lui avaient fait un si grand renom, et dont l'objet 
principal était l'histoire des expéditions et croisades du 
moyen âge en Orient. 

La Société a perdu également un membre actif et tout 
dévoué aux travaux historiques dans la personne de M. Gus- 
tave Masson, mort le 29 août 1888, à soixante-dix ans. 
M. Masson, établi depuis de longues années en Angleterre, 
était à la fois professeur de langue et de littérature françaises 
et bibliothécaire au collège de Harrow-on-the-hill. Sa grande 
connaissance des dépôts littéraires de l'Angleterre faisait de 
lui un guide aussi utile qu'il était obligeant pour ceux de ses 
compatriotes qui venaient les visiter, et bien souvent il a 
enrichi nos recueils périodiques, notamment YAnnuaire'- 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 4 



II 



50 SOCIÉTÉ 

Bulletin de la Société de l'Histoire de France^ de pré- 
cieux documents découverts par lui au Musée Britannique. 

Puhlicaiions adressées à la Société. 

Publications périodiques. — Revue des Questions historiques, 
jer janvier 1889. — Revue historique, janvier-février 1889. — But" 
letin de la Société bibliographique, décembre 1888. — Bulletin de 
la Société de V Histoire du Protestantisme français, 15 décembre 1888. 
— Bulletin de l'Association philotechnique, décembre 1888. 

Sociétés savantes. — Mémoires de la Société des Antiquaires de 
VOuest, année 1887. — Mémoires de l'Académie des sciences, lettres 
et arts d'Arras, 2« série, t. XIX. 

Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs. ' 

Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes , par 
M. J. Homan. In-4. Paris, Imprimerie nationale. -^ Heidelberg et 
Strasbourg; recherches biographiques et littéraires sur les étudiants 
alsaciens immatriculés à l'Université de Heidelberg de 1386 à iôdi, 
par P. Ristelhuber. Br. in-8. Paris, E. Leroux. — Un Sermon iné- 
dit d*une fille du roi Henri IV, imprimé pour le mariage de 
M"o Madeleine Delpit et de M. René Detpit, lieutenant de vais- 
seau, chevalier de la Légion d'honneur, par Ph. Tamizey de Lar- 
roque. In-8. Saint-Étienne, impr. Gh. Boy. — Un magistrat éru- 
dit du XVP siècle, Siméon du Bois (1536-1581); lettres inédites 
publiées et annotées par Emile Du Boys, avec notice biographique 
par Auguste Du Boys. Br. in-8. Chartres, impr. Durand. 



Correspondance. 

MM. Coville et Guillaume, admis au nombre des membres 
de la Société dans la précédente séance , adressent leurs 
remerciements au Conseil. 

M. Alfred Baudrillart remercie également le Conseil d'avoir 
bien voulu adopter en principe son projet de publication de 
la correspondance du roi Philippe V avec Louis XIV et le 
duc de Bourgogne. 

M. le marquis de Beaucourt et M. Rivain s'excusent de ne 
point assister à la séance. 



DE L'HISTOIAE DS FRANGE. 51 

Travaux de la Société. 

État des impressions à rimprimerie Daupeley^QouTerneur : 

Annuaire-Bulletin de 1888. Feuilles 1 à 9 distribuées. 

Le Jauvencel. T. II. Feuilles 28 et 29 tirées; on com- 
pose la feuille 30, suite de la Table. 

Histoire universelle cT Agrippa cCAubigné. T. III. 
Feuille 12 tirée; feuilles 13 et 14 en pages, 15 et 16 en 
placards. 

Mémoires de Villars. T. III. Feuille 14 tirée. Pas 
de changement ; on attend la copie. 

Le tome IV et dernier des Mémoires d'Olivier de la 
Marche est déposé sur le bureau. 

Le Conseil autorise M. René de Maulde à livrer pour l'im- 
pression la copie du tome T" de la Chronique de Jean 
d'Auton^ et décide que M. le comte A. de Bourmont sera 
invité à soumettre au Comité de publication le manuscrit du 
tome l^ de la Chronique du héraut d'armes Berry. 

M. Moranvillé, président du Comité des fonds, est autorisé 
à délivrer les mandats afférents aux dépenses de fin d'année. 

Il annonce que, dès la distribution de la circulaire rela- 
tive à la reproduction par procédé anastatique du tome P' 
des Chroniques de J. Froissart, il s'est produit un nombre 
de demandes des dix volumes (tomes I à VIII) assez considé- 
rable pour que le succès de cette opération soit assuré. 

Le Conseil autorise la mise en distribution du tome FV et 
dernier des Mémoires d'Olivier de la Marche, complétant 
l'exercice 1888. 

La séance est levée à cinq heures. 



52 SOCIÉTÉ 



II. 



BIBLIOGRAPHIE. 

!• — Arbois de Jubainville (H. d') et J. Loth. Cours 
de littérature celtique. T. III. In-8, 364 p. Paris, Thorin. 

2. — Bellog (A.). La télégraphie historique depuis les 
temps les plus reculés jusqu'à nos jours; ouvrage illustré de 
76 gravures. Grand in-8, xi-343 p. Paris, Firmin-Didot 
et 0\ 

3. — BÉRARD (A.). Les vieilles abbayes du Bugey : 
I. L'abbaye d'Ambronay. In-8, 170 p. et planches. Bourg, 
impr. Authier. 

4. — Blanchet (l'abbé). Notice historique sur l'ancien 
Carmel d'Angoulême. In-8, 120 p. Angoulême, impr. 
Roussaud. 

5. — Blin (l'abbé). Un privilège inédit du pape Inno- 
cent III, publié d'après le cartulaire^ de l'abbaye de Silly. 
In-8, 28 p. Avignon, Seguin frères. 

6. — Gadier (L.). Les archives d'Aragon et de Navarre. 
In-8, 46 p. Nogent-le-Rotrou , impr. Daupeley-Gouver- 
neur. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.) 

7. — Garré (H.). Recherches sur l'administration muni- 
cipale de Rennes au temps de Henri IV. In-8, 96 p. avec 
grav. et plan. Paris, Quantin. 

8. — Ghevalier (l'abbé J.). Mémoires des frères Gay, de 
Die, pour servir à l'histoire des guerres de religion en Dau- 
phiné, et spécialement dans le Diois, publiés d'après les 
manuscrits originaux, avec un texte supplémentaire, des 
notes généalogiques et des documents inédits. In-S, 357 p. 
Montbéliard, impr. Hoflfmann. 

9. — CocHARD (l'abbé T.). Les confréries des commu- 



DE L'HISTOmS DE FRANCE. 53 

nautés d'arts et métiers d'Orléans. In-8, 62 p. Orléans, Her- 
luison. 

(Extrait des Lectures et mémoires de TAcadémie de Sainte-Croix.) 

10. — CoLLABD (L.). Histoire de Saint-Germain-la-Ville. 
In-8, 164 p. et planches. Chàlons-sur-Marne, Le Roy. 

11. — CoYECQUE (E.). L'assistance publique à Paris au 
milieu du xvi* siècle. In-8, 16 p. Nogent-le-Rotrou, impr. 
Daupeley-Gouvemeur. 

(Extrait du Balletin de la Sooiété de l'Histoire de Paris et de llle-de- 
France.) 

12. — Dareste (R.). Études d'histoire du droit. In-8, 
xn-419 p. Paris, Larose et Forcel. 

13. — Delabordb (H.-F.). Deux documents historiques 
provenant de Saint-Germain-de&-Prés. In-8, 7 p. Nogent- 
le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouvemeur. 

(Extrait du BuUeUn de la Société de l'Histoire de Paris et de Tlle-de- 
France.) 

14. — Desponts. Jean Pardiac et la communauté des 
maîtres en chirurgie de la ville d'Auch (1766-1789). In-8, 
81 p. Auch, Icard. 

(Extrait de la Revue de Gascogne.) 

15. — Douais (l'abbé C). Documents pontificaux sur 
l'évêché de Couserans (1425-1619). In-8, 37 p. Paris, 
Picard. 

16. — DouARCHB (A.). L'Université de Paris et les 
Jésuites (xvi* et xvif siècles). In-8, x-327p. Paris, Hachette 
et 0\ 

17. — Fagniez (G.). Le Père Joseph et Richelieu : 1® la 
jeunesse du Père Joseph et son rôle dans la pacification de 
Loudun (1577-1610); 2^ la préparation de la rupture ouverte 
et la succession politique de Richelieu (1632-1635). In-8, 
166 p. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur. 

(Extrait de la Revue historique.) 

18. — Favé (général). L'empire des Francs depuis sa 
fondation jusqu'à son démembrement. Grand in-8, 724 p. 
Paris, Thorin. 



54 50CIETE 

19. — FooRinsa (L.-A.). Histoire dn canton de Thiber- 
TÎlle. Grand in-8, 1Q3 p. Bemaj, impr. de M°* J. et 
A« Lcftvre* 

20. -* GoiRAHD (J.). Documents hisiorûiQes sor Âlais: 
un conflit entre Tantorité militaire et le confleQ politique en 
1766, sons le consolai de M. Antoine Ramel. In-S, 35 p. 
Alais, impr. Martin. 

21. — GoNTAUT-BiRON (comteThéodoTeDE). Ambassade 
en Tarqaie de Jean de Gontaut-Biron, baron de Salignac 
(1605-1610); correspondance diplomatique et documents 
inédits. In-8, xnr-451 p. Paris, Alph. Picard; H. Champion. 

En rendant compte Tannée dernière (1888, p. 121) d*an premier 
Tolome consacré au récit du Yoyage de Jean de Gkintant-Biron, 
j'avais annoncé que la correspondance de cet ambassadeor aurait 
son tour; la Yoici. Elle embrasse une période de cinq ans. On n'y 
trouve point trace de c grand dessein > de croisade contre les infi- 
dèles. < Henri IV, dit l'éditeur, ne semble pas avoir eu en Orient 
une politique bien tranchée. Q hésita à suivre l'exemple de ses 
prédécesseurs et à profiter des bonnes dispositions de la Porte, 
toute prête à seconder ses desseins contre les ennemis de la France. 
D'un autre côté, il ne voulut pas davantage rompre avec l'empire 
turc, qui eût pu lui créer de graves embarras au moment où il 
prévoyait la nécessité de conserver toutes les forces de son royaume. 
Au contraire, M. de Salignac, plus confiant dans la puissance de 
la France et enflammé du désir de chasser de l'Europe les infi- 
dèles, se désespérait à la pensée que le roi laissait échapper les 
occasions propices... » 

Les originaux de cette correspondance sont conservés à la Biblio- 
thèque nationale, mss. fr. 16145 et 16146, et portent tantôt Fadresse 
du roi, tantôt celle du secrétaire d'État. L'éditeur y a intercalé 
quelques minutes inédites de lettres royales, et il a abondamment 
annoté tous ces textes, qui, avec les sommaires, les tables de 
matières et l'appendice, forment un très important volume. 

A. B. 

22. — GoRSB (A.). L'art et les artistes en Béarn : les 
Caron, une famille de sculpteurs ahbevillois en Béarn aux 
XVII* et XVIII* siècles. In-4, 23 p. et planche. Pau, veuve 
Ribaut. 

(Extrait da Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau.) 

83. — Grammont (H,-D. de). Relations entre la France 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 55 

et la régence d'Alger au xvjf siàde. Quatrième partie : les 
consuls lazaristes et le chevalier d'Âryieux (1646-1690). 
In-8, 142 p. Alger, Jourdan. 

24. — GuiLMOTO (G.), étude sur les droits de navigation 
de la Seine de Paris à la Roche-Ouyon du xi® au xv!!!" siècle. 
Grand in-8, ix-143 p. Paris, Alph. Picard. 

25. — HÉNOCQUB (l'abbé). Histoire de l'abbaye et de la 
ville de Saint-Riquier : la ville de Saint-Riquier, sa com- 
mune, sa noblesse, ses divers établissements, seigneuries et 
âe& de l'abbaye situés en divers lieux, ses prieurés, l'Hôtel- 
Dieu, le château de la Ferté. T. III. In-4, vi-574 p. Paris, 
Chossonnery. 

(Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie.) 

26. — Horsin-Dbon (L.). Les portraitistes français de 
la Renaissance (1483-1627). In-8, 216 p. Paris, veuve 
Larousse et O®. 

27. — HtTET (l'abbé L.). Histoire de l'hôpital Saint-Louis 
de Caen. In-8, 63 p. Caen, impr. veuve Domin. 

28. — JoTOERT (A.). Un recueil de plaidoyers inédits des 
avocats angevins aux xvn* et xviii* siècles (1680-1730). 
In-8, 16 p. Angers, Germain et Grassin. 

29. — Lallemand (p.). Histoire de l'éducation dans 
l'ancien Oratoire de France. Grand in-8, xn-476 p. Paris, 
Thorin. 

30. — Langlois (Ch.-V.). Textes relatifs à l'histoire du 
Parlement, depuis les origines jusqu'en 1314. In-8, xxxvi- 
248 p. Paris, Picard. 

(Collection de textes pour senrir à Tétude et à l'enseignement de l'his- 
toire.) 

31. — Laval (V.). Histoire de la Faculté de médecine 
d'Avignon, ses origines, son organisation et son enseigne- 
ment (1303-1791). T. I : les origines et l'organisation. 
In-8, v-492 p. et planche. Paris, Lechevalier. 

82. — Le Chat (C). Histoire de la ville de Vemeuil 



56 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 

(Eure) depuis sa fondation jusqu'à nos jours. In-8, 139 p. 
Verneuil, Aubert-Chasle. 

33. — Lenient (C). La comédie en France au 
XVIII* siècle. 2 vol. in-16. T. I, vni-391 p.; t. II, 450 p. 
Paris, Hachette et O*. 

34. — Leroux (A.). Histoire de la Réforme dans la 
Marche et le Limousin (Creuse, Haute-Vienne, Corrèze). 
In-8, xLVffl-391 p. et carte. Limoges, impr. Gdy. 

35. — Leroux (A.). Nouveaux documents historiques 
sur la Marche et le Limousin. T. I. In-8, iv-372 p. Limoges, 
impr. Gely. 

36. — Lesens (E.). Antiquités de la ville d'HaMleur, 
par François de la Motte, échevin, avec une introduction et 
une liste bibliographique. Petit in-4, xx-227 p. Rouen, 
impr. Cagniard. 

(Publication de la Société rouennaise de bibliophiles.) 

37. — Lettres et conférences de saint Vincent de Paul 
(Supplément); procès-verbaux des assemblées et des con- 
seils; règlements divers. In-8, vni-549 p. Paris, impr. 
Dumoulin et C*®. 

, 38. — LoiSELEUR (J.). L'Université d'Orléans pendant 
la période de décadence, d'après des documents récemment 
découverts. In-8, 83 p. Orléans, Herluison. 

(Extrait des Mémoires de la Société des sciences et arts d'Orléaiis.) 

39. — LoYE (l'abbé). Histoire du comté de la Roche et de 
Saint-Hippolyte, sa capitale. In-18, 452 p. Montbéliard, 
impr. HoflFmann. 

40. — Magen (A.). Faits d'armes de Geoffroy de Vivant, 
publiés d'après le manuscrit original. Petit in-8, xxx-211 p. 
Agen, Michel et Médan. 

41 . — Marmottan (P.). Les peintres de la ville de Saint- 
Omer, depuis le moyen âge jusqu'à nos jours. In-8, 43 p. 
Paris, Plqn, Nourrit et 0^ 



PROCÈS-VERBAL 

DE LA 

SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE, 

TBNUB LB 5 FiVBIEE 1889, 

A l'École des chartes^ à quatre heures un quart, 

sous LA PRiSIDBNCB DE M. LB GOICTE DE LUÇAT, PRESIDENT. 

(Procès*Terbal adopté dans la séance du 5 mars soiTant) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente; la rédaction en est adoptée par le ConseiL 

M. le président annonce la mort de M. Othon de Cler- 
mont, membre de la Société. 

M. le président proclame membres de la Société, après 
avoir soumis ces nominations à l'approbation du Conseil : 

2164. M°^ la baronne Edmond de Bussierre, rue de Lille, 
n^ 84 ; présentée par MM. le comte de Luçay et le marc[uis 
de Beaucourt. 

2165. M. Napoléon Magne, sous-lieutenant au 14" régi- 
ment de dragons, avenue Montaigne, n^ 31 ; présenté par 
M. le comte Werlé et M. de Boislisle. 

Publications adressées à la Société. 

PuBUGATiONS PÉRIODIQUES. — Bulletin des bibliothèques et des 
archives, année 1888, n9 2. — Bulletin de V Association philotech- 
nique, janvier 1889. — Bulletin de la Société de l'Histoire du Pro" 
testantisme français, 15 janvier 1889. — Bulletin de la Société biblio- 
graphique, janvier 1889. 

Sociétés savantes. — Bulletin historique de la Société des 
Antiquaires de la Morinie, octobre-décembre 1888. 

Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs. 
Bibliographie des travaux historiques et archéologiques publiés par 



58 SOCIÉTÉ 

les Sociétés savantes de la France, dressée par R. de Lasteyrie et 
Eug. Lefëvre-Pontalis. In-4. Paris, Imprimerie nationale. — His- 
toire du commerce de la France, par H. Pigeonneau, t. II. In-8. 
Paris, Léop. Cerf. — Lettres inédites de Michel Apo^tolis, publiées 
d'après les manuscrits du Vatican, avec des opuscules inédits du 
même auteur, une introduction et des notes, par Hippolyte Noiret, 
membre de l'École française de Rome. In-8. Paris, Thorin. — 
Études sur l'administration byzantine dans Vexarchat de Ravenne 
(568-75i)j par Charles Diehl, ancien membre des Écoles françaises 
d'Athènes et de Rome, maître de conférences à la Faculté des 
lettres de Nancy. In-8. Paris, Thorin. — L* église et les mosaïques 
du couvent de Saint-Luc en Phocide, par le même. Br. in-8. Paris, 
Thorin. — Les fous, les folles et les artistes de la cour du roi René, 
d'après les comptes inédits de Jehan Legay, par André Joubert. 
Br. inr8. Laval, impr. E. Jamin. — La famille de M^* de Sévigné 
en Provence, d'après des documents inédits, par le marquis de 
Saporta. In-8. Paris, Pion, Nourrit et (?•. 



Correspondance . 

MM. le comte de Marsy, Rocquain et Moranvillé s'ex- 
cusent de ne pouvoir assister à la séance. 

Travatux! de la Société. 

Etat des impressions à Timprimerie Daupeley-Gouverneur : 

Annuaire-Bulletin de 1888. Pas de changement. 

Le Jouvencel. T. IL Feuille 30 tirée; feuille 31, fin de 
la Table et titre en pages. 

Histoire universelle d' Agrippa cTAubigné. T. III. 
Feuilles 13 et 14 tirées; feuilles 15 et 16 en pages. 

Mémoires de Villars. T. III. Pas de changement. 

M. le baron de Ruble expose que le tome III de V Histoire 
universelle, comptant actuellement 272 pages, ne lui 
semble pas pouvoir être complété convenablement par la 
suite du texte, et cela pour deux raisons : 1® parce que le 
livre II débute par une sorte de préface, comme les autres 
parties de l'œuvre d' Agrippa d' Aubigné, et que ces préfaces, 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 59 

imprimées en italique, ne sauraient être présentées qa'en 
tête d'un volume ; 2^ parce que la coupure qui serait prati-* 
quée à la an de ce tome m scinderait en deux portions un récit 
des plus importants, celui de la Saint-Barthélémy, n estime 
donc qu'on pourrait soit arrêter le volume en cours d'im- 
pression au point où il est arrivé, et y joindre comme sup- 
plément un journal inédit, celui du secrétaire Gassot (1568- 
1570) , dont le texte est tout prêt pour l'impression , soit 
reporter les cent vingt-cinq pages de différence sur le tome IV. 
— Le Conseil, après avoir examiné ces propositions, décide 
qu'il y aurait plus d'inconvénients à faire un volume de 
272 pages qu'à placer dans le corps même de ce tome III la 
préface et le commencement du livre nouveau ; mais il laisse 
à l'éditeur la faculté de dépasser le nombre réglementaire 
de feuilles pour ne pas scinder le récit de la Saint-Barthé- 
lémy, à condition toutefois que cet excédent du tome III 
puisse être compensé facilement lors de l'impression du 
tome IV , sans que l'écart devienne trop considérable entre 
les dimensions de ces deux volumes. 

Le secrétaire donne lecture d'une circulaire de M. le 
Ministre de l'instruction publique invitant les Sociétés 
savantes à lui adresser les publications qu'elles ont faites 
depuis le !•' janvier 1879, pour figurer à l'Exposition uni- 
verselle dans l'exposition spéciale qui doit être installée par 
les soins et aux frais du ministère. — Le Conseil décide que 
cet envoi sera fait par les soins du trésorier. 

Le Conseil, sur la proposition du secrétaire, examine s'il 
n'y aurait pas lieu de retarder la date de rassemblée géné- 
rale annuelle, en vue de l'Exposition universelle. Sur les 
objections faites par plusieurs membres, il est décidé que 
l'assemblée aura lieu, comme les autres années et conformé- 
ment aux termes du règlement, le premier mardi du mois 
de mai. 

M. Servois, au nom du Comité des fonds, présente un état 
des recettes et dépenses du second semestre de 1888, dont il 
ressort un excédent suffisant pour solder les frais d'impres- 



60 SOCIETE 

sion de Y Annuaire^Bulletin y toutes les autres dépenses 
ayant été couvertes. 

La séance est levée à cinq heures et demie. 



IL 



BIBLIOGRAPHIE. 

42. — Marquet de Vasselot. Histoire des sculpteurs 
français (de Charles VIII à Henri III), avec une préface de 
Jules Glaretie, de l'Académie française. In-8, rv-404 p. 
Paris, Dentu. 

43. — Martin (A.). Histoire du chef de Caux et de 
Sainte-Adresse f In-8, x-237 p. Fécamp, impr. Durand. 

44. — Mémoires de Jean Philippi touchant les choses 
advenues pour le faict de la religion à Montpellier et dans 
le bai^ Languedoc (1560-1600), publiés pour la première 
fois d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale, et 
accompagnés de notes. In-8, 301 p. et portrait. Montpel- 
lier, impr. Martel aîné. 

(Publication de la Société des Bibliophiles de Montpellier.) 

45. — Meunier (l'abbé P.). Sainte Austreberte de Mar- 
conne, abbesse de Pavilly (ordre de Saint-Benoît) ; sa vie, 
ses miracles, son culte. In-8, xxiu-316 p. et planche. Arras, 
Sueur-Charruey. 

46. — Meyer (P.). Notice sur deux anciens manuscrits 
français ayant appartenu au marquis de la Clayette (Biblio- 
thèque nationale, Moreau 1715, 1719). In-4, 94 p. Paris, 
Impr. nationale. 

(Tiré des Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque natio- 
nale.) 

47. — MiGNARD (P.). Prolégomènes historiques sur les 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 61 

divers États de Bourgogne aux v« et vf siècles. In-8, 32 p. 
Amiens, impr. Delattre-Lenoël. 

(Extrait de la Revoe de la Société des études historiques.) 

48. — MoNTAiGLON (A. de). Correspondance des direc- 
teurs de l'Académie de France à Rome avec les surinten- 
dants des bâtiments, publiée d'après les manuscrits des 
Archives nationales. T. I. (1666-1694.) In-8, xv-480 p. 
Paris, Charavay frères. 

49. — MoNTAiGLON (A. de). Procès-vcrbaux de l'Acadé- 
mie royale de peinture et de sculpture (1648-1793), publiés 
pour la Société de l'Histoire de l'art français, d'après les 
registres originaux conservés à l'École des beaux -arts. 
T. VIII. (1769-1779.) In-8, 418 p. Paris, Charavay frères. 

50. — MoRANviLLB (H.). Une lettre à Charles le Mau- 
vais. In-8, 6 p. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gou- 
verneur. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.) 

51. — MoRis (H.). Journal de bord du bailli de Sufiren 
dans l'Inde (1781-1784), avec une préface par lé vice-ami- 
ral Jurien de la Gravière, de l'Académie française et de 
l'Académie des sciences. In-8, x-354 p. Paris, Challamel 
et 0\ 

52. — MoRTET (V.). Etude historique et archéologique 
sur la cathédrale et le palais épiscopal de Paris du yf au 
xii« siècle. In-8, xi-90 p. Paris, Alph. Picard. 

dette notice s'arrête à la fin de l'épiscopat de Maurice de Sully 
(1196), époque où Féglise actuelle de Notre-Dame était déjà cons- 
truite dans ses parties essentielles, et que M. Mortet avait étudiée, 
au point de vue de l'évoque lui-même, dans sa thèse de TÉcole 
des chartes. Le présent travail est une analyse sobre, mais solide, 
des textes qui peuvent servir à l'histoire de l'édifice, et un exposé 
des indications supplémentaires que les fouilles et découvertes 
archéologiques permettent d'ajouter aux textes. Je signalerai, 
comme particulièrement intéressants pour la topographie pari- 
sienne, les chapitres relatifs à l'emplacement primitif de la cathé- 
drale et du palais épiscopal qui la bordait au midi, et, pour l'his- 
toire économique et financière, les paragraphes oii l'auteur raconte 



62 SOCIÉTÉ 

par quels voies et moyens Maurice de Sully reconstroitit Taatique 
édifice. A. B. 

53. — MÛLLER (l'abbé E.). Vie de Mgr Nicolas San- 
guin, évêque de Senlis, fondateur du monastère de la Pré- 
sentation de Notre-Dame, extraite des chroniques dudit 
monastère. In-8, 63 p. et planche. Beauvais, impr. Père. 

54. — Omont (H.). Deux registres de prêts de manus- 
crits de la bibliothèque de Saint-Marc à Venise (1545-1559). 
In-8, 42 p. Paris, Picard. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des ctiartes.) 

55. — Pellissier (à.). L'apogée de la monarchie fran- 
çaise : études historiques sur Richelieu et Louis XIY . In-8, 
xiv-430 p. Paris, Haton. 

56. — Pbrret (P.-M.). Notes sur les actes de Fran- 
çois P' conservés dans les archives de Turin, Milan, Gênes, 
Florence, Modène et Mantoue. In-8, iv-58 p. Paris, Picard. 

57. — Pery (G.). Histoire de la Faculté de médecine de 
Bordeaux etde l'enseignement médical dans cette ville (1441- 
1888), publiée sous les auspices du conseil général des 
Facultés de Bordeaux. In-8, xvi-439 p. avec sept portraits 
et deux plans. Bordeaux, Duthu; Paris, Doin. 

58. — Petit (E.). Itinéraires de Philippe le Hardi çt de 
Jean Sans-Peur, ducs de Bourgogne (1369-1419), d'après 
les comptes de dépenses de leur hôtel. In-4, xxxii-725 p. 
Paris, Hachette et G'®. 

(Collection de Documents inédits sur l'histoire de France.) 

59. — PiETTB (A.). Cartulaire de l'abbaye de Saint- 
Michel-en-Thiérache. In-4, 128 p. Vervins, impr. du Jour- 
nal de Vervins. 

(Extrait du Bulletin de la Société archéologique de Vervins.) 

60. — Poissonnier (J.). Histoire de l'abbaye royale 
d'Origny-Sainte-Benoite, canton de Ribemont, arrondisse- 
ment de Saint-Quentin (Aisne). In-8, 160 p. et planches. 
Saint-Quentin, impr. Moureau et fils. 

61. — PoRKB (l'abbé). Le registre de là charité des Gor- 
deliers de Bernay. In-8, 23 p. Rouen, impr. Cagniard. 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 63 

62. — PrAtost (G.-â.). Notice archéologique et histo- 
rique sur révêché d'Évreux. In-8, 45 p. et planche. Gaen, 
Delesques. 

(Extrait da Balletin monomental.) 

63. — Prévost (L.). Recherches historiques sur la riUe et 
la vallée deVeules (Seine-Inférieure). In-18 jésus, x-il4 p. 
Paris, impr. Kugelmann. 

64. — Prost (J.-C.-A.). Le marquis de Jouffroy d'Al- 
bans, inventeur de l'application de la vapeur à la naviga- 
tion. In-89 325 p. et tableau généalogique. Paris, Leroux. 

65. — Prou (M.). Étude sur les relations politiques du 
pape Urbain Y avec les rois de France Jean II et Charles Y 
(1362-1370). In-8, 200 p. Paris, Bouillon et Yiew^. 

(BibUothèque de FÉcole des haates étades.) 

66. — Prou (M.). Les registres d'Honorius lY ; registres 
des bulles de ce pape, publiées ou analysées d'après le manus- 
crit original des archives du Yatican. Grand in-4 à 2 col., 
720 p. Paris, Thorin. 

67. — RiBouis (H.-E.). Coutumes de Castel-Âmouroux 
et de Saint-Pastour en Âgenais. In-8, 28 p. Paris, Larose 
et Forcel. 

68. — Saporta (marquis de). La lEamille de M"^ de Sévi- 
gné en Provence, d'après des documents inédits. In-8, 
ni-404 p. et deux portraits. Paris, Pion, Nourrit et C»*.* 

M. de Saporta, dans son Exposé préliminaire (p. 4-5), explique 
quelle c relation intime son étade présente avec l'histoire de la 
fortune, bonne ou mauvaise, attachée aux lettres de W*^^ de Sévi- 
gné, des chances qu'elles ont courues et du sort qu'elles subirent, i 
Mais la première partie du volume est consacrée tout entière à 
l'histoire des faits importants dont la Provence fut le théâtre à 
partir de 1688 jusqu'à û mort de M. de Grignan, et auxquels celui-ci 
prit la première part comme commandant la province : saisie 
d'Avignon et d*Orange, troubles causés par le protestantisme, 
mobilisation des milices, voyage des princes en 1701, insurrec- 
tion des Gévennes, invasion austro-piémontaise, siège de Toulon; 
le tout s'entremôlant avec les événements qui se succédèrent pen- 
dant ces trente années dans la maison de Grignan. Nous passons 
ensuite à M"» de Bimiane et au curieux historique des premières 



64 SOCIÉTÉ DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 

éditions qui parurent entre 1725 et 4754. c C'est là, dit M. de 
Saporta, que se déroule le petit drame qui, d'acte en acte, conduit 
jusqu'au dénouement final, c'est-à-dire jusqu'à l'édition de 1754, 
qui suit de si peu la mort du chevalier de Perrin, de même que 
la fin de M»^« de Simiane avait coïncidé plusieurs années aupara- 
vant avec l'apparition des deux derniers volumes de l'édition pré- 
cédente. » Notre confrère a eu à sa disposition, pour ces deux 
parties de son travail, des documents tout à fait nouveaux, qui en 
relèvent singulièrement l'intérêt, et les admirateurs de M™» de 
Sévigné, — leur nom est légion, — lui sauront gré de cette contri- 
bution à l'histoire de la grande épistolière, de sa famille et de son 
œuvre. 

Je ne dois pas manquer de signaler encore le premier chapitre : 
Souvenirs et portraits, à l'appui duquel l'auteur donne la repro- 
duction en photogravure : 1® du portrait de M™« de Sévigné appar- 
tenant à notre président actuel, comme héritier des Ville- 
neuve-Yence; 2^ du portrait de M»« de Simiane, appartenant à 
M*i« Goursière. 

A. B. 

69. — Serrigny (E.). La représentation d'un mystère 
de saint Martin à Seurre, en 1496. In -8, 207 p. Dijon, 
Lamarche. 

(Extrait des Mémoires de rAcadémie des sciences, arts et belles-lettres 
de Dijon.) 

70. — Tartarin (E.). Étude historique sur Bellegarde- 
en-Gâtinais, augmentée d'un essai biographique sur les 
anciens seigneurs de Bellegarde et d'une vie du duc d'Antin. 
In-12, 117 p. et planches. Orléans, Herluison. 

71. — ViALis (G.). Documents relatifs aux représenta- 
tions théâtrales en Dauphiné, de 1484 à 1535. In-8, 68 p. 
Montbéliard, impr. Hoffmann. 

72. — Vidal (P.). Les Juife des anciens comtés de 
Roussillon et de Gerdagne. In-8, 97 p. Paris, Diirlacher. 

(Extrait de la Revue des études juives.) 

73. — Veuglin (V.-E.). La réédiâcation de l'abbaye de 
Bernay en 1686. In-8, 23 p. Bernay, impr. Veuclin. 

74. — Waddington (A.). De Huberti Langueti vita 
(1518-1581). In-8, vi-145 p. Paris, Leroux. 



PROCÈS-VERBAL 

DE LA 

SÉAT^GE DU CONSEIL D'ADMimSTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE, 

TENUE LE 12 MAES 1889, 

A l'École des chartes, à quatre heures un quart, 

80U8 LA PRisIDENGE DE M. LE COMTE DE LUÇAT, PRESIDENT. 

(Procès-yerbal adopté dans la séance du 2 avril suivant.) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente ; la rédaction en est approuvée par le Conseil. 

M. le président proclame membres de la Société, après 
avoir soumis ces nominations à l'approbation du Conseil : 

2166. M. DE LA Rochefoucauld, duc de Doudeauville, 
député, rue de Varenne^ n*> 42; présenté par M. le comte de 
Luçay et M. le marquis de Vogiié. 

2167. M. le marquis de Saporta, à Aix (Bouches-du- 
Rhône) ; présenté par M. le comte de Luçay et M. de Bois- 
lisle. 

Publications adressées à la Société. 

Publications périodiques. — Revue historique, mars-avril 1889. 
— Bulletin de la Société de V Histoire du Protestantisme français, 
15 février 1889. — Bulletin de la Société bibliographique, février 
1889. — Bulletin de l'Association philotechnique, février 1889. — 
Revue de Saintonge et d'Aunis, !«' janvier 1889. — Annuaire des 
bibliothèques et des archives pour 1889. 

Sociétés savantes. — Bulletin de la Société nationale des 
Antiquaires de France, 1887, — Mémoires de la Société nationale 
des Antiquaires de France, t. XLVIII. — Proceedings of the Ame" 
rican philosophical society held at Philadelphia, jaill.-déc. 1888. 

annuaire-bulletin, t. XXVI, 1889. 5 



66 SOCIÉTÉ 

Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs. 

Recueil des chartes de Vahhaye de Cluny, formé par Aug. Bernard, 
complété, revisé et publié par Alexandre Bruel. T. IV. In-4. 
Paris, Impr. nationale. — Les correspondants de l'abbé Nicaise, 
I. Un diplomate érudit au XV II* siècle, Ézéchiel Spanhefm; lettres 
inédites (1681-1701), publiées, avec avertissement et notes, par 
Emile Du Boys. Br. in-8. Paris, Alph. Picard. — Valerandi 
Varanii de gestis Joann» Virginis, Francs egregi» bellatricis ; poème 
de 1516, remis en lumière, analysé et annoté par E. Prarond. 
In-12. Paris, Alph. Picard. — Les châtelains de Beauvais, par le 
vicomte de Gaix de Saint-Aymour. Br. in-8. Beauvais, impr. 
Père. — Inventaire et vente des biens meubles de Guillaume de Les^ 
trange, archevêque de Rouen, nonce du pape Grégoire XI et ambas^ 
sadeur du roi Charles V, mort en 1389. In-4. Paris, Alph. Picard. 
— Un recueil de plaidoyers inédits des avocats angevins aux XVII* 
et XVIII* siècles (1680-1730), par André Joubert. Br. in-8. Angers, 
Germain et Grassin. 



Correspondance. 

M°** la baronne de Bussierre et M. Napoléon Magne 
remercient le Clonseil de leur admission au nombre des 
membres de la Société. 

Travœuœ de la Société. 

État des impressions à l'imprimerie Daupeley-Gouverneur : 

Annuaire-BiUletin de 1888. 1" partie. Feuille 10 tirée, 
feuilles 11 et 12 en pages. 

— — — 2® partie. Trois feuilles en 

placards. 

Histoire universelle d' Agrippa d'Aubigné. T. III. 
Feuilles 15 et 16 tirées; feuilles 17 à 19 en placards. 

Mémoires de Villars. T. III. Feuilles 1 à 14 tirées. On 
compose l'Appendice. 

Le Conseil autorise la mise en distribution du tome II et 
dernier du Jouvencel. 
Il invite les commissaires responsables des diverses publi- 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 67 

cations dont la mise sous presse a été décidée dans les pré- 
cédentes séances à activer le dépôt des manuscrits. 

M. le baron de Ruble prie le Conseil de désigner, à sa place, 
un commissaire responsable pour suivre l'édition des Chro^ 
niques de Jean d^Auton, ses travaux personnels et son 
éloignement de Paris pendant une grande partie de Tannée 
ne lui permettant pas de vaquer à cette fonction. Le Conseil 
désigne M. Baguenault de Puchesse, et le charge de s'en- 
tendre avec M. de Maulde pour la mise sous presse immé- 
diate. 

M. Moranvillé, au nom du Comité des fonds, présente 
rétat des recettes et dépenses de l'exercice 1888 et le projet 
de budget pour l'exercice 1889. 

Le Conseil, après avoir donné acte de cette communica- 
tion et ordonné le renvoi des documents à MM. les censeurs, 
remercie M. Moranvillé, ainsi que ses collègues et que le 
trésorier, du dévouement dont ils font preuve pour les inté- 
rêts de la Société. 

Il prononce la radiation d'un certain nombre de socié- 
taires qui n'ont point acquitté leurs cotisations depuis cinq 
années. 

n désigne les volumes suivants pour composer le prix 
d'histoire destiné au prochain Concours général des lycées 
de Paris et Versailles : 

Histoire de saint Louis, par le Nain de Til^ 
lemont. 6 vol. 

Mémoires de Mathieu Mole. 4 

10 vol. 

Sur la proposition de M. Léon Gautier, le Conseil décide 
que le même nombre de volumes sera mis chaque année à la 
disposition du Conseil de perfectionnement de l'École des 
chartes, pour les attribuer de la part de la Société à l'élève 
de troisième année qui aura le mieux mérité cette distinction. 

M. Moranvillé présente l'état des mouvements de librairie 
qui se sont produits pendant l'année 1888. A la suite de cette 



68 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 

lecture, plusieurs membres demandent que le Comité des 
fonds cherche de nouveau quels moyens on pourrait adopter 
pour l'écoulement des ouvrages anciens restant en nombre. 
Le Comité est invité à étudier cette question. 

Le Conseil, sur la proposition du Comité des fonds, décide 
qu'il sera concédé à la Société archéologique du Midi de la 
France un certain nombre de volumes de l'ancien Annuaire. 

La séance est levée à cinq heures trois quarts. 



II. 



BIBLIOGRAPHIE. 

75. — Alliot (l'abbé J.-M.). Cartulaire de Notre-Dame 
d'Etampes. In-8, xxvi-163 p. Orléans, Herluison; Paris, 
Picard. 

(Documents pabliés par la Société historiqae et archéologique du 
GâUnais.) 

76. — Annales ordinis Cartusîensis ab anno 1084 ad 
annum 1429, auctore D. Carolo Le Couteulx, cartusiano 
nunc, primum a monachis ejusdem ordinis in lûcem editi. 
Volumen quartum (1231-1308). In-4, 576 p. Neuville- 
sous-Mon treuil, impr. Duquat. 

77. — Arnauld d'Andilly. Journal inédit, publié, d'après 
le manuscrit autographe de la bibliothèque de l'Arsenal, par 
Eugène Halphen. In-8, 64 p. Paris, impr. Jouaust. 

78. — Bagalerie (l'abbé E.-J.). La paroisse rurale dans 
l'ancienne France en général, et en particulier dans le Tou- 
lousain. In-8, 34 p. Montauban, impr. Forestié. 

(Extrait du BuUelia de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne.} 

79. — JoiGNEAux (P.). Monographie de la commune 
de RuflFey-les-Beaune (Côte-d'Or). In-18 jésus, vnr-196 p. 
Paris, veuve Rougemont. 



PROCÊS-VERBAL 

DE LÀ 

SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE, 

TENUS LB 2 AYBIL 1889, 

A l*École des chartes, à quatre heures un quart, 

80178 LA PR^IDBNCE DB M. LB COMTE DE LUGAT, PRisiDENT. 

(Procès-yerbal adopté dans la séance du 30 avril suivant) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente; la rédaction en est adoptée par le Conseil. 

M. le président annonce la mort de M. Chevreul fils, qui 
était membre de la Société depuis 1852. 

n proclame membres de la Société, après avoir soumis 
ces admissions à l'approbation du Conseil : 

2168. L'Athenaeum-aub, à Londres, Pall-Mall. 

2169. La Bibliothèque de l'université de Cambridge 
(Angleterre). 

2170. La Bibliothèque d'Inner-Temple, à Londres. 

2171. La Signet Library, à Edimbourg (Ecosse). 

2172. M. HoDJES, libraire, à Dublin (Irlande). 

Ces cinq présentations faites par MM. Dulau et Justen. 

2173. M. B. Terrât, archiviste-paléographe, ancien 
agrégé des Facultés de droit, professeur à l'Institut catholique 
de Paris, rue Saint-Romain, n? 18; présenté par MM. Eug. 
Lelong et N. Valois. 

2174. M. le baron de Bâte, membre de la Société natio- 
nale des Antiquaires de France, avenue de la Grande- 
Armée, n^ 58; présenté par MM. de Barthélémy et de 
Boisli&Ie. 

2175. M. le comte Antoine de Nigolay, rue de Lille, 



70 SOCIÉTÉ 

n<» 80, présenté par MM. le marquis de Vogué et le comte 
de Luçay. 

2176. La Bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, repré- 
sentée par M. H. La voix, administrateur; présentée par 
MM. Servois et Meyer. 

Publicatio7is adressées à la Société. 

PUBLIGA.TT0N8 PÉRIODIQUES. — Rcvue dcs QuBsUons histoTiquôs, 
l«r avril 1889. — Bulletin de' la Société de VHistoire du Protestan- 
tisme français, 15 mars 1889. — Bulletin de la Société bibUogra" 
phique, mars 1889. — Bulletin de V Association philotechnique, mwrs 
1889. 

Sociétés savàiites. — Bulletin de la Société des Antiquaires de 
VOuest, 4* trimestre de 1888. — Bulletins de la Société des Anti- 
quaires de Picardie, novembre et décembre 1888. — Mémoires de 
la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XXII. 

Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs. 

Collection des ordonnances des rois de France; cinquième rapport 
sur les travaux de la Commission chargée de la publication, lu, le 
12 janvier 1889, par M. Georges Picot, membre de Plnstitut. Br. 
in-8. Orléans, impr. Girardot. — Edmond Dupont (1827-1886). 
Br. in-8. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur. — Étude 
historique et archéologique sur la cathédrale et le palais épiscopal de 
Paris du F/« au IfP siècle, par V. Mortet, bibliothécaire de l'Uni- 
versité. Iu-8. Paris, Alph. Picard. 

Correspondance . 

M. le marquis de Saporta remercie le Conseil de l'avoir 
admis au nombre des membres de la Société. 

M. l'abbé G. Douais, secrétaire général de la Société 
archéologique du Midi de la France, remercie le Conseil 
d'avoir bien voulu concéder à cette Société une collection 
d'Annuaires -Bulletins . 

M. H. Lavoix, administrateur de la bibliothèque Sainte- 
Geneviève, k Paris, demande l'admission de cet établisse^ 
ment au nombre des membres de la Société. 

M''^ Dupont-Châtelain ofifre la notice indiquée ci-dessus. 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 71 

OÙ sont reproduits les discours prononcés sur la tombe de 
son mari. 

Tra'oauœ de la Société. 

État des impressions à l'imprimerie Daupeley-Gouverneur : 

Annuaire-Bulletin de 1888. !'• partie. Feuilles 9 à 
12 distribuées. 

— — — 2« partie. Feuilles 13 et 

14 en pages, 15 en placards. On compose la suite. 

Histoire universelle d* Agrippa d'Aubigné. T. III. 
Feuille 16 tirée; feuilles 17 à 20 en pages. 

Mémoires de Villars. T. III. Feuille 16 tirée. On com- 
pose l'Appendice. 

M. le marquis de Beaucourt annonce que M. de Bourmont 
n'a pas terminé ht préparation du texte de la Chronique 
du héraut d'armes Berry, et donne quelques renseigne- 
ments sur ce travail. — L*ensemble du texte et de l'introduc- 
tion ne pouvant former que deux volumes de dimensions 
insuffisantes, le Conseil, sur la proposition du Comité de 
publication, décide qu'il ne sera fait qu'un seul volume, 
sauf k ajouter trois feuilles au nombre réglementaire, s'il en 
est besoin, et charge M. de Beaucourt, comme commissaire 
responsable, d'en informer l'éditeur. 

M. Delisle, président du Comité de publication, dépose le 
manuscrit de la Chronique d*Artur^ comte de Riche- 
mont, par Gruel, préparé par M. Levavasseur, et prêt à 
être mis sous presse. L'éditeur estime que le texte, les notes 
et l'introduction ne formeront pas plus de "350 pages. — Le 
Conseil autorise la mise sous presse immédiate et désigne 
M. le marquis de Beaucourt comme commissaire respon- 
sable. 

M. Baguenault de Puchesse, commissaire responsable 
désigné pour la publication des Chroniques de Jean d'Au- 
ton, dépose le manuscrit du premier volume préparé par 
M. de Maulde et prêt à être mis sous presse; mais il fait 
observer que l'abondance des notes et leur disposition dans 
le manuscrit ne permettent pas suf&sanunent de juger des 



72 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 

dimensiops du volume, et que, pour se conformer aux déci- 
sions du Conseil, il conviendrait que ce calcul fût fait par 
rimprimeur d'après les résultats de la composition des pre- 
mières feuilles. — Le Conseil, sous cette réserve, autorise 
l'envoi du manuscrit à l'imprimeur. 

Sur la demande du Comité des fonds, le Conseil autorise 
M. Moranvillé à mandater un certain nombre de dépenses. 

M. Moranvillé, au nom du Comité des fonds, présente un 
rapport circonstancié sur l'état des volumes en magasin et 
sur les mesures à prendre pour remédier à un encombrement 
trop considérable. 

Sur sa proposition, le Conseil prend les décisions sui- 
vantes : 

1° A partir du présent jour, et sauf exceptions à détermi- 
ner par le Conseil, le chiffre du tirage sera réduit à 750 exem- 
plaires, même pour les ouvrages en cours d'impression. 

2® Le Comité des fonds et le Comité de publication sont 
autorisés à désigner les publications déjà anciennes et les 
ouvrages dépareillés qui pourront être mis à la disposition 
des sociétaires à un prix de rabais, ou réduits par toute 
autre voie au nombre d'exemplaires reconnu nécessaire pour 
les besoins de la vente courante. 

3*^ Une circulaire indiquera dans quelles conditions les 
ouvrages désignés par le Comité des fonds seront mis à la 
disposition de chacun des membres de la Société. 

4^ Des facilités particulières seront accordées aux éditeurs 
qui voudraient acquérir plus d'un exemplaire de leurs 
propres publications. 

M. Meyer, directeur de l'École des chartes, remercie le 
Conseil d'avoir bien voulu décider, dans la précédente 
séance, que dix volumes seraient mis chaque année à la dis- 
position du Conseil de perfectionnement pour les attribuer à 
l'un des élèves de la promotion sortante. 

Le Conseil fixe l'ordre du jour de l'Assemblée générale du 
7 mai, et prie M. Ludovic Lalanne de vouloir bien y faire 
une lecture historique. 

La séance est levée à cinq heures trois quarts. 



PROCÈS-VERBAL 

DE LA 

SÉANCE DU CONSEIL D'ADMimSTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE, 

TBNTJB LB 30 A7RIL 1889, 

A J 'École des chartes, à quatre heares nn qaart, 

sous LA PRB8IDBNCDS DB M. LB COMTB DB LUÇAT, PRISSIDBNT. 

(Procèa-yerbal adopté dans la séance du 4 juin suivant.) 

Le secrétaire adjoint donne lecture du procès-verbal de la 
précédente séance; la rédaction en est approuvée par le 
Conseil. 

M. le président proclame membres de la Société, après 
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil : 

2177. M. Arthur Bertrand de Broussillon, archiviste- 
paléographe, rue du Bac, n** 126, et au Mans (Sarthe), rue 
de Tascher, n** 15 ; présenté par MM. L. Delisle et S. Luce. 

2178. M. le marquis de Mortemart, rue Chanaleilles, 
n® 4 ; présenté par MM. le comte de Luçay et le comte de 
Bâillon. 

2179. M. le marquis de Lévis, rue de Lille, n<> 121 ; pré- 
senté par M. le comte de Luçay et M. de Boislisle. 

2180. La Bibliothèque de la ville de Château-Gontier, 
représentée par M. Brocherie, bibliothécaire ; présentée par 
MM. Eug. Lelong et Rivain. 

Publications adressées à la Société. 

Publications périodiques. — Bulletin de la Société bibliogro' 
phique, avril 1889. — Bulletin de la Société de l'Histoire du Protes- 
tantisme français j 15 avril 1889. 

Sociétés Savantes. — Bulletin de la Société des Antiquaires de la 
Morinie, janvier-mars 1889. 



74 SOCIÉTÉ 

Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs. 

Lettres et documents inédits pour servir à Vhistoire de la Révolu^ 
tion dans la Loire-Inférieure, par André Joubert. fir. in-8. Vannes, 
Eag. Lafolye. — Premiers voyages aériens à Lyon en 1684, par 
Raoul de Gazenove. fir. in-8. Lyon, impr. Pitrat. — Le peintre 
Van der Kabel et ses contemporains, avec le catalogue de son œuvre 
peinte et gravée (1631-1705), par le môme. Br. in-8. Paris, Rapiily ; 
Lyon, Georg. 

Correspondance. 

M. le Ministre de rinstraction publique et des beaux-arts 
invite la Société à se Caire représenter au prochain Congrès 
des Sociétés savantes, et, par une autre circulaire, il met à 
la disposition de la Société une carte permanente d'entrée à 
TExpositiou universelle. 

M. le baron de Baye remercie le Conseil de l'avoir admis 
au nombre des membres de la Société. 

M. R. de Cazenove fait hommage à la Société des deux 
ouvrages indiqués ci-dessus. 

M. Brocherie, bibliothécaire de la bibliothèque municipale 
de Château-Gontier, sollicite l'admission de cette biblio- 
thèque au nombre des membres de la Société. Il exprime, en 
outre, le désir qu'elle soit l'objet de la part du Conseil d'une 
libéralité semblable k celles dont ont déjà bénéficié d'autres 
bibliothèques municipales ou universitaires faisant partie de 
la Société. — Le Conseil , prenant en considération cette 
demande, et sur l'avis conforme du Comité des fonds, con- 
cède k la bibliothèque de la ville de Château-Gontier qua- 
rante volumes choisis parmi les ouvrages qui existent en 
nombre dans le dépôt. 

Travatix de la Société. 

Etat des impressions à l'imprimerie Daupdey-Gouvemeur : 

AnnuairerBtUletin de 1888. Feuilles 12 à 18 tirées 
(fin du volume). 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 75 

Annuaire^Btdletin de 1889. Feuilles 1 à 4 en bon à 
tirer. 

Histoire universelle (f Agrippa cTAubigné. T. TH. 
Feuilles 17 k 20 tirées ; feuilles 21 à 25 en placards. 

Mémoires de Villars. T. III. Feuilles 17 et 18 tirées; 
feuilles 19 et 20 en placards. 

Chroniques de Jean d'Anton. T. I. Feuille 1 en pages; 
on compose la suite. 

Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 et 2 en pla- 
cards ; on compose la suite. 

M. Siméon Luce annonce que notre confrère M. Gaston 
Rajnaud ne pourra malheureusement, pour des raisons 
d'absence prolongée, continuer sa collaboration à l'édition 
des Chroniques de J. Froissart. En exprimant les vifs 
regrets que lui cause personnellement la perte d'un collabo- 
rateur d'une compétence aussi éprouvée, M. Luce souhaite 
que M. Raynaud puisse du moins se charger de la prépa- 
ration du Glossaire qui, dans sa pensée, doit compléter 
l'édition des Chroniques. — M. le président déclare que le 
Conseil s'associe entièrement aux regrets et au vœu expri- 
més par M. Siméon Luce. 

M. L. Delisle, commissaire responsable de Tédition des 
Chroniques de J. Froissart y expose les raisons pour les- 
quelles le plan de la publication paraît devoir être quelque 
peu modifié à partir du prochain volume. En passant du 
livre P', dont les rédactions multiples n'avaient pu être 
fondues en un seul texte, au livre II, dont, au contraire, le 
texte est, à proprement parler, unique, l'éditeur, M. Siméon 
Luce, croit pouvoir renoncer sans inconvénient au sys- 
tème des sommaires développés, dont l'une des utilités 
était précisément de condenser les renseignements donnés 
dans le texte principal et dans les variantes. Suivant le nou- 
veau mode de publication, les sommaires seraient réduits à 
quelques lignes mises en tête de chaque chapitre, et le com- 
mentaire critique viendrait se placer au-dessous du texte de 
Froissart lui-même. L'un des avantages du nouveau mode 



76 SOCIÉTÉ 

de publication serait de pennettre à réditeur de mesurer plus 
exactement à Favance les dimensions de chaque volume, 
dans lequel texte et commentaire devraient suivre une 
marche parallèle^ et, par là même, de se conformer plus 
facilement aux règles posées par le Conseil pour la dimen- 
sion des volumes. 

Le Conseil, après en avoir délibéré et avoir entendu 
diverses observations de MM. le comte de Marsy et Roo- 
quain, approuve la modification proposée d'un commun 
accord par MM. Delisle et Siméon Luce. 

M. Luce fait savoir que, s'il peut utiliser pour son pro- 
chain volume un précieux manuscrit du livre II de Frois- 
sart appartenant à la bibliothèque du château de Mailly, il 
le doit à la libéralité du possesseur actuel, M. le marquis de 
Mailly-Nesle, et aussi à l'obligeante intervention de M. Ber- 
trand de Broussillon, que le Conseil a aujourd'hui même 
admis au nombre des membres de la Société. 

M. le comte de Mas Latrie, membre du Comité des fonds, 
donne lecture du rapport que les Censeurs présenteront à 
l'Assemblée générale. 

Sur la proposition de M. Moranvillé, président du Comité 
des fonds, le Conseil autorise le payement d'une somme due 
pour frais de présentation de quittances. 

La séance est levée à cinq heures un quart. 



n. 



BIBLIOGRAPHIE. 



80. — Bernus (A.). Le ministre Antoine de Chandieu 
d'après son journal autographe inédit (1534-1591). In-8, 
136 p. Paris, impr. Motteroz. 

(Extrait do Bulletin de la Société de IWstoire do Protestantisme 
français.) 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 77 

81. — BouoEREL (le P.). Le Parnasse provençal, publié, 
d'après le manuscrit d'Aix , avec notes et additions , par 
Camille Chabaneau. In-8, 86 p. et musique. Paris, Maison- 
neuve et Charles Lederc. 

(Extrait de la ReToe des langues romanes.) 

82. — Castan (A.). Histoire et description des musées 
de la ville de Besançon. In-8, 204 p. Paris, impr. Pion, 
Nourrit et C*«. 

(Extrait de llnTentaire des richesses d'art de la France.) 

83. — Chevalier (J.). Essai historique sur l'église et la 
ville de Die. T. I : depuis les origines jusqu'à Tannée 1276. 
In-8, xvii-500 p. Montélimar, impr. Bourron. 

84. — Clément-Simon (G.). Tulle et le Bas-Limou- 
sin pendant les guerres de religion (Henri III ; la Ligue ; 
prise de Tulle par les huguenots), d'après des documents 
inédits. In-8, 272 p. Paris, Champion. 

85. — CoQUELm (Dom F.-B.). Histoire de l'abbaye de 
Saint-Michel du Tréport, où il est traité de sa fondation, 
augmentation, de divers événements, des abbés qui l'ont 
gouvernée, des comtes d'Eu, ses fondateurs, de ses bienfai- 
teurs et bienfaitrices, des prieurés et des paroisses qui en 
dépendent, le tout justifié par plusieurs titres, chartes et 
autres pièces authentiques ; publiée pour la première fois, 
avec une introduction et des notes, par C. Lormier. T. H. 
In-8, 407 p. Rouen, Lestringant. 

(Publication de la Société de THistoire de Normandie.) 

86. — Dampierre (marquis de). Monographie du château 
de Plassac en Saintonge : la Saintonge et les seigneurs de 
Plassac (1215-1669). Grand in-8, 476 p. La Rochelle, 
impr. Texier. 

87. — Dampierre (marquis de). La Saintonge et les sei- 
gneurs de Plassac : le duc d'Épernon (1554-1642). Grand 
in-8, ix-352 p. Paris, Picard. 

88. — Dampierre (vicomte A.-G. de). Histoire de la 
ville d' Agen et pays d'Agenois, suivie des Annales ou Chro- 



78 SOCIÉTÉ 

I 

nique agenoise composée par M. Labenazie, chanoine et 
prieur de Téglise collégiale d*Âgen, et colligée par M. Dar- 
ribeau de Lacassagne, avocat, seigneur d'Ârtigues. T. I. 
Grand in-8, xiy-423 p. Montauban, impr. Montalbanaise. 

89. — Drapeyron (L.). L'image de la France sous les 
derniers Valois (1525-1589) et sous les premiers Bourbons 
(1589-1682) : projet d'enquête sur les géographes français 
du XVI* et du xvii® siècle, soumis à l'Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres. In-8, 19 p. Paris, Delagrave. 

(Extrait de la Revue de géographie.) 

90. — DuGHEMiN (P.). Histoire de Bourgthéroulde et 
de sa collégiale, publiée sous le patronage de la municipa- 
lité de cette commune. In-8, 268 p. Pont-Audemer, impr. 
Administrative. 

' 91 . — FouRNiER (P.). Une forme particulière des fausses 
décrétales, d'après un manuscrit de la Grande-Chartreuse. 
Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.) 

92. — GiRAXJD (L.). Des promesses de mariage; étude 
historique et juridique. In-8, 66 p. Paris, Pichon. 

(Extrait de la Re?ue critique de législation et de jurisprudence.) 

93. — Grasset-Morel. Différend entre le chapitre cathé- 
dral de Montpellier et le chapitre collégial de Saint-Sau- 
veur (xvii^ et xviii® siècles). In-4, 20 pages. Montpellier, 
impr. Boehm. 

(Extrait des Mémoires de rAcadémie des sciences et lettres de Hont- 
peilier.) 

94. — - Guilhiermoz (P.). De la persistance du caractère 
oral dans la procédure civile française. In-8, 49 pages. 
Bar^le-Duc, impr. Contant-Laguerre. 

(Extrait de la Nouvelle revue historique de droit français et étranger.) 

Les historiens du droit ont l'habitude d'insister sur la prédomi- 
nance de récriture dans la procédure française à partir de la fin 
du XIII* siècle. Sans prétendre s'inscrire en faux contre cette affir- 
mation, notre confrère montre ce qu'elle peut avoir d'excessif et 
de dangereux. Il prouve, par une série d'observations bien déduites, 
que saint Louis a trouvé en usage une procédure orale, et qu'il en 
a respecté le caractère essentiel. N. V. 



DS L'HISTOIRE DS FRANCE. 79 

05. — ' Histoire de l'Ecole navale et des institutions qui 
l'ont précédée, par un ancien officier, avec lettre du yice- 
amiral Jurien de la Gravière, de l'Académie française. In«4, 
371 p., et 40 compositions hors texte, par Paul Jazet; grav. 
sur bois par Méaulle. Paris, Quantin. 

96. — ' Inventaire des manuscrits de la bibliothèque de 
Cujas (1590). In-8, 12 p. Bar-le-Duc, impr. Contant- 
Laguarre. 

(Extrait de la Nouvelle rerne hUtoriqpie de droit français et étranger.) 

97. — Inventaire sommaire des anciennes archives de 
la maison de la Pojpe-Serrières, dressé postérieurement à 
1741 par François de la Poype, comte de Serrières ; publié 
d'après les manuscrits originaux, entièrement inédits, par 
l'un de ses arrière-petits-flîs ; suivi d'un commencement de 
généalogie de cette famille, rédigé vers 1766. In-4, xn- 
245 p. Grenoble, Drevet. 

98. — Jadart (H.) et P. Pellot. Maître Robert de Sor- 
bon et le village de Sorbon (Ardennes) ; notice publiée à 
l'occasion du monument érigé à la mémoire du fondateur de 
la Sorbonne dans son pays natal. In-8, xiv-82 p. et grav. 
Reims, impr. Monce. 

99. — Lacaze (L.). Recherches sur la ville de Pau 
(I : Dénomination des rues de Pau pendant la période révo- 
lutionnaire; II : Origine des noms des rues anciennes et 
modernes de la viUe de Pau). In-8, 180 p. et planche. Pau, 
impr. Aréas. 

(Extrait da Balletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pan.) 

100. — Mamoz (D.). Histoire de la franc-maçonnerie à 
Angoulême au xvm® siècle. In-8, 40 p. Angoulême, impr. 
Lugeol, Voleau et C?^ 

101. — Mabttn (A.). Etude historique et descriptive sur 
la.Cerlangue et Saint- Jean -d'Abetot; ouvrage orné de 
12 planches en glyptographie. In-8, 200 p. Fécamp, impr. 
Durand et fils. 

102. — Prudhomme (A.). Histoire de Grenoble. In-8, 
xiv-685 p. Grenoble, Gratier. 



80 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 

103. — - Recueil des chartes de l'abbaye de Glany, formé 
par Auguste Bernard, complété, révisé et publié par 
Alexandre Bruel, sous-chef de section aux Archives natio- 
nales. T. IV (1027-1090). In-4, 835 p. Paris, Imprimerie 
nationale. 

(CoUecUon de documents inédits sar l'histoire de France.) 

104. — RoBfAN (J.). Le peintre Pierre GourdeUe (1555- 
1588). In-8, 24 p. Paris, impr. Pion, Nourrit et O*. 

105. — RoNDOT (N.). Lalyame, Hendricy et Mimerel, 
sculpteurs et médaiUeurs à Lyon au xvn* siècle. Grand in-8, 
44 p. et 2 portraits. Lyon, impr. Mougin-Rusand. 

106. — Sagnier (A.). Les municipalités du Comtat aux 
xvn« et xvm* siècles. In-8,. 26 p. Avignon, Seguin frères. 

(Extrait des Mémoires de l'Académie de Yanclase.) 

107. — Saint-Simon. Écrits inédits de Saint^imon, 
publiés sur les manuscrits conservés au dépôt des Affaires 
étrangères, par M. P. Faugère. T. VII : notes sur tous les 
duchés-pairies, comtés-pairies et duchés vérifiés depuis 1500 
jusqu'en 1730. In-8, xvi-400 p. Paris, Hachette et 0«. 

108. — Stein (H.). Les travaux bibliographiques de 
1878 à 1888. In-8, 104 p. Paris, au siège de la Société 
bibliographique. 

(£xtrait do Compte renda des travaux dn Congrès bibliographicfue 
international teua à Paris, da 3 au 7 avril 1888, sous les auspices de 
la Société bibliographique.) 

Nui n'était mieux préparé que notre confrère M. Stein à donner 
une suite au rapport présenté en 1878, dans un congrès analogue, 
par M. G. Pawlowski. Les historiens, en particulier, consulteront 
avec fruit cet inventaire méthodique et raisonné de tout ce que 
l'Europe et rAmérique ont produit dans le genre bibliographique 
pendant les dix dernières années. Un cadre nettement tracé, une 
disposition typographique excellente, Tabondance et la précision 
des renseignements font de ce mémoire un instrument de travail 
aussi commode qu Indispensable. N. V. 

109. — Vasghalde (H.). Histoire des troubadours du 
Vivarais, du Gévaudan et du Dauphiné. In-16, xii-216 p., 
avec vignettes. Paris, Maisonneuve et Lederc. 



PROGËS-YERBAL 

DE 

L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

DE LA SOCIÉTÉ DE l'hISTOIRE DE FRANGE, 

TBNUB LB 7 MAI 1889, 

A quatre heures, dans la salle du Cours d'archéoloipe, A la Bibliothèque 

nationale, 

sous LA PRSSIDBNGB DB M. Lff GOMTB OB LUÇAT, PBisiDBNT. 

(Procèft-yerbal adopté dans la séance du 4 jum suivant.) 

L'Assemblée entend la lecture : 

1® Du discours de M. le président (voir p. 82) ; 

2® Du rapport de M. de Boislisle, secrétaire, sur les tra- 
vaux et les publications de la Société pendant l'exercice 
1888-1889 (voir p. 97); 

3® Du rapport des censeurs, MM. Deïaville Le Roulx et 
Durrieu, sur les comptes des recettes et des dépenses de la 
Société pendant l'année 1888 (voir p. 113). 

Les conclusions de ce rapport, approuvant la gestion et les 
comptes de M. G. Rivain, trésorier de la Société, sont mises 
aux Yoix par M. le président et adoptées par l'Assemblée. 

Élections. 

Sont réélus membres du Conseil, pour siéger jusqu'en 
1893: 

MM. DE Bbaucourt, Delisle, 

DE BROGLIB, DE MaRST, 

DE Chantéeag, RrVAIN, 

DE COSNAC, ViOLLET. 

MM. le marquis de Nadaillag et Fr. Delaborde sont 
élus en remplacement de MM. Henri Bordier et le comte 
Paul Riant, décédés, dont les pouvoirs expiraient en 1889. 

M. Julien Havet est élu en remplacement de M. le 
comte Edouard de Barthélémy, décédé, dont les pouvoirs 
devaient expirer en 1891 . 

annuaire-bulletin, t. XXVI, 1889. 6 






82 SOCIÉTÉ 

Sont réélus censeurs : MM. Joseph Dblavillb Lb Roulx 
et Paul DuRRiEU. 

M. Ludovic Lalanne, membre du Conseil, lit une note 
historique sur une anecdote de Brantôme relative à Cathe- 
rine de Médicis (ci-après, p. 116). 

La séance est levée à six heures. 



Discours de M . le comte de Lxjçay , président de la Société 

PENDANT L'EXBRaCE 1888-1889. 

Messieurs, 

Ceux qui m'ont précédé au fauteuil que j'occupe aujour- 
d'hui ont considéré comme leur premier devoir, en ouvrant 
votre Assemblée générale, d'exprimer à leurs collègues toute 
leur gratitude de la présidence qu'ils avaient bien voulu leur 
décerner. Tenir, ne fût-ce qu'une année, la place qu'ont rem- 
plie si longtemps, et avec tant d'éclat, deux des plus illustres 
fondateurs de notre Société, le baron de Barante et son ami 
et émule M. Guizot, a paru aux maîtres mêmes de la science 
historique un insigne honneur, honneur que le modeste ami 
de cette science qui vous parle en ce moment apprécie, 
croyez-le bien, comme il le doit. Il se permet de compter, en 
même temps, sur votre indulgence pour l'accomplissement de 
la tâche qui lui incombe aujourd'hui. 

Aussi bien cette tâche ne laisse pas d'avoir, par certains 
côtés, ses difficultés comme ses tristesses. C'est, en effet, à 
votre président. Messieurs, qu'est dévolu le soin de consta- 
ter les vides qui, au cours de Tannée, se sont produits dans 
vos rangs, pour adresser, en votre nom, aux confrères que 
la mort nous a ravis un souvenir d'affectueux regret, pour 
rappeler ce qu'ils ont été, quels services ils ont rendus k la 
science, à la littérature, à l'histoire, quelle collaboration leur 
a due notre propre Société. Trop heureux le président auquel 
il serait donné, en faisant ainsi Tappel, de reconnaître que 



DE L'mSTOIRX DB FRANGB. 83 

tous sont Ik pour y répondre. Mais, hélas! une pareille bonne 
fortune est des plus rares, si tant est qu'elle ait pu jamais se 
produire. En tous cas, elle n'est pas échue à l'année 1888- 
1889. La nomenclature des pertes que nous ayons éprouvées 
est longue au contraire : elle ne comprend pas moins de qua- 
torze de nos sociétaires. 

Parmi eux, quelques-uns n'étaient malheureusement 
demeurés que peu d'années avec nous : M. Constant Yan 
Ouwenhuysen; M. l'abbé Degout, doyen de Mormant, 
ecclésiastique distingué et instruit, dont la collection biblio- 
graphique et artistique abondait, en précieux documents 
sur l'hagiographie du diocèse de Meaux; M. Bertrandy- 
Lacabane. Neveu et élève de l'un des créateurs de la Société, 
M. Bertrandy avait débuté sous ses auspices, et c'est à lui 
qu'il dédia les Études sur les chroniques de Fraissart, 
guerre de Guyenne (1345-1346), l'un des plus appréciés 
de ses ouvrages. Je citerai aussi les Essais et notices pour 
servir à V histoire de Seine-^t^-Oise , dont il a publié 
deux intéressants volumes consacrés à l'ancienne châtel- 
lenie de Brétigny-sur-Orge. L'auteur a su mettre en œuvre 
avec une érudition réelle les documents aujourd'hui con- 
servés aux archives départementales de Versailles, dont il 
avait demandé et reçu la direction, après avoir exercé les 
fonctions d'inspecteur général. 

Les autres sociétaires que la mort a rayés de nos cadres 
cette année se rattachaient tous à nous par les liens d'une 
longue confraternité ; plusieurs avaient apporté un utile con- 
- tingent h nos travaux. 

C'est d'abord un contemporain de notre fondation même, 
M. Lucien Fouché, qui aurait pu, il y a quelques années 
déjà, célébrer sa cinquantaine comme membre de la Société 
de l'Histoire de France , car il fut admis dans la séance 
du 2 novembre 1835. Employé dans l'administration des 
finances à Evreux, notre confrère consacrait les loisirs que 
lui laissaient ses fonctions à des études d'histoire et de littéra- 
ture. Il a fourni à la Société libre de l'Eure, comme secrétaire 
pour la section des lettres, un actif et dévoué concours, dont 
il a voulu que les libéralités de son testament perpétuassent 



84 SOCIÉTÉ 

l6 souveair ; il a légué à la ville d'Ëvreux sa bibliothèque, 
composée avec un soin tout particulier et avec un goût de 
véritable lettré. 

C'est M. le baron Edmond Renouardde Bussierre, ancien 
ambassadeur, ancien pair de France. De 1830 k 1848, 
il a successivement représenté son pays à Darmstadt, à 
Dresde, à la Haye, à la cour de Naples. La révolution du 
24 février est venue brusquement interrompre une carrière 
déjà si bien remplie, et, à peine âgé de quarante-quatre ans, 
il est entré volontairement dans une retraite dont il n'est 
plus sorti, pour rester fidèle aux princes qu'il avait servis, et 
ne prêter, comme il aimait à le redire avec fierté, en sa vie 
qu'un serment. 

C'est M. Guillaume, qui, pendant de longues années sous- 
directeur au Ministère de l'intérieur, y a laissé les souvenirs 
d'une haute intégrité, alliée à une grande modestie, en même 
temps que d'une science administrative étendue. Ses trois 
traités sur la Voirie urbaine^ la Voirie vicinale^ la Voi- 
rie rurale, ont témoigné, par de nombreuses éditions, de la 
juste autorité dont jouissait leur auteur. Il était le type, qui 
malheureusement devient chaque jour plus rare, du servi- 
teur de l'État sérieux, réfléchi, instruit, et d'une honorabilité 
respectée de tous. 

C'est M. Henri Chevreul, magistrat démissionnaire en 
1848, que son mariage avait fixé à Dijon. Bibliophile et 
numismate distingué, M. Chevreul s'était formé une belle 
bibliothèque, riche surtout en ouvrages sur le xyf siècle, et 
avait réuni une curieuse collection de monnaies royales et 
de monnaies bourguignonnes. L'Académie des sciences, arts 
et belles-lettres de Dijon, où il siégeait depuis 1853, l'avait 
élu vice-président en 1872, puis président en 1875; la Com- 
mission des antiquités de la Côte-d'Or lui avait conféré, en 
1886, le titre de vice-président. Auteur d'une Vie d'Hubert 
Languet, il a publié, d'après le manuscrit de la Bibliothèque 
de l'Institut, le Livre du roy Charles de la chasse du 
cerf, et réédité plusieurs ouvrages, notamment des pièces 
rares et curieuses sur l'histoire de la Ligue en Bourgogne. 
Notre confrère était fils de l'illustre centenaire ; il a précédé 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 85 

de quelques jours dans la tombe celui qu'aux applaudisse- 
ments unanimes de la Chambre une voix autorisée a proclamé 
« tout ensemble un grand savant, un chrétien convaincu et 
un bon citoyen. >► 

C'est M. Gustave Masson. Assistant-master au collège de 
Harrow-on-the-HiU, il avait voué sa vie tout entière au pro- 
fessorat et au culte des lettres. Elle s'est écoulée pour une 
grande part en Angleterre ; mais ses nombreuses publica- 
tions sont là pour prouver que, loin d'avoir oublié la mère- 
patrie, son principal souci a été d'en faire apprécier les 
che£sMl'œuvre littéraires , d'en vulgariser les fastes histo- 
riques. Son obligeance égalait son érudition, et tous ceux 
d'entre nous qui se sont trouvés en relations avec lui ont 
conservé un reconnaissant souvenir de cette obligeance, qui 
les guidait à travers les dépôts littéraires d'outre-Manche. 
Notre Bulletin lui est redevable, entre autres morceaux 
inédits, d'une intéressante série de Lettres de la princesse 
des UrsinSy découvertes par lui au Musée Britannique. 

Lorsque j'aurai encore mentionné M. Othon de Clermont 
et M. de Matharel, conseiller à la Cour des comptes, je me 
trouverai presque au bout de notre triste rouleau des morts 
pour Tannée 1888-1889. Trois noms seulement y demeurent 
inscrits. Mais ces noms sont ceux de trois confrères, le comte 
Edouard de Barthélémy, le comte Riant, M. Henri Bordier, 
que vos suffi*ages avaient appelés à siéger au Conseil, qui 
n'ont cessé de mettre au service de notre œuvre leur expé- 
rience et leur dévouement, dont la collaboration comme 
l'amitié étaient justement appréciées de tous leurs collègues. 
Vous trouverez donc bien naturel. Messieurs, que je m'arrête 
quelques instants à vous parler d'eux. 

Frappé presque au lendemain de notre Assemblée géné- 
rale de l'an dernier, le comte Edouard de Barthélémy suc- 
combait en trois jours, plein de vie, aux atteintes d'un mal 
foudroyant. D'une ancienne maison champenoise, il était né 
le 21 novembre 1830, à Angers, où son père était alors 
préfet. Dès 1853, il débutait à son tour dans la carrière 
administrative et, après avoir rempli quelque temps le poste 
de conseiller de préfecture des Pyrénées-Orientales, était, en 



86 SOCIÉTÉ 

octobre 1856, nommé auditeur au Conseil d'Etat. Le décret 
du 8 janvier 1859 qui rétablit le Conseil du sceau des Titres 
lui confia les fonctions de secrétaire général de ce Conseil, 
fonctions qu'il devait conserver jusqu'à la suppression du 
4 septembre 1870. Elles ne pouvaient être remises en de 
meilleures mains ; car, à des connaissances toutes spéciales 
en matière nobiliaire, il joignait du tact, beaucoup de dis- 
crétion, une parfaite urbanité. Trop considérable est la liste 
de ses ouvrages héraldiques, des recherches de noblesse et 
des armoriaux qu'il a eidiumés de la poussière des archives 
et produits au jour, pour que je puisse songer à la donner ici. 
Je citerai seulement, à raison de son intérêt historique et 
de son caractère général, le grand recueil que, de concert 
avec M. de la Roque, il a publié sous le titre de Catalogue 
des gentilshommes qui ont pris part ou envoyé leur 
procuration aux assemblées de la Noblesse pour Véleo- 
tion des députés aux Etats géfnéraux de 1789. Edouard 
de Barthélémy n'était pas seulement un généalogiste ; il était 
aussi un historien, unérudit, un archéologue. Collaborateur 
du Bulletin monumental dès l'âge de vingt ans, membre 
correspondant des Académies de Reims, de Châlons et de 
Troyes, membre associé de la Société des Antiquaires de 
France, membre du Comité des travaux historiques, il n'a pas 
un seul jour, de 1850 à 1888, cessé de tenir la plume, mettant 
une merveilleuse activité, une rare persévérance à réunir et à 
publier tout ce qui, mémoires, correspondances, relations, 
cartulaires, documents inédits, pouvait toucher à sa pro- 
vince d'origine. Une mort imprévue ne lui a pas permis de 
revoir cette œuvre inunense et d'y établir, ce qui lui a 
manqué parfois peut-être, la précision des détails ; il n'en a 
pas moins élevé à la gloire de son cher pays de Champagne 
un monument dont celui-ci conservera le reconnaissant sou- 
venir. Du caractère le plus enjoué, d'une extrême obligeance, 
d'un commerce non moins sûr qu'agréable, notre confrère a 
laissé autour de lui, dans sa Camille comme parmi ses nom- 
breux amis, un vide que rien ne pourra combler. Vous vou- 
drez bien, Messieurs, que l'un de ceux auxquels il a été donné 
de jouir pendant plus de trente ans des charmes de son inti- 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 87 

mité lui rende aujourd'hui devant vous ce témoignage et 
exprime en même temps au savant membre de Tlnstitut son 
firère, qui siège dans votre Conseil, nos plus sympathiques 
regrets. 

C'est loin de nous, au château de la Yolpilière en Valais, 
où le retenaient les soins d'une constitution ébranlée, que le 
comte Paul Riant est mort le 16 décemb^e dernier. Il n'était 
âgé que de cinquant^eux ans. L'Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres, dont il faisait partie depuis 1880, a 
rendu , par l'organe de son président, aux qualités et à la haute 
valeur de l'éminent confrère qu'elle venait de perdre un hom- 
mage public auprès duquel celui que je pourrais essayer de 
formuler serait sans autorité. Je me bornerai à résumer très 
brièvement les titres de notre collègue à la reconnaissance 
conome aux regrets du monde savant. Elève distingué du 
GoU^e de Yaugirard, il conquit fort jeune le grade de doc- 
teur ès-lettres. Les deux thèses qu'il présenta à la faculté de 
Paris, le LS)er Tetrasticht^s cCHincmar le moine^ 
patriarche de Jérusalem^ et les Expéditions et pèleri- 
nages des Scandinaves en terre sainte ^ au temps des 
Croisades^ lui ouvrirent la voie, alors encore peu frayée, 
dans laquelle il n'a cessé de s'avancer depuis , marquant 
presque chacun de ses pas par de fécondes explorations, par 
de précieuses découvertes. Parmi ces découvertes, n'en est-il 
pas une au moins que je dois rappeler ici : celle de la Chro- 
nique de Guy de Bazoches, qu'il a reconnue dans un 
manuscrit anonyme de Saintr-Médard de Soissons, et qui se 
rapproche en tant de points de cette Chronique dAuhry de 
Trois-Fontaines qui a souvent fait l'objet des délibérations 
de notre Conseil et figure encore sur ses programmes? Les 
Sacrœ eœuviœ Constantinopolitanœ^ curieuse enquête 
sur les vicissitudes et le sort des trésors enlevés par les croisés 
aux palais et aux églises de Constantinople^ Y Inventaire cri- 
tique des lettres historiques des Croisades sont, comme 
les autres travaux du comte Riant sur le moyen âge, deve- 
nus classiques. Sa h^ute compétence le désignait naturelle- 
ment à l'Académie pour faire partie de la Commission char- 
gée de publier les Historiens occidentauœ des Croisades. 



88 SOCIÉTÉ 

Il laisse iDachevé le tome Y de ce recueil, dont il avait réuni 
les matériaux et commencé même l'impression. Il laisse éga- 
lement inachevée une grande publication sur Tévêché de 
Bethléem (Nièvre), pour laquelle il entretenait une corres- 
pondance constante avec les érudits du monde entier, et dont 
le premier volume seul a paru. 

Je ne saurais quitter le comte Riant sans parler de cette 
Société de l'Orient latin qu'il fonda en 1875, de concert avec 
quelques amis dévoués, à l'instar de la Société de l'Histoire 
de France. Il en a été jusqu'au bout l'inspirateur, le secré- 
taire général le plus actif, le rédacteur le plus assidu, en 
même temps que le trésorier le plus généreux. Notre érudit 
confrère avait voulu contribuer à notre volume du Cinquan- 
tenaire par une notice sur la Déposition de Charles d* An- 
jou pour la canonisation de saint Louis ^ déposition dont 
il avait découvert les fragments dans un manuscrit de la 
bibliothèque du Vatican, le Liber bellorum Domini. On 
trouve en ce court mais substantiel mémoire les qualités 
maîtresses qui distinguent ses autres ouvrages : l'ordre et la 
clarté dans l'exposition, la rigueur irréprochable dans l'ar- 
gumentation , un soin méticuleux dans l'établissement des 
textes, n doit nous faire vivement regretter que les travaux 
multiples, que la santé délicate du comte Riant ne lui aient 
pas permis de nous donner une collaboration plus effective, 
et qui eût eu pour nos publications de si féconds résultats. 

Il en a été tout autrement de M. Henri-Léonard Bordier, 
que nous avons eu la douleur de perdre le 31 août dernier, 
à l'âge de soixante-onze ans. On peut dire qu'une bonne 
partie de sa vie, toute de science et d'études, fut consacrée 
à la Société de l'Histoire de France. Il y avait été admis dès 
1839, et faisait partie de son Cionseil depuis 1860. De 1857 à 
1865, il a publié pour elle les Livres des Miracles et autres 
opuscules de Grégoire de Tours. Cette édition, en quatre 
volumes^ comprend, avec les textes latins, une traduction 
française, et est suivie d'une bibliographie des ouvrages du 
célèbre auteur. Elle forme l'utile complément de la grande 
Histoire ecclésiastique des Francs y qui a été l'une des 
premières publications de notre Société. En 1852, M. Bor- 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 89 

dier fat chargé de la rédaction du Bulletin. Il a enrichi ce 
recueil de nombreux documents et de dissertations intéres- 
santes, particulièrement sur les premiers siècles de la monar- 
chie. Lorsque des raisons de famille l'obligèrent, en 1862, à 
résigner le naandat qui lui avait été confié, le Conseil tint, 
en acceptant sa démission, à lui en exprimer ses regrets una- 
nimes. Élèye de TÉcole des chartes, auxiliaire de l'Académie 
des inscriptions et belles-lettres, membre de la Société des 
Antiquaires de France, ancien archiviste aux Archives natio- 
nales, bibliothécaire honoraire au département des Manuscrits 
de la Bibliothèque nationale, notre confrère laisse de nom- 
breux et importants ouvrages, tels que Y Histoire de France 
depuis les temps les plies anciens jtisqu*à nos jours, 
d'après les documents originaux et les monuments de 
Vart de chaque époque^ écrite en collaboration avec 
M. Charton , et la réimpression, sous les auspices de la Société 
de l'Histoire du Protestantisme français, dont il a été l'un des 
membres les plus dévoués et les plus actifs^ de la France 
protestante des frères Haag, qu'il a conduite jusqu'au 
sixième volume. Vous voudrez bien. Messieurs, qu'en ma 
qualité de Beauvaisin, je mentionne spécialement aussi la 
curieuse étude qu'il a consacrée à Philippe de Rémi, sieur 
de Beaumanoir. Dans la magistrale édition qu'il nous a 
donnée des Coutumes de Beauvoisis, le comte Beugnot 
avait laissé dans l'ombre les origines de leur auteur : M. Bor- 
dier, à l'aide de documents puisés aux sources, a mis ces 
origines en lumière et a établi qu'issu d'une famille seigneu- 
riale du comté de Clermont, Beaumanoir avait vraisembla- 
blement pour aïeul l'un des chevaliers qui combattirent à 
Bouvines et que Guillaume le Breton, dans sa Philippide, 
cite comme commandant les milices de Compiègne. Il a, en 
mane temps, établi l'identité du grand jurisconsulte du 
XIII® siècle avec le trouvère, jusqu'alors inconnu, qui a com- 
posé les poèmes héroïques de la Mannekine et de Jehan de 
Dammartin et Blonde d'Oxford. 

Jeune encore, notre confrère avait formé le projet de 
dresser l'inventaire des miniatures qui enrichissent les mil- 
liers de manuscrits exécutés au moyen âge, et, pour le réa- 



90 SOCIÉTÉ 

User, il avait offert à la Bibliothèque nationale de coopérer à 
la rédaction des catalogues du département des Manuscrits. 
La Description des peintures et autres ornements conr- 
tentM dans les manuscrits grecs de la Bibliothèque^ 
beau volume in-4^ avec gravures, qu'il a publié en 1885, et 
qui ne fait pas moins honneur à Thabileté du dessinateur 
qu'à la science du paléographe, est le résultat des longues 
années qu'il a données à cette collaboration désintéressée. 
Le titre de bibliothécaire honoraire au département des 
Manuscrits en fut la juste récompense. 

Avant d'entrer à la Bibliothèque, M. Bordier avait, pen« 
dant deux années, de 1851 à 1853, occupé l'emploi d'archi* 
viste aux Archives nationales. C'est là qu'il réunit les maté- 
riaux de son livre : les Archives de la France^ dont je 
voudrais que vous me permissiez, Messieurs, de vous entre- 
tenir qudques instants. 

A l'époque où parut ce livre, en 1855, l'histoire de nos 
grands dépôts de Paris, aussi bien que de ceux des départe- 
ments, était peu connue, ne l'était même pas. Leur création 
date, vous le savez, de la Révolution. Avant 1789, les divers 
corps de l'État, les parlements, les chambres des comptes, 
les cours des aides, les intendances, les états provinciaux, 
les archevêchés et évêchés, les ordres religieux et militaires, 
les établissements monastiques, les villes, les juridictions de 
tous degrés, les communautés et corporations, les châteaux 
avaient chacun leurs archives, qu'ils mettaient la plupart 
un soin jaloux à conserver : c'étaient à la fois leurs titres de 
propriété et leUrs titres de gloire. Un relevé dressé par les 
intendants, vers 1770, en réponse à une enquête ouverte 
par Bréquigny, sur l'initiative du secrétaire d'état Bertin, 
le fondateur du Cabinet des chartes, évaluait à 5,700 le 
nombre des dépôts d'archives existant à cette époque sur 
toute la surface du royaume en dehors de Paris ; les monas- 
tères entraient dans ce total pour 1,700, et les maisons sei- 
gneuriales pour à peu près autant. Quelles épaves en est-il 
arrivé jusqu'à nous ? 

En prétendant substituer de toutes pièces une nation nou- 
velle à l'ancienne France historique, au lieu de diercher à 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 91 

améliorer, conformément aux cahiers de leurs commettants, 
à transformer graduellement les institutions existantes, les 
législateurs de 1790, et plus encore leurs successeurs, en 
vinrent à vouloir anéantir jusqu'au souvenir du passé. Les 
archives des juridictions ainsi que des établissements suppri- 
més avaient dû être versées, à Paris aussi bien que dans les 
départements, aux mains des administrations nouvelles'. 
Leurs dépôts ne tardèrent pas à se grossir des papiers et docu- 
ments de tant de familles que dépouilla la confiscation révo- 
lutionnaire. En 1792, sur la proposition de Condorcet, 
l'Assemblée nationale ordonna de brûler tous les titres 
généalogiques , par la raison « qu'il serait dispendieux de 
les conserver, et qu'il était utile de les anéantir. » Toutes 
les pièces de comptabilité remontant au delà de trente ans, 
beaucoup d'autres documents encore furent condamnés au 
même sort, et la sentence reçut sur bien des points, en 
bien des lieux, sa lamentable exécution, au témoignage de 
Michelet lui-même, qui ne saurait être assurément taxé 
d'hostilité pour la Révolution : € Les parchemins eurent 
aussi, dit-il quelque part, leur tribunal révolutionnaire sous 
la dénomination de Bureau du triage des titres : tribunal 
expéditif, terrible dans ses jugements. Une infinité de 
monuments furent frappés d'une qualification meurtrière : 
titre féodal. Cela dit, c'en était fait. » Cependant le 
triage des titres, quelque barbares qu'aient été les pro- 
cédés employés, constituait relativement un bienfait, si 
l'on considère. que l'ignorance révolutionnaire avait été 
d'abord sur le point de livrer aux flammes la totalité des 
papiers des étabUssements supprimés. J'emprunte l'aUéga- 
tion à un rapport de l'archiviste de la République, Camus. 
Ce ne furent pas toutefois, quoi qu'on ait prétendu, les 
intérêts de la science qui déterminèrent la Convention à ne 
point donner suite aux autodafés qu'elle avait d'abord édic- 
tés. Le Trésor se trouvait alors, comme il lui est arrivé plus 



1. Snr la formation des ArchiTes nationales, Toir les lois des 12 sep- 
tembre 1790 et 10 octobre 1792; snr celle des archives départementales, 
Toir la loi du 5 brumaire an V. 



92 SOCIÉTÉ 

d'une fois depuis, réduit aux dernières extrémités, et Ton 
avait fait remarquer la valeur réelle des parchemins et 
papiers proscrits, les bénéfices qui pourraient résulter pour 
la nation de leur vente aux enchères, de leur transformation 
en cartouches pour le service de l'artillerie. En l'an VII, le 
Bureau du triage des titres proclamait officiellement que 
« ses opérations avaient produit plus d'un million pesant de 
papiers ou parchemins inutiles qui avaient été mis à la dis- 
position de la République. » 

Combien de pertes irréparables pour l'histoire, l'archéo- 
logie, la science économique, représente ce million pesant de 
pièces dénommées inutiles! Il n'existe à ce sujet que des 
données vagues et incertaines. Cependant, si l'on veut cher- 
cher à s'en rendre compte S on le peut dans une certaine 
mesure, par voie d'exemple et de comparaison, en se repor- 
tant au véritable monument que notre savant et dévoué 
secrétaire a élevé à la mémoire de la Chambre des comptes de 
Paris et delà grande maison parlementaire des Nicolay. On 
y voit quelle innombrable et précieuse collection d'actes et 
de documents contenaient à elles seules les archives de la 
Chambre, quelles vicissitudes subirent ces archives pendant 
la tourmente révolutionnaire, de quelles dévastations elles 
furent les victimes, comment enfin en furent préservées et 
recueillies les épaves. On j voit aussi comment les bandits 
de la Commune, sinistres émules des vandales de 1792, ont, 
en mai 1871, livré aux flammes les archives reconstituées 
de la Cour qui avait, en 1807, remplacé l'antique Chambre 
souveraine des comptes. 

Le Consulat rétablit l'ordre dans le service des archives, 
comme il le fit dans toutes les autres parties du gouverne- 
ment, et, pendant une période malheureusement courte, les 
bâtiments de l'ancien hôtel Soubise se trouvèrent abriter les 



1. Le marquis de Laborde l'a essayé dans son livre des Archives de la 
France, et Toici sa conclusion : € J'ai calculé, dit-il (p. 125), que plus de 
10,000 archives ont été atteintes et plus on moins dévastées, qu'elles 
contenaient un milliard de documents, qu'on en a détruit plus des deux 
tiers, et qu'on a bouleversé l'ordre du dernier tiers. » 



D8 L'HISTOmS DE PftANCE. 93 

trésors historiques, non seulement de TEmpire français, mais 
encore d'une partie de l'Europe. Camus et son successeur 
Daunou avaient déjà donné aux archives centrales de Paris 
leur organisation presque définitive. 

Le classement et la mise en ordre des dépôts des départe- 
ments, des communes et des établissements hospitaliers ont 
été l'œuvre de la monarchie de Juillet. Ils datent des circu- 
laires des 8 août 1839 et 24 avril 1841. Une commission 
supérieure avait été instituée, en même temps, au Ministère 
de l'intérieur, pour concourir à l'examen et à la direction de 
tous les travaux relatifs à l'organisation et à l'exploration 
des archives départementales et communales. Elle compre- 
nait parmi ses membres MM. Guérard, de Wailly, Lepre- 
vost, Letronne, C!h. Lenormant, Yitet, J. Desnoyers, noms 
chers à l'érudition comme à notre Société, qui s'honore à bon 
droit de les compter parmi ses ouvriers de la première heure. 
Sous leurs auspices, l'exploration ne pouvait être que féconde. 
Dès 1847, la commission faisait imprimer un Catalogue 
des cartulaireSj et, l'année suivante, un Tableau général 
numérique par fonds des archives départementales 
antérieures à 1790. Ces deux documents étoient, avec le 
Tableau systématique des archives de V Empire y qui 
dateit de 1812, les seuls qui fussent aux mains du public 
lorsque parut l'ouvrage de M. Bordier. 

C'est donc avec raison qu'un des juges les plus compétents, 
notre éminent confrère M. Léopold Delisle, a pu dire de ce 
volume « qu'il fut une vériteble révélation^ » comme il devait 
rester plusieurs années encore, et « jusqu'aux grandes publi- 
cations officielles dont il fut le précurseur, le seul fil conduc- 
teur à l'aide duquel les travailleurs pussent se retrouver. » 

Vous connaissez ces publications. Messieurs, et vous pou- 
vez apprécier chaque jour, par les services qu'elles vous 
rendent, combien elles devaient faire défaut autrefois. C'est 
en 1853, l'année même où M. Bordier recueillait les éléments 
de son livre, que le Ministère de l'intérieur décida de donner 
au tableau général de 1848, qui s'était borné à enregistrer 
pour chaque dépôt d'archives départementales le titre et 
l'état numérique des fonds qu'il comprenait, son complé- 



94 SOCIÉTÉ 

ment nécessaire, le catalogue analytique du contenu de cha* 
cun de ces fonds. Dès le milieu de l'année suivante, un rap- 
port officiel le constate, l'établissement de ï Inventaire 
sommaire était en pleine voie d'exécution dans toutes les 
préfectures, et préparait, pour tous les genres de recherches, 
la mine la plus féconde de renseignements et de documents. 
L'impression en a commencé en 1861 et se poursuit, depuis, 
sans relâche. L'an dernier, la collection des inventaires 
sommaires des archives antérieures à 1790 comptait plus de 
250 volumes, dont un tiers afférent aux archives des com- 
munes et établissements hospitaliers. Elle venait de s'enri- 
chir du catalogue des manuscrits conservés dans les mêmes 
dépôts. Les sujets de ces manuscrits sont des plus variés : 
théologie, liturgie, jurisprudence, philosophie, sciences, art 
militaire, pédagogie, belles-lettres, et surtout histoire locale ; 
ils fourniront aux Sociétés savantes un nouvel et fécond élé- 
ment de publications. 

D'autre part, le dépouillement et la mise en ordre des 
pièces et documents de la période révolutionnaire ont été 
entrepris et sont en bonne voie. 

Je ne vous ai jusqu'ici entretenus. Messieurs, que des 
archives départementales et communales. Je voudrais vous 
parler maintenant des Archives nationales, du précieux con- 
tingent que leur excellent et distingué personnel a fourni 
aux études historiques dans le dernier quart du siècle. 

Parmi les publications que nous devons à ce grand éta- 
blissement, il en est qui, tout en conservant la forme d'in- 
ventaires, portent un caractère d'érudition personnelle, avec 
l'empreinte de la science, de leurs auteurs. Je citerai : les 
Layettes du Trésor des chartes, par MM. Teulet et J. de 
Laborde; les Actes du Parlement de. Paris, par M. Bou- 
taric ; les Titres de V ancienne maison ducale de Bour- 
bon, par MM. Huillard-BréhoUes et Lecoy de la Marche. 
J'aurais à citer également les répertoires de certains fonds 
principaux, où les pièces sont tour à tour analysées ou 
publiées, par ordre de classement, avec une compétence toute 
spéciale. Les Cartons des Rois, de M. Jules Tardif, les 
Collections de sceaux, de M. Douët d'Arcq, V Inventaire 



\ 



DE LUlSTOmE DR FRANGE. 95 

des arrêts du Conseil d'État sous Henri IV, de notre 
zélé secrétaire adjoint, M. Noël Valois, permettent d'ap- 
précier quelles sont déjà et quelles seront l'importance et 
l'utilité de cette cat^orie de recueils, qui se poursuit. 

D'autres publications sont surtout œuvre d'archivistes, et 
ont pour objet de fournir au public les moyens de se con-* 
duire au milieu des innombrables richesses historiques que» 
recèle l'ancien hôtel Soubise. 

C'est sur cet ordre de travaux que se porte actuellement 
l'eflfort principal de l'administration des Archives. Vous dire 
que la direction en appartient à notre collègue M. Servois, 
n'est-<» pas vous donner du même coup la certitude de l'ac- 
tivité et de l'exactitude qui présideront à l'exécution ? 

Violemment arrachés, dans la fin du siècle dernier, ainsi 
que je Tai dégà indiqué, aux chartriers publics et privés, 
soumis aux opérations barbares du triage, les documents 
ont subi, lors de leur entrée aux Archives nationales, un 
classement nouveau qui, sans tenir compte de la provenance 
des pièces et brisant comme à plaisir avec la tradition, les 
a trop souvent éparpillés dans des séries différentes. 

D'après ce classement, le marquis de Laborde avait, 
en 1867, pris l'initiative de l'impression d'un Inventaire 
général sommaire. L'inventaire devait donner, suivant 
l'ordre des trente-neuf séries dont se composent les Archives, 
l'indication de chaque matière, en observant la succession 
actuelle des numéros et des cotes. L'œuvre a été dernière- 
ment reprise, et vous aurez bientôt entre les mains Y Etat 
général sommaire par séries des documents conservés 
atuv Archives. Cet Etat aura, avec le temps, pour complé- 
ment, des Répertoires numériques par fonds; celui du 
Parlement de Paris est sur le point de paraître. 

Mais, État général et Répertoires numériques seraient 
insufiSsants pour mettre les travailleurs à même de recon- 
stituer les anciens fonds dispersés, de retrouver à travers les 
diverses séries les pièces qui les composaient, et qui sont 
nécessaires à l'histoire des établissements supprimés depuis 
1789. Cette reconstitution, l'administration des Archives Ta 
essayée en 1871 sur l'initiative de notre éminent confrère et 



96 SOCIÉTÉ 

coU^e M. Alfred Maurj. Vous avez depuis lors à votre 
disposition le Tableau méthodique, et vous savez ce qu'il 
vaut. 

Il me resterait encore, Messieurs, pour terminer mon 
aperçu d'ensemble, à vous parler de certains inventaires 
spéciaux, tels que le Musée des Archives, à vous parler 
aussi des Tables alphabétiques des Publications du Châ- 
telet de Paris pendant les XVIP et XVIIP siècles, 
ainsi que des Lettres patentes enregistrées au Sénat de 
1804 à 1815. Mais je m'aperçois que le désir de constater 
les progrès accomplis, depuis le temps où M. Bordier publiait 
le premier guide des travailleurs aux Archives, m'a foit abu- 
ser, plus qu'il n'aurait convenu, de votre bienveillante atten- 
tion. Je m'arrête donc, et j'ose espérer que le sujet que j'ai 
abordé pourra, dans une certaine mesure, me servir d'excuse 
auprès de vous. 

Nul ne me semble, en effet, se lier plus intimement aux 
travaux, à l'avenir même de notre Société. 

Les archives départementales, pour s'en tenir à elles, ne 
renferment-elles pas d'innombrables séries de matériaux 
indispensables à quiconque voudra désormais sérieusement 
étudier notre histoire, tant générale que locale, les mœurs, 
les usages, les conditions d'existence des générations qui 
nous ont précédés sur le sol de la patrie? L'exploration 
conduite depuis 1841 à travers ces archives n'a-t-elle pas 
déjà fait reconnaître, ne découvre-t-elle pas chaque jour des 
mines dont les érudits peuvent, sans crainte de les épuiser, 
exploiter les filons pour tous les siècles passés? N'est-ce pas 
là que Ton retrouve l'ensemble des documents relatifs à l'or- 
ganisation politique, administrative, judiciaire et financière 
de nos anciennes provinces, l'histoire spirituelle et tem- 
porelle des abbayes et monastères, les archives complètes 
des états particiQiers, qui assurèrent, jusqu'en 1789, à la 
Bretagne, à la Bourgogne, au Languedoc, à la Provence 
l'indépendance de leur administration intérieure, tout ce qui 
concerne la convocation aux Etats généraux, l'élection des 
députés et la préparation de ces Cahiers qui avaient posé 
les vrais principes de la France moderne ? 



DE L'HISTOIRE DE FRANCS. 97 

Quant aux Archives nationales, rénumération que je viens 
de faire de leurs publications ne vous a-t*elle pas rappelé, 
Messieurs, les noms de ceux qui ont été ou sont encore parmi 
les meilleurs des collaborateurs de notre œuvre ? N'est-ce 
pas dans le personnel des Archives que vos suffrages vont le 
plus souvent, et avec raison, chercher les membres de votre 
Ck)nseil? N'ai*je pas été précédé dans l'honneur de la prési- 
dence par l'un des chefs les plus appréciés de ce personnel, 
mon excellent collègue et ami M. le comte de Mas Latrie? 
N'y aurai-je pas pour successeur le savant qui, après avoir 
débuté aux Archives, dirige maintenant, avec autant de 
talent que de dévouement, cette grande École des chartes qui 
offre aux délibérations de votre Conseil une si gracieuse hos- 
pitalité, en même temps qu'elle assure à l'exécution de notre 
programme la plus utile et fructueuse collaboration ? 

Ce programme, Messieurs, notre Société l'a formulé dès 
le premier jour ; depuis un demi-siècle, elle le poursuit sans 
relâche et avec le succès que vous savez. Elle convie à y 
concourir avec elle tous les travailleurs de bonne volonté 
qui veulent, par la publication des documents originaux, 
populariser l'étude et le goût de notre histoire nationale. 



Rapport de M. de Boislisle, mebibre de l'Institut, 

SECRÉTAIRE, SUR L'ÉTAT DES TRAVAUX DE LA SoCIÉTÉ. 

Messieurs, 

Le discours que vous venez d'entendre rend bien ingrate 
la tâche d'un simple secrétaire -rapporteur, à qui il n'est 
plus possible, après son président, d'aborder des sujets d'un 
ordre aussi élevé ; mais, puisque les règlements exigent que 
je vous expose à mon tour l'état de nos travaux, permettez- 
moi de solliciter très humblement, très sincèrement aussi, 
votre indulgence pour ce compte rendu annuel. De mon côté, 
je m'efforcerai d'être bref et de faire que les conclusions vous 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 7 



/ 



98 SOCIÉTÉ 

semblent satisfaisantes au double point de vue des intérêts 
scientifiques et de l'honneur de votre Société. 

Après avoir regagné amplement l'avance que nous avions 
perdue depuis longtemps, nous nous maintenons dans la 
situation acquise grâce au zèle de nos éditeurs, et, cette 
année, vous avez reçu dès les premiers jours, comme com- 
plément de l'exercice 1888 , déjà représenté par les deux 
parties du tome VIII des Chroniques de Jean Froissart et 
par le tome II et dernier du Journal de Nicolas de Baye y le 
tome IV et dernier des Mémoires d'Olivier de la Marche; 
puis vous avez été invités à retirer de la librairie, pour l'exer- 
cice 1889, le tome II et dernier du JouvenceL Ainsi, votre 
Conseil a eu non seulement la satisfaction de commencer 
régulièrement le service de cette nouvelle année, mais celle 
aussi de terminer presque en même temps deux publications 
en plusieurs volumes, qui, sans être de dimensions extraor- 
dinaires, avaient quelque peu langui l'une et l'autre, pour 
des moi\h divers. 

Vous possédez donc complets les Mémoires d'Olivier de 
la Marche. On n'en avait jusqu'ici qu'une version altérée 
par le premier éditeur du xvi* siècle, Denis Sauvage, et 
rajeunie à dessein, sans aucun respect du style, de l'ortho- 
graphe, ni même du texte contenu au manuscrit qui porte 
aujourd'hui le n° 2869 du fonds français de la Bibliothèque 
nationale. C'est encore ce manuscrit que MM. Beaune et 
d'Arbaumont ont pris pour base de notre nouvelle édition, 
mais, cette fois, en le suivant fidèlement, parce que, sans 
être la minute ou l'original des Mémoires , il provient d'une 
famille alliée aux La Marche et qu'on le considère comme 
ayant pu être revu et corrigé conformément aux indications 
de l'auteur. Tout à côté de ce manuscrit, sous le n* 2868, il 
en existe un autre, de 1495, qui ne contient que le livre P"", 
et qui fut vraisemblablement transcrit sous les auspices 
d'Olivier de la Marche, sinon sous sa dictée. Pour cette rai- 
son, nos éditeurs ont pris au manuscrit 2868 ce texte du 
livre I", que Denis Sauvage n'avait point connu. C'est donc 
une restitution complète. Ainsi établis, les Mémoires ont 



Ds VEssrouoL ]» nAifcc. 99 

reçn de nombreases notes, tirées pour la plapart des archives 
de la maison de Bourgogne, qne les éditeurs avaient hen- 
rensoDent à leur portée dans le dépôt du département de la 
C6te-d'0r, ou recueillies dans les archives du départaient 
du Jicfrdf du royaume de Belgique, ainsi qu'à la Bibliothèque 
nationale, à Douai, Turin, la Haye, Vienne, etc. Les mêmes 
dépôts et bibliothèques leur ont fourni des textes nouveaux 
du traité d'Arras, de la description des noces de Charles 
le Ternaire, de l'état de la maison ducale, de diverses 
pièces inédites ou peu connues sur les fêtes de Tordre de la 
Toison d'or. 

Dans une notice qui est venue se joindre au premier 
volume, les éditeurs ont retracé la biographie d'Olivier de la 
Mardie et la biblû^raphie raisonnée des manuscrits de ses 
œuvres historiques ou poétiques, avec une appréciation de 
leur valeur littéraire. Pour cette partie du travail» ils ont 
pu, heureusement, se servir de la publication d'un de nos 
jeunes confr^^s, M. Henri Stein, qui, lui aussi, avait tait 
une étude très approfondie d'Olivier de la Marche et de ses 
écrits, et dont le volume a paru juste à point, l'année der- 
nière. Enfin, suivant l'exemple donné par leur commissaire 
responsable dans sa propre édition de Mathieu cCEscauchy, 
MM. Beaune et d'Arbaumont ont enrichi la table analy- 
tique de notices biographiques et bibliographiques, se réfé- 
rant souvent à des pièces originales d'archives. 

Nous avons le ferme espoir que les mérites divers de leur 
publication seront appréciés des bons juges, et que ces quatre 
volumes feront honneur à la Société en même temps qu'aux 
éditeurs choisis par elle. 

J'en dirai tout autant du Jouvencel, dont le second et 
dernier tome vous a été distribué il y a un mois. 

Dans ce volume, M. Léon Lecestre a terminé le texte de 
l'oeuvre de Jean de Bueil et donné le « Commentaire » de 
Guillaume Tringant, un des compagnons du célèbre capi- 
taine. Comme je vous l'ai déjà exposé, ce commentaire est 
une partie intégrante, un complément nécessaire de la publi- 
cation, puisqu'on fournissant la def des pseudonymes et des 
événements déguisés par l'auteur, il transforme en œuvre 



. iOO SOCIÉTÉ 

historique ce qui n'était, à l'apparence, qu'un pur roman ou 
un simple traité d'art militaire. Il forme même une sorte de 
petite chronique, allant de 1423 à 1453, et où Tringant a 
raconté des faits dont il avait été témoin oculaire. 

L'éditeur associé à M. Lecestre, M. Camille Favre, dont 
je vous ai dit, l'année dernière^ quel était l'apport dans, 
l'œuvre commune, a joint encore au tome II toute une série 
de pièces de premier ordre sur la part prise par Jean de 
Bueil aux menées du Dauphin en 1446, sur les relations du 
duc de Savoie avec la cour de France, sur les mariages de 
Jean de Bueil avec sa seconde femme Martine Turpin de 
Crissé, et de son fils Antoine avec la fille d'Agnès Sorel et 
du roi Charles VII, sur son procès avec les Bourbons pour 
la succession des Dauphins d'Auvergne et de la maison de 
Sancerre, enfin sur la généalogie de la maison de Bueil 
(pièce attribuée à Racan, qui était d'une branche cadette). 

En tête des ouvrages qui sont en cours d'impression, le 
tome III de l'Histoire universelle cP Agrippa (ÏAubigné 
est le plus avancé, et il vous sera probablement distribué 
dans un ou deux mois, avec le tome III des Mémoires du 
maréchal de Villars. L'achèvement en a été un peu retardé 
par certains scrupules que M. le baron de Ruble, bibliophile 
consommé et profondément respectueux des divisions adop- 
tées par son auteur, éprouvait à passer, dans ce même 
volume, du livre I au livre II, et à faire une coupure au 
milieu du récit de la Saint-Barthélémy. Ces scrupules, le 
Conseil les a levés en prenant les responsabilités à sa charge, 
et, d'autre part, en laissant quelque latitude à l'éditeur. 

En partant du mois d'août 1568, d'Aubigné raconte le sou- 
lèvement du parti huguenot, la réunion de ses forces en une 
seule armée, et les grandes actions de guerre qui marquèrent 
les deux campagnes suivantes : bataille de Jarnac, où périt 
Louis P% prince de Condé; bataille de Moncontour, plus 
importante encore par ses résultats ; siège de Niort, siège de 
Poitiers, où s'illustra le jeune duc de Guise; prise de Saint- 
Jean- d'Angély, que Charles IX assiégea en personne — 
aucun roi de France n'avait paru à la tête des armées depuis 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 101 

Pavie; — débuts brillants du duc d'Anjou, qui, plus tard, 
sous le nom de Henri III, devait si mal les contijiuer. Alors, 
rhistorien protestant arrive au récit de la Saint-Barthé- 
lémy, et non seulement il y met une rigoureuse exactitude, 
sauf en quelques points de détail secondaire, que notre édi- 
teur rectifiera minutieusement, mais il le traite avec un soin 
particulier, qui a produit la narration la plus complète et la 
plus sûre de cet événement néfaste. 

Sans crainte de me répéter d'année en année, je veux 
encore rendre justice au labeur persistant et fructueux de 
M. de Ruble, dont le dévouement à Tœuvre entreprise sous 
vos auspices se maintient toujours et lui permet, comme 
vous le voyez, de remplir les engagements pris au début, 
sans cependant que ses autres travaux sur le xvi^ siècle en 
souffrent trop, puisqu'il vient de consacrer au traité de 
Cateau-Cambrésis un volume des plus remarquables, ou le 
mérite de la narration ne le cède en rien à la valeur de docu- 
ments innombrables mis pour la première fois en lumière. 

Ne devrais-je pas adresser le même hommage, en votre 
nom, à M. le marquis de Vogué? Le voici arrivé à la fin du 
tome III des Mémoires du maréchal de Villars, qui 
s'étend de l'année 1708 à l'ouverture des négociations de 
Rastadt, en 1713. Vous y trouverez la campagne du maré- 
chal en Savoie, puis ses quatre laborieuses années de séjour 
en Flandre > laborieuses et glorieuses pour lui et pour la 
France, autant par la défaite de Malplaquet que par la vic- 
toire de Denain, qui sauve la France et hâte les négocia- 
tions de paix. Ces événements ayant occupé une place ^ 
importante dans les deux volumes que notre éminent édi- 
teur a récemment publiés à part, sous le titre de : Villars 
d'après sa correspondance et des documents inédits, 
il a pu se dispenser de joindre un long commentaire au récit 
des Mémoires ; mais l'Appendice, qu'on achève d'imprimer, 
vous offrira des pièces inédites d'un haut intérêt : ce sont 
surtout des extraits de la correspondance de Marlborôugh 
avec le prince Eugène, et de celle de Villars lui-même avec 
le duc d'Ormond, généralissime anglais, à qui le maréchal 
adressa, le 25 juillet 1712, une copie de sa relation officielle 



102 SOCIÉTÉ 

de la bataille de Denain. Cette dernière pièce manquait aux 
archives du Dépôt de la guerre : c'est pour nous une heu- 
reuse fortune qu'elle se soit retrouvée dans un lot considé- 
rable de papiers du duc d'Ormond acquis en Angleterre par 
M. de Vogué. 

Passons maintenant aux ouvrages dont le Conseil vient 
d'autoriser la mise sous presse, et parmi lesquels le pre- 
mier terminé complétera l'exercice 1889. Ce sont : 1* les 
Chroniqtùes de Jean (ÏAïUon, éditées par M. René de 
Maulde; 2* la Chronique du héravt d'armes Berry, 
éditée par M. le comte Âmédée de Bourmont; S^'la Chro- 
nique d'Arthur y connétable de Richement , par (?m7- 
laume Gruel, éditée par M. Achille Le Vavasseur.^ Ces 
éditeurs sont tous les trois sortis très brillamment de l'Ecole 
des chartes, ce qui nous répond d'eux et de leur œuvre ; le 
Conseil leur a adjoint comme commissaires responsables : 
pour Jean d'Auton, H. Baguenault de Puchesse, si familier 
avec les textes du xvi' siècle ; pour le héraut Berry et pour 
Guillaume Gruel, M. le marquis de Beaucourt, dont la 
compétence en ce qui concerne le xv* siècle est connue de 
tout le monde, mais que vous devez remercier particuliè- 
rement , puisqu'il a bien voulu accepter en double ces déli- 
cates fonctions de commissaire. 

n est vrai que la Chronique de Berry et celle du Con-- 
nétable de Richement, qui formeront chacune un volume 
unique, appartiennent tout à fait à la même période du règne 
de Charles VII, le héros de M. de Beaucourt; mais encore 
existe-t-il entre l'une et l'autre des divergences considé- 
rables, des oppositions même, qui exigeront un surcroît de 
critique et de vigilance de la part du commissaire respon- 
sable, comme de la part des deux éditeurs. 

L'auteur qui est échu en partage à M. le comte de Bour- 
mont est Gilles le Bouvier, plus connu sous le nom de Berry, 
comme héraut d'armes du roi. Sa chronique, s'étendant 
de la naissance de Charles VU à sa mort, comprend ainsi, 
outre le règne de ce prince, les vingt dernières années du 
règne de son père. Il y a joint de plus un traité particu- 



/ 



DE L'HISTOIBE DE FRANGE. 103 

lier sur le « recouvrement », c'est-à-dire la délivrance de la 
Normandie et des parties de la Guyenne où l'Anglais s'était 
maintenu jusqu'en 1448*. 

Bien ordonnée, écrite avec sens, dans un style sobre et 
clair, la chronique du héraut d'armes pèche par une partia- 
lité accusée eu faveur du prince dont il avait partagé les 
rudes labeurs comme le triomphe, et qui lui marquait une 
prédilection accusée; ou plutôt, on y a signalé une sorte de 
parti pris d'omettre les faits et les événements qui eussent 
&it tache dans un panégyrique. Ce défaut n'empêche point 
que, dès l'origine, tous les auteurs de chroniques et de 
mémoires, y compris l'historiographe ofSiciel Jean Ghartier, 
aient fait de larges emprunts à Berry. Mais le temps est 
bien venu pour la critique de faire là son œuvre d'utilité 
publique. Il y a vingt-cinq ans que feu M. Vallet de Viri- 
ville prenait un engagement dans ce sens, au nom de notre 
Société : cet engagement, M. de Bourmont va enfin y faire 
honneur pour nous. 

Le plan primitif de son édition a dû être modifié en con- 
formité d'une récente décision du Conseil, réduisant la publi- 
cation à un volume. Pris au seul manuscrit qui fait connaître 
le héraut d'armes Berry comme auteur, le texte ne sera 
accompagné que des variantes importantes présentées par 
les autres manuscrits, les notes et rectifications étant réser- 
vées soit pour la table, soit pour l'introduction. Celle-ci 
comprendra : 1® un chapitre sur les chroniques du roi 
Charles VU ; 2^ une étude sur les imprimés de ces chro- 
niques ; 3^ une autre étude sur les manuscrits ; 4** une bio- 
graphie du héraut d'armes Berry ; 5^ une comparaison de 
la valeur respective de chaque chronique. Les éléments 
nouveaux font encore défaut pour la biographie; aussi 



1. Un point a été présenté inexactement depuis qu'il est question de 
faire une nourelle édition de la Chronique du héraut d'arme». Le traité 
particulier du Bec(mvrement de Normandie avait déjà été imprimé avec 
la Chronique même, c'est-à-dire plusieurs fois, lorsque, en Angleterre, 
M. Stevenson en a fait la première édition à part. Nous nous empressons 
de faire cette rectification, signalée comme nécessaire par M. Hellot, lors- 
qu'à a publié le Recouvrement dans ses Chroniques de Normandie, 



104 * SOCIÉTÉ 

dois-je renouvela l'appel &it rannée dernière k ceux de nos 
amis et confrères qui pourraient fournir quelques renseigne- 
ments à M. de Bourmont. 

Je vous ai entretenus assez longuement, en 1887, de la 
Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de 
France et dtic de Bretagne (1393-1458), dont M. Achille 
Le Yavasseur venait de nous proposer de &ire une édition 
nouvelle d'après le manuscrit de la bibliothèque de Nantes. 
Peu après, M. Le Vavasseur a inséré dans la Bibliothèque 
de V Ecole des chartes une partie importante de sa thèse sur 
Fauteur de cette chronique, Guillaume Gruel. Gruel a sa 
place marquée, à côté du héros d'armes Berry , dont je par- 
lais tout à l'heure, à côté des Monstrelet, des Ghartier, des 
Mathieu d'Escouchy , dans l'histoire du règne de Charles VII ; 
c'est même l'unique source des nombreuses études publiées 
sur le vainqueur de Patay et de Formigny (celle de M. Le 
Yavasseur est la quatrième que l'on compte dans les douze 
dernières années) ; mais, en général, les critiques ont qualifié 
son œuvre de panégyrique domestique, et ils accusent Gruel 
de desservir la mémoire du roi au profit de celle de son maître 
le connétable, comme ils reprochent à Berry d'avoir unique- 
ment et exclusivement trouvé des éloges pour Charles VII. 
M. Le Vavasseur, dont une des quaUtés maîtresses paraît être 
l'impartialité, s'exprime très franchement sur ce point : * Il 
est impossible de le nier, dit -il; le Breton, le serviteur 
dévoué remplace parfois l'historien; mais on ne trouve pas 
dans l'œuvre de Gruel cet esprit d'opposition systématique 
qui caractérise le Journal d'un bourgeois de Paris, Et 
qui pourrait dire que Berry et Monstrelet n'ont pas aussi 
leurs préférences marquées ? On doit contrôler leurs ouvrages 
les uns par les autres. Gruel apporte un élément de plus 
dans la comparaison : c'est, qu'on nous pardonne l'expres- 
sion, l'élément breton, trop négligé par les autres chroni- 
queurs. » Ailleurs, M. Le Vavasseur avoue que Gruel ne 
brille ni par le style, ni par la langue, ni par l'imagination. 
Mais ceci n'est pas la question principale pour nous; il 
importe avant tout qu'un texte si intéressant au point de vue 
historique soit soumis à une critique sérieuse, devant laquelle 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. d05 

tout le monde avait reculé jusqu'ici. Dégagé de ce qui est 
suspect ou exagéré , vous y trouverez un tableau exact des 
campagnes dirigées contre les Anglais de 1424 à 1450, et il 
restera encore une belle place pour Richement dans This* 
toire de la délivrance du sol français. 

M. Le Vavasseur joindra à son texte une étude complète 
sur cette chronique et sur sa valeur historique, un appen- 
dice considérable composé de pièces relatives soit à Gruel, 
soit à son héros , et des extraits de la Compilation des 
chroniques des Bretons due à Pierre Le Baud. Néan- 
moins, ce volumen'atteindra pas tout à fait les dimensions 
normales, et il sera possible de reporter la différence au profit 
de la Chronique du héraut d'armes Berry. 

Nous voici enfin arrivés à l'impression des Chroniques 
de Jean d'Auton, que le Conseil était obligé de différer 
depuis plus de trois ans. Si l'on considère que c'est le seul 
texte sérieux que nous possédions sur le début du règne de 
Louis XII et sur ses premières expéditions, il paraîtra sur- 
prenant que l'érudition n'en ait pas encore donné une édition 
plus rigoureusement exacte et critique que celle du bibliophile 
Jacob, déjà vieille d'un demi-siècle. Sans doute l'enflure et la 
boursouflure poétiques de cette chronique en rendent quelque- 
fois la lecture difficile ; mais Jean d'Âuton prenait au sérieux 
et en homme consciencieux son rôle d'historiographe royal : 
il sait bien ce qu'il raconte, et, style à part, il raconte avec 
précision. Son nouvel éditeur, M. René de Maulde, devra 
surtout comparer ces récits, tout français d'esprit et de ten- 
dances, aux chroniques, journaux et histoires que nos voi- 
sins de la péninsule italienne possèdent en grand nombre sur 
la conquête du Milanais et du royaume de Naples. Il est 
d'ailleurs préparé à cette tâche par des études d'histoire 
diplomatique, par des visites fructueuses aux archives 
d'outre-monts, par une connaissance approfondie des res- 
sources que peuvent fournir nos Archives nationales et notre 
Cabinet des manuscrits, et il a fait ses preuves en mainte 
circonstance. On peut donc prédire que la nouvelle édition 
sera accueillie avec faveur. 



106 SOCIÉTÉ 

La publication des Lettres de Louis XI est suspendue 
depuis près de deux ans ; mais M. Yaesen compte nous livrer 
dans un bref délai la copie du quatrième volume, et il y fera 
entrer quatre années, de 1469 à 1472 : période des plus 
agitées, des plus décisives, où nous verrons se succéder des 
intrigues multiples, des conspirations, des coalitions, du côté 
de la Bourgogne, du côté de la Bretagne, de la Guyenne, ou 
même de la Savoie et de Milan, aboutissant à une nouvelle 
prise d'armes de Charles le Téméraire, qui, heureusement, 
marque le déclin de sa fortune et l'ascendant définitif de celle 
de Louis XL 

M. Cougny met actuellement la dernière main au sixième 
volume qui doit terminer la publication des Extraits des 
Auteurs grecs concernant la géographie et V histoire 
des Gaules. Un voyage d'exploration dans les bibliothèques 
et musées du Midi lui a donné de très nombreuses et inté- 
ressantes inscriptions et légendes numismatiques ; mais nous 
ne savons encore si ce supplément pourra être joint au 
volume, car il doit déjà comprendre : 1^ les extraits des 
poètes depuis Homère jusqu'à Grégoire deNazianze; 2f* ceux 
des philosophes et savants, depuis Platon jusqu'à dément 
d'Alexandrie; 3** ceux des écrivains divers, lexicographes, 
compilateurs, etc.; 4^ enfin, la table générale des noms cités 
dans les six volumes, et une courte introduction indiquant 
les caractères de la publication et la valeur très diverse des 
textes qui y ont pris place. 

Nous comptons que cette publication, commencée en 1877, 
se terminera à la fin de 1890 ou pour l'exercice 1891. 

Il y a assez longtemps. Messieurs, que je ne vous ai parlé 
de l'achèvement des Œuvres de Brantâme, craignant de 
réveiller votre impatience ou de vous donner des espérances 
prématurées. Aujourd'hui, sans aucune hésitation, je vous 
promets le tome XII et dernier pour 1890 ; je crois même que 
l'éditeur, en vous présentant tout à l'heure un des documents 
recueillis à votre intention, prendra des engagements formels. 
Retenu jusqu'ici par une publication d'ordre différent qui 
était destinée à l'Exposition universelle, il vient de retrouver 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 107 

sa liberté et a grande hâte de reprendre contact avec son 
vieil ami Brantôme. D'ailleurs, tous les matériaux, ou 
presque tous, sontdéjà réunis; ils présententautantde variété 
que d'intérêt, et M. Lalanne n'a jamais cessé de les augmen- 
ter, même pendant son excursion sur un terrain plus moderne. 
Il compte joindre à la notice biographique une notice des 
manuscrits, une notice des éditions, une notice sur les 
sources françaises ou étrangères auxquelles ont été puisés 
les récits de Brantôme, des éclaircissements sur divers sujets 
qu'il a traités, tels que duels, assassinats, mœurs, usages, 
etc., et enfin un relevé des dictons, proverbes et pensées les 
plus remarquables. Cette simple énumération ne vous donne- 
t-elle pas quelque envie d'arriver tout de suite à l'exercice 
qui sera marqué par la terminaison de notre Brantâme 
monumental ? 

Une autre bonne nouvelle, toute récente puisqu'elle ne 
date que de la dernière réunion du Cionseil, est que M. Siméon 
Luce et M. Léopold Delisle^ éditeur et commissaire respon- 
sable de la publication des Chroniques de J. Froissart^ 
ont fait adopter d'importantes modifications au plan primitif, 
qui en faciliteront certainement la prompte reprise et l'achè- 
vement. Jusqu'ici, l'éditeur se trouvait en présence de quatre 
rédactions diàerentes, et il était obligé de disposer ses volumes 
d'une feçon fort compliquée : d'une part, le texte principal, 
puis les variantes historiques des rédactions et manuscrits 
divers; d'autre part, un sommaire analytique et rectificatif, 
où il condensait des éléments de récit souvent contradictoires, 
en les accompagnant d'un commentaire courant, si copieux 
que cette partie du sommaire arrivait à dépasser celle des 
textes, comme étendue. Mais nous en avons fini maintenant 
avec le livre P', le seul pour lequel Froissart ait refait jus- 
qu'à quatre fois la rédaction, et M. Luce se trouvera désor- 
mais en présence d'une rédaction unique, dont les difierents 
manuscrits n'offrent entre eux que des variantes. Il ne sera 
donc plus besoin de conserver les anciennes divisions, ni de 
donner un sommaire analytique et détaillé ; les notes cri- 
tiques, ainsi que les variantes historiques, se placeront tout 



108 SOCIÉTÉ 

naturellement au pied du texte même, du texte unique de Frois- 
sart. Outre que cette modification rentrera dans les usages 
ordinaires, eUe aura encore Tavantage de diminuer notable- 
ment la besogne de notre éditeur, et lui permettra en même 
temps de proportionner plus exactement les dimensions de ses 
volumes dès que le texte et l'annotation marcheront paral- 
lèlement; tandis que la disposition en parties séparées du 
texte, des variantes^ des sonunaires commentés, n'était point 
compatible avec les prescriptions que vous connaissez du 
Comité des fonds. N'a-t-il pas fallu, pour le tome VIII, faire 
une division en deux volumes, qui ne laisse pas d'avoir des 
inconvénients? 

Dans les nouvelles conditions, M. Luce a bien voulu nous 
promettre que l'impression du livre II commencerait cette 
année même et se poursuivrait régulièrement. C'est une bonne 
nouvelle, comme je le disais en commençant; maisily a une 
contre-partie regrettable. M. Gaston Raynaud, qui s'était 
très obligeanunent chargé d'établir le texte des Chroniques 
à partir du tome VIII, se trouvera empêché, par un long et 
lointain voyage, de continuer cette collaboration. Nous espé- 
rons cependant que la séparation ne sera ni définitive ni 
complète, et que M. Raynaud, revenant parmi nous, con- 
sentira à se charger, non plus du texte, mais du glossaire 
qui doit être joint un jour à notre édition. Dans l'état actuel 
de la science philologique, l'établissement de ces glossaires 
s'impose absolument et exige de plus en plus un rare assem- 
blage d'érudition , de délicatesse et de persévérance. Bien 
préparé, comme vous le savez, pour cette entreprise, et ayant 
tout loisir pour en réunir les matériaux, M. Raynaud ne 
saurait se refuser à nos sollicitations, qui ne sont d'ailleurs 
qu'un sincère témoignage de notre estime, la simple expres- 
sion de notre gratitude et de notre confiance. 

Avant de quitter le Froissart, il faut que je complète la 
série des bonnes nouvelles en vous informant qu'un nouveau 
manuscrit du livre II, faisant partie de la bibliothèque du 
château de la Roche-Mailly, vient d'être obligeamment 
signalé à M. Luce par notre confrère M. Bertrand de Brous- 
sillon. M. le marquis de Mailly-Nesle, comme l'a fait jadis 



DE LUISTOIIUE de FRANGE. 109 

M. le duc de Mouchy au début de la publication, met ce 
manuscrit à la disposition de M. Luce; qu*il veuille bien 
agréer ici l'expression des sentiments reconnaissants de 
notre Conseil, de notre Société et des amis de l'histoire. 

Pendant le cours de l'année qui vient de s'écouler, le 
Conseil n'a reçu que deux propositions de publication. La 
première venait de notre confrère M. Lanéry d'Arc et se 
présentait très favorablement, puisqu'il s'agissait d'ajouter 
aux cinq volumes des procès de la grande libératrice un cer- 
tain nombre de mémoires théologiques et judiciaires dont 
Quicherat n'avait pu que donner quelques textes et indiquer 
les autres. Désireux de s'associer à notre œuvre patriotique, 
qui a de plus pour lui un intérêt de famille, M. Lanéry d'Arc 
s'offirait libéralement à concourir pour une part notable aux 
frais de la publication ; mais, comme il demandait, avant 
tout, que ceUe-ci parut dès 1889, le Conseil n'a pu, à son 
grand regret, accepter cette proposition. 

Il a, au contraire, agréé pour une époque assez éloignée, 
trois ans sans doute, la proposition présentée par M. Alfred 
BaudriUart, professeur agrégé de l'Université. Vous avez tous 
entendu parler des heureux résultats d'une mission que ce 
jeune historien a remplie en Espagne et des documents qu'il 
a rapportés des archives royales d'Alcak-de-Henarès sur 
les rapports du roi PhiUppe V avec son grand -père 
Louis XIV et avec son frère le duc de Bourgogne. Prochai- 
nement, M. Baudrillart fera paraître un ouvrage intitulé : 
Philippe Vetla cour de France, où les résultats de ses 
découvertes seront exposés plus complètement qu'ils n'ont 
pu l'être jusqu'ici dans des comptes rendus au Ministre ou à 
l'Académie des sciences morales et poUtiques. Mais il veut 
bien nous réserver les documents eux-mêmes, et le Conseil a 
accepté en principe sa proposition de publier : 1® un volume 
de deux cents lettres du duc de Bourgogne à Philippe V 
(1703-1712) ; 2" trois volumes de lettres de Louis XIV et de 
réponses de Philippe V (1701-1715). Tous ces textes sont 
déjà prêts, et en partie collationnés ; M. Baudrillart possède 
également les matériaux de l'annotation. Ainsi, il est pro- 



liO SOCIÉTÉ 

bable que Timpression de ce précieux recueil pourra com- 
mencer vers le temps où M. de Vogué achèvera, sur le même 
règne, son édition des Mémoires du maréchal de Vil- 
lars. L'accueil empressé fait à ceux-ci, de même qu'à Vil- 
lars d'après sa correspondance, et aux belles publications 
de notre confrère M. le marquis de Courcy sur la Succes- 
sion d'Espagne, garantit que les quatre volumes préparés par 
M. Baudrillart auront aussi un grand succès. 

Des autres publications que nous réservent, pour un ave- 
nir plus ou moins éloigné, divers éditeurs tels que MM. delà 
Borderie, de Kermaingant, Farges, Kohler, Pélicier, je n'ai 
rien de nouveau à vous dire aujourd'hui. 

Mais il me reste encore, pour la partie scientifique de nos 
travaux de 1888^ à parler de Y Annuaire^Bulletin^ dont 
la seconde section, réservée aux documents et notices histo- 
riques, vient de vous être distribuée. Vousy trouverez d'abord 
cinquante lettres missives adressées par les rois Charles YIII 
et François P', ou par de hauts personnages de leur cour, au 
corps municipal de la ville de Troyes. C'est à l'excellent 
confrère dont je parlais tout à l'heure, M. Henri Stein, que 
nous devons cette série de pièces inédites, qui se rattachent, 
non seulement à l'histoire locale, mais à l'histoire générale, 
et M. Stein a bien voulu, en outre, les annoter. 

Puis vient un projet d'unification de l'impôt préparé en 
1583 par le Conseil du roi Henri III. Cette pièce est publiée 
par le maître du logis, notre secrétaire adjoint, dont vous 
connaissez de longue date les études si importantes sur les 
Conseils du roi. 

Enfin, les trois dernières feuilles m'ont été obligeamment 
abandonnées pour un grand écrivain qui, lui aussi, a déjà 
reçu l'hospitalité dans cette maison, qui a même eu les hon- 
neurs de la lecture à votre Assemblée générale de 1880. 
Puissiez-vous, Messieurs, accueillir avec la même faveur 
cette seconde contribution de Saint-Simon ! 

Permettez-moi maintenant, Messieurs, de vous parler 
affaires. 



DB L'HISTOIRief DE FRÀNGB. ill 

DaDs une de ses dernières séances, le ConseQ, sur la pro- 
position de son Comité des fonds, a pris deux importantes 
décisions, que les procès- ver baux ne porteront que plus tard 
à votre connaissance, mais dont il est urgent que je vous 
indique dès aujourd'hui les motifs et la portée véritable. 

n a été résolu, en premier lieu, que le chiffre normal du 
tirage de nos publications serait, sauf dans les cas exception- 
nels, réduit à 750 exemplaires^ tandis qu'il avait dépassé le 
chiffre de 1000 pendant un certain nombre d'années. Tout en 
assurant aux sociétaires l'intégralité de leurs droits, cette 
mesure aura pour effet, d'une part, d'engager nos confrères et 
les clients de notre librairie à faire plus rapidement le retrait 
ou l'achat des volumes mis en distribution ; d'autre part, de 
réduire sensiblement les frais de tirage, de papier et de maga- 
sinage ; et enfin, de prévenir l'avilissement des prix courants 
de vente qui est la conséquence inévitable de l'existence de 
réserves exagérées. 

En effet, malgré le renouvellement constant des socié- 
taires, et quel que soit le crédit dont jouissent nos publica- 
tions, devenues classiques pour la plupart, les chiffres 
anciens de tirage ont amené une telle accumulation d'exem- 
plaires disponibles de certains ouvrages, soit chez le libraire, 
soit dans notre dépôt des Magasins généraux, que ce stock 
superflu devient une charge considérable pour notre budget. 
Préoccupé de cette situation, le Comité des fonds, après avoir 
fait réduire les tirages au chiffre que j'ai indiqué tout à 
l'heure, a obtenu le vote d'une seconde mesure, dont vous 
avez été avisés sommairement par une circulaire du 30 avril : 
c'est la mise en vente à des prix très réduits, niais uniquement 
pour les membres de la Société et à raison d'un seul exem- 
plaire pour chacun d'eux, de ceux de nos volumes qui exis- 
tent en grand nombre et dont l'écoulement n'avance plus 
avec la vitesse désirable. La liste en a été jointe à la circulaire 
du 30 avril. Nous vous conseillons. Messieurs, de profiter 
sans retard des très grands avantages qui vous sont offerts 
actuellement, et de cette occasion unique d'augmenter ou de 
compléter àpeu de fraisvotre collection. Il a déjà été reconnu, 
en quelques jours à peine, que cette mesure serait accueillie 



m SOCitiTÉ 

comme il coarient. Nos confrères compreDneot que, loin de 
déprécier les ourrages èditës sous les auspices de la Société, 
elle en assurera et relèvera la valenr pour l'avenir, en 
restreignant les existences en magasin aux chiffres rigou- 
reusement nécessaires. Mais il fout que tous considériez le 
laps de temps indiqué pour vous présenter à la rue de Tour- 
non comme un délai de rigueur, la délivrance à prix réduit 
devant même être arrêtée dès que le Comité des fonds, qui est 
investi pour cela de pleins pouvoirs, le jugera opportun. 

Une mesure d'un caractère tout à fait opposé a été expé- 
rimentée avec succès dans les derniers mois del888. Je vous 
avais annoncé que le Ck>nseil songeait à faire tirer par un 
nouveau procédé de reproduction auastatique cent exem- 
plaires d'un des volumes dont l'épuisement est aussi regret- 
table que préjudiciable à nos intérêts, le tome I des Chro~ 
niques de J. Froissart. Les procès-verbaux qui sont entre 
vos mains vous ont tenus depuis lors au courant de cette 
opération, et vous avez été immédiatement appelés à en 
bénèBcier. Les résultats ont répondu tout à fait à ce que 
nous espérions, et ainsi nos confrères et bon nombre d'éta- 
blissements, qui hésitaient naturellement k acquérir la suite 
de cette grande publication dépareillée du tome I, se trou- 
veront tout munis lorsque viendra le tome IX dont je vous 
ai promis la mise en préparation. 

EnSn, parmi les récentes décisions du Conseil, il en est 
une encore à laquelle je ne doute pas que vous ne donniez 
votre approbation pleine et entière : c'est la création 
(12 mars 1889) d'un prix analogue à celui que la Société 
offre tous les ans au Concours général des lycées et collèges 
de Paris, mais destiné, celui-ci, aux élèves de l'École natio- 
nale des chartes. Ce témoignage d'estime, de gratitude pour 
un établissement qui nous donne tant d'adhérents, tant d'édi- 
teurs, tant de conseillers éminents entre tous, ce témoignage, 
dis-je, est si naturel, que vous vous étonnerez seulement que 
la chose ne fût pas &ite depuis longtemps. Remercions donc 
celui de nos collègues qui en a fait dernièrement la proposi- 
tion pour resserrer nos liens avec les jeunes chartistes con- 
fiés à son enseignement, et cet autre collègue qui, comme 



DE L'HISTOIJUS DE FRANCE. Il 3 

directeur de l'École, se chargera de faire attribuer nos 
volumes à l'élève de troisième année le plus méritant. 

En terminant mon rapport l'année dernière, je m'étais 
permis d'émettre, non pas une proposition, mais une simple 
idée personnelle en vue de l'Exposition qui s'est solennelle- 
ment ouverte hier. Le Conseil n'a pas jugé qu'il y eût lieu 
d'y donner suite, non plus que de prendre une part directe 
à ces grandes assises internationales des sciences, des arts 
et de l'industrie. J'ai donc dû m'incliner devant le vote de 
mes collègues; mais, très heureusement, le ministère de 
rinstruction publique m'a donné une sorte de consolation 
partielle, en offrant à toutes les Sociétés savantes de France 
d'exposer sous ses auspices et à ses frais les travaux qu'elles 
ont produits depuis l'Exposition de 1878. Nous figurons 
donc au Champ-de-Mars, en bon lieu et en bonne compa- 
gnie, j'oserai ajouter en bon rang, caries cinquante volumes 
que nous avons publiés de 1879 à 1888, comme suite des 
deux cents volumes de quarante-cinq exercices antérieurs, 
prouveront aux visiteurs venus de toutes les parties du 
globe que nous n'avons ni perdu ni démérité en vieillissant, 
et que notre Société, aujourd'hui comme en 1834, tient 
toujours la tête parmi les Compagnies savantes qui cultivent 
le champ inépuisable de l'histoire de France. 



Rapport de MM. les Censeurs sdr les comptes des 
recettes et des depenses de la socibté pendant 
l'exercice 1888. 

Messieurs, 

L'examen que nous avons fait des pièces et comptes que 
nous ont présentés le trésorier et le Comité des fonds nous a 
permis de constater qu'au 31 décembre 1888 la situation 
financière de votre Compagnie était la suivante : 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 8 



Recettes. 
Recette prévue au budget de 1888 . . 27,649 &. 50 c. 
Recette effectuée 26,694 33 



pence en moins . . 955 fr. 17 e. 



Ce résultat, qui a trompé les prévisions de notre trésorier, 
est dû au moins grand nombre de recouvrements des quit- 
tances, tant courantes qu'arriérées ( — 750 fr.) ; nous vous 
avions déjà, l'an dernier, fait pressentir que sur ce point 
nous aurions un mécompte, et que l'amélioration survenae 
de ce clief k nos finances ne serait que transitoire ; la vente 
des volumes en librairie a également subi un temps d'arrêt 
et n'a produit que 2,204 fr. 50 au lieu de 3,000 fr. espérés ; 
il en est de même de celle des volumes à la Ribliothèque 
nationale, quin'apaseulieu ( — 48&.). Lesintérêts de notre 
compte courant ont suivi le mouvement général de nos 
recettes et ont été réduits de 25 fr., chiffre prévu, à22fr. 33. 
Par contre, l'intérêt de nos obligations s'est élevé de 41 fr., 
grâce & un achat nouveau effectué dans le courant de l'exer- 
cice, et nous avons encaissé une recette extraordinaire de 
600 fr. provenant du rachat de deux cotisations. 

Nous nous hâtons d'observer que ce dernier chiffre, qui 
figure aux recettes, a sa contre-partie aux dépenses, puisque, 
d'après nos statuts, il doit être remployé en valeurs, et que, 
dans le cas présent, le rachat a été fait très largement 
(834 fr. au lieu de 600 fr.) en obligations du chemin de fer 
de l'Est anciennes. 

Dépenses. 

La dépense totale s'est élevée à 23,014 fr. 26 c. , se décom- 
posant comme suit : 

Frais d'impression de cinq volumes ' . 15,017 fr. 40 c. 

Réimpression du tome I de Froissari 
par le procédé anastatique 932 »» 

A reporter . . . 15,949 40 
1. A BSToir : Chroniques de Froiisart, t. VIII, 1" et 2' paraes; Jtmr- 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 115 

Report 15,949 40 

Honoraires d'éditeurs 1,875 »» 

Indemnités aux secrétaire et trésorier . 600 »» 

— au rédacteur de Tilnnwatre 325 »» 

Traitement de l'agent 1,200 »» 

Impressions diverses 115 »» 

Frais de magasinage 505 80 . 

Frais de librairie 879 41 

Dépenses diverses 730 65 

Achat d'obligations Est anciennes . . 834 »» 

23,014 fr. 26 c. 

Les dépenses prévues étaient de 23,100 fr.; il y a donc 
une différence en moins de 85 fr. 74. 

La situation financière au 31 décembre 1888 se résume 
donc ainsi : 

Recettes réalisées 26,694 fr. 33 c. 

Dépenses effectuées 23,014 26 

Excédent en caisse 3,680 fr. 07 c. 

Un pareil résultat est assurément satisfaisant; mais le 
devoir de vos censeurs est de vous signaler la diminution 
constante des membres de notre Société, que le recrutement 
ne sufSt pas à contrebalancer. Il y a là un danger pour les 
finances et pour la vitalité de notre Compagnie, qu'il suffira, 
je pense, de vous indiquer pour que vous y apportiez le 
remède, en faisant un peu de propagande pour la Société de 
l'Histoire de France et en lui amenant de nouveaux membres. 

Les écritures qui établissent les comptes ci-dessus nous 
ayant paru régulières, nous avons l'honneur de vous pro- 
poser l'approbation des comptes du trésorier pour l'exercice 
1888. 

J. Delaville Le Roulx. P. Durrieu. 



nal de Nicolas de Baye, t. II ; Mémoires d^Olivier de la Marche, t. IV; 
Ànnuaire-BnUetin de 1887. 



UNE ANECDOTE DE BRANTOME 



LA DOT DE CATHERINE DE MfiDICIS. 



Dans la longue notice consacrée k Catherine de Médicis, 
Brantôme a mentioDoé un fait assez extraordinaire et dont 
lui seul a parlé. Ce fait se serait passé & l'occasion du mariage 
de la nièce de Clément VU avec le duc d'Orléans . 

Charles-Quint, nous dit Brantôme, * s'estonnafortdeceste 
alliance avec le pape, le cognoissant habille, courageux et 
vindicatif de sa prison &icte par son armée impériale au sac 
de Rome. Et tel maryagelu^ drapleut tellement, que j'ay ouy 
dire à une dame de vérité, lors à la court, que s'il ne fust esté 
marié ayec l'impératrice, qu'il eust prins l'alliance dudict 
pape, et eust espousé sa niepce, tant pour estre appuyé d'un 
si grand partj, que parce qu'il craignoit que le pape luy 
aidast k perdre Naples, Milan et Gênes, ainsi qu'il l'avoit 
promis au roy François, lorsqu'il luy fîst livrer l'argent du 
dot de sa uiepce et ses bagues et joyaux; qu'oultre tout cela, 
pour Élire le douaire digne d'un tel mariage, il luy avoit 
promis, par Instrument autentique, trois perles d'inexti- 
mable valeur, de l'excessiveté desquelles les plus grands 
roys estoient fort envieux et coavoiteux, qu'estoient Naples, 
Milan et Gênes*. » 

Que le pape eût gardé un souvenir amer de sa captivité et 
de l'épouvantable sac de Rome, cela n'est point douteux; 
mais, qu'il eût fait cette promesse extravagante de donner 
ce qui ne lui avait jamais appartenu, et qu'il eût euTimpru- 

1. BranUme, t. VU, p. 340. 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 117 

dence de la consigner dans un acte authentique, personne 
ne peut songer à l'admettre. Pourtant je crois à la bonne 
foi entière de la « dame de vérité » et à la transmission fidèle 
de son dire par Brantôme. En lisant ce passage, je pensai 
tout de suite qu'il y avait là un écho de ces bruits de cour 
qu'on rencontre si souvent dans ses livres; et, comme chez 
lui il n'y a guère de fumée sans feu, je cherchai longtemps 
ce qui pouvait avoir donné lieu à cette singulière l^ende. 
Je finis par en trouver l'origine dans un chroniqueur italien 
mort en 1558, Bernardo Segni, dont le& Storie florentine 
ont été publiées pour la première fois en' 1723, c'est-à-dire 
cent onze ans après la mort de Brantôme ^ Voici ce qu'il 
nous raconte dans son VP livre. 

Lors de l'entrevue de François I* et de Clément VII à 
Marseille, au moment du mariage de Catherine de Médicis, 
en octobre 1533, les entretiens des deux souverains furent 
assez longs et assez fréquents pour faire redouter la rupture 
de la paix avec Charles-Quint. « On avait d'autant plus de 
raison de le craindre, dit l'historien florentin, que dans le 
peuple courut un mot plaisant (faceto) de Philippe Strozzi, 
lorsqu'il versa entre les mains des trésoriers du roi l'argent 
de la dot promise. En le recevant, ceux-ci murmurèrent 
entre eux que c'était une bien petite dot pour le fils d'un roi 
aussi puissant. Strozzi les entendit et leur répliqua par une 
belle parole : « Ce n'est pas une petite dot, messieurs^ que 
« cette dot du pape à monseigneur d'Orléans, si vous y 
« ajoutez les joyaux de grandissime valeur qu'outre l'argent 
« il ne tardera pas à donner. » A ces paroles, les trésoriers 
dressèrent l'oreille : « De grâce, monsieur l'ambassadeur, 
« dites donc quels sont ces joyaux. » — < Les joyaux que le 
4c pape donnera à votre roi, poursuivit Strozzi, sont Gênes, 
« MÙan et Naples. Ne vous semblent-ils pas dignes de la dot 
« d'un roi? » Les trésoriers se prirent à sourire. Le mot courut 
par toute la cour, et, accueilli très favorablement comme 
venant d'un homme gracieux et de grand esprit, il arriva 

1. La notice de Brantôme parut pour la première fois en 1659, dans les 
AdMUoni aux Mémoires de Castelnaa. 



lis SOCIÉTÉ 

jusqu'à l'empereur, qui se préoccupait et se souvenait de 
toutes choses, si légères qu'elles ftiBBeiit, quand elles pou- 
vaient nuire à sa grandeur'. > 

Cette historiette me donnait la source du hruit recueilli par 
la « dame de vérité. » Mais il restait à découvrir quel mys- 
tère se cachait sous les paroles de Strozzi que les trésoriers 
avaient prises au sérieux et répétées à la cour. 

Quand on mit en vente à Paris, en 1887, les diamants de 
la couronne,jeremarquai, dans rènumératioD que l'on publia 
de ces joyaux, que Çlusieura des bijoux anciens étaient, en 
raison de leur origine, distingués par des noms géogra- 
phiques. Bien qu'aucun d'eux ne portât ceux de Gènes, de 
Milan et de Naples, le souvenir de Strozzi me revint àTesprit, 
et je pensai que sa réponse pouvait bien n'être qu'un simple 
jeu de mots, dont les gens du roi n'avaient pas saisi la signi- 
fication. 

Si l'on possédait une liste des bijoux que le pape avait mis 
dans la corbeille de mariage de sa nièce, la question serait 
promptement résolue. Malheureusement il n'en existe point ; 
mais on a divers inventaires des pierreries possédées par la 
famille royale, et je crus ne pouvoir mieux Caire que de 
m'adresser à un descendant des anciens joaiUiera de la cou- 
ronne, M. Germain Bapst, que je savais avoir sous presse 

I. t Tanto più ne ebbe ragione, quanto nel Tolgo si sparw un dell« 
bcelo di Filippo Strozzi, utato à lesorieri del re, i quili ricereodo la 
dote protnesaa, e pagata per lai, biabigliando dicevano iatn loro che pure 
era plccola a un figliuolo d'un re potentiasiroa. Onde egli iccorgeadosene, 
coD un bel notto rivoltoii, dièse : iVon è plceola dote, âignori, la data del 
Papa a Moruigaore d'OrUens, te H ampuUranno le gloje di vabUa 
grandUHma che tosto il Papa debbe dare lopra gue$ti denaH, Aile 
qnali parole porto l'orecchlo, digsooo : i DI gnzia, sigDore ambascUdore, 
dltene quall sono pur quesle gioje ? i E Filippo soggiouM : < Le gioje che 
debbe dare Clemenle al re rostro sono Geoova, Hilano e ^apoli ; ora 
non vi pajono queste degae délia dote d'un re ? ■ Sorrisero allon latli, ed 
il motto, spargoal per tatta la corle, ebbe gran farore, corne detio da un 
Qomo graiiozo e'di grande iagegno, e penetrû Sdo agi! oreccM di Cesare, 
che. non strancurando com akaaa, benche legf^eri, che potesse nocere 
■lia sua grandezza, ai ricordo poi d'ogni cosa. * — Storie /iorenlitie df 
metter Bentardo Segni, gentiluomo ^orentino, dall' antto MDXXVII 
ad MDLY, in Augnita, UDCCXXIII; in-f, libro aesto, p. 163-164. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 119 

une très importante et très curieuse Histoire des joyatuc 
de la couronne de France * . Je lui contai mon embarras et 
mes conjectures, et il eut l'extrême obligeance de me com- 
muniquer les bonnes feuilles des pages qui pouvaient m'inté- 
resser, où, grâce à lui, je pus trouver ce que je cherchais. 

Les bijoux que Catherine avait apportés d'Italie restèrent, 
sa vie durant, sa propriété, et elle put en disposer à son gré. 
Lors du mariage de François II, elle donna à sa bru un 
carcan qui figure sur l'inventaire dressé le 26 février 1560 
« des bagues de la reyne Marie d'Escoce > devant faire 
retour à la couronne*. Ce bijou était, entre autres, orné de 
deux diamants : l'un, à six pointes, estimé dix mille écus ; 
l'autre, « en table longuette, » estimé huit mille. Onze ans 
plus tard, ils sont mentionnés tous deux, dans les mêmes 
termes et avec la même évaluation, sur un inventaire des 
joyaux de la couronne en date du 26 avril 1571, inventaire 
comprenant < les bagues que la rojne mère du roj avoit 
données des siennes » ; mais, cette fois, ils sont désignés sous 
les noms de table de Gênes et Appointe de Milan^. Leur 
destination avait été changée, et ils servaient à orner une 
bordure de touret destinée à la nouvelle belle-fille de Cathe- 
rine, ÉUsabeth d'Autriche. 

Enfin, dans le même inventaire^, figure « ung gros ruby 
ballay à jour, percé d'une broche de fer, appelé VŒuf de 
NapleSy auquel pend une perle en forme de poire ; cy-devant 
estimé lxx" escus. » 

Voilà donc retrouvés, à ce qu'il me semble, les trois 
joyaux « de grandissime valeur » auxquels Strozzi foisait 
une allusion qui causa tant d'émoi. Si les trésoriers du roi 
avaient souri de satisfaction en entendant sa < belle parole » , 
le rusé Florentin dut rire plus d'une fois, et de bon cœur, en 
pensant au joli tour qu'il leur avait joué. 

Lud. Lalanne. 

1. L'oarrage a paru chez Hachette en 1889^ un vol. gr. in-8*. 

2. Bapst, p. 55^ note. 

3. Ibid., p. 160 et 161. 

4. Ibid., p. 24 et 169. 



BIBLIOGRAPHIE. 

ilO. — Babkau (Albert). La TÎe mUitaipe soas l'anciea 
régime. — Les Soldats. Iq-8, tiii-385 p. Paris, Firmin- 
DidotetO'. 

M. Babeau, que nous sommes beuranx de compter panni dos 
nouveaux coafrères, a donné au commencement de cette année 
une sixième monographie, celle dn Soldai, que j'avais promise en 
son nom en 1SS6. C'est le simple soldat de l'ancien régime, ou, 
plus exactement, de la période comprise entre l'avènement de 
Louis XllI et la déchéance de Louis XVI; nous aurons ensuite 
ÏOfflder. Gomment se composait alors l'armée royale, quels étaient 
les procédés de recrutement, la vie de p;amison, l'uniforme, la 
solde et la nourriture, le service, la discipline, la condition des 
bas orGciers, la vie des valets et femmes de soldats, l'organisation 
hospitalière et religieuse, le service en guerre, les congés et les 
retraites, enfin la composition des régiments étrangers; tels sont 
les points que M. Babeau étudie successivement avec la même 
méthode, d'après les mémen procédés qui nous ont valu ses excel- 
lents tableaux de la Vie rurale, de la Ville, des Bourgeois, etc. 
« Ce nouveau portrait, dit-il, dans son introduction, vaut la peine 
d'être tenté. C'est celui de ce soldat vaillant qui a été l'instrument 
solide, léger et bien trempé de la grandeur de la France depuis 
Rocroy jusqu'à Fontenoy- C'est celui du soldat de Condé , de 
Tnrenne, de Villars, du maréchal de Saxe et de Bochambeau. 
Gomme l'a dit Albert Dnruy, ■ on se sent un peu plus FranQaie s 
en revivant dans ce vieux temps plein de gloire et d'honneur. * 
A. B. 

111. — Babeàd (Albert). Eîssai sur les rapports de l'art 
et de l'histoire k Troyes. In-S, 31 p. Troyes, impr. Dufour- 
fiouquot. 

(Extrait des Mémoires de la Société académique de l'Aube.) 

112. — Bapst (Germain). Histoire des joyaux delà cou- 
ronne de France d'après des documents inédits. Gr. in-8, 
iv-719 p., avec 50 gravures. Paris, Hachette et C". 

Même dans les rapports o^ciels qui, tout récemment, ont pro- 
voqué la dispersion partielle des joyaux de la couronne, l'histoire 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. i2i 

de cette précieuse collection, précieuse encore plus par les souve- 
nirs de trois siècles et demi qui s'y rattachaient que par l'énorme 
valeur des pièces elles-mêmes, cette histoire avait été très incom- 
plètement, très inexactement retracée. C'est au nom des neuf 
générations qui se transmirent successivement, dans les familles 
Grermain et Bapst, le titre envié de « joaillier du roi ou de la cou- 
ronne » que notre confrère a entrepris de reconstituer les origines 
et les annales du trésor confié à leur garde. Les dossiers qu'il a 
encore entre les mains, comme leur représentant direct, lui ont 
permis de joindre une ample moisson de documents aux informa- 
tions recueillies dans les dépôts publics, et le monument élevé 
ainsi par lui est tout à fait digne du sujet. Siècle par siècle, règne 
par règne, depuis l'année 1530, date de la constitution régulière 
du trésor, comme propriété inaliénable de l'État, par le roi Fran- 
çois !«', jusqu'à la vente de mai 1887, l'historien a pu retracer et 
les accroissements successifs de la collection et les vicissitudes 
dont elle n'a que trop souvent souffert. La valeur première, 
en 1530, équivalait à peu près à trois millions six ou sept cent 
mille francs; la vente, en mai 1887, n'a pas rapporté sept millions 
à rËtat. Il est vrai que l'on avait eu soin de réserver le diamant le 
Régent, qui, à lui seul, représente une moitié de la valeur totale 
du trésor, un diamant à cinq pans conservé aujourd'hui au Louvre, 
un des Mazarins, le rubis la Côte^de-Bretagne, qui remonte à l'ori- 
gine de la collection, et quelques autres pièces. 

Mais c'est moins au point de vue technique de la valeur et de la 
composition du trésor qu'à celui de l'origine des pièces, des usages 
fort variés auxquels elles furent successivement appropriées, 
et surtout des relations de leur histoire avec l'histoire politique 
et financière de l'ancien régime, particulièrement du xvi« siècle, 
qu'il faut signaler ici tous les premiers chapitres du livre. Et beau- 
coup d'entre nous éprouveront sans doute la même surprise que 
l'auteur lui-môme, « lorsqu'il s'aperçut que cette étude lui faisait 
approfondir de très grands événements et les lui montrait sous des 
aspects nouveaux et de nature à élucider des questions historiques 

encore sans solution. » 

A. B. 

113. — Delaville Le Roulx. Les anciens Teutoniques 
et Tordre de Saint- Jean-de-Jérusalem. In-8, 12 p. Paris, 
Impr. nationale. 

(Extrait des Comptes rendus des séances de TAcadémie des inscriptions 
et belles-lettres.) 

L'auteur a retrouvé dans les archives marseillaises une bulle 
du pape Gélestin II (9 décembre 1143) et une bulle de Grégoire IX 
(17 août 1229) établissant d'une façon indiscutable la subordina- 
tion des Hospitaliers Teutoniques, déjà répandus par tout le monde. 



tn aliis mundt partibut, à l'antorité du grand maître des Uospita- 
liers de Saint- Jean. ' 

114. — Delislb (Léopold). Mémoires sur les opérations 
financières des Templiers. Ia-4 , 248 p. Paris, Impr. 
nationale. 
(Eitrait des Hémoirw de l'Acadëmie de* latcriplioas et bHlef-letbet.) 
I Je voadrais montrer comment Lee Templiers, précareeura ou 
émules des sociétés italienoes, oat eu pendant longtemps entre 
leurs mains une grande partie des capitaux de l'Europe, et com- 
ment la confiance inspirée par le prestige dont ils étaient univer- 
sellement entourés en a fait les banquiers ou les trésoriers de 
l'église romaine, de beaucoup de parûculiers, de princes et de 
rois. J'insisterai principalement sur les services que, de ce cher, 
ils ont rendus aux rois de France, et dont l'exposé mérite de for- 
mer UD chapitre de l'histoire de nos institutions administratives 
au temps de Phi lippe- Auguste et de ses successeurs jusques et y 
compris Philippe le Bel, > Le fait énoncé en ces termes par 
M. Delisle pouvait avoir été soupçonné, tout au plus entrevu, par 
quelques érudits familiers avec les documents originaux du t«mps 
de saint Louis et de ses successeurs immédiats ; mais, pour le 
mettre complètement en lumière, hors de tout conteste, avec ses 
conséquences si importantes ponr l'histoire du Temple et pour 
celle des institutions financières du moyeu âge, il fallait une 
enquête persévérante, sagace et heureuse, la production de textes 
innombrables, dont presque tous ont en outre une vsleur propre, 
et qui, loin de nuire à la précision rigoureuse des démonstrations, 
leur ajoutent l'intérêt de faits infiniment variés. Le succès obtenu 
par ce mémoire de M. Delisle lorsqu'il en a été donné connais- 
sance à l'Académie, et celui qu'il a trouvé depnis lors auprès des 
lecteurs, lui assurent une place d'bonneur dans l'œuvre de notre 
éminent confrère, à cété de son Catalogue des actes de PMlippe- 
Augusle, de ses Actes de Charles V, et de tant d'autres modèles de 
la plus solide et fructueuse érudition. A. B. 

115- — Dd Bots (Emile). Les correspondants de l'abbé 
Nicaise. I. Un diplomate érudit au xvii" siècle : Èzéchiel 
Spanheim ; lettres inédites (1681-1701). In-8, 80 p. Paris, 
Àlph. Picard. 

I^a correspondance du chanoine dijonnais Claude Nicaise, con- 
servée à la Bibliothèque nationale, a déjà fourni d'excellents maté- 
riaux pour l'histoire littéraire, scientifique et auecdotique de la 
fin du xvn* siècle. Les vingt-deux lettres tirées de cette collection 
par notre confrère M. Du Boys ont un intérêt tout particulier pour 
nous, en ce qu'elles sont émanées de l'anteur de la Belation de la 



DE L'HISTOIR£ D£ FRANGE. 123 

cour de France en 1690, an des meilleurs textes mis au jour par 
notre Société dans les dix dernières années, et aussi parce qu'elles 
font voir le diplomate prussien à l'œuvre au milieu des érudits 
parisiens et français qui lui avaient donné toute leur sympathie, 
et dont il partageait assidûment les travaux, comme les plaisirs 
intellectuels. Cinq autres lettres de Spanheim, adressées aussi à 
Tabbé Nicaise, avaient déjà été publiées par M. Gaillemer en 1885. 

A. B. 

116. — Kerviler (René). La Bretagne à l'Académie 
française au xvin* siècle ; études sur les académiciens bre- 
tons ou d'origine bretonne : les trois cardinaux de Rohan, 
Maupertuis, Duclos, Trublet, Coëtlosquet, Boisgelin. 2^ édi- 
tion complètement refondue. In-8, 659 p. Paris, veuve 
Palmé. 

M. Kerviler, qui est tout à la fois un ingénieur et un archéo- 
logue, réserve en outre une partie de ses loisirs, depuis quinze ans, 
pour l'histoire des membres de l'Académie française que TOuest 
peut revendiquer comme ses enfants, et, en disant que la seconde 
édition du volume consacré aux huit académiciens bretons du 
XVIII* siècle se présente sous les auspices de notre confrère M. de 
la Borderie, j'aurai fourni une excellente caution de Fintérêtetde 
la solidité de ces études. J'ajouterai cependant que l'Académie 
française actuelle, qui compte déjà douze Bretons depuis le com- 
mencement du XIX» siècle, a plus d'une fois récompensé son his- 
toriographe régional. — Parmi les académiciens du xviii®, trois sur 
huit appartiennent à l'antique et fière race des Rohans, comme 
trois aussi, parmi ceux du xvii», à ces ducs de Goislin élevés et 
soutenus par le souvenir du grand fondateur de l'Académie. Mais 
les Rohan, tous les trois cardinaux et évêques de Strasbourg, pré- 
sentent de l'un à l'autre des oppositions et des contrastes piquants. 
M. Kerviler leur a fait la part belle dans son volume, sans cepen- 
dant que ce soit trop au détriment de leurs compagnons : le savant 
Maupertuis, militaire, philosophe, géomètre et naturaliste, l'orga- 
nisateur de l'Académie de Berlin et le rival de Voltaire dans les 
bonnes grâces de Frédéric le Grand ; Duclos, l'encyclopédiste, le 
successeur du même Voltaire au titre d'historiographe de France, 
l'auteur de Y Histoire de Louis XI, des Considérations sur les mœurs 
du siècle, des Mémoires pour servir à V histoire des mœurs, de nombre 
de mémoires archéologiques faits pour ses confrères de l'Académie 
des inscriptions et belles-lettres, et même d'un certain nombre de 
romans et de facéties ; l'abbé Trublet, à qui l'épigramme de Voltaire 
a assuré plus sûrement l'immortalité que ses Essais, ses Pensées ou 
ses Panégyriques ; Mgr de Coëtlosquet, évéque de Limoges, appelé 
à l'Académie par les fonctions de précepteur qu'il remplit succès- 



]t4 SOCIÉTÉ 

Bivement auprès ^efi trois petits-flls de Loais XV ; enfin, le cardi- 
nal de BolBgelin, qui fnt deux fois président de l'Assemblée natio- 
nale, et dont < la magistrale Expoiilion det prinâpa rédnisit à 
néant les sophismes des promoteurs de la constimtion civile et 
echismatique du clergé. • A. B. 

H7. — Jaeht (E.). La TÎepoliUque de Louis de France, 
duc d'Orléans (1372-1407). In-8, xi-486 p. Paris, Alph. 
Picard. 

Froissart, puis les chroniqueurs du parti boui^uignon, beaucoup 
plus nombreux que ceux du parti d'Annagnac, ont chargé la 
mémoire de Louis d'Orléans jusqu'à justiGer son assassinat, et 
nos historiens modernes n'ont vu en lui qu'un prince él^nt, pas* 
sionné, mais incapable ou faible, et absolument dénué de sens 
politique. C'est de ce cAté que M. Jarry a précisément porté ses 
recherches, et l'étude attentive des documents, étude qui n'avait 
pas été faite jusqu'ici, l'a amené à des conclusions fort difTérentes. 
n nous le montre prenaat une part des plus actives, en Italie comme 
en Allemagne, à la politique de Charles VI, gagnant pied de l'autre 
côté du Rhin à l'occasion du grand schisme, comme il l'avait fait 
en Piémont, par son mariage avec l'héritiëre du comté d'Asti, 
conquérant Savone et Géoes, luttant jour par jour contre la mai- 
son de Bavière et la reine Isabean. 

Dressé avec la précision d'un itinéraire, accompagné constam- 
ment de citations et de références aux documents originaux, suivi 
d'un appendice de treato et une pièces justificatives des plus 
importantes, ce livre est un de ceux qui marqueront parmi les 
travaux historiques de ces dernières années, et l'Académie des 
inscriptions et belles -lettres l'a jugé digne de recevoir la première 
médaille du concours des Antiquités nationales. 

A. B. 

118. — La BoRDERm (A. de). Étude bibli(^aphiquesar 
les Chroniques de Bretagne d'Alain Boachart (1514-Ï541). 
In-4, 51 p. Rennes, H. Caillière. 

Malgré ses erreurs, ses fables, sa naive crédulité, l'cenvre de 
Bouchart, qni s'étend depuis la conqnéte de l'Arraorique par le 
roi Brutus jusqu'au temps de Cadvaladrus, dernier roi breton, et 
depuis la conquête de Conan Mériadec jusqu'à Anne de Bretagne, 
cette œuvre a conservé une valeur certaine, au point de vue des 
annales de la dernière période de la Bretagne autonome, comme 
sous le rapport littéraire. Aussi la Société des Bibliophiles bretons 
en a-t-elle entrepris la réimpression en un très beau volume, et 
c'est naturellement à son président, notre confrère M. de la Bor- 
derie, qu'est revenu le soin de faire la description et l'histoire des 



DE L'mSTOmS DE FRANCK. 125 

dnq éditions andennes qui, de i5i4 à 15419 attestèrent la grande 
Yogae du nom de Bonchart. Quarante ans s'écoulèrent depuis l'ap- 
parition de la dernière, sans qu'aucun autre écrivain de son pays 
lui fît concurrence; c'est seulement en 1582 que Bertrand d'Ar- 
gentré fit paraître VHistoire de Bretagne. A. B. 

119. — Lacrodl (abbé L.). Richeliea et le Poitou. In-8, 
19 p. Vannes, Lafolye. 

(Extrait de la ReTue dn Bas-Poiton.) 

Conférence faite à Poitiers, dans l'assemblée générale de la 
Société des Antiquaires de l'Ouest, sur les rapports que Richelieu, 
en raison de son origine d'abord, puis de son épiscopat, eut avec 
le Poitou ayant son premier ministère. 

120. — La Trsmoïlle (duc de). Archives d'un serviteur 
de Louis XI; documents et lettres (1451-1481) publiés 
d'après les originaux. In-4, yi-230 p. Nantes, Ennie Gri- 
maud. 

Dirai-je que ce volume l'emporte encore en intérêt sur les pré- 
cédentes contributions de M. le duc de la TrémoîUe à l'histoire 
des xrv* et xv* siècles ? Il semble que, loin de s'épuiser, le char- 
trier de Thouars produise des documents de plus en plus précieux, 
et que leur mise en œuvre devienne en même temps plus fruc- 
tueuse. Cette fois, on nous offre la fleur des archives de Georges 
de ■ la Trémoille (1430-1486), qui, sous le titre de sire de Graon, 
après avoir vaillamment servi Charles le Téméraire, passa à la 
cour de Louis XI, et, pendant plus de dix années, s'y distingua 
conmie diplomate et comme administrateur, aussi bien que comme 
capitaine. Parmi les grands événements dans lesquels son rôle 
fut décisif, il faut signaler cette alliance avec les Ligues suisses et 
avec le duc de Lorraine qui amena la défaite de Charles le Témé- 
raire et l'annexion de la Bourgogne. C'est à ce propos que 
Louis XI lui écrivit : « Maintenant est temps d'employer tous vos 
cinq sens de nature, et mettre la duché et comté de Bourgogne en 
mes mains; et pour tant, avec votre bande et le gouverneur de 
Champagne, si ainsi est que le duc de Boui^ogne soit mort, met- 
tez-vous dedans ledit pays, et gardez, si cher que vous m'aimez, 
que vous y fiiites tenir aux gens de guerre le meilleur ordre que 
si vous étiez dedans Paris, et leur remontrez que je les veux mieux 
traiter et garder que nuls de mon royaume... £t pourtant je vous 

prie que vous me serviez ainsi que j'en ai en vous la fiance i 

U est vrai que, peu après, une malheureuse campagne dans la 
Comté le fit disgracier, et ses dernières années se passèrent dans 
la retraite à Craon ou à Ligny, qui lui était venu de la confiscation 
du connétable de 8aint-Pol. 



126 SOCIÉTi 

Lee cinquante-cinq pièces éditées daas ce volume tant dof docu- 
nienta de premier choix, tantôt d'ordre politique, comme lettres 
patentes, missives, commissions, mandements, etc., taatAt d'ordre 
privé, comptes, quittances, inventaires, papiers d'affaires. Dans 
cette seconde catégorie se trouvent les pièces les plus curieuBes 
relatives aux déportements de Marie de Montauhan, l'épouse déver- 
gondée du sire de Graon. A. B. 

121. — Madu>b-La-Ciatière (R. de). Les origines de 
la Révolution française aa commencement du xvi» siècle ; 
la veille de la Réforme. In-8, ix-361 p. Paris, Ernest Leroux. 
' La thèse de notre confrère, à comparer avec celle du chanoine 
Janssen pour l'Allemagne, est que l'irrésistible mouvement qui, il 
y a cent ans, brisa tout ensemble Dieu et le Roi, a son point de 
départ bien plus haut qu'on ne le cherche d'ordinaire, dans la con- 
fusion des pouvoirs civils et religieux sur laquelle, au xvi' siècle, 
reposait la société tout eotiëre^ dans le caractère sacré, hiératique 
assumé par la royauté. L'initiative d'une réforme générale eût dû 
venir du saint-siège; mais, i au lieu d'un Grégoire VII, d'un 
Innocent III, il fut occupé par un Alexandre VI, par un Jules II, 
par un Léon X, qui prirent pour ainsi dire à t&che de préparer la 
catastrophe, et les pouvoirs publics, qui avaient mis la main sur 
le grand édifice religieux du moyen ftge, consommèrent sa chute. * 
Les divisions de cette étude indiqueront mieux qu'une analyse 
sommaire comment l'auteur a traité son sujet : I. Prospérité de la 
France au commencement du xvi* siècle. — II. Le roi. — III. La 
foi. — IV. La police et la justice. — V. La noblesse. — VI. L'église. 

— VIL Le clergé. — VIU. Le peuple. — IX. Figures du temps. 

— X. Essais de réforme. Ces tableaux, plutôt philosophiques et 
moraux que descriptifs, se fussent mal accommodés de références 
documentaires ou de citations des textes nombreux que l'auteur 
avait entre les mains; il a pris le parti de rejeter notes et renvois 
à la fin du volume. Mais me permet tra-t- il de lui faire observer 
que, le numérotage de ces notes et renvois changeant avec chaque 
chapitre, il eût été utile pour le lecteur de trouver au haut de 
chaque page, soit du texte, soit de l'appendice, l'indication cou- 
rante du numéro de chapitre ? A. B. 

122. — MoRANviLLÉ (H.). La Chronique du Religieux de 
Saint-Denis, les Mémoires de Salmon et la Chronique de la 
mort de Richai^ 11 ; étude critique. 1d-8, 40 p. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des Charles.) 

Sans identifier bien positivement le religieux anonyme de Saint- 
Denis avec Pierre le Fruitier, dit Salmon ou Salomon, dont Gra- 
pelet a publié en 1833 les Réportses aux demandes faites par U roi 



DB L'HISTOIRE DE FRANCE. 127 

Charles VI (1409), M. Moranvillé établit et prouve que le Religieux 
a suivi de près les Mémoires de Salmon et qu'il s'est même borné 
parfois à les traduire. Suivant lui, Salmon réunirait toutes les con- 
ditions, sauf une, requises pour qu'on reconnût en lui l'auteur de 
la Chronique de Charles YI écrite dans l'abbaye de Saint-Denis. 
La seule preuve qui ferait actuellement défaut serait celle de son 
séjour, en qualité de moine, dans ce célèbre monastère. 

A. B. 

123. — Pigeonneau. Histoire du commerce de la France. 

T. n : le XVI* siècle, Henri IV. Richelieu. In-8, 486 pi 

Paris, L. Cerf. 

L'étude rétrospective du commerce et de l'industrie de l'ancienne 
France est très en honneur depuis quelques années ; mais le sujet 
est tout à la fois si vaste et si nouveau, que ceux de nos confrères 
qui s'y attachent ne l'abordent généralement que par un seul côté, 
se bornant à tel ou tel règne, à telle ou telle industrie, à un com- 
merce déterminé. C'est de l'ensemble des faits partiels mis ainsi 
en lumière que M. Pigeonneau tire actuellement la matière d'un 
tableau synthétique, ou plutôt d'une série de tableaux successifs, 
grâce auxquels nous pouvons suivre d'un seul coup d'œil, tantôt 
le progrès, tantôt la décadence du commerce et de l'industrie. Son 
second volume, qui a paru en 1888, s'étend du règne de Louis XII 
à la fin de celui de Louis XIII. Il fait d'abord ressortir, dans Fran- 
çois I«', à côté du roi chevalier et galant, le diplomate et surtout 
l'administrateur intelligent, naturellement porté à une louable 
initiative; sous lui, et sous Henri II aussi, le commerce intérieur 
bénéficiant de la diminution des cordons de douanes provinciales 
et de la répression des abus locaux, le commerce extérieur se déve- 
loppant par les expéditions maritimes en Orient et dans le Nou- 
veau-Monde, par les établissements fondés au Canada, au Brésil, 
dans la Floride. Cette situation brillante ne put se maintenir sous 
les derniers Valois contre tant de circonstances défavorables, les 
unes politiques, les autres économiques, car cette même cour, qui ne 
favorisait que les industries de luxe au milieu des misères de la 
guerre civile, adopta un système désastreux de taxation excessive, 
ou même de prohibition absolue. C'est alors qu'on voit poindre 
les premières théories d'économie financière. Mais Henri IV et 
Sully, puis Louis XIU et Richelieu donnent un nouvel essor à 
toutes les forces vives du pays. Sur cette période, M. Pigeonneau 
s'étend avec une complaisance bien naturelle, heureux de mettre 
en pleine lumière les mérites inoubliables de ministres tels que 
Sully et que le grand cardinal, les efforts patriotiques de leurs 
auxiliaires, Olivier de Serres, Barthélémy Laffemas, Montchrétien 
ou les Notables de 1614, la circulation intérieure améliorée par les 
canaux et les routes, les grandes expéditions coloniales favorisées, 



128 SOCIÉTÉ DS L'HISTOIRE DE FRANCE, 

l'înduatrie encooragée et réglementée, le terr&in, en un mot, pré- 
paré pour l'œuvre de Loaie XIV et de Golbert, A. B. 

124. — Bahead db SAiNT-PÈaE. Une colooie féodale en 
Amérique : l'Acadie (1604-1881). Deux vol. in-lS, ixxn- 
365 et 425 p., et carte. Paris, Pion, Nourrit et G" ; Mont- 
réal, Oranger frères. 

La presqu'île de quelque trente mille kilomètres cairég qui 
s'étend du nord-est au sud^ouest entre le golfe Saint-Laurent et 
l'Atlantique, découverte par Cabot en 1497 et baptisée du nom 
d'Acadie ou de la Cad; en 1524, par le Florentin Verazzani, fut 
colonisée à partir de 1605 par les gentilshommes français Pontriu- 
court, Biencourt, de Monts, Champlain, etc., dont Harc Lescar- 
bot se fit rhigtoriograpbe quatre ans plus tard. Ces premiers 
occupants s'attachèrent à faire une création agricole, et gentils- 
hommes ou bourgeois ne purent que lui donner la forme féodale 
qui florissait alors dans leur patrie. Reconnue française par le 
traité de Saint-Germain en 1632, cette colonie fut l'objet des soins 
du cardinal de Richelieu, qui y envoya le commandeur de Rasilly. 
Celui-ci tit la division du territoire en seigneuries et en fiefs cen- 
sitaires, et, BOUS son successeur d'Âulnay, l'Acadie commença à 
prospérer parallèlement aux établissements créés sur les conti- 
nents de la Virginie et du Canada; prospérité relative toutefois, 
puisqu'on 1671 la presqu'île ne comptait pas cinq cents habitants 
de race blanche, tenus sans cesse en échec par leurs voisins anglais 
de Boston. Et, en 1706, nos petites colonies n'étaient peuplées que 
de dix-neuf mille âmes, contre deux cent soixante mille habitants 
sur les territoires anglais. Celte disproportion ne pouvait aboutir 
qu'à la dépossession qui fut consacrée, pour la France, par le^ trai- 
tés de 1713. Toute la population primitive fut alors déportée au 
loin par les Anglais, et ce n'est que grâce & des miracles d'énergie 
qu'une petite quantité d'Acadiens se rejoignirent dans l'intérieur 
du pays. Leur postérité compte aujourd'hui plus de cent mille 
personnes, et tend toujours à s'augmenter, représentant l'élément 
français et catholique, là comme au Canada, et conservant avec 
piété la langue, les traditions, le culte des ancêtres. C'est cette 
histoire, avec ses vicissitudes, ses épisodes dramatiques, ses ensei- 
gnements économiques, que M. Rameau de Saint-Père a retracée 
pour les lecteurs de la mère-patrie. A. B. 



PROCÈS-VERBAL 

DE LA 

SÉANCE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE, 

TBNUB LB 4 JUIN 1889, 

A l'École des chartes, à quatre heures on quart, 

sous LA PEICSIDENGE DB M. LB COlfTE DE LUQAT, PEiSIDBMT. 

(Procès-verbal adopté dans la séance du 2 juillet sniyant.) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente ; la rédaction en est adoptée par le Conseil. 

M. le président prodame membres de la Société, après 
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil : 

2181. M. Paul DE Farcy, à Château-Gontier (Mayenne) ; 
présenté par MM. Bertrand de Broussillon et Rivain. 

2182. M. le marquis de Mailly-Nesle, prince d'Orange, 
avenue de la Tour-Maubourg, n** 19, et au château de la 
Roche -Mailly, par Pontvallain (Sarthe); présenté par 
MM. Bertrand de Broussillon et Siméon Luce. 

2183. M. Albert Babeau, correspondant de l'Institut, à 
Troyes (Aube) ; présenté par M. le comte de Luçay et M. de 
Boialisle. 

Publications adressées à la Société. 

PuBUGATiONs PÉRIODIQUES. — Bulktin des bibliothèques et des 
archives, année 1888, n<> 3. — Bulletin de la Société de V Histoire 
du Protestantisme français, 15 mai 1889. — Bulletin de la Société 
bibliographique, mai 1889. — Bulletin de l'Association philotech- 
nique, ayril 1889. 

SoGtérés SAVANTES. — Bulletin de la Société des sciences histo- 
riques et naturelles de V Tonne, année 1888, 2* semestre. — 
Mémoires de V Académie nationale des sciences, arts et belles'lettres 
de Caen, 1887-1888. — Société des Antiquaires de Picardie; Album 
archéologique, !•', 2* et 3* fascicules. 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 9 



130 SOCltiTi 

OuvrageM offerts par lu avleurt ou Ut idiUun. 
L'Institut de Franee et \es anciennes aearUmies, par M. Léon 
Aacoc, membre de l'IostitDt. Br. in-8. Paris, Pion, Noarrit et C*'. 
— L'Institut de France; lois, statuts et règlements eoneemant Ut 
anciennes académies et l'Institut de I6X à i8S9; tableau des fon- 
dation^; collectionpabliée.soasl&direction de la Commission admi- 
nistrative centrale, par M. Léon Aacoc, membre de riostitnt. In-8. 
Paris, Impr. nationale. — Jean et Jacques de la TailU: étade bio- 
graphique et littéraire snr deux poètes du ivi* siècle, par G. Bague- 
nault de Puctaesse. Br. in-8. Orièans, Herinison. — Jacques 
Boucher, sieur de GuillevilU et de Mttitres, trésorier giniral du duc 
d'Orléans, en 1439; souvenirs Orléanais du temps de Jeanne d'Arc, 
par M. Boucber de Molandou. Br. in-8. Orléans, Herinison. — 
Mémoire) du chevalier de la Farelle sur la prise de Mahé (1725), 
mis en ordre et publiés par E. Lennel de la Farelle. In-8. Paris, 
Gballamel aîné. — Les anciennes instilutions municipaUs de Bourges, 
par Edmond Charlemagne, ancien magistrat. laS. Bonrgen, impr. 
Tardy-Pigelet. — La vie et les teuvres de Jérôme de Honteux, n\ide' 
cin et conseiller des rois Henri II et François II, seigneur de Miribel 
et de la Bivoire, en Dauphiné, par H. de Terrebasse. Br. iD-i2. 
Lyon, Brun. — Les étudiants allemands de l'Académie protestanU 
de Saumur et leurmaitre ifodan^e (1625-1642), par André JouberL 
Br. in-8. Angers, Germain et Grassin. — Louis de FrotU et Us 
insurrections normandes |I793-I832), d'après un ouvrage nouveau, 
par le tnâme. Br. in-8. Angers, Germain et Grassin. — Jeanne 
d'Arc; sa vie par un Italien du XV' siècle, par le comte de Puy- 
maigre. (Eitraît de la Revue des Questions historiques.) Br. in-^. 
Bruxelles, impr. Vromant et G*'. 

Correspondance. 

M. le marquis de Queux de SainUHilaire s'excuse de ne 
pouvoir assister à la séance. 

M. Paul de Farcy sollicite son admission au nombre des 
membres de la Société. 

M. Bertrand de Broussillon remercie le Conseil de l'avoir 
admis dans la séance du 30 avril et propose l'admission de 
M. de Farcy et de M. le marquis de Mailly-Nesle. 

M. Aucoc fait hommage des publications : l'Institut de 
France, lois, statuts, etc., et : l'Institut de France et 
les anciennes académies, indiquées plus haut. 



DB LlnSTOnUE DB FBANCB. 131 

M. le oomte de Marsj, diiecteor de la Sodété française 
d'ardiéologie, adresse un exemplaire du programme du 
Congrès archéologique qui se tiendra à Eyreux, du 2 au 
9juillet, soussapi 



Élections. 

Le Consal procède au renouTellement de son bureau 
et de ses Comités. 

Sont âus : 

Président : M. Paul Meter. 
i^ vice-président : M. le marquis de Vogué. 
2^ tnce-président : M. Léon Gautier. 
Secrétaire pour qoatre ans : M. de Boisuble. 
Secrétaire adjoint : M. Noël Valois. 
Trésorier-archiviste^bliothécaire : M. C. Riyain. 

Comité de publication. 

MM. Delisle, 

Â. DE Barthélémy, 
De Beaucourt, 
De Mas Latrie, 
Picot, 
DeRcble. 

Comité des fonds. 

MM. Moranyillé, 
De Cosnag, 
De Luçat, 
Sertois. 

M. Paul Meyer, en prenant possession de la préôdence, 
remai^e, au nom du Conseil, le président sortant et exprime 
l'espoir qœ les Comités et les manbres du Conseil Toudront 
bien l'aida lui-même à rranplir les fonctions auxqudles il 
est appelé. 



Travaux de la Société. 

État des impressions à l'imprimerie Daupeley-GoaTemeur : 

Annuaire-Bulletin. Feuilles 6 et 7 en placards. 

Bistoire universelle d' Agrippa d'Avhigné. T. III. 
Feuilles 21 à 25 en placards. 

Mémoires de Villars. T. III. Feuilles 19 k 22 tirées; 
demi-feuille 23 (fin de l'Appendice) en placards. 

Chroniques de Louis XII, par Jean d'Avion. T. I. 
Feuilles 1 à 8 tirées; feuille 9 en composition. 

Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 à 4 en pla- 
cards. 

Au sujet de cette dernière publication, M. le marquis de 
Beaucourt, commissaire responsable, informe le Conseil 
qu'il s'est entendu avec l'éditeur, M. le comte de Bourmont, 
pour modifier le plan et l'annotation conformément aux 
usages ordinaires. 

M. Bagueuault de Puchesse communique divers rensei- 
gnwnents sur l'état de la publication des Chroniques de 
Jean d'Auton et sur les conditions particulières qui ont 
permis, dès le début, de la mener très activement, l'éditeur 
ayant révisé avec attention, sur le manuscrit de la Biblio- 
thèque nationale, le teste donné jadis par M. Paul Lacroix. 

Le Conseil décide qu'il n'y a pas encore lieu de livrer à 
l'impression le tome IV de l'Histoire universelle. 

Le président du Comité des fonds annonce que les résultats 
de la mise en vente à prix réduit des publications qui exis- 
taient en trop grand nombre dans les réserves de la Société 
sont déjà très satisfaisants et justifient la mesure prise sur sa 
proposition. 

n demande au Conseil de conférer au trésorier les pouvoirs 
nécessaires pour recevoir le remboursement d'une obligation 
du chemin de fer de l'Est sortie au dernier tirage. 

M. le marquis de Beaucourt remercie le Conseil d'avoir 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 133 

bien voulu attribuer un certain nombre d'Ânnuaires-Bulle- 
tins destinés à compléter la collection de la Société biblio- 
graphique. 

La séance est levée à cinq heures et demie. 



IL 



BIBLIOGRAPHIE. 

125. — Auooc (Léon). L'Institut de France et les 
anciennes académies. In-8, 48 p. Paris, Pion, Nourrit et O®. 

Cette notice, qui a été lue en partie dans une séance trimes- 
trielle de rinstitut, complète la collection dont il va être parlé 
tout à l'heure, en expliquant, par les défauts organiques de la 
constitution de chacune des anciennes académies, comment une 
modification reconnue nécessaire en 1789 aboutit à la suppression 
en 1793. Avant que deux ans se fussent écoulés, les académies 
renaissaient sous une autre forme, avec un groupement différent, 
des additions, des subdivisions nouvelles, qui, môme réformées 
encore en Tan XI et en 1816, montrent « la réalisation persistante 
d'une même idée sous les régimes politiques les plus différents. » 

A. B. 

126. — AucoG (Léon). L'Institut de France; lois, statuts 
et règlements concernant les anciennes académies et llnsti- 
tut, de 1635 à 1889 ; tableau des fondations. In-8, ccvin- 
451 p. Paris, Imprimerie nationale. 

(Collection publiée sous la direction de la Commission administrative 
centrale de l'Institut.) 

Ce volume ne relève de nous que pour la première partie, qui 
contient les textes des actes antérieurs à 1795 et relatifs à la cons- 
titution ou au fonctionnement des anciennes compagnies : Aca- 
démie française, Académie royale de peinture et de sculpture. 
Académie d'architecture. Académie des inscriptions et médailles 
ou belles-lettres. Académie des sciences. Des unes et des autres 
on n'avait jusqu*ici que des histoires plus ou moins détaillées, 
mais où manquaient quantité de documents essentiels ; comme 
beaucoup de ceux-ci font de même défaut dans nos recueils d'an- 



134 SOCitiTti 

cienneB lois, il s'eaeait qoe lenr seule réunion a exigé un yni 
labeur de la part de l'académicien éminent à qui l'Institat a^ait 
confié cette tàcbe. Encore lui était-iL prescrit de se borner aux actes 
purement législatifs et constitutifs, ëmanés du gouiernemeiit royal 
on approuvés par lui; les. règlements da détail ont été laissés de 
c6té. Ce sera affaire à chacune des compagnies actuelles de com- 
bler ces lacunes. Mais voici dès à présent l'Institut doté d'un 
recueil qui, en mainte circonstance, lui eût été utile, et l'on 
s'étonne même qu'il ait tardé si longtemps à aborder cette entre- 
prise. A. B. 

127. — B03RBD0N (Ph. de). Un épisode de l'histoire de 
Périgueux sous la Régence. In-8, 44 p. Périgueux, impr. 
Laporte. 

(Extrait du BulIeliD de la Sodéti blsloriqne et archéologique du Péri- 
gord.) 

C'est nn curieux épisode de l'histoire administrative des der- 
nières années du grand règne, un exemple de ce que l'omnipotence 
des intendants pouvait produire entre des mains indignes ou peu 
scrupuleuses. Ici, nous avons affaire à M. de Courson, fils du grand 
Bàville, et Saint-SimoQ, qui l'exécrait, a laissé un récit curieux de 
la manière donc il s'y prit pour le faire condamner par le conseil 
des finances, en 1717. M. de Bosredon est parvenu à réunir teus 
les principaux documents de l'affaire, qui en font comprendre à 
merveille le sens et k portée. Il ressort de son mémoire que le 
chroniqueur s'est trompé sur la vraie date de la solution et sur 
quelques autres détails secondaires. Nous ne croyons pas non plus 
que, dans cette victoire du bon droit et de la justice, Saint-Simon 
ait joué nn rôle aussi important qu'il le prétend. Â. B. 

138. — Châtelain (Emile). Poésies françaises de Charles 
de Bovelles (1529), publiées pour le mariage de Bernard 
Haussoulier et de Caroline Rey, 4 avril 1889. In-12, 20 fol. 
Rennes, impr. Alphonse Le Roy. 

Imprimé à l'occasion d'un mariage qui ne rencontrait que sym- 
pathies dans le monde de l'érudition, ce per nome en lettres 
gothiques fait connaître des vers français inédits d'un chanoine du 
pays de Vermandois, dont le renom était grand comme philo- 
sophe, comme mathématicien, comme grammairien et linguiste, 
sous le règne de François I"'. Ce sont des fragments d'une • Vie 
de Madame Saincte Catherine faicte en double rythme à douze 
piedz, a et une f Méditation utile à penser de bien vivre et par- 
venir à bonne fin. * Â. B. 

129. — DuRRiED (P.). Les manuscrits it-peiotures de la 



DE L'HISTOIBS DE FRANGE. 135 

bibliothèque de sir Thomas PhiUipps à Cheltenham. In-8, 
52 p. Paris. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.) 

On trouvera plas loin (n<»141 et 142) le travail d'ensemble que 
M. Omont a consacré aux manuscrits relatifs à l'histoire de France 
qui se sont accumulés pendant un demi-siècle entre les mains de 
sir Thomas Phillipps. Notre confrère M. Durrieu, qui accompagnait 
M. Omont lors d'un dernier séjour à Cheltenham, a étudié plus 
spécialement les manuscrits à peintures, et il en décrit ici cent 
ving;t-sept qui sont précieux ou curieux entre tous, surtout au 
point de vue de la valeur d'art, en distinguant avec soin ceux 
qui doivent avoir été exécutés en France ou en Bourgogne d'avec 
ceux qui proviennent de l'étranger. Dans le nombre des premiers 
figurent de véritables chefs-d'œuvre, qui, selon M. Durrieu, pour- 
raient être attribués à nos plus grands miniaturistes, Jean Bour- 
dichon, Jean Foucquet, Pol de Limbourg. Ces trésors de l'art 
national nous seront-ils ravis pour toujours ? A. B. 

130. — Havet (Julien). Miracles de sainte Geneviève à 

Paris (xii®-xiv® siècles); rédaction française attribuée à 

Thomas Benoist. In-12, 30 p. 

Cette élégante plaquette a été tirée à très petit nombre pour le 
mariage de notre confrère M. Henri Omont, 23 juillet 1889. L'édi- 
teur a choisi à dessein des épisodes de l'histoire parisienne, à 
laquelle chacun sait que M. Omont est particulièrement dévoué, 
et il a extrait ses textes d'un des volumes de la collection d'Ash- 
bumham que le jeune bibliothécaire du département des Manus- 
crits a eu la satisfaction de voir revenir l'année dernière à la nie 
Richelieu. A. B. 

131. — JoRET (Ch.). Le P. Guevaire et les bureaux de 
charité au xvn* siècle. In-8, 56 p. Toulouse, Privât. 

(Extrait des Aanales dn Midi.) 

Le P. André Guevarre, de la Compagnie de Jésus, n'a aucune 
place dans les dictionnaires biographiques, quoique le nombre 
et l'importance de ses fondations charitables lui aient donné, de son 
vivant, une légitime notoriété. M. Joret a donc dû reconstituer de 
toutes pièces et sa biographie et l'histoire de ses entreprises, et 
celle de la mendicité et de la charité sous le règne de Louis XIV. 
C'est dire le double intérêt de cette étude, qui est à la fois un acte 
de bonne justice et une œuvre d'érudition. A. B. 

132. — JoEET (Ch.). Rapport sur une mission en Alle- 
magne. In-8, 15 p. Paris, Ernest Leroux. 

Rapport au ministre de l'Instruction publique sur les doeu- 



136 SOCIÉTÉ 

ments des archives de Prasse, de Hanovre, de Brunswick et de 
Hesse qui font connaître quelles relations politiques et littéraires 
la France entretenait avec ces états allemands avant 1789. 

A. B. 

133. — JoRBT (Gh.). Le TOyageur TaTernier (1670- 
1689) ; un manuscrit des Voyages, relations de TaTeniier 
ayec le Grand-Étectour, le lieu de sa mort et de sa sépulture. 
In-8, 39 p. Paris, Emile Bouillon. 

(Eitrût de la Rerae de géographie.) 

M. Joret, qui avait publié, il y a trois ans, uneétude complète sur 
J.-B. Tavernier, éeuyer, baron iTAtibonne, etc., a rocueiHi, depuis 
lors, aux archives d'Élat dq Berlio, particulièrement dans la cor- 
respondance d'Ëzéchiel Spanheim, une suite de documents com- 
plémentaires; de plus, notre confrère M. Schefer, l'éditeur de la 
Relation de Spanheim, loi a communiqué un nouveau manuscrit 
des Voyages, provenant de la bibliothèque des Lamoignon. C'est en 
1684, avant la Révocation, que le célèbre voyageur, pour les mômes 
raisons de protestantisme qui l'avaient porté à faire une partie 
de son établissement eu Suisse, prit la résolution de passer au 
service de la Pnisse et offrit de se charger des colonisations que 
le Grand- Électeur projetait en Afrique ; mais la mort l'arrêta cinq 
ans plus tard dans la ville russe de Smolensk, non dans celle de 
Copenhague comme on le croyait naguère encore. A. B. 

134. — JoOBERT (André) . Histoire de l'église réfonnéede 
Laval au xtiT siècle, d'après des documents inédits (1600- 
1686). Id-8, 141 p. Paris, Ë. Lechevalier. 

La période des guerres de religion terminée, les protestants de 
- Laval et des environs ne prolongèrent leur existence que grâce a 
la protection de Charlotte-Brabantine de Nassau, comtesse de 
Laval, duchesse de Thouars, veuve de Claude de la Trémoïlle. 
Jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, ils se rassemblèrent 
d'abor4 dans le château de Poligny, puis dans celui de Tercbant. 
Ils étaient dirigés par Thomas Duchemin, sieur de la Vauzelle, 
ancien ministre de l'église réformée, et par des ministres, dont le 
dernier fut Pierre Demay, qui abjura devant la persécution, ainsi 
qu'un grand nombre de ses coreligionnaires. 

Pendant ces qnatre-Yingts ans, les petits faits intéressant la 
communauté nous sont connus seulement par un registre d'état 
civil, que M. Joubert a reproduit intégralement, et par des extraits 
de la correspondance de l'homme d'affaires de Charlotte de Nas- 
sau, conservée dans les riches archives du chartrier de Tbouars. 
M. Jonbert a accompagné ces documents de nombreuses notes his- 



DE L'HISTOIRE Di; FRANGE. 137 

toriques, géographiques et biographiques^ et il y a joint une table 
très complète, qui peut faciliter beaucoup de recherches. 

G. B. DE P. 

135. — Mas Latrie (comte de). Trésor de chronologie, 
d'histoire et de géographie pour l'étude et l'emploi des docu- 
ments du moyen âge. Gr. in- 4, vi p. -2300 col. Paris, 
V. Palmé. 

Gomme souvenir d'un long enseignement de la diplomatique et 
de la science des dates, M. de Mas Latrie a voulu laisser entre nos 
mains un manuel, — ce terme peut-il se dire d'an volume dont 
le format et les dimensions rappellent VArt de vérifier les dates ? — 
qui facilitât Tintelligence des documents historiques, surtout de 
ceux qui sont antérieurs aux temps modernes, et dont la data- 
tion, l'intitulé, la provenance présentent souvent des problèmes 
difûciles à résoudre. Les trois volumes in-folio que nous devons 
aux Bénédictins du siècle dernier, tout en restant an monument 
incomparable, ne suffisent plus toujours aux exigences incessam- 
ment croissantes de l'histoire : il a donc fallu ajouter aux tables 
et dissertations qui les composent des tables nouvelles, comme 
celle des Indictions, et des instruments d'information sur les croi- 
sades et sur les nations musulmanes ; puis, établir de toutes pièces 
des séries entièrement neuves pour les vies des saints, la chrono- 
logie des papes, des Pères de l'Église, des cardinaux, des ordres 
religieux, des pèlerinages. Pour les saints notamment, au nombre de 
quinze mille environ, nous aurons maintenant l'indication du temps 
et du pays où chacun d'eux a vécu, le jour de sa fête, la nature 
des actes ou des notices qui le concernent dans le recueil des Bol- 
landistes, et une triple classification alphabétique, géographique 
et chronologique. Particulièrement enrichie en ce qui concerne 
les dynasties de souverains et princes de l'Italie, de l'Espagne, de 
l'Europe orientale, de l' Asie-Mineure, de la Syrie et de l'Afrique 
septentrionale, la chronologie historique proprement dite nous 
offre, pour la France, outre les grandes séries de VArt de vérifier 
les dates, la suite complète des archevêques et évéques de nos 
vingt-cinq provinces ecclésiastiques, des grands officiers de la 
couronne, des prévôts de Paris et de certains grands feudataires. 
La partie géographique du Trésor, également neuve, se compose 
de tableaux de la hiérarchie épiscopale du monde chrétien, d'une 
table alphabétique des évêchés anciens et modernes, qu'il faut 
signaler tout particulièrement, car plus de huit mille noms géo- 
graphiques y sont enregistrés sous la forme ancienne, en très 
grand nombre identifiés pour la première fois avec les localités 
modernes, et enfin d'une table de tous les évêchés actuels du 
monde catholique, conforme à la dernière édition pontificale. 



138 SOCliTt 

Genx d'entre nos conMree qai ont le BOuYenir de l'uicleii 
Annuaire reconaai Iront dans cette indication abrégée des princi- 
pales matlËres du Trésor certains anjets qae M. de Mas Latrie 
avait traités pour eux jadis, il y s près d'un demi-siècle; mais, 
depuis cette époque, la science historique a foit des progrès dont 
les travailleurs sont tenus de tenir compte et de tirer profit. Le 
Trétor vient mettre à leur portée la portion la plus essentielle 
do cet acquis nouveau, et, en abordant courageusement une tâche 
si colossale, M. de Mas Latrie s'est assuré de nouveaux droits & la 
gratitude générale. A. B. 

136. — Masson (l'abbè).Bobigny-lez-Paris; la seigneu- 
rie, la commune et la paroisse, de l'an 450 jusqu'à dos jours. 
In-8, 481 p. Paria, H. Champion. 

Il ne Tant pas prendre à la lettre l'indication chronologique du 
sous-titre ; c'est seulement au milieu du xi> t^iècle que l'existence 
du village et de l'église de Bobigny se constate avec quelque cer- 
titude, et à partir du ui* que M. l'abbé Masson a relevé la suite 
des premiers seigneurs qui empruntèrent leur surnom à la localité. 
Après ces Bobigny vinrent les Braque, puis les Montmorency de 
G ouEsai avilie, les Perdrier, les Jacquier de Vieumaison, descen- 
dants du fameux muaitioanaire de Turenne, et avec qui finirent 
les seigneurs de Bobigny eu 1791. 

Le chapitre i" est consacré à la filiation de ces seigneurs, le 
chapitre ii à l'histoire du viliage, le chapitre m à celle de l'église 
et des établi ssements religieux, auxquels l'auteur porte un intérêt 
particulier, ayant eu la cure de cette paroisse avant de passer à 
la cure de Bagnolet. 

H a joint un assez grand nombre de textes anciens, principale- 
ment des aveux et des terriers, à cette intéressante monographie, 
qui est ornée, en outre, de onze planches gravées, vues ou coupes 
de monuments, plans de territoires, etc. A. B. 

137. — Mesnard {Paul). Notice bic^aphique sur 
Molière. In-8, 486 p. Paris, Hachette et C?*. 

(Extrait de la collection des GraDds écrivaios de la France.) 
Si l'on excepte le savant regretté que feu Louis Hachette appela 
à diriger la collection des Grands écrivains de la France, aucun 
des collaborateurs honorés du choix de M. Adolphe Régnier 
n'aura apporté à l'œuvre commune un contingent plus considé- 
rable que M. Paul Mesnard ; seul, il aura pu, jusque par deux et 
trois fois, prononcer l'Ë^Wifi.... dont tant d'autres n'ont point connu 
ou ne connaîtront peut-être pas la légitime satisfaction. 
M. Mesnard a débuté dans la Collection, en 1862, par la notice 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 439 

bibliographique mise en tète de cette édition des Lettres de M'^^ de 
Sévigné préparée de si loin par Monmerqué. On lui confia alors 
le Racine, et il fit paraître les huit yolumes de cette édition de 
1855 à 1873, avec une régularité désespérante pour qui ne peut 
l'imiter. En 1875, Eugène Despois, qui était chargé du Molière, 
disparut prématurément au début de Timpression du tome IV, 
ayant été précédé dans la tombe par Adolphe Régnier fils, son 
zélé collaborateur pour l'établissement des textes. Cette grande 
entreprise ne pouvait rester en détresse : il fut fait appel au 
dévouement de l'éditeur du Racine; deux auxiliaires éprouvés, 
MM. Desfeuilles et Henri Régnier, lui furent adjoints, et les 
tomes IV à IX du théâtre complet de Molière purent paraître de 
1876 à 1886. S'il était encore permis de se servir d'une locution 
bien discréditée, je dirais que le tome X qui vient de voir le jour, et 
qui contient la Notice biographique sur J.-R. de Molière, est le cou« 
ronnement d'un édifice parfait en tous points, où chaque détail du 
texte, de la langue, de l'histoire, de la critique littéraire, a été traité 
avec autant de soin et de science que de bon goût, de mesure et 
de tact. M'excusera- t-on d'insister sur ces dernières qualités, 
trop souvent mises de côté lorsqu'il s'agit de Molièrç ? M. Mes- 
nard avait à condenser et fondre en quelque cinq cents pages des 
centaines, des milliers de volumes ou de brochures, de disserta- 
tions ou d'études publiées depuis la fin du xvn« siècle sur un 
sujet où cependant bien des points restent encore obscurs et énig- 
matiques. Ceux mêmes d'entre nous qui apprécient le plus sin- 
cèrement les mérites de M. Paul Mesnard ne laissaient pas que 
de ressentir quelques craintes pour lui. Aujourd'hui, si je ne 
m'abuse, les critiques les plus difficiles, que dis-je ? les moiiéristes 
les plus exigeants, reconnaissent que la tâche avait été remise 
en bonnes mains, que le monument est digne du héros, et les 
uns et les autres s'uniront à nous pour souhaiter que ce verdict 
soit consacré par les juges de l'aréopage suprême. A. B. 

138. — MoLiNiER (Auguste). Géographie historique de 
la province de Languedoc au moyen âge. In4, x p.-458 col. 
Toulouse, Privât. 

(Extrait du tome XII de la nouvelle édition de l'Histoire générale de 
Languedoc.) 

Je ne crois pas que personne ait parlé, dans ce bulletin biblio- 
graphique, de la nouvelle édition du monument de DD. Devic et 
Vaissete entreprise en 1867 et qui sera complète, en quatorze 
énormes volumes in4, lorsque finira la présente année 1889. C'est 
cependant une œuvre dont l'utilité ne saurait être méconnue, et 
quiconque s'intéresse soit à l'histoire de nos anciennes provinces, 
soit à l'histoire générale, doit rendre un juste hommage aux 
hommes de labeur, de science et de dévouement qui ont osé en 



140 SOCIÉTÉ 

prendre la charge. PluBÎeiin ont dispara avant boq acbèvement ; 
bien peu auront en la bonne fortune de voir l'édifice complet : 
parmi ces demierE, et comme collaboratenra attitrèa de l'ouvrage, 
nous BommeB heureux de voir figurer des noms de confrères tels 
que MM. Molinier et Roman, de mâme que noue comptioUB parmi 
les autres des- amis et des collaborateurs bien regrettés, tels que 
Emile MabîHe. Mais, en ce moment, il n'y a pas encore lieu de 
rendre compte de l'œuvre entière, et je n'ai qu'à présenter une des 
dbsertations qui enfontleprii et la nouveauté. Notre confrère et 
collaboratearM. Auguste Molinier avait pour attribution partica- 
llëre de réviser les textes ai importants et si nombreux des Preuves 
réunies par les Bénédictins, et parfois imprimées incorrectement; 
mais, en debors de cette besogne aride et ingrate autant qu'utile, 
il a pu nous donoer la mesure de sa connaissance parfaite du 
moyen &ge languedocien, soit dans rétablissement des index géo- 
graphiques de quatre volumes de Preuves, soit dans l'annotation 
de l'histoire courante, soit dans un grand nombre de mémoires 
importants sur la réodalité, sur l'administration de Louis IX et de 
son frère, sur l'Université de Toulouse, etc., soit enfin dans la 
présente Géographie, qui comprend d'abord l'historique et la des- 
cription des vingt-six divisions diocésaines tle l'ancien Languedoc, 
puis l'histoire de la géographie civile, subdivisée en quatre par- 
ties ; temps barbares antérieurs au ix* siècle, temps féodaux du 
II* au sii', géographie administrative du ix* au xvi*, description 
et histoire sommaire des vingt-trois diocèses civils qai existaient 
au xvni*. Bans aborder le détait de cette dissertation, il snffira, 
pour en indiquer la valeur et le succès, de dire que l'Académie 
des inscriptions et belles-lettres lui a attribué le second prix de 
la fondation Golwrt, comme elle l'avait déjà fait, en 1880, pour 
les dissertations jointes par M. Molinier aux précédents volumes, 
sans parler du prix Brunet décerné l'année suivante à sa biblio- 
grapbie manuscrite du Languedoc. A. B. 

139. — MoRANViLLÉ (H.). Confèreoces entre la France 
et l'Angleterre (1388-1393). In-8, 28 p. Paris. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.) 

La conclusion de M. Moranvillé, en terminant l'bistoire de cet 
épisode du règne de Charles VI, est que le monarque fit tous les 
efforts possibles pour mettre fin à la guerre que lui avaient léguée 
ses prédécesseurs. Richard II et sa cour eussent été tout aussi 
favorables, de leur c6té, à la conclusion d'une bonne et sincère 
paix; mais le parlement anglais rendit impossible tout accord, et, 
d'autre part, les dacs de Berry et de Bourgogne tinrent, dans les 
conférences d'Amiens, une conduite singulièrement suspecte et 
condamnable. M. Moranvillé la qualifierait volontiers de trahison. 
A. B. 



DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 141 

140. — Omont (HoDri). Catalogues des manuscrits grecs 

de Fontainebleau sous François P' et Henri II, publiés et 

annotés. In -4, xxxnr-465 p. (en langue grecque) et 

planches. Paris, Impr. nationale; Âlph. Picard. 

Quand François I*' monta sur le trône, la bibliothèque royale 
réunie au château de Blois comptait quarante manuscrits grecs; 
à la mort du même prince, la bibliothèque formée par lui à Fon- 
tainebleau ne renfermait pas moins de cinq cent cinquante volumes 
grecs, acquis par ses soins à Venise ou dans le Levant, et c'est 
là que c les Estienne, les Tumèbe, les Morel, les Wéchel, suivant 
l'exemple des Aide à Venise, allaient chercher, pour les rendre 
à la lumière, de nouveaux textes de l'antiquité grecque, sacrée 
et profane, i Deux catalogues furent dressés de cette belle 
collection, entre 1549 et 1552; les calligraphes crétois Vergèce 
et Palœocappa les rédigèrent en grec. L'exemplaire le plus com- 
plet est actuellement en la possession de l'Université de Leyde, 
et c'est celui que M. Omont a reproduit de préférence aux autres. 
Cette publication s'imposait à notre Cabinet des manuscrits actuel, 
puisque, à un seul près, il a la bonne fortune de posséder tous les 
cinq cent soixante manuscrits grecs que François !•' était parvenu à 
réunir. De même, Tlmprimerie nationale, comme héritière de 
l'imprimerie royale du Louvre, a encore les caractères grecs fon- 
dus par Garamond, sur l'ordre de François P', pour l'impression 
de quelques-uns des textes de Fontainebleau, et elle a pu s'en 
servir pour imprimer la présente publication des deux catalogues 
alphabétique et méthodique. C'est donc un volume magnifique, 
que les curieux rechercheront aussi bien que les érudits hellénistes. 

A. B. 

141. — Omont (H.). Manuscrits relatifs à l'histoire de 
France conservés par la bibliothèque de sir Thomas Phil- 
lipps à Cbeltenham. In-8, 71 p. Paris, Alph. Picard. 

(Extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes.) 

142. — Omont (H.). Manuscrits relatifs à l'histoire de 
Paris et de l'Ile-de-France conservés à Cheltenham. In-8, 
15 p. Paris. 

(Extrait du Balletia de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de- 
France.) 

On sait combien il serait important que notre pays pût reprendre 
possession des manuscrits originaires de la France qui formaient 
la plus belle partie de l'incomparable bibliothèque de Cheltenham. 
Si l'Allemagne, la Belgique et la Hollande ont déjà reconquis les 
lots qui les intéressaient, si môme la bibliothèque royale de Ber« 



142 BOCIÉTi 

Un aacheté la plupart des maaufcritB de notre collège de CI«nnont, 
aliéoés lors de l'expulsion des jésuites en 1764, c'est encore, non 
par centaines, mais par milliers, qne l'on compte les articles qui 
tronveraient leur place toute marquée, et pour beaucoup ce serait 
une place d'honneur, dans notre Cabinet des manuscrits. Cet éta- 
blissement est le seul, chez noos, qui puisse bénéGcier de l'anto- 
risation limitative accordée par la chancellerie anglaise aux héri- 
tiers de Cheltenham. Souhaitons que nos administrateurs trouvent 
encore quelqae combinaison aassi heureuse que celle qui nous t 
rendu les manuscrits de la collection ABhbnniham. A. B. 

143. — Perret (P.-M.). Notice biographique sur Louis 
Malet de GraviUe, amiral de France (144 ?-15i6). Iq-8, 
n-271 p. et une carte généalogique. Paris, Alph. Picard. 

N'ayant joué an rôle important que pendant un assez petit 
nombre d'années, l'amiral de Graville est fort peu connu en dehors 
des érudits familiarisés avec les chroniques ou documents du 
zv siècle ; les biographies générales ne lui ont pas fait l'honnenr 
d'un article, et c'est un vrai service que M. Perret a rendu à l'his- 
toire en prenant ce personnage oublié pour sujet de sa thèse i 
t'Ëcole des chartes, et en reconstitaant sa longue existence. 
Serviteur zélé de Louis XI, qui lui confia des missions à partir 
de 1476 et lui attribua une partie de la dépouille de M. de 
Nemours, Graville devint un des premiers conseillers de sa fille 
Anne de Beaujeu, quand elle prit la régence, et c'est alors qu'il 
fut promu à l'amirauté; mais, la régence finie, il ne tarda pas à 
être mis de côté, surtout lorsque le jeune Charles VIII l'eut trouvé 
formellement opposé à se» projets de conquêtes outre>monts. Il 
revint au pouvoir pour peu de temps sous Louis XII, fit de lui- 
même une retraite honorable, et mourut au commencement du 
règne de François I", laissant un juste renom de désintéresse- 
ment et ayant donné aussi des preuves d'un goût sérieux pour les 
arts et les lettres, d'une intelligente charité pour les écoliers 
pauvres, etc. Appuyée sur un solide échafaudage de documents 
de tout ordre, l'étude de notre confrère est suivie d'un appendice 
de vingt pièces justificatives. A. B. 

144. — RATNAtfD (Gaston). Les Gestes des Chiprois; 
recueil de chrouiques françaises écrites en Orient aux xm* 
et XIV* siècles (Philippe de Navarre et Gérard de Monréal), 
publié pour la première fois. In-8, ïxviu-394 p. Genève, 
impr. J.-G. Fick. 

[Publication de la Société de l'Orient latin.) 

La compilation que vient de publier notre confrère, d'après un 



DB L'HISTOIRE DB FRANGB. 143 

manui^crit récemment retrouvé en Piémont, se compose de trois 
morceaux différents, quoique se rapportant également à Thistoire 
des faits advenus en Syrie et dans le bassin de la Méditerranée : 
i^ une Chronique de terre sainte, sans nom d'auteur, allant de 1131 
à 1224 ; 2<> un récit de la guerre des Ibelins contre Frédéric II, 
par le philosophe et jurisconsulte Philippe de Navarre (1212-1242), 
œuvre déjà célèbre au xm« siècle, mais dont, jusqu'ici, nous ne 
connaissions que le titre; 3» une continuation de 1242 à 1309, 
écrite par un témoin oculaire, templier à Tyr et secrétaire du 
grand maître Guillaume de Beaujeu, que le regretté comte Riant 
croyait être en réalité Gérard de Monréal, autre jurisconsulte 
d'importance. Peut-être celui-ci est-il aussi l'auteur du premier 
morceau, la Chronique de terre sainte, qui aurait été ajouté comme 
préface à l'œuvre de Philippe de Navarre vers le commencement 
du XIV* siècle, d'après les textes de Guillaume de Tyr. 

La langue de cette compilation est le français, mais mêlé de 
quelques mots orientaux et de constructions italiennes. M. Ray- 
naud a joint aux trois textes une table chronologique avec recti- 
fications, un glossaire et un index général. A. B. 

145. — RuBLE (baron A. de). Le traité de Cateau-Cam- 
brésis (2 et 3 avril 1559). In-8, iv-347 p. Paris, Labitte, 
Paul et 0«. 

Contrairement à l'opinion générale des historiens qui, depuis le 
xvi« siècle, se sont occupés du traité de Gateau-Gambrésis et y 
ont vu surtout une renonciation définitive aux entreprises sur 
l'Italie, M. de Ruble estime que la France retira de cette paix, 
complétée par le traité de Vervins cinquante ans plus tard, les 
avantages les plus réels et les plus durables, c'est-à-dire la fixa- 
tion de ses limites naturelles, et par suite une force de cohésion 
qui lui permit de résister aux guerres de religion. Ce jugement, il 
l'appuie sur une étude approfondie, minutieuse, de l'exécution du 
traité avec l'Italie, avec l'Angleterre, avec l'Espagne. C'est pour lui 
l'occasion de nous donner le tableau politique complet de l'Europe 
occidentale au milieu du xvi* siècle, et de nous prodiguer une 
fois de plus des informations neuves, piquantes et sûres, criti- 
quées avec une parfaite sagacité, et intercalées dans la trame d'un 
excellent récit. Je signalerai particulièrement, dans le chapitre n, 
les pages relatives à la Corse sous Sampiero Corso, au conclave 
de 1559 qui élut pape l'inquisiteur général Pie V; dans le cha- 
pitre V, l'histoire d'Elisabeth de Valois, qui fut mariée à Philippe II, 
comme gage du traité, et « dont la vie et la mort ont été le sujet 
de fables mensongères. » A. B. 

146. — Sanson (A.). Deux sculpteurs normands : les 



r 



144 SOClATti Dl L'HISTOntB DE FBANCB. 

frères Anguier. Petit iii-8 carré, Hl p. et grav. Rouen, 
Cagoiard. 

147. — Sghbfer (Cb.). Mémoires sur les aSaires du Nord 
de 1700 k 1710, par le marquis de Bonnac. Iq-8, 63 p. 
Paris, Ëmest Leroux. 

(Extrait de U Rerne d'biBloire dlploroatiqiia.} 

Neveu, élève et collsboratear d'un diplomate de la dernière 
époque du gnad règne, le marquis de Bomiac fat succesaive- 
ment chargé de mUaions on envoyé en ambassade auprès de 
divers princes allemands, du roi Cliarles XII de Suède, du roi de 
Pologne Stanislas Leszczynski, du roi d'Espagne Philippe V, du 
Grand -Seigneur, et enfin des Cantons suisses. C'est de ce dernier 
pays que provient le volume d'où M. Scbefer a tiré le ■ Mémoire 
de ce qui s'est pasïé de plus considérable dans le Nord depuis 
l'aanée 1700 jusques en 1710, et le caractère des princes qui y ont 
eu part. • Ce qui ajoute encore plus d'intérèl à un recueil de très 
curieux souvenirs personnels d'an homme d'esprit, bon observa- 
teur, diplomate aclir. c'est qu'il a été rédigé pour a satisfaire la 
curiosité de M"' la Dauphine, i c'est-à-dire la femme du duc de 
Boui^ogne, et que L'auteur le lui remit à Fontainebleau en sep- 
tembre 1711, dans un temps où le jeune héritier de Louis XIV se 
préparait, par ud labeur acharné, à devenir digne du tréne. Cinq 
mois pins tard, une mort foudroyante enlevait et ce nouveau Dau- 
phin et l'épouse à l'iDstruction* do laquelle avait été destiné le 
mémoire de M. de Bonnac. A. B. 

148. — ScHONB (L.). Le Jargon et Jobelin de François 
Villon, suivi du Jargon au théâtre; texte, variantes, tra- 
ductions, notices, notes et glossaires.- Petit idS, 389 p. 
Paris, Lamarre. 

149. — Staffek (p.). Rabelais : sa personne, son génie, 
son œuvre. In-18 Jésus, iiv-509 p. Paris, Colin et C'. 

150. — Watteville {baron 0. db). Le cri de guerre 
chez les différents peuples. In-8, 30 p. Paris, Emile Leche- 
vaUer. 

(Extrait de la Revue de la Fnuce inoderne.) 
I. Le cri primitif. — n. Le cri royal ou national. — III. Le 
cri chevaleresque ou féodal. — IV. Emploi du cri de guerre. 



FEROCES-VERBAL 

DE LA 

SÉAI9GE DU CONSEIL D'ADMimSTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE, 

TENUE LE 2 JUILLET 1889, 

A l'École des chartes, à quatre heures un quart, 

sous LA PRÉSIDENCa DE M. PAUL MEITEB, PRÉSIDENT. 

(Procès-verbal adopté dans la séance do 5 novembre suivant.) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente; la rédaction en est adoptée par le Conseil. 

M. le président proclame membres de la Société, après 
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil : 

2184. M. Jules Angot des Rotours, au château des 
Rotours, par Putanges (Orne) ; présenté par MM. Gautier 
etRivain. 

2185. La Bibliothèque municipale de Saint-Nazaire ; 
présentée par MM. Lelong et Yalois. 

* 

PuMications adressées à la Société. 

Publications périodiques. — Bulletin de la Société de l'Histoire 
du Protestantisme français, 15 juin 1889. — Bulletin de V Associa-' 
tion philotechnique, mai et jtfln 1889. — Bulletin de la Société 
bibliographique, juin 1889. — Annuaire de la Société philotechnique, 
année 1888. — Revue des Questions historiques, !•' juillet 1889. 

Sociétés savantes. — Bulletins de la Société des Antiquaires de 
V Ouest, {•' trimestre de 1889. — Mémoires de la Société archéolo- 
gique de V arrondissement d'Avesnes,i, IV. — Mémoires de la Société 
académique d'agriculture, des sciences, arts et belles-lettres du dépar- 
tement de VAube, année 1888. — Bulletin de la Société archéolo^ 
gique et historique de l'Orléanais, 3« et 4« trimestres de 1888. 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 10 



Ouvraga offerts par ta auteurs ou hi éditeurs. 

Les correspondants de Peiresc, XV. Thomas ^Areos; lettres iné- 
dites écritesde Tunis à Peiresc, publiées et anaotées par Ph. Tami- 
zey de Larroque. Br. in-S. Alger, impr. Ad. Jourdan. — Us 
correspondanis de Peiresc. XVI. Franpoit Luiltier; lettres inédites 
écrites de Paris à Peiresc, publiées par le même. Br. io-S. Paris, 
Techener. — Les bijoum francs et la fibule anglo-saxonne de MariUei 
[Brabant], par le baron J. de Baye. Br. iD-8. Pari§, Delesques. 

Correspondance^ 

M. le marquis de Mailly-Nesle et M. Paul de Farcy 
remeraent le Conseil de leur admission au nombre des 
membres de la Société. 

• M. le marquis de Nadaillac s'excusa de ne pouvoir assis- 
ter à la séance. 

M. Lanier, professeur agrégé d'histoire au Ij'cée Jaoson- 
de-Sailly, amionce que l'état de sauté de M. Couguy, son 
beau-père, force momentanément celui-ci de suspendre la 
préparation du dernier volume des Extraits des Auteurs 
grecs, 

Travauœ de la Société. 

État des impressions à l'imprimerie Daupeley-Gouverneur : 

Aimuaire'Bulletin. i" partie. Feuille 5 tirée ; feuilles 6 
et 7 en pages, feuille 8 en composition. 

Histoire universelle ^Agrippa d'Aubigné. T. III. 
Feuilles 31 à 25 et dernière tirées. 

Mémoires de Villars. T. Ht. Feuille 23 et dernière 
tirée. 

Chroniques de Louis XII, par Jean d'Anton. Feuille 8 
tirée; feuilles 9 à 13 eu pages, 14 et 15 eu placards. 

Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 à 4 en placards. 

Chronique de Richemont. On compose le début. 

Le Conseil autorise le trésorier à mettre en distribution, 
après les vacances, les tomes III de V Histoire universelle 



DE L'HISTOIBK DE FRANGE. 147 

et des Mémoires de Villars^ auxquels Tiendra probable 
ment se joindre, à la même époque, pour compléter l'exer- 
cice 1889, le premier volume des Chroniques de Jean 
d^Auton. 

M. Daupdey, présent à la séance, donne des détails sur 
cette dernière publication, que M. de Maulde mène très 
activement, et sur les deux autres chroniques du xv^ siècle, 
qui sont restées stationnaires pendant un temps. 

Le Conseil, considérant le retard imprévu que la maladie 
de M. Cougny apportera à l'achèvement de sa publication, 
décide que, contrairement au vote du 4 juin, le tome IV de 
Y Histoire universelle sera mis inmiédiatement sous presse, 
et que le secrétaire invitera M. le marquis de Vogiié à dépo-' 
ser le manuscrit du tome IV des Mémoires de Villars et 
M. Vaesen à activer la préparation du tome IV des Lettres 
de Louis XI. 

M. Rivain présente l'état semestriel des finances de la 
Société, d'où il ressort que l'excédent des recettes s'élève à 
12,340 fr. 21 c. 

La séance est levée à cinq heures. 



IL 



BIBLIOGRAPHIE. 



151. — Angot (A.). Essai sur l'instruction primaire 
avant 1789 dans le doyenné de Grez-en-Bouëre (diocèse de 
Laval). In-8, 23 p. Mamers, Fleury et Dangin. 

152. — Archives de Bretagne ; recueil d'actes, de chro- 
niques et de documents historiques rares ou inédits, publié 
par la Société des Bibliophiles bretons et de l'Histoire de Bre- 
tagne. T. III. Monuments de la langue bretonne : le Mystère 
de sainte Barbe (tragédie bretonne), texte de 1557, publié 



arec une tradnctioa française, introductioD et dictionnaire 
étymologique du breton moyen, par Emile Ernault, profes- 
seur à la Faculté des lettres de Poitiers. In-4, xn-411 p. 
Nantes, impr. Forest et Grimaud. 

153. — Armoriai de Béarn (1696-1701); extrait du 
Recaeil officiel dressé par ordre de Louis XIY. Première 
partie : Armes déposées ; texte publié d'après les manuscrits 
de la Bibliothèque nationale et annoté par A. de DuEau de 
Maluquer, juge suppléant à Sarlat, et J.-B.-E. de Jaurgain. 
T. ï". Gr, iB-8, xxi-388 p. et planche. Paria, Champion. 

154. — AuBER (l'abbé). Histoire générale, civile, reli- 
gieuse et littéraire du Poitou. T. Y. In-^, 533 p. et carte. 

•Poitiers, Bonamy. 

155. — Badel (E.). Simon Moycet et l'église de Saint- 
Nicolas. In-8, 59 p. et planches. Nancy, impr. Crèpin- 
Leblond. 

(Extrait des Uémoircs de la Société d'archéologie lamine.) 

156. — BARQÈa (l'abbé J.-J.-L.). Inscriptions arabes 
qui se voyaient autrefois dans la ville de Marseille : nouvelle 
interprétation et commentaire. In-8, 83 p. et fac-similés. 
Paria, impr. Gîoupy et Jourdan. 

157. — BENET (A.). Documents pour SOTvir à l'histoire 
de l'art en Nonnandie : inventaire du trésor de la collégiale 
d'Écouia (Eure), en 1565. In-8, 36 p. Caen, Delesques. 

{Elirait da Bulletin de la SoctétË des Antiquaires de NoTmandle.) 

158. — BéNBT(A.).Un8avantÉbroïcienau xvn" siècle; 
deux lettres de Jacques Le Batelier d'Aviron. In-8, &6 p. 
Caen, Delesques. 

(Extrait da Balletin de la Société des Aoliquaire» de Normandie.) 

159. — Bbnoist (L.). Notice historique et statistique sur 
le marquisat de la Trousse et ses possessions : Cocherel, 
Crépoil, Tancrou, Rademont, Vieux-Moulin, etc., et sur la 
conunune d'Ocquerre. In-8, 129 p. Meaux, Destouches. 

160. — Bbssellère (l'abbé). Etude sur la vie commu- 
nale d'une petite ville dans le Marsan, au commencement 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 14S 

du xTin» siècle. 1" et ^ parties. Gr. in-8, 31 et 3S p. Dai, 
impr. Labèqne. 
(Eitnil da BalleUn de la Société ■dentiâqae de Borda.} 
161 . — Bibliographie des BénédictiDS de la congrégation 
de France, par des Pères de la même congrégation. In-8, 
XLrv-S64 p. Solesmes, impr. Babin. 

1Ô2. — Blanchkt (l'abbé J.-P.-G.). Histoire de l'abbaye 

royale de Notre-Dame-de-la-Couronne en Angoumois, avec 

nne notice sur les prieurés qui en dépendaient. T. IL Grand 

in-8, 500 p. et planche. Âogoulême, Coquemard. 

(Extrait du Bnllelin de la Société arcliédogiqae et liialoriqne de la 

Charente.) 

163. — Blanchbt Q'abbé J.-P.-G.). La fin de l'abbaye 
de Notre-Dame-de-la-Couronne (chapitre additionnel au 
BuUetin de la Société archéologique de la Charente pour 
1888). Iu-8, 32 p. Àngouléme, Coquemard. 

164. — Bled (l'abbé 0.). La réforme à Saint-OmOT et 
en Artoia jusc[u'aa traité d'Arras (épisode de la pacification 
de Gand), 1577-1579. In-8, 286 p. SaintrOmer, impr. 
d'Homont. 

(Extrait des Hèmoireg de la Société des Antiquaires de la Horiaie.) 

165. — Bonnabelle. Notice sur Saint-Mihiel, son abbaye, 
ses dépendances, et aperçu sur le canton. In-8, 160 p. et 
planchés. Bar-le-Duc, impr. Contant-Laguerre. 

(Eitrait des Hémoires de la Société des lettres, sciences et arts de 
Bar-le-Dnc.) 

166. — Bonnabelle (C). Notes sur Vaubecourt et ses 
seigneurs; la commune actuelle et aperçu sur le canton. 
In-8, 55 p. Bar-le-Duc, impr. Contant-Laguerre. 

167. — Bonnat(R.). Histoire de Saint-Marcellîn (Isère), 
depuis les origines jusqu'à 1800. In-I2, 194 p. Saint-Mar- 
cellin, impr. Giroud. 

168. — Borges (l'aïdiéW. Saint Jacques de Saxeau, 
ermite au ix* siècle, patron ^çla Clmpelle-d'Angillon. In-8, 
28 p. Bourges, impr. Tardy-Pigriet. 



160 SOCIÉTÉ 

169. — Bouchot (H.). Qaelqaee dames da xvi* siècle et 
leurs peintres; ouvrage illustré de 16 planches gravées en 
fac-similé. Ia-4, 62 p. Sceaux, impr. Charaire et âls. 

170. — BouRDERT (L.). Les Jean Limosin, émailleurs. 
In-8, 40 p. et grav. Limoges, veuve Ducourtieux. 

171. — BiiEuiLLAc(E.). Deux lettres d'échevinage. In-8, 
8 p. Saint-Maixent, impr. Révérés. 

(Bitralt des BnlleUns de la Société de BtatiaUqne, iciencea, lettres et 
■rlB du département dei Deui-SèTTes.) 

172. — BRoatiiER-RonBB (L.). Origine et véracité des 
notes et documents pour servir à une histoire de la ville du 
Pont-Saint-Esprit. In-8, 27 p. Avignon, Seguin frères. 

173. — Bbdnel (L.). Les Vaudûis des Alpes françaises, 
et de Fressinières en particulier, leur passé, leur présent, 
leur avenir. In-16, ni-364 p. Paris, Fischbacher. 

174. — C&STAN (A.). Le peintre Claude Rately, en reli- 
gion firère Prothade de Besançon, de l'ordre des Capucins, 
et sa « Vierge aux saints, » datée de 1636. In-S, 20 p. 
Besançon, impr. Dodivers et O'. 

(Extrait des HémoireB de la Société d'émulatioD du Doaba.) 

175. — Catalogue de la bibliothèque publique de la ville 
de Narbonne, rédigé par M. E. Roussel, bibliothécaire. 

. In-8, 270 p. Narbonne, Gaillard. 

176. — Catalogue général des manuscrits des bibliothèques 
publiques de France. Départements. T. V : Dijon; par 
MM. Molinier, Omont, Bougenot et Guignard. In-8, xn- 
545 p. Paris, Pion, Nourrit et C. 

177. — Catalogue général des manuscrits des bibliothèques 
publiques de Franco. I)6[>arl.<^meTits. T. X : Avranches, Cou- 
tances, Valognes, (r.hei-bour'g, Bayeux, Conilé-sur-Noireau, 
Falaise, Fiers, Dtimfri.int, Argentan, Lisieux, Ronfleur, 
Saint-Lô, Mortain, clmpitrM|| Bayeux, Pont-Audemer, 
Vire. Iii-8, 557 p. Plun, NoiBtit etO". 

178. — Chabannes La Palice (conitpsse A. de). Souve- 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 451 

nirs histoiîqaes des environs de la Palice. In-8, 14 p. et 
gray. Moulins, impr. Audaire. 

(Extrait des Annales bourbonnaises.) 

179. — Charpin-Feugerolles (comte de). — Les 
Florentins à Lyon, discours de réception à l'Académie des 
sciences, belles-lettres et arts de Lyon, prononcé dans la 
séance publique du 25 juin 1889. In-8, 48 p. Lyon, impr. 
Plan. 

180. — CmoT DE LA Ville (Mgr). L'empire romain et 
le christianisme dans les Gaules. In-8, 192 p. Poitiers, impr. 
Oudin. 

181. — - CiiéiCENT (l'abbé J.-H.). Tombeau et épitaphes 
des de Brosse dans la chapelle collégiale de Saint-Martin à 
Huriel. In-8, 28 p. et grav. Moulins, impr. Auclaire. 

(Extrait des Annales bourbonnaises.) 

182. — GoRDiER (H.). Les débuts de la compagnie royale 
de Suède en extrême Orient au xym^ siècle. In-8, 45 p. 
Paris, Leroux. 

(Extrait du Recueil de textes et de traductions publié par les profe^ 
seurs de l^cole des langues orientales vivantes.) 

183. — Costa de Beauregard (marquis). Mémoires his- 
toriques sur la maison royale de Savoie et sur les pays sou- 
mis à sa domination, depuis le commencement du xi^ siècle 
jusqu'à l'année 1800 inclusivement; enrichis de notes et de 
tableaux généalogiques et chronologiques. T. lY. In-8, 
174 p. Ghambéry, Perrin. 

184. — Dardier (C). La guerre des Farines et les pas- 
teurs de Nîmes et du bas Languedoc (1775). In-8, 23 p. 
Nîmes, impr. Chastanier. 

185. — Dardier (C. ). Le maréchal de Montrevel; 
quelques lettres inédites (1704-1705). In-8, 46 p. Nîmes, 
impr. Chastanier. 

186. — Décrue (F.). Anne, duc de Montmorency, con- 
nétable et pair de France sous les rois Henri II, François II 
et Charles IX. In-8, xvi-512 p. Paris, Pion, Nourrit etC^. 



152 SOCIÉTÉ 

187. — Dbsaiyrb (L.). Deux medeciiis des épidémies au 
xvni!' siéde. n : Jean-Oabriel Gallot. In-8, 16 p. Saint- 
Maixent, impr. Reversé. 

(Extrait des Bulletins de la Société de statistique, sdences, lettres et 
arts du département des Deux-Sèvres.) 

188. — Desjardins (A.). Les otages dans le droit des 
gens au xvi® siècle. In-8, 15 p. Paris, Picard. 

(Extrait du Compte rendu de l'Académie des sciences morales et poli- 
tiques.) 

189. — Des Robert (F.). Campagnes de Charles IV, 
duc de Lorraine et de Bar, en Franche-Comté, en Alsace, 
en Lorraine et en Flandre (1638-1643), d'après des docu- 
ments inédits tirés des archives du ministère des Afiaires 
étrangères. IL In-8, xiv-413p. Nancy, Sidot frères; Paris, 
Champion. 

190. — DoiNEL (J.-S.). Histoire de Blanche de Castille. 
Gr. in-8, 368 p. avec grav. Tours, Mame et fils. 

191. — DuBARAT (l'abbé V.). Notices historiques sur les 
évêques de Tancien cÙocèse d'Oloron (506-1792) ; avec une 
lettre de S. G. Mgr Fleury-Hottot, évêque de Bayonne. 
In-8, 99 p. Pau, impr. Aréas. 

(Extrait du Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau.) 

192. — DucHEMiN (P.). Notice historique sur Vascœuil 
et le prieuré de TIle-Dieu. In-16, 158 p. Gisors, impr. de 
rÉcho républicain. 

193. — DuFOua (A.). Le trésor de Saint-Spire de Corbeil 
en 1424. In-8, 24 p. Fontainebleau, impr. Bourges. 

(Extrait des Annales de la Société historique et archéologique du Gâti- 
nais.) 

194. — Ddssaet (le P. H.). Le dernier manuscrit de 
l'historien Jacques Meyer : recherches sur le manuscrit 730 
de la bibliothèque de Saint-Omer. In-8, 44 p. Saint-Omer, 
impr. d'Homont. 

195. — Dussœux (L.). Notices historiques sur les géné- 
raux et marins du xvm® siècle. In-8, x-358 p. Paris, 
Lecoffre. 






DE L'HISTOIBS DE FRANGE. 153 

196. — * Flburt (G.). Recherches sur les fortifications 
du Maine. In-8, 24 p. avec flg. Mamers, Fleury et Dangin. 

197. — FouRNŒR (P.)* Notice historique sur la collec- 
tion de manuscrits de la bibliothèque publique de Grenoble. 

In-8, 43 p. Paris, impr. Pion, Nourrit et O*. 

« 

198. — Francb (Fabbé). Saint Yves; étude sur sa vie et 
son temps. In-16, vi-383 p. Saint-Brieuc, Prud'homme. 

199. — FaiECT (l'abbé). La maison de charité de Châ- 
tillon-sur-Seine (1788-1888). In-8, 250 p. et planche. CM- 
tillon-sur-Seine, impr. Pichat. 

200. — FuzBT (L.). La Branche de Veilom, chronique 
de la Gaule au vT siècle. Grand in-8, 240 p. Limoges, 
E. Ardant et G**. 

201. — Gabriel (l'abbé). Verdun, notice historique. 
In-12, 293 p. et planches. Verdun, Freschard. 

202. — Gaffarbl (P.). Le portulan de Malartic. In-8, 
34 p. et planches. Dijon, impr. Darantière. 

(Extrait des Mémoires de la Société boarguignoone de géographie et 
d'Ustoire.) 

203. — Gaubin (l'abbé J.). La Devèze, histoire religieuse ; 
notice sur les églises paroissiales de Saint-Laurent de Theus 
et de Saint-Jean de Tieste. Grand in-8, 50 p. Auch, impr. 
Foix. 

(Extrait de la ReTue de Gascogne.) 

204. — GiLLBT (l'abbé J.). La Chartreuse du Mont-Dieu 
au diocèse de Reims, avec pièces justificatives inédites. In-8, 
xni-661 p. et grav. Reims, Lepargneur. 

205. — GoNTHiEE (l'abbé J.-F.). Le pouillé du diocèse 
de Genève en 1481, comprenant la liste des paroisses, avec 
le chiffre de la population, les revenus, les vocables et les 
patrons des églises, la liste des paroisses formées depuis avec 
la date de l'érection. In-8, 44 p. Annecy, impr. Niérat. 

(Extrait des llémoireft et documents pttl>liét par l'Académie salésienne.) 

206. — GumoNDBT (L.). L^abbaje de Beaulieu-en- 



154 SOCIÉTÉ 

Rouergae, canton de Saint- An tonin (Tam^et-Garonne). 
In-16, 67 p, Villefranche, Dufour. 

207. — HÉNAULT (M.). Récit du si^e de Valenciennes 
en 1656, publié d'après le manuscrit original de Simon Le 
Boucq. In-4, ra-200 p. et portrait. Valenciennes, impr. 
Bonenfant. 

208. — HussoN (G.). La Dubarry à Pont-aux-Dames. 
In-18 Jésus, 16 p. Meaux, Le Blondel. 

209. — Inventaire sommaire des archives communales 
delà ville de Pontarlier (Doubs) antérieures à 1790, rédigé, 
sous la direction de l'archiviste départemental, par Jules 
Mathez. In-4, x-146 p. Besançon, impr. Jacquin. 

210. — Jadart (J.). Les anciennes croix de chemins, de 
carrefours et de cimetières dans le pays Rémois et les 
Ardennes; recherches de topographie et d'archéologie, 
accompagnées de la vue de sept de ces monuments. In-8, 
62 p. avec grav. Reims, Michaud. 

(Extrait des Travaux de l'Académie de Reims.) 

211. — JoLY (A.). Etudes anglo-normandes : Gérold le 
Gallois (Girauld de Barri). In-8, 68 p. Caen, Delesques. 

(Extrait des Mémoires de V Académie nationale des sciences, arts et 
belles-lettres de Caen.) 

212. — ^ JossB (H.). Notice historique sur le village de 
Douilly et ses dépendances : Margères, ancien prieuré obé- 
diencier d'Arrouaise, puis de Corbie ; Forest et Montizelle ; 
ouvrage illustré de nombreux dessins par Edouard Lévêque. 
In-8, xn-203 p. Amiens, impr. Laforest. 

213. — JouBERT (A.). La bibliothèque et le mobilier d'un 
lieutenant particulier au siège royal de Château-Gontier, 
sous Louis XIII (1626-1627). In-8, 40 p. Mamers, Fleury 
et Dangin. 

214. — JouBBRT (A.). Les prisons du roi à Château- 
Gontier aux xvn® et xviif siècles, d'après des docimients 
inédits. In*-8, 35 p. Mamers, Fleury et Dangin. 

215. «- La Croix (le R. P. C. de). Les temples et le puits 



DE L'mSTOmK BE FRANGE. 155 

I de Mercure découverts sur les hauteurs de Poitiers en 1888. 



In-8, 65 p. avec flg. et 7 pi. Poitiers, impr. Biais, Roy 
etO«. 

(Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Onest.) 

216. — Lamprbcht (C). Etudes sur l'état économique 
de la France pendant la première partie du moyen âge ; tra- 
duit de l'ouvrage allemand par A. Marignan. In-8, 328 p. 
Paris, Picard ; Guillaumin et O®. 

217. — La Sicotière (L. de). Notes sur Antoine Le Cor- 
vaisier de Courteilles et sur son Histoire des évêques du 
Mans. In-8, 31 p. Mamers, impr. Fleury et Dangin. 

218. — Launay (G.). Répertoire archéologique de l'ar- 
rondissement de Vendôme, rédigé sous les auspices, de la 
Société archéologique, scientifique 'et littéraire du Vendô- 
mois. In-8, n-168 p. Vendôme, impr. Lemercier. 

219. — Legoy de la Marche (A.). Le xm* siècle artis- 
tique. Grand in-8, 425 p., avec 190 grav. Lille, libr. de la 
Société de Saint- Augustin. 

220. — Ledru (l'abbé). Anne de Laval et Guy Turpin. 
In-12, 95 p. et planche. Paris, Lechevalier. 

(CoUection de documents historiques inédits on rares concernant le 
département de la Mayenne.) 

221. — Ledru (l'abbé). Les Coesmes, seigneurs de Lucé 
et de PruiUé ; publié sous les auspices de M"* veuve Aloùis. 
Deuxième partie (de 1508 à 1601). In-8, 355 p. Mamers, 
Fleury et Dangin. 

(Extrait de la Revue historique et archéologique du Maine.) 

222. — Lefèvre-Pontalis (E.). Monographie de Téglise 
Saint-Maclou de Pontoise. In-4, 196 p. et 11 pi. Pontoise, 
impr. Paris. 

(Documents édités par la Société historique du Vexin.) 

223. — Lefèvre-Pontalis (E.). Notice archéologique 
sur l'église de Gassicourt. In-8, 12 p. Versailles, impr. Cerf 
et fils. 

224. «-- Lbobat (F.). Documents pour servir à Thistoire 



156 SOCIÉTÉ 

de rancienne abbaye de Beaulieu (Maine). Iû-8, 144 p. Le 
Mans, impr. Monnoyer. 

225. — Légende (la) du grand saint Antoine, translatée 
dé latin en françois par frère Pierre de Lanoy, prescheur; 
publiée pour la première fois, d'après le manuscrit d'Antoine 
Du Saix, commandeur de Saint-Antoine de Bourg, par 
M. C. Guigne, archiviste en chef du département du Rhône 
et delà ville de Lyon. In-4, lxxvi-208 p. Lyon, Palud. 

226. — Livre (le) juratoire de Beaumont-de-Lomagne; 
cartulaire d'une bastide de Gascogne, transcrit et annoté 
par M. Gustave Babinet de Rencogne, archiviste du dépar- 
tement de la Charente, publié sous la direction de M. Fran- 
çois Moulenq, secrétaire général de la Société archéologique 
de Tarn-et-Garonne. In-8, lvi-276 p. , avec planches et fac- 
similé. Montauban, impr. Forestié. 

(Pablicatîon de la Société archéologique de Tam-et-Garonne.) 

227. — Marin (P.). L'art militaire dans la première 
moitié du xv* siècle : Jeanne d'Arc tacticien et stratégiste ; 
campagne de l'Oise (1430), siège de Compiègne. In-18 jésus, 
321 p. Paris, Baudoin. 

228. — Martin (A.). La confrérie et charité de Notre- 
Dame de Sainte-Adresse (1633-1792). In-18, 16 p. Fécamp, 
impr. Durand. 

229. — Maurin (G.). Une procédure criminelle au 
XIV® siècle, d'après une charte inédite. In-8, 24 p. Nîmes, 
impr. Ghastanier. 

230. — Melgot (A.). Le Jura; dictionnaire historique, 
géographique et statistique du département du Jura. In-8, 
318 p. et carte du Jura. Lons-le-Saunier, Declume frères. 

231. — Milon (E.). Notice sur la ville de Segré et son 
arrondissement. Petit in-18, 173 p. Saumur, Milon fils. 

232. — OuviBR (E.). La France avant et pendant la 
Révolution : les classes, les droits féodaux, les services 
publics. In-18 jésus, vin-632 p. Paris, Guillaumin et O^. 






DB L'HISTOmS DE FRÀNGEi 157 

233. — Petit (E.). Chartes de l'abbaye cistercienne de 
Saint-Serge de Giblet, en Syrie. In-8, 11 p. Nogent-le- 
Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur. 

(Extrait des Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de 
France.) 

234. — Petit (E.). Histoire des ducs de Bourgogne de 
la race capétienne, avec des documents inédits et des pièces 
justificatives. In-8, 528 p. et planches. Dijon, impr. Daran- 
tière. 

(Publication de la Société bourguignonne de géographie et d'histoire.) 

235. — Picot (G.). Le centenaire de l'assemblée de 
ViziUe (21 juillet 1788). In-12, 68 p. Paris, Hachette. 

236. — PoTHiER (M.-E.) . Un quartier de Nîmes à l'époque 
gallo-romaine, d'après des fouilles récentes. In-8, 48 p. et 
planches. Nîmes, impr. Chastanier. 

237. — Proust (H.). Les revenus et dépenses de l'hôtel 
de ville de Niort avant 1789. In-8, 328 p. Saint-Maixent, 
impr. Reversé. 

(Extrait des Mémoires de la Société de statistique, sciences, lettres et 
arts des Deux-Sèvres.) 

238. — Prudhomme (A.). Un épisode inconnu de la vie 
privée du baron des Adrets. In-8, 35 p. et fac-similé d'au- 
tographe. Grenoble, impr. Allier père et fils. 

(Extrait du Bulletin de l'Académie delphinale.) 

239. — QuESVERS (P.). Un procès au xv« siècle entre 
l'archevêque de Sens et le doyen de Montereau, In-8, 28 p. 
Fontainebleau, impr. Bourges. 

(Extrait des Annales de la Société historique et archéologique du Gâti- 
nais.) 

240. — Read (Charles). Le maréchal de Vauban, ses 
mémoires en 1689 et 1693, et ses efforts réitérés en faveur 
des huguenots. In-8, 59 p., avec vue de la maison de Vau- 
ban à Epiry. Paris, Agence centrale de la Société du Pro- 
testantisme français. 

A certains témoignages d'un ressentiment non éteint qui se sont 
malheureusement produits lors du second centenaire de la Révo- 



{58 SOCIÉTÉ 

cation, M. Read, dont chacun connaît le dévouement à l'histoire 
du calvinisme français, ne pouvait mieux faire que d'opposer 
réloquente et généreuse protestation du maréchal de Yauban 
en faveur des prétendus réformés. C'est en octobre 1689, il y a 
juste deux cents ans, qu'elle fut remise aux mains de Louvois. 
Rulhière la connut lorsqu'il écrivit ses Éclaircissements, en 1787, 
et le colonel Augoyat en a publié le texte, pour la première et 
unique fois, en 1843, mais avec quelques inexactitudes. M. Read 
le donne aujourd'hui d'après le tome I*' du fameux recueil des 
Oisivetés, récemment entré au Dépôt de la guerre. Il y a joint un 
mémoire d'un docteur de Sorbonne que Yauban avait annexé au 
sien propre, comme s tendant à même fin, » un autre mémoire 
de Yauban, du 5 mai 1693, « sur la guerre présente et les nou- 
veaux convertis, » qui se trouve dans le môme volume des Oisive- 
tés, et il a accompagné le tout de divers éclaircissements sur la 
véritable date du mémoire de 1689. A. B. 

241 . —< Riant (comte) . Les possessions de l'église de Beth- 
léem en Gascogne. In-8, 29 p. Auch, impr. Foix. 

(Extrait de la Revue de Gascogne.) 

242. — Richard (J.-M.). Cartulaire de l'hôpital Saint- 
Jean-en-l'Estrée d'Arras, publié avec d'autres documents 
et une étude sur le régime intérieur de cette maison et des 
hôpitaux d'Hesdin et Gosnay dans la première moitié du 
XIV® siècle. In-8, xxxvin-156 p. Paris, Champion. 

243. — RiGAL (E.). Hôtel de Bourgogne et Marais; 
esquisse d'une histoire des théâtres de Paris de 1548 à 1635. 
Petit in-18, 116 p. Paris, Dupret. 

244. — Robert (U.). Notes historiques sur Saint-Mandè ; 
illustrations de M. H. Voisin. In-18 Jésus, 153 p. Saint- 
Mandé, Beucher. 

245. — RoBERTBT (G.) et Coyegqub (E.). Les Robertet 
au XVI® siècle : registre de Florimont Robertet, catalogue 
d'actes royaux du règne de François P' (15 octobre 1524- 
18 août 1525). T. IL Fascicule ^«^ Grand in-8, xxxi- 
105 p. Paris, Firmin-Didot et C'\ 

246. — RocHEMONTEix (A. de). La maison de Graule : 
étude sur la vie et les œuvres des convers de Qteaux en 
Auvergne, au moyen âge. Grand in-8, 298 p. et planches. 



DB L'mSTOIRS DE FRANGE. 469 

Clermont-Ferrand, Bellet et fils ; Aurillac, Bonnet-Picot ; 
Paris, Picard. 

2Atl. -— RoNDiER (L.). Marché passé entre Jean de Bau- 
déan-Parabère, gouvemeur de Niort, et Jacques Trotin, 
architecte du roi en Poitou, pour des ouvrages de maçonne- 
rie à exécuter au château de la Mothe- Saint -Héraye 
(l""' octobre 1604). In~8, 13 p. Saint -Maixent, impr. 
Reversé. 

(Extrait des Bulletins de la Société de statistique, sciences, lettres et 
arts du département des Deux-Sèvres.) 

248. — RoNDOT (N.). Les maîtres particuliers de la Mon- 
naie de Lyon. In-8, 18 p. Lyon, impr. Mougin-Rusand. 

(Extrait de la Revue du Lyonnais.) 

249. — Tamizey de Larroque (Ph.). Les correspondants 
de Peiresc : XV. Thomas d'Arcos ; lettres inédites écrites 
de Tunis à Peiresc (1633-1636). In-8, 56 p. Alger, Ad. 
Jourdan. 

(Extrait de la Revue africaine.) 

Le quinzième des correspondants de Peiresc est un aventurier 
provençal que le goût des voyages et des curiosités scientifiques 
entraînait à de continuelles expéditions sur le littoral de la Médi- 
terranée : si bien que, pris une fois par des corsaires musulmans, il 
embrassa leur religion plutôt que de renoncer à ses études, s'établit 
à Tunis, et y devint le fournisseur en titre de cet insatiable Pei- 
resc. Quelques-unes des lettres qu'il lui adressait ont été publiées 
il y a trois quarts de siècle, mais sans les soins voulus, et notre 
confrère en donne à nouveau le texte, revu sur les originaux de 
la bibliothèque de Garpentras et dûment commenté, avant de 
passer aux sept lettres inédites que lui a fournies la Bibliothèque 
nationale. A. B. 

250. — Tamizby de Larroque (Ph.). Les correspon- 
dants de Peiresc : XVI . François Luillier; lettres inédites 
écrites de Paris à Peiresc (1630-1636). In-8, 56 p. Paris, 
veuve Léon Techener. 

En dépit d'une jolie historiette de Tailemant des Réaux et du 
commentaire que feu Paulin Paris y a joint, François Luillier 
(mort en 1652) est beaucoup plus connu comme père du poète 
épicurien Chapelle, que pour sa propre personnalité. Ce ne devait 
cependant pas être un esprit médiocre, à en juger par ses amis et 



460 SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 

ses correspondants habituels, Boulliau, les de Thou, Gassendi, 
Rubens, Ghanut, Mersenne, Saumaise, Peiresc enfin, et M. Tami- 
zey de Larroque n'hésite pas à, placer les vingt et une lettres 
écrites à ce dernier parmi les meilleures, comme style aisé et 
agréable, de toute la correspondance dont il poursuit le dépouille- 
ment avec tant de persévérance et d'érudition. A. B. 

251. — Valois (Noël). Le Conseil du Roi aux xiv% xv« 
et xYf sièdes ; nouvelles recherches, suivies d'arrêts et de 
procès-verbaux du Conseil. In-8, xi-403 p. Paris, Alph. 
Picard. 

Gette nouvelle étude de notre très dévoué secrétaire adjoint, 
venant se joindre à la publication de VInventaire des arrêts du 
Conseil d'État, lui a valu le premier prix de la fondation Gobert 
décerné cette année par l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres. Ici, dans le Bulletin dont la rédaction est confiée à 
M. Valois, nous ne pouvons qu'appplaudir discrètement à cette 
haute distinction, venant récompenser un laborieux et zélé adepte 
de l'histoire, et, sans insister davantage sur les mérites de son 
œuvre, nous nous bornerons à en indiquer le sujet et les prin- 
cipales divisions. Dans Tlntroduction mise en tête de VInventaire 
des arrêts du Conseil, M. Valois avait « concentré l'attention du 
lecteur sur le Conseil lui-même, sur ses transformations, sur ses 
démembrements, sur ses attributions, sur sa composition envi- 
sagée d'une manière générale. » Les divers mémoires ou notices 
séparées dont se compose le présent volume ont pour but spé- 
cial de faire connaître plus à fond la composition du Conseil, par 
conséquent ses tendances, sa ligne de conduite, son rôle politique 
à des époques particulièrement importantes, comme la captivité 
de Jean le Bon, le règne de Charles VI i la fin du règne de 
Charles VII, les débuts du règne suivant et le gouvernement 
d'Anne de Beaujeu, la première moitié du règne de Charles IX, 
les règnes de Henri III et de Henri IV. 

•Ces intéressantes études s'appuient sur de solides et substan- 
tiels appendices, dont l'un avait déjà été publié en partie dans 
notre Annuaire-Bulletin, et qui font revivre de la façon la plus 
saisissante les assemblées consultatives des siècles passés. 

A. B. 

252. — Zeller (J.). Histoire résumée de l'Allemagne et 
de l'empire germanique ; leurs institutions au moyen âge ; 
ouvrage accompagné de cinq cartes. In-18 jésus, vi-729 p. 
Paris, Perrin et G**. 



PROCÈS-VERBAL 

DE LA 

SÉAI9GE DU CONSEIL D'ADMINISTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE, 

TENUS LB 5 NOVEMBRE 1889, 

A l'École des chartes, à quatre heures un quart, 

sous LA PRESIDENCE DE M. LÉON GAUTIER, YIGE-PRésiDENT. 

(Procès-verbal adopté dans la séance du 3 décembre suivant.) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente; la rédaction en est adoptée par le Conseil. 

M. le président annonce que la Société et le Conseil ont 
fait plusieurs pertes regrettables depuis la séance du mois de 
juillet. 

M. Fustel de Goulanges, membre de llnstitut et directeur 
honoraire de l'Ecole normale supérieure, mort le 12 sep- 
tembre, appartenait à la Société depuis l'année 1875. Ses 
travaux, soit sur l'antiquité classique, soit sur l'origine des 
institutions politiques de la France, l'avaient placé au pre- 
mier rang de nos historiens, et le souvenir de sa direction à 
rÉcole normale, ainsi que des relations bienveillantes qu'il 
entretenait avec tous les érudits ou les travailleurs, ajoute 
aux regrets que cette perte cause universellement. 

M. le baron de Witte, membre du Conseil depuis 1876, 
était entré dans la Société dès 1841, sous le patronage d'un 
de nos plus illustres fondateurs, Charles Lenormant. Quoique 
Belge d'origine et membre de l'Académie royale de Belgique, 
M. de Witte avait fait de la France son pays d'adoption et 
avait mérité par ses travaux sur la numismatique romaine 
et gauloise le titre d'associé étranger de notre Académie des 
inscriptions et belles-lettres. Outre la part prise par lui aux 
progrès de la science en France comme dans sa propre 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. U 



162 SOCIÉTÉ 

patrie, on ne peut oublier c[u'il fut un donateur des plus 
généreux, tout récemment encore, pour le Cabinet des 
médailles de la rue Richelieu. Malgré son grand âge et une 
cécité presque complète, M. de Witte tenait à assister sou- 
vent aux séances du Conseil, qui était très honoré de le 
compter parmi ses membres. Il est mort le 29 juillet dernier, 
à quatre-vingt-un ans. 

M. Cougny, mort le 3 du même mois, à soixante-onze ans, 
agrégé et docteur es lettres, ancien professeur de rhétorique, 
inspecteur de l'Académie de Paris, s'était fait connaître en 
premier lieu par des études historiques sur Guillaume du 
Vair, Hotman, Pibrac, Béroald de Verville, etc. Helléniste 
distingué, la maison Didot l'avait chargé de terminer 
Y Anthologie grecque, et notre Société l'avait choisi en 
1876, sur la proposition du regretté M. Egger, pour publier 
le recueil des Extraits des Auteurs grecs concernant la 
géographie et l'histoire des GaïUes. Cinq volumes de 
cette publication avaient déjà paru, et le texte du tome VI 
et dernier était presque entièrement prêt, lorsque la mort a 
surpris M. Cougny. Son œuvre pourra néanmoins être 
achevée, à son honneur comme à celui de la Société, qui, 
dès l'origine, avait placé ce recueil au premier rang des 
publications les plus nécessaires pour l'histoire primitive 
de la France. 

Enfin, la Société et le Conseil ont perdu un collaborateur 
profondément dévoué dans la personne de M. Camille Ri vain, 
qui avait succédé à feu M. Dupont, dans les triples fonctions 
de trésorier-archiviste-bibliothécaire. M. Rivain a été subi- 
tement enlevé le 3 octobre dernier, n'ayant point encore 
quarante ans. Ancien élève de l'Ecole des chartes, ancien 
archiviste du Cantal et de la Haute-Vienne, archiviste aux 
Archives nationales, il s'était fait connaître par un excellent 
mémoire sur le Consulat d'Aurillac, et plus récemment il 
avait publié une intéressante étude historique sur le Château 
de Beau fort-en-Y allée. Son trop court passage dans les 
fonctions que le Conseil lui avait confiées en 1886, et où son 
prédécesseur avait si longtemps fait preuve de dévouement et 



f 



DE L*HISTOIU NB FRANCE. 163 

d'expérience, a été très profitable à la Société ; le président 
actuel, M. Paul Meyer, en a rendu témoignage sur sa tombe, 
et le Comité des fonds tiendra à devoir aujourd'hui de consi- 
gner, dans ce procès-verbal, l'expression particulière de sa 
gratitude et de ses regrets. 

Le Conseil, après avoir remercié M. le président et M. le 
vice-président de s'être faits les interprètes de ses sentiments 
unanimes, ordonne l'insertion au procès-verbal du discours 
prononcé par M. Mejer sur la tombe de M. Rivain *. 

Publications adressées à la Société. 

Publications périodiques. — Revue historique, novembre-dé- 
cembre 1889. — Revue des Questions historiques, !«' octobre 1889. 

— R&sue historique, juillet -août et septembre -octobre 1889. — 
Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme français, 
juillet à octobre 1889. — Bulletin des bibliothèques et des archives, 
année 1889, n* 1. — Bulletin de la Société bibliographique, juillet- 
octobre 1889. — Bulletin de l'Association philotechnique, juillet- 
août 1889. 

Sociétés savantes. — Bulletin de la Société des Antiquaires de 
Picardie, année 1889, n° 1 . — Mémoires de la Société des Antiqiuiires 
de Picardie, 3* série, t. X. — Bulletin de la Société archéologique 
et historique de l'Orléanais, 1<" trimestre 1889. — Bulletin de la 
Société des Antiquaires de la Morinie, avril-juin 1889. — Bulletin 
de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 2« et 3* trimestres de 1889. 

— Mémoires de la Société des Antiquaires de la Morinie, t. XXI 
(1888-1889). — Mémoires de V Académie d'Arras, 2« série, t. XX. 

— La Thiérache; bulletin de la Société archéologique de Vervins, 
t. XI. — Proceedings of the American philosophical Society held at 
Philadelphia, janvier-juillet 1889. 

Publications de TAcadémie royale des sciences, des lettres et 
des beaux-arts de Belgique : Bulletins, t. XTTT à XVI (1887 et 
1888). — Comptes rendus des séances de la Commission royale d*hi$' 
toire, 4« série, t. XIV, 2« à 4« bulletins; t. XV, 1» à 4« bulletins; 
t. XVI, !•' buUetin. — Annuaires de 1888 et de 1889. — Biogra- 
phie nationale, t. IX, 3« fascicule; t. X, 1" fascicule. — Intro- 
duction au t. Vn de la Table des chartes et diplômes imprimés con- 
cernant l'histoire de la Belgique, — Relations politiques des Pays-Bas 
et de l'Angleterre sous le règne de Philippe II, publiées par M. le 

1. Ci-après, p. 168. 



164 SOGIÉTË 

baron Kervyn de Lettenhove, t. VI et Vil. — Correspondance du 
cardinal de Granvelle, publiée par M. Gh. Piot, t. VI. 

Ouvrages offerts par les auteurs ou les éditeurs. 

Discours prononcés à la séance générale du Congrès des Sociétés 
savantes, par M. Renan, membre de l'Institut, et M. Fallières, 
ministre de Tlnstruction publique et des beaux-arts. Br. in-8. 
Paris, Imprimerie nationale. — Statistique des dépenses publiques 
d'assistance faites en France pendant Vannée 1885, par Henri 
Monod, directeur de PAssistance publique. In-4. Paris, Impri- 
merie nouvelle. — Les parlers de France, lecture faite à la réunion 
des Sociétés savantes, le 26 mai, par M. Gaston Paris, membre 
de llnstitut. Br. in-4. Paris, Impr. nationale. — Histoire des ins" 
titutions politiques et administratives de la France, par Paul Viol- 
let, membre de llnstitut. T. I«. In-8. Paris, Larose et Forcel. — 
Rambervilliers pendant la Révolution, par A. Fournier. (Extrait des 
Annales de VEst.) Br. in-8. Nancy, impr. Berger-Levrault et G»«. 
— Notes manuscrites d'un conseiller au parlement de Normandie 
(1769-1789), par le comte d'Estaintot. Br. in-8. Rouen, impr. de 
Espée-Gagniard. — Le château de Canteleu près Rouen et ses pro* 
priétaires depuis le IVfl^ siècle, par Gust.-A. Prévost. Br. in-8. 
Gaen, Henri Delesques. — Le Jupiter en bronze du musée d'Évreux, 
par le même. Br. in-8. Évreux, impr. Gh. Hérissey. — Histoire 
de Véglise réformée de Laval au IVlh siècle, par André Joubert. 
In-8. Paris, Ém. Lèche valier. — Les réparations faites à divers 
édifices du Mans, les recettes et les gages des officiers de Louis II, duc 
d'Anjou et comte du Maine, de 1368 à 1374, par le môme. Br. in-8. 
Mamers, Fleury et Dangin. — L'inauguration de l'hôtel de Pincé, 
par le même. Br. in-8. Angers, Germain et Grassin. — Notes iné- 
dites sur ChâteaU'Gontier au IVIII^ siècle, par le même. Br. in-8. 
Ghâteau-Gontier, H. Leclerc. — Documents inédits sur Vhistoire 
de la Révolution en Bretagne et Vendée, publiés par le même. Br. 
in-8. Vannes, Eug. Lafolye. — Histoire illustrée des villes d'An- 
zances et de Crocq, par Ambr. Tardieu et A. Boyer. In-32. Her- 
ment, chez M. Ambr. Tardieu. — Les insurrections populaires en 
Basse-Normandie au IV^ siècle, pendant V occupation anglaise, et la 
question d'Olivier Basselin, par Armand Gasté, professeur à la 
Faculté des lettres de Gaen. Br. in-8. Gaen, H. Delesques. — La 
bibliothèque publique de Toulouse en 1790 et le bibliothécaire CastiU 
Ion, par M. Lapierre. Br. in-8. Toulouse, impr. Douladoure- 
Privat. — Quelques notes relatives à V Académie des sciences, inscrip- 
tions et belles-lettres de Toulouse, par le même. Br. in-8. Toulouse, 
impr. Douladoure-Privat. — Notes bibliographiques sur les habita^ 
lions ouvrières et sur le grisou, par F. Nlzet. Br. in-8. Bruxelles, 
impr. Vanbuggenhoudt. 



DE L'HISTOIBK DS FRANCE. 165 

Correspondance. 

M. Anatole de Barthélémy et M. le marquis de Beauoourt 
s'excusent de ne pouYoir assister à la séance. 

M. le Ministre de l'instruction publique adresse : 1* le 
programme du Congrès des Sociétés savantes qui doit se 
tenir en 1890 ; 2* le discours prononcé par M. Lockroj, son 
prédécesseur, à la clôture du Congrès de 1888. 

M. le vice-recteur de l'Académie de Paris annonce que le 
prix offert par la Société pour le Concours général des lycées 
et collèges de Paris , Yanves , Sceaux et Versailles a été 
déoamé à l'élève Barrachin , du lycée Saint-Louis , qui a 
obtenu le premier prix d'histoire en rhétorique. 

Travaux de la Société. 

Etat des impressions k l'imprimerie Daupeley-Gouvemeur : 
Annuaire-Budletin. l^ partie. Feuilles 1 à 8 distribuées. 

Histoire universelle cT Agrippa cTAubigné. T. IV. 
Feuilles 1 à 4 tirées ; feuilles 5 à 9 en placards. 

Lettres de Louis XI. T. IV. Feuilles 1 à 3 en pages. 

Chroniques de Louis XII, par Jean dCAuton. T. I. 
Feuilles 9 à 22 tirées ; feuilles 23 à 25 et demie en pages (fin). 

Chronique de Richemont. Feuilles 1 à 5 tirées; feuilles 
6 à 11 en pages. 

Chronique du héraut Berry. Feuilles 1 à 3 tirées; 
feuilles 4 et 5 en pages, 6 à 8 en placards. 

Le Conseil, considérant* que le tome I des Chroniques 
de Louis XII sera prêt avant trois semaines, autorise la 
distribution de ce volume, pour compléter l'exercice 1889, 
conjointement avec les deux autres ouvrages dont la distri- 
bution avait été décidée dans la précédente séance. 

Le secrétaire annonce que M. Ludovic Lalanne se pro- 
pose de déposer une partie du tome XII des Œuvres de 
Brantâme à la fin de l'année, et que M. le marquis de 



466 SOCIÉTÉ 

Vogué a bien voulu promettre le manuscrit du tome IV des 
Mémoires de Villars pour le commencement de 1890. 

Le secrétaire annonce que M. Lanier, gendre du regretté 
M. Gougnj, lui a remis le manuscrit, préparé par celui-ci, 
du texte du tome YI et dernier des Extraits des Auteurs 
grecs. — Le Conseil le charge d'en aviser M. le marquis 
de Queux de Saint-Hilaire, commissaire responsable de cette 
publication, qui voudra bien chercher les moyens de la 
faire terminer dans le plus bref délai. 

M. le marquis de Nadaillac rappelle au Conseil qu'il l'a 
déjà entretenu, de la part de M. le baron Eervyn de Lel^ 
tenhove, de l'intérêt qu'il y aurait à publier la correspon- 
dance du duc d' Alençon avec la reine Elisabeth d'Angleterre, 
dont les originaux, conservés dans la bibliothèque du mar- 
quis de Salisbury, en Angleterre, pourraient être mis à la 
disposition de la Société. — Le Conseil prie M. le marquis 
de Nadaillac de se procurer quelques renseignements com- 
plémentaires sur l'étendue et le caractère de cette corres- 
pondance, ainsi que sur les moyens d'en obtenir commu- 
nication. 

M. L. Delisle, président du Comité de publication, annonce 
qu'il est chargé de communiquer une très heureuse nouvelle 
au Conseil. M. Paul Meyer, président actuel du Conseil, 
veut bien se charger de préparer pour la Société une édition 
du poème inédit de Y Histoire de Guillaume le Maréchal, 
comie de Pembroke (1225), dont l'exemplaire unique a 
été découvert par lui en Angleterre, et sur lequel il a fait 
une très intéressante communication à une Assemblée 
générale de la Société*. M. Delisle se borne à ajouter que 
ce poème, au double point de vue de l'histoire et de la 
langue, est un document de premier ordre, que sa publi- 
cation , par l'érudit le plus compétent , ferait un extrême 
honneur à la Société, et que le Comité de publication s'em- 
presse de proposer l'acceptation des offres de M. Meyer. 
Selon toute apparence , l'ouvrage ferait deux volumes de 

1. Année 1882, l'« partie, p. 81, et 2« partie, p. 244-264. 



DE X'HISTOIRE DE FRANCE. 167 

texte et un volume de commentaires, notes et lexiques. — 
Le Conseil, conformément à cet avis, accepte en principe la 
proposition de M. Meyer, en exprimant à celui-ci sa vive 
gratitude et son espoir que la publication projetée arrivera 
le plus tôt possible à la période d'exécution. 

M. MoranviUé, au nom du Comité des fonds, demande 
que les fonctions de trésorier4irchiviste-bibliothécaire, res- 
tées vacantes depuis la mort de M. Rivain, soient provisoi- 
rement confiées à M. Léon Lecestre, archiviste aux Archives 
nationales. — Le Conseil désigne, d'urgence et provisoire- 
ment, M. Lecestre pour faire ces fonctions, en attendant 
que l'Assemblée générale ratifie ce choix en faisant entrer 
M. Lecestre dans le Conseil, et il lui délègue, en due forme, 
les pouvoirs nécessaires pour le maniement des fonds de la 
Société. 

Sur un autre rapport de M. MoranviUé, l'échange de 
VAnnttaire-BtUletin avec les publications de la Société 
d'archéologie de Bruxelles est accepté conformément à la 
proposition transmise, le 25 juillet dernier, par le bibliothé- 
caire de cette Société. 

Le secrétaire annonce que M. Ulysse Robert a bien voulu 
insérer dans le Bulletin des bibliothèques et des archives 
une note relative à la mise en vente à prix réduit d'un cer- 
tain nombre d'anciennes publications de la Société, et que 
des articles de MM. Levavasseur, Emm. d'A. et X., sur les 
Mémoires d'Olivier de la Marche, ont paru dans la 
Revue des Questions historiques, dans le Bulletin biblio^ 
graphique et dans la bibliographie du Correspondant, 
ainsi qu'une étude de M. Alfred Maury, sur les Chroniques 
de Froissart, dans le Journal des Savants. 

L'édition des Mémoires de Monluc faite pour la Société, 
par M. le baron de Ruble, est un des ouvrages portés pour 
l'année 1890 au programme du concours de l'agrégation 
es lettres. 

Le Conseil est informé que, dans la distribution des 
récompenses accordées à l'occasion de l'Exposition univer- 
selle, une médaille d'or a été attribuée à la Société, et que 



168 SOCIÉTÉ DE L'HISTODUS DE FRANGE. 

les cinquante volumes qui figuraient en son nom dans l'expo- 
sition particulière des Sociétés savantes, organisée par le 
Ministère de l'instruction publique, ont fait retour à la 
librairie. 
La séance est levée à cinq heures trois quarts. 



DISCOURS DE M. PAUL MEYER, 

PRiéSIDBIlT DE LÀ SOCftli^ 
AUX OBSÈQUES DE M. CAMILLE RIVAIN. 

La Société de rHistoire de France doit une parole d'adieu à celui 
qui, pendant ces trois dernières années, a rempli dans son Conseil, 
à sa complète satisfaction, les fonctions de trésorier -archiviste- 
bibliothécaire. A des Sociétés comme la nôtre, qui n'ont d'autres 
ressources que les souscriptions de leurs membres, il ne suffit pas, 
pour vivre, de mettre au jour de nombreux volumes appréciés des 
érudits : il leur faut encore une administration attentive à main- 
tenir les dépenses en d'étroites limites, à éviter tout gaspillage, 
à assurer l'application entière des revenus aux fins que se propose 
la Société. Camille Ri vain possédait à un haut degré les qualités 
qu'exige la fonction à laquelle le Conseil l'appela au commencement 
de l'année 1886, après le décès de notre regretté confrère Edmond 
Dupont. Il remplaçait un homme dont toutes les facultés s'étaient 
de bonne heure tournées vers les choses de l'administration, et 
qui, trouvant dans Taccomplissement du devoir la force nécessaire 
pour résister aux souffrances d'une incurable maladie, avait conti< 
nué jusqu'à ses derniers jours à s'occuper avec zèle des intérêts de 
notre Société. Rivain ne lui fut point inférieur. Il apporta à ses 
nouvelles fonctions l'intelligence, l'ordre, le dévouement sans 
ostentation dont il avait donné depuis longtemps les preuves dans 
sa carrière d'archiviste. Il a contribué grandement au succès des 
diverses mesures prises récemment en vue de diminuer nos 
dépenses. Dès son entrée dans notre Conseil, sa modestie et 
l'aménité de son caractère lui avaient valu, chez nous comme aux 
Archives nationales, la sympathie de ses confrères. La Société 
ne perdra pas le souvenir de l'homme qui fut, pour trop peu de 
temps, l'un de ses membres les plus dévoués et les plus utiles. 



PROG&S-VERBAL 

DE LA 

SÉANCE DU CONSEIL d'ABMINISTRATION 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANGE, 

TEKUm LB 3 DiCBMBRB 1889, 

A l'École des chartes, à quatre heures on quart, 

sous LA PftiSIDENGE DB M. PAUL METMM, PRBSIDEMT. 

(Proeès-Terbal ëâùpié dans b séance do 7 jaiiTier 1890.) 

Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance 
précédente ; la rédaction en est adoptée par le Conseil. 

M. le président annonce qu'il vient d'assister, ainsi que 
plusieurs membres du Conseil, aux obsèques de M. le mar- 
quis de Queux de Saint-Hilaire, décédé le 29 novembre, à 
cinquante-deux ans. Il s'est fait l'interprète des r^rets et 
de la gratitude du Conseil sur la tombe si prématurément 
ouverte pour un ami dévoué de la science dont chacun 
appréciait les connaissances variées, la courtoisie, la géné- 
reuse et amicale libéralité. — Le Conseil, s'associant aux 
sentiments exprimés par M. le président, ordonne que le 
discours préparé par lui, et lu, à sa place, par M. Siméon 
Luoe, avant le départ du corps de M. le marquis de Saint- 
Hilaire pour Hazebrouck, sera imprimé à la suite du présent 
procès-verbal. 

M. le président prodame membres de la Société, après 
avoir soumis ces admissions à l'approbation du Conseil : 

2186. M. le marquis de Podenas, rue Paul-Baudry, 
n? 4; présenté par M. le marquis de Nadaillac et M. de 
Boislisle. 

2187. M. le comte Horrig de Beaugaire, premier secré- 
taire d'ambassade, avenue Kléber, n* 78; présenté par 
MM. le comte de Cosnac et le comte de Chantérac. 



Publications adressées à la Société. 

PuBUCATions p6biodioces. — Bulletin d'hûtotre eeeUtiastiqua et 
Sarchiologie religÛMie des diodut de Valanee, Gap, Grem^le et 
nvieri, septembre 1B8S à décembre 1889. — BuiUtin de la SodéU 
de l'BUtoire du Protestantisme français, {5 nov. 1889. — Bulletin 
de la SocUli bibliographique, aovembre 1889. — Bulletin de l'Ai- 
soeiation philoteehnique, noTembre 1889. 

SocifcrÉs UTÀHTiB. — Bulletin da la Soeiéti des Antiquaires de 
la Morinie, jnîltet-sept. 1889. — Bulletin de la SoeiiU des sciences 
hislorigues et naturelles de l'Yonne, année 18S9. 

Ouvrages offerts far Us auteurs ou Us iditettrs. 

Livre de raison de la famille de FonUtinemarie (1610-1774), publié 
par Ph. Tamizoy de Larroqne. Br. in-S. Agen, impr. veuve Lamy. 

— Petits mémoires inédits de Peiresc, publiés et annotés par le 
même. fir. in-S. Amers, impr. venve de Backer. — Les seigneurs 
de Mollière et de la Brossiniire (it'-ivm* siècles), d'après des docn- 
ments inédits, par André Joubert. Br. in-8. Laval, impr. Moreau. 

— Les troubles de Craon du \ï juillet au fO sept. 1789, d'après un 
document inédit, par le même. Br. in-8. Laval, impr. Moreau. — 
Lettres inédites du roi Henri IV à M. de Bithune, ambassadeur dé 
France à Rome, dn 19 octobre au 24 décembre 1601, publiées par 
Eug. Halphen. Br. In-S. Paris, Champion. — Mémoires et consul- 
tçtions en faveur de Jeanne d'Are, par les juges du proeii de réhabi- 
litation, publiés, d'après les manuscrits autographes, par Pierre 
Lanéry d'Arc, docteur en droit, avocat à la Coar d'appel d'Aix, 
lauréat de llnatitut. Un vol. in-8. Paris, Alpb. Picard. 

Correspondance. 

M. le comte de Marsy et M. Rocquain s'ezcaseat de oe 
pouvoir assister à la séance. 

lYavauœ de la Société. 

État des impressions à l'imprimerie Daupeley-GouTemeor : 
^nnuaire-Btdletin. 1" partie. Feuilles 9 et 10 en pages. 
Lettres de Louis XI. T. IV. Feuilles 1 à 3 tirées; 
feuilles 4 et 5 en placards. 



DB L'HISTOIRE DS FRANGB. 471 

Histoire universelle cT Agrippa cTAubigné. T. IV. 
Pas de changement depuis la précédente séance. 

Chroniques de Louis XII par Jean dCAuton. T. I. 
Volume terminé et mis en distribution. 

Chronique du héraut Berry, Pas de changement depuis 
la précédente séance. 

Chronique de Richemont. Feuilles 6 à 10 tirées ; feuilles 
11 à 13 en placards. 

Le secrétaire donne lecture d*une lettre, en date du 
13 novembre, par laquelle M. le marquis de Queux de 
Saint-Hilaire se mettait à la disposition du Conseil pour 
examiner la copie du dernier volume des Extraits des 
Auteurs grecs et pour chercher les moyens d'en achever 
la publication. — La mort de M. de Saint-Hilaire laissant 
vacantes les fonctions de commissaire responsable, le Con- 
seil prie M. le président de prendre les informations néces- 
saires, et particulièrement de chercher un éditeur qui puisse 
terminer l'œuvre de M. Cougny . 

M. le marquis de Nadaillac communique les renseigne- 
ments suivants que lui a bien voulu adresser M. le baron 
Kervyn de Letteriove, selon le désir exprimé par le Conseil : 

Les lettres du duc d'Alençon à Elisabeth, spécimen assez étrange 
d'afféterie, dans une orthographe impossible, offrent mi intérêt de 
curiosité ; mais elles sont sans valeur, au point de vue de la poli- 
tique et de l'histoire, et je ne pense pas que la Société de l'His- 
toire de France puisse songer à les publier. 

Me serait-il permis de signaler deux publications intéressantes, 
toutes prêtes pour l'impression? 

D'abord, les lettres de Guy de Bazoches, — monument littéraire 
de premier ordre et tableau remarquable d'une époque reculée, — 
dont les copies préparées pour l'impression, sous la direction de 
M. Riant, se trouvaient récemment entre les mains de M. Petit, 
l'un des conservateurs de la Bibliothèque royale de Bruxelles. 
Ensuite, le recueil des lettres de Mondoucet, ambassadeur de 
Charles IX aux Pays-Bas, copié et préparé pour l'impression, 
entre les mains d'un bibliophile de Reims. 

H appartiendrait à M. le baron de Ruble, l'érudit éditeur de d'Au- 



m sociSté 

bigné, de mettre an jour d'une manière complète, d'après les 
manuscrits de Braxellee et de Vienne, les correspondances de 
Chantonnay, cet intelligent et perspicace observateur des intrigues 
de la cour de Catherine de Mèdicis et de Charles IX. 
Chacune de ces trois publications ne formerait qu'un volume. 

M. L. Delisle, à cette occasion, rappelle qu'un projet de 
publier les lettres de Guy de Bazoches avait été annoncé, il 
j a quinze ans, par M. Riant ou par M. ËUe Berger, archi- 
viste aux Archives nationales. L'existence du manuscrit qae 
signale M. Kervyn de Lettenhove permettrait peutr-être de 
donner suite à ce projet. 

Le secrétaire annonce que, sur la lettre qu'il a éciite, 
suivant l'inTitatioa du Conseil, à M. Léon Pélissier, celui- 
ci a repris possession du dossier de pièces relatives aux 
débuts du règne de Louis XII qu'Q avait copiées aux 
archives de Milan, et ^e cette publication, ne pouvant être 
faite actuellement par la Société, sera proposée au Comité 
des travaux historiques. 

M. L. Delisle dépose une proposition qui lui a été adressée 
par M. Viard, archiviste aux Archives nationales, de publier 
les fragments du journal du Trésor de Philippe de Valois 
(1348-1350) conservés dans cet établissement. Ce texte don- 
nerait la valeur de deux ou trois volumes. — Renvoi au 
Comité de publication. 

M. Moranvillé, au nom du Comité des fonds, présente 
l'état des recettes et celui des dépenses soldées ou prévues 
au i" décembre. Excédent des recettes : 2,970 fr. 26 c. 

La séance est levée à cinq heures. 



DISCOURS DE M. PAUL MEYER, 

PSéSIDBNT DE LA SOCI^Â, 
AUX OBSÈQUES DE H. LE HARQUIS DE 8AINT-HILAIRE. 



Le Conseil de la Société de l'Histoire de France est cruellement 



DE L'HISTOIItX DE FRANCS. 473 

Êproavé. U y a qoelqucâ «eaiaiues, nous rendions les derniers 
devoirs à an de nos ton frères les plas dévoao.^.à H.Rivain,iiotre 
trésorier, et voici que lu marqujj de Qu(;ux de Saint-Hilidre, 
nommé membre du Gon^tcil dansl^e Assemblée générale de 1886, 
le même joar que Rivuln, laisa^fàniii nous ua vide difficile & 
combler. Loi^itemps avant d'être appelé à prendre sa part dans le 
gouvernement de notro association, M, un (Ju^'ur de 8&iat-Hilaiie 
était des ndtres. U s'était affilié à la Société de l'Histoire de France, 
comme A bien d'antres Bociétéa, parce qn'il aimait, en quelque 
mesure et à quelque titre que ce fût, à contribuer à toute œuvre 
ntile. Il n'avait point sollicité nos suffrages; mais, lorsqu'on vint 
Ini dire qu'il pouvait, en entrant dans le Conseil, nous rendre 
service, il s'oflrit avec sa bonne grice habituelle. Nous venions de 
perdre M. Egger, qui, depuis longtemps atteint de cécité, eurveil- 
lùt néanmoins avec zèle la publication, entreprise par M. Ckm- 
gny, des Extrait* des Auleun grecs relatifs à la Gaule. H. de 
Queux de Saint-Hitaire remplaça Egger dans la fonction de com- 
missaîre responsable pour cette publication, et s'en acquitta cens- 
ciendeusement jusqu'au moment ob H. Gougny mourut, laissant 
son édition interrompue. 

M. de Saint-Hilsire avait une érudition très variée, sans être 
un érudit de profession. B ne voulait être qu'un simple amateur : 
c'est ainsi qu'il s'est qualifié lui-même, dans une touchante notice 
sur Paulin Paris qu'il a placée en tête d'un des volumes de son 
édition, malheureusement inachevée, des poésies d'Eustache Des- 
champs. Mais c'était un amateur éclairé, et il l'était en des genres 
très divej's. Il savait, aussi bien que personne, qu'à notre époque 
d'ardentes compétitions on n'est classé parmi les savants qu'à la 
conijitloii de consacrer sa vie à des recherches minutieuses con- 
centrées sur un espace de plus en plus limité. Mais il ne pensait 
pas à se fiire son petit domaine à lui dans le vaste champ de 
i'éruditiou. Étranger à toute ambition personnelle, il fut toujours 
^idé, dans les différents ordres d'études auxquels il appliqua son 
ktelligenca, par des sentiments généreux et désintéressés : il devint 
st4', parce qu'il aimait la Grèce; il étudia notre vieille'lit- 
tûrature et contribua à la faire connaître, parce qu'il aimait son 
pays et ne séparait pas, dans son affection, la vieille France de la 
France d'aujourd'hui. On congoit, le connaissant, qu'il se soit 
attaché à Eustache Ûeschamps, le poète patriote qui a fait la 
ballade : Tel pays n^est qu'en royaume de Fratiee. 

Le marquis de Saint-Hitaire était, à un degré éminent, nn 



174 SOGrtTÉ 

homme sociable. Par <l<^Mjuemeni pou r >-à mère, qa'il avait perdue 
il 7 a dix ans, piMii-iHre aussi parce qu'il se Bavait d'une santé 
cbaacelaDte, il sV^ait résigné fui célibat. Mais il avait su se for- 
mer une large famille d'amisfl|d'o)i1ig<'^9. Ses manières simples 
et franches, son atTalnlité, sagnlccnaturr'lle charmaient tons ceux 
qui l'approchaient. Son tcmpçi, S6S rel.iiiuas du monde, ses livres, 
ses conseils étaifiu à h ilispofiti.'ii (!-■ qui voulait en nser. Il 
aimait à collectionner les objets d'art, les dessins, les autographes, 
les manuscrits, tes éditions rares ; mais il n'était pas avare de ses 
trésors. Il l'a bien prouvé tout récemment. Il y a quelques semaines, 
alors que ni lui, ni personne n'avait le pressenUment de sa fin 
prochaine, par pure libératité, il fit don à la Bibliothèque natio- 
nale d'un certain nombre de manuscrits acquis à diverses époques. 
Sa vie trop courte fut bien employée. Il a montré à ses contem- 
porains comment un homme de .loisir peut, en dehors des posi- 
tions officielles et de la politique, faire un usage honorable de ses 
facultés et tenir dignement sa place entre ses concitoyens. Le 
CoQseil de la Société de l'Histoire de France, qni profita trop peu 
de temps de sa tùnne volonté, gardera un souvenir ému de cet 
homme de cœur, dont la vie fut celle d'un savant, d'un artiste et 
d'un véritable gentilhomme. 



PRIX DÉCHBlrts PAR l'iNSTITCT ADX OtITRAGBS HISTORKIDES. 

L'Académie firançaise, dans sa séance aDonelle du 
14 Dorembre 1889, a décerné les prix suivaDts : 

Prix Gobeet. — Premier prix à M. le Ticomte d'Ave- 
Del, pour les trois premiers volumes de son ouvrage inti- 
tulé : Richelieu et la monarchie absoltte. 

Second prix à M. Edmond Biré, pour son volume inti- 
tulé : Paris en 1793. 

Prix Thérouanhe, décerné à M. Germain Bapst, potir 
son ouvrage historique sur les Joyaux de la couronne. 

PrixThœrs, décerné à M. A]3e] Lefranc, auteur d'un 
ouvrage intitulé : la Jeunesse de Calvin. 



DB L'HISTOUK DB FRANCB. {75 

Fbo. Boudin, décerné à M. Ch. Ravaisson-Mollien. poar 
sa publication intitulée : les Manuscrits de Léonard de 
Vinci. 

Prix Jean Retnacd, décOTné à M. Victor Duruy, pour 
sott Bistoire des Grecs. 

Phh Marcelin Gdbrin. — Prix de 2,000 fr. k M. Léon 
Palustre, auteur de l'ouvrage intitulé : la Renaissance en 
France. — Prix de 1 ,000 fr. à M. E. Lintilhac, pour son 
étude sur Beaumarchais et ses ceuwes. 

Prix Montton. — Deux prix de 1,500 fr., l'un au R. P. 
Paul Lallemand, pour son histoire de l'éducation dans 
l'ancien Oratoire de France, l'autre à M. V. du Bled, 
pour son volume intitulé : les Causeurs de la Révolution. 
Un prix de 1,000 fr. à M. Paul Gaulot, auteur d'un Cowi- 
plot sous la Terreur. 

Prix Vitet. — Une moitié du prix est attribuée à 
M.Ch.Triarte, auteur de divers ouvrages intitulés: Venise, 
Florence, la Vie d'un patricien de Venise, un Con- 
dottiere du XV* siècle, etc. 



L'Acad^nie des inscriptions et belles-lettres, dans sa 
séance annuelle du 22 novembre 1889, a décerné les prix 
suivants : 

Prix Gobert. — Premier prix à M. Noël Valois, pour 
ses deux ouvrages intitulés : InverUaire des arrêts du 
Conseil à' État (régne de Henri IV) et le Conseil du 
Roi aux XîV', XV et XVP siècles. 

Second prix à M. Auguste MoUnier, pour sa Géo- 
graphie historique de la province de Languedoc au 
moyen âge. 

AniNiinÉa de la France. — La première médaille est 



décernée fa M. E. Jarry, pour aoa ouvrage intitulé : la Vie 
politique de Louis de France, duc ^Orléans (1372~ 
Î407). 

Ia seconde médaille fa M. P. Guéiin, pour le tome lY de 
son Recueil des documents concernant le Poitou con- 
tenus dans les registres de la Cfumcellerie de France 
(1369-1376). 

Ui troisième médaille à M. A. -Cl. Fallu de Lessert, 
auteur d'un ouvrage sur les Fastes de la Numidie sous 
la domination romaine. 

La quatrième médaille fa MM. C. Favre et L. Lecestre, 
qui ont édité, pour la Société de l'Histoire de France, te 
Jouvencel, par Jean de Bueil, suivi du Commentaire 
de Guillaume Tringant. 

Première mention fa M- le duc de la TrèmoïUe, pour son 
ouvrage intitulé : Archives d'un serviteur de Louis XI, 
documents et lettres (1451-1481); la seconde, fa M. Ch. 
Morel, pour son livre intitulé : Genève et la colonie de 
Vienne, étude sur une organisation rnunicipale à 
l'époque romaine ; la troisième, à MM. les docteurs Bleicher 
et Faudel, auteurs de Matériaux pour une étude préhis- 
torique de l'Alsace; la quatrième, à M. A. Prudhomme, 
pour son Histoire de Grenoble; la cinquième, à M. H. Stein, 
pour son étude sur Olivier de la Marche, historien, poète 
et diplomate bourguignon; la sixième, fa M. G. d'Epinay, 
pour son ouvrage intitulé : la Coutume de Touraine au 
XV' siècle. 

Prix de la Grahgk, décerné à M. Emile Picota pour ses 
deux ouvrages intitulés : le Monologue dramatique de 
l'ancien théâtre français, et les Moralités politiques 
dans l'ancien théâtre français. 



L'Académie des sciences morales et politiques, dans sa 



D£ L'HISTOIRE DE FRANGE. 177 

séance annuelle du 7 décembre 1889, a décerné les prix sui- 
vants : 

Prix KœNigswamer, partagé entre M. Ad. Tardif, pour 
son ouvrage sur les Sources du droit canonique, et 
M. Beaune, pour les tomes III et IV de son ouvrage sur le 
Droit coutumier. — Mention à M. Lanéry d'Arc, auteur 
d'un livre sur le FrancHilleu. 

Prix Odilon Barrot, décerné à M. Marcel Fournier, 
auteur d'un mémoire manuscrit sur le sujet mis au concours : 
V Enseignement du droit avant 17 89. 

Peux Audiffred. — Une récompense de 1,000 fr. à 
M. Carré, pour son ouvrage intitulé : V Enseignement 
secondaire à Trôyes depuis le moyen âge jusqu'à la 
Révolution. 

Prix Le Dissez de Penanrun, décerné à M* Doniol, pour 
les trois premiers volumes de son Histoire de la partiei^ 
potion de la France à l'établissement des États-Unis 
de VAifnérique. 



IL 



BIBLIOGRAPHIE. 

253. — Abbaye (F) de Chelles (ordre de Saint-Benoît), 
diocèse de Paris, 657-1790 ; résumés chronologiques, pre- 
mière partie, 657-1629. Petit in-8, xuv-271 p. Paris, 
Lechevalier; Meaux, Le Blondel. 

254. — Carre de Busserolle (J.-X.). Armoriai de la 
sénéchaussée de Saumur et du pays saumurois. In-8, 107 p. 
Saumur, Milon flls. 



ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 4889. 12 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES 

DANS LA. PREmÈRE PARTIE 

DE L'ANNUAIRE-BULLETIN 

DE l'ihN& 4889. 



Décret reconnaïasant la Société de l'Histoire de France comme 

établisBement d'utilité pnbliqne, h. 
Règlement de la Société de l'Histoire de France, 6. 
Liste des membres de la Société, 9. 
Archives et bibliothèques associées, 39. 
Sociétés correspondantes, H. 
Liste des membres du Conseil d'administration, 43 
Bureau de la Société nommé en 1888, 43. 
' Comité de publication, 44. 
Comité des fonds, 44. 
Jours des séances de la Société, 44. 
Agent de la Société, 44. 
Ordre de publicaâon des ouvrages édités par la Société, 45. 

I. — Analyse des procis-verbaux. 

Assemblée générale, 81-119. 

BoiBLiSLB (M. A. de), secrétaire, — Rapport à l'Assemblée géné- 
rale, 97-113. 

Censeurs ; MM. Delatille Le Roulx et Duhhibu. — Rapport à 
l'Assemblée générale, 76, 113-115. 

Circulaires du ministère de l'Instruction publique, 59, 74, 165. 

Comité des fonds, 51, 59, 67, 72, 76, 132, 172. 

Comptes rendus des publications de la Société, 167. 

Dons d'exemplaires : à la Société archéologique du Midi de la 
France, 68; — à la bibliothèque de Château- Gontier, 74; — à 
la Société bibliographique, 133. 

Échange de volumes, 167. 

Ëlections : des membi;es dn Conseil, 81; des censeurs, 82; des 
membres du bureau et des comités, 131. 



TABLE DES MATIERES. 179 

État des finances, 147. 

Exposition universelle de 1889, 59, 74, 112, 167. 

Inscription d'une des publications de la Société au programme 
du concours de l'agrégation es lettres, 167. 

Lalanne (M. Lud.). — Lecture à l'Assemblée générale : Une anec- 
dote de Brantôme sur la dot de Catherine de Médicis, 72, 82, 
116-119. 

Legestre (M. L.), commis aux fonctions de trésorier-archiviste- 
bibliothécaire, 167. 

LuçAY (M. le comte de), président. — Discours à l'Assemblée 
générale, 82-97. 

Meyer fM. P.), président. — Discours prononcé aux obsèques de 
M. G. Rivain, 168. — Discours prononcé aux obsèques de M. le 
marquis de Queux de Saint-flilaire, 172. 

Négbologib : M. le comte P. Riant, 49, 87; M. G. Masson, 
49, 85; M. O. de Glermont, 56, 85; M. H. Ghevreul, 69, 84; 
M. G. Van Ouv^nhuysen, 83 ; M. Tabbé Degout, 83 ; M. Ber- 
trand y-Lagabane, 83 ; M. il. FouGHé, 83 ; M. le baron E. Renouard 
DE BussiERRE, 84; M. E. Guillaume, 84; M. de Matharel, 85; 
M. le comte Éd. de Barthélémy, 85-87 ; M. H. Bordier, 88-90; 
M. FusTBL DE Goulanges, 161 ; M. le baron de Witte, 161 ; 
M. Gouony, 162; M. G. Rivain, 162, 168; M. le marquis de 
Queux de Saint-Hilaire, 169, 172-174. 

Ouvrages offerts, 50, 56, 65, 70, 72, 129, 145, 163, 170. 
Présentation de membres nouveaux, 55, 65, 69, 72, 129, 145, 169. 
Prix d'histoire donné au Goncours général, 67, 165. 
Prix mis à la disposition du Gonseil de perfectionnement de 
l'École des chartes pour un élève de troisième année, 67, 72, 112. 
Prix décernés par Tlnstitut aux ouvrages historiques, 174-177. 
Procès-verbaux des séances : 8 janvier 1889, 49; 5 février, 57; 
12 mars, 65; 2 avril, 69; 30 avril, 72; 7 mai, 81; 4 juin, 129; 
2 juillet, 145; 5 novembre, 161; 3 décembre, 169. 
Publications de la Société : Propositions, 109, 166, 171, 172. — 
Exercice 1888, 51, 98. — Exercice 1889, 98, 102, 165. 
Annuaire-Bulletin, 51, 58, 66, 71, 74, 75, 110, 132, 146, 165, 

170. 
Auteurs grecs relatifs à la Gaule, 106, 146, 162, 166, 171. 
Ghronique du héraut Berry, 51, 71, 75, 102-104, 132, 146, 165, 

171. 
Ghronique de Richement, 71, 104-105, 146, 165, 171. 
Ghroniques de J. d'Auton, 51, 67, 71, 75, 105, 132, 146, 147, 

165, 171. 
Ghroniques de J. Froissart, 75, 76, 98, 107-109, 112. 
Gorrespondance de Philippe V avec Louis XIV et le duc de 
Bourgogne, 50, 109. 






180 TABU DBS MATIÈIIBS. 

Correspondance du duc d'Alençon avec la reine Elisabeth d'An* 
gleterre, 166, 171. 

Correspondance de Chantonnay, 171. 

Histoire universelle d' Agrippa d'Aubigné, 51, 58, 66, 71, 75, 
100-101, 132, 146, 147, 165, 171. 

Histoire de Guillaume le Maréchal, comte de Pembroke, 166. 

Journal de Nicolas de Baye, 98. 

Journal du Trésor de Philippe de Valois, 172. 

Le Jouvencel de Jean de Bueil, 51 , 58, 66, 98-100. 

Lettres de Guy de Bazoches, 171, 172. 

Lettres de Louis XI, 106, 147, 165, 170. 

Lettres de Mondoucet, ambassadeur de Charles IX, 171. 

Mémoires d'Olivier de la Marche, 51, 98-99. 

Mémoires du maréchal de Yillars, 51, 58, 66, 71, 75, 101, 132, 
146, 147, 166. 

Mémoires relatifs au procès de Jeanne d'Arc, 109. 

Œuvres de Brantôme, 106, 165. 

Pièces relatives au règne de Louis XII, 172. 
Radiation de sociétaires, 67. 
Reproduction de volumes épuisés, par le procédé anastatique, 51, 

112. 
Tirage deç volumes, 72, 111. 
Vente des volumes, 68. 
Volumes mis à la disposition des sociétaires à un prix de rabais, 

72, 111, 132, 167. 

n. — BibHographie. 

Abbayes, 52, 53. 55, 60, 62, 64, Arcos (Thomas d'), 159. 

77,80,149,153,156,157,177. Ardennes (département des), 
Académie de France (1'), 61. 154. 

Académies, 61, 123, 133. Argentan, 150. 

Acadie (pays d'), 128. Armoriaux, 148, 177. 

Adrets (le baron des), 157. Arnauld d'Andilly, 68. 

Affen, Agenais (pays d'), 77. Arras, 158. 

Alais, 54. Art (histoire de 1'), 54, 55, 56, 
Alger (régence d'), 55. 60, 61, 80, 120, 134, 148, 550, 

Allemagne, 135, 160. 155. 

Ambronay (abbaye d'), 52. Artois (province d'), 149. 

Angleterre, 140. Auch, 53. 

Angoulème, 52, 79. Austreberte de Marconne (sain- 
Anguier (les frères), 144. te), 60. 

Anjou (province d'), 55. Auvergne (province d'), 158. 

Antin (le duc d'), 64. Avignon, 5d. 

Antoine (légende de saint), 156. Avocats, 55. 

Aragon (archives d'), 52. Avranches, 150. 
Archéologie, 61, 63, 77, 148, 

152, 154, 155. Barbe (le Mystère de s*»), 147. 

Archives, 52, 62, 135, 154. Bayeux, 150. 



TABUS DES lUTlÈRSS. 



m 



Béarn (province de), 54, 148. 
Beaulieu (abbaye de), dans le 

Maine, 156. 
Beauiieu-en-Rouergue (abbaye 

de), 153. 
Beaumont-de-Lomagne, 156. 
Bellegarde«en-Gàtinai8, 64. 
Bénédictins (religieux), 149. 
Bernay, 62, 64. 
Besançon, 77. 150. 
Bethléem (église de), 158. 
Bibliographie, 80, 124, 149. 
Bibliothèques, 60, 62, 79, 134, 

141. 150, 153, 154. 
Blanche de Castille, 152. 
Bobigny-lez-Paris, 138. 
Boisgelm (le cardinal de), 123. 
Bonnac (le marquis de), 144. 
Bordeaux, 62. 
Boucharl (Alain), 124. 
Bourgogne (dacs de), 62, 157. 
Bourgogne (province de), 6t. 
Bourgthéroulde, 78. 
Bovelles (Gh. de), 134. 
Bretagne (province de), 123, 

Brosse (famille de}, 151. 

Gaen, 55. 

Garon (les), 54. 

Gartulaires, 62, 6&, 80, 156, 

157, 158. 
Gastel-Amouroux, 63. 
Gâteau -Gambrésis (traité de), 

143. 
Geltique (littérature), 52. 
Gerdagne (comté de), 64. 
Gerlangue (la), 79. 
Ghandieu (Ant. de), 76. 
Ghapelle-d^Ançillon (la), 149. 
Gharité (histoire de la), 135, 

153, 156. 
Oharles V, 63. 
Gharles VL 140. 
Gharles le Mauvais, 61. 
Ghartreux (religieux), 68, 153. 
Ghâteau-Gontier, 154. 
Ghàtilk>iL-8ur-Seme, 158. 
Ghelles (abbaye de), 177. 
Gherbourg, 150. 
Gbiprois (les Gestes des), 142. 



Cisterciens (reliffieuz), 158. 
Gluny (abbaye oe), 80. 
Goësmes (les), 155. 
Goêtlosquet (Mgr de), 123. 
Gomédie, 56. 
Commerce, 127. 
Gompiègne, 156. 
Gomtat-Venaissin (le), 80. 
Gondé-sur-Noireau, 150. 
Conseil du roi (le), 160. 
Gorbeil, 152. 
Cordeliers (religieux), 62. 
Couronne (abbaye de N.-D. de 

la), 149. 
Couserans (évéché de), 53. 
Cou tances, 150. 
Coutumes, 63. 
Cri de guerre, 144. 
Croix (anciennes), 154. 
Gujas (J.), 79. 

Dauphiné (province de), 52, 64, 

80. 
Devèze (la), 153. 
Die, 77. 
Dijon, 150. 
Diois (pays de), 52. 
Diplomatie, 54, 135, 140, 143. 
Diplomatique (la science), 137. 
Domfront, 150. 
Douilly, 154. 

Droit (histoire du), 53, 78, 156. 
Dubarry (M"»«), 154. 
Duclos (Gh.-P.), 123. 

Economie politique, 155. 

Ecouis, 148. 

Education (histoire de F), 55. 

Epemon (le duc d'), 77. 

Epigraphie, 148. 

Etampes, 68. 

Etats provinciaux. 61 . 

Eu (comtes d'), 77. 

Evoques, 62, 152, 155, 157. 

Ëvreux, 63. 

Falaise, 150. 

Farines (guerre des), 151. 
Fausses décrétales, 78. 
Féodaux (droits), 156. 
Fiers, 150. 



182 



TABLE DES MATIERES. 



Florentins des), 151. 
Franc-maconnerie (la}, 79. 
François f», 62, 141, 158. 
Francs (les), 53. 
Fressinières, 150. 

GaUot (J.-G.), 152. 
Gascogne (proTince de), 158. 
Gassicourt, 155. 
Ganle, Gaulois, 151, 153. 
Gay (frères), 52. 
Genève (diocèse de), 153. 
Genevièye (sainte), 135. 
Geoffroy de Vivant, 56. 
Géographie, 78, 139, 153, 156. 
Gérard de Monréal, 142. 
Gévandan (pays de), 80. 
Giblet (abbaye de Saint-Serge 

de), 157. 
Giraald de Barri, 154. 
Gosnay (hôpital de), 158. 
Gonrdelle (Pierre), 80. 
Graule (maison de), 158. 
Grayille (L. Malet de), 142. 
Grecs (manuscrits), 141. 
Grenoble, 79, 153. 
Grez-en-Bouëre (doyenné de), 

147. 
Gueyarre (le P.), 135. 

Haâographie, 60, 135, 149, 153, 

HÛrileur, 56. 
Henri II, 141. 
Henri IV, 52, 127. 
Hesdin (hôpital d'), 158. 
Honfleur, 150. 
Honorius IV, pape, 63. 
Hôpitaux, 53, 55, 158. 
Huriel, 151. 

Ile-de-France (province de T), 

141. 
De-Dieu (prieuré de F), 152. 
Innocent IQ, pape, 52. 
Institutions, 55, 79, 122, 156, 

160. 
Instruction primaire, 147. 

Jacques de Saxeau (saint), 149. 
Jean le Bon, 63. 
Jeanne d'Arc, 156. 



Jésuites fies), 53. 

Joseph (le P.), 53. 

Joufîrov d'Âbbans (le marquis 

de), &3. 
Joyaux de la couronne (les), 120. 
JuiCb (les), 64. 
Jura (département du), 156. 

Languedoc (province de), 60, 

1^, 151. 
Languet (Hubert), 64. 
La Trémoîlle ((jeorges de), 125. 
Laval, 136. 
Laval (Anne de), 155. 
Le Batelier d'Aviron (Jacques), 

148. 
Le Gorvaisier de Gouileilles 

(Ant.), 155. 
Légendes, 156. 
Limosin (les Jean), 150. 
Limousin (province de), 56, 77. 
Lisieux, 150. 
Littérature, 52, 56, 60, 64, 77, 

80, 134, 135, 144, 147. 
Lorraine (Gh. FV, duc de), 152, 
Louis XI, 125. 
Louis XIV, 62. 
Luillier (François), 159. 
Lyon, 80, 151*159. 

Maine (province du), 153. 
Malaitic (portulan de), 153. 
Mans (évéques du), 155. 
Marche (province de la), 56. 
Marine (histoire delà), 79, 152. 
Marsan (pays de), 148. 
Marseille, 148. 
Maupertuis (P.-L. Moreau de), 

123. 
Médailleurs, 80. 
Médecine (histoire de la), 55, 

62, 152. 
Meyer (Jacques), 152. 
MiUtaire (histoire), 120, 152, 156. 
Miniatures, 134. 
Mœurs, 120, 126. 
MoUère (J.-B. de), 138. 
Mont-Dieu (chartreuse du), 153. 
Montereau (doyen de), 157. 
Montmorency (Anne, duc de), 

151. 



TABLE DES MAHÂBES. 



183 



MontpelUer, 60, 78. 
Montrevel (le maréchal de), 151. 
Mortain, 150. 
Mothe-âaint-Héraye (château de 

la), 159. 
Moycet (Simon), 148. 
Mystères, 64, 147. 

Narbomie, 150. 
Navarre (archives de), 52. 
Nicaise (Fabbé CL), 122. 
Nîmes, 151, 157. 
Niort, 157. 

Ocquerre, 148. 
Oloron (diocèse dO, 152. 
Oratoire (congrégation de T), 55. 
Origny-SiBÛnte-Benoîte (abbaye 

Orléans, 53, 56. 

Orléans (Lonis de France, duc 

dl, 124. 
Otages, 152. 

PaUce (la), 151. 
Papes (les), 52, 63. 
Pardiac (Jean), 53. 
Paris, 53, 61, 141, 158. 
Parlement (le), 55. 
Parnasse provençal (le), 77. 
Paroisses rurales (les), 68. 
Pau. 79. 

Pavûly (abbaye de). 60. 
Peintres, 55, 56, 80, 150. 
Peiresc (N.-Gl. Fabri de), 159. 
Périfpieux, 134. 
Philippe de Navarre, 142. 
Plassac (château et seigneurs 

de), 77. 
Poitiers, 155. 

Poitou (province de), 125, 148. 
Pontarlier, 154. 
Pont-Âudemer, 150. 
Pont-aux-DameSy 154. 
Pontoise. 155. 
Pont-Samt-Esprit (le), 150. 
Poype-Serrières (maison de la). 

Protestants, 56, 60, 76, 77, 136, 

149. 
Provence (pays de), 63. 



Rabelais (Pr.), 144. 
Rately {Cl.), 1^. 
Réforme (Ja France avant la), 
, 126. 

Régime municipal (le), 52, 148. 
Rémois (pays), 154. 
Rennes, 52. 
Richelieu (le cardinal de), 53, 

62, 125, 127. 
Robertet (les), 158. 
Roche (comté de la), 56. 
Rohan (le cardinal de), 123. 
Roussillon (comté de), 64. 
Ruffey-les-Beaune, 68. 

Saint-Denis (chronique du Re- 
ligieux de), 126. 

Saint -Germain -des -Prés (ab- 
baye), 53. 

Saint-Crermain-la- Ville, 53. 

Saint-Hippoiyte, 56. 

Saint-Jean-d\ÂLbetot, 79. 

Saint-Jean-de-Jérusalem (ordre 
de), 121. 

Saint4ean-en-l'Bstrée (hôpital 
de), 158. 

Saint-Lô, 150. 

Saint-Mandé, 158. 

Saint-Marcellin, 149. 

Saint-Michel-en-Thiérache (ab- 
baye de), 62. 

Saint-Mihiel (abbaje de), 149. 

Saint-Nicolas-du-Port, 148. 

Saint-Omer, 56. 149. 

Saint-Pastour, 63. 

Saint-Riquier. 55. 

Saint-Simon (le duc de), 80. 

Sainte-Adresse, 60, 156. 

Saintonge (province de), 77. 

Salignac (J. de Gontaut-Biron, 
baron de), 54. 

Salmon (P. le Fruitier, dit), 
126. 

Sanguin (Nicolas), 62. 

Saumurois (pays), 177. 

Savoie (maison de), 151. 

Sculpteurs, 54, 60, 80, 143. 

Seçré, 156. 

Semé (la), 55. 

Senlis. 62. 

Sens (l'archevêché de), 157. 



m 



TABLE DBS MATliRBS. 



Seurre, 64. 

Sévigné (M»« de), 63. 

Silly (abbaye de), 52. 

Sorbon (Robert de). 79. 

Spanheim (Ezéchiei), 122. 

Suède (compagnie royale de), 

Suffrcnn (le bailli de), 61. 

Tavernier (J.-B.), 136. 
Télégraphie (la), 52. 
Templiers (les), 122. 
Teutonique (ordre), 121. 
Théâtres (les), 158. 
Thiberville, 54. 
Toulousain (pays], 68. 
Tréport (abbaye au), 77. 
Troubadours (les), 80. 
Trousse (marquisat de la), 148. 
Troyes, 120. 
Trublet (l'abbé), 123. 
Tulle, 77. 



-Turpin (Guy), 155. 

Universités, 53, 55, 56, 62. 
Urbain V, pape, 63. 

Yalenciennes. 154. 

Vascœuil, 152. 

Vauban (le maréchal de), 157. 

Vaubecourt, .149. 

Yaudois (les], 150. 

Yeîlom (la Branche de), 153. 

Vendôme (arrondissement de), 

155. 
Verdun, 153. 
VerneuiL 56. 
Veules, 63. 

Villon (François), 144. 
Vincent-de-Paul (saint), 56. 
Vivarais (pays de), 80. 
Vizille (assemblée de), 157. 

Yves (saint), 153. 



\ 



] 



I 



ANNUAIRE-BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE 



^F SECONDE PARTIE. 
DOCUMENTS ET NOTICES fflSTORIQUES. 



NOUVEAU MANUSCRIT DE LA RÈGLE DU TEMPLE» 



Personoe n'igoore la rareté des manuscrits qui contiennent 
la Règle des Templiers; le dernier éditeur de celle-ci, H. de 
Gurzon ^, n'en a connu que trois, ceux de Parie, de Rome et de 
Dyon : une heureuse fortune nous permet d'en signaler aujour- 
d'hui un quatrième, que nous aroos découvert aux archives 
de la couronne d'Aragon à Barceloue, où il porte le n« 33J4 
des ■ Cartas Realea. * Il avait jusqu'ici échappé à toutes les 
invesUgatioos. C'est un petit volume, en papier, d'un format 
réduit (hauteur O^i 5, largeur 0°'45), incomplet dans son état 
actuel, et comprenant 70 feuillets, répartis en cinq cahiers non 
reliés entre eux. U est écrit à longues lignes; des rubriques 
rouges ou vertes appellent l'attention sur les divers articles. 
Les vers, malheureusement, ont rongé le texte en plus d'nn 
endroit. Dans son état primitif, le manuscrit devait, selon 
toute vraisemblance, contenir, avant le foiio i actuel, plusieurs 

1. Ce trtTail a été Id à l'Académie des inscTiptiong et belles- lettres 
dus la etSDM du 21 mars 1889. 

%. la Règle du Temple, publiée ponr la SodèU de rbialaire de France 
eolS86. 

AMNVAIRB-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 13 



186 SOClâTft 

feuillets ou cabiera, aujourd'hui perdus ; si l'examen du docu- 
ment ne permet pas l'afBrmation absolue sur ce poÎDt, des 
considérations d'un autre ordre, que noua indiquerons plus 
bas, l'autorisent el la justifient. Le texte, tel qu'il nous est par- 
venu, se poursuit sans lacunes, sauf deux pages restées blanches 
(fol. i6b et 47 0}; mais le dernier fui m aoknl (lui. 70' n'était 
pas originairement le dernier, et lo maiiu.^cril usl c^irlaiiienient 
incomplet par la fin. 

Les caractères paléographiques permettent d'assigner à la 
Règle de Barcelone, comme dale. les dernières années du 
XIII* siècle. Copiée sur un texte franraîs, elle a été émaillée par 
le copiste d'une grande quantité de inuls appartenant à la langue 
d'oc, sans avoir cependant été traJuJU' m prnvenral on ni cata- 
lan. Ëmane-t-elle d'un scribe vivant en Terre Saiule ou à Chypre? 
Est-elle plus particuUèrement languedocienne ou catalane? La 
question est délicate à résoudre. Quelques habitudes orthogra- 
phiques [x ou xh, g oaj pour représenter le son chuintant eh] 
semblenl plus spédales au catalan, et le texte contient un cer- 
tain nombre d'exemples particuliers, — inconnus des autres 
exemplaires de la Règle, — qui tous se rapportent à l'Aragon 
et à la Catalogne-, mais rien n'est assez caractéristique pour 
autoriser une conclusion absolue. L'origine du manuscrit n'est 
pas difficile à déterminer : nous sommes, à n'en pas douter, en 
présence de l'exemplaire de la Règle que possédait le maître du 
Temple en Aragon et en Catalogne. Rien, il est vrai, n'indique 
cette propriété; mais, si l'on songe que les Règles étaient très 
rares chez les Templiers, et que celles qui ont subsisté pro- 
viennent deschef^Iieux des grands prieurés de l'ordre, on n'hési- 
tera pas à attribuer la possession de celle de Barcelone au mattre 
d'Aragon et de Catalogne. Une remarque accessoire corrobore 
cette hypothèse : à l'endroit où il est question de la réception des 
frères (fol. 4S-21|, les pages du manuscrit sont beaucoup plus 
fatiguées qu'ailleurs, et témoignent, par leur état même, que cet 
exemplaire servait au maître d'Aragon lors des réceptions dans 
l'ordre. La présence enfin du manuscrit aux archives de la cou- 
ronne d'Aragon n'a rien qui aille à rencontre de l'origine que 
nous lui assignons. On sait que le roi d'Aragon, d'abord hostile 
à la suppression des Templiers dans ses états, ne consentit à la 



DB L'HISTOIRE DB FRANCB. 187 

transmission de leurs biens aux Hospitaliers qu'à la condition 
de s'en réserver personnellement une partie ; les archives sui- 
virent le sort des commanderies : elles furent, comme elles, 
partagées entre Tordre de THôpital et le roi d'Aragon. Ainsi 
s'explique que la Règle ait été conservée aux archives d'Aragon, 
à côté des splendides cartulaires du Temple qui sont un des plus 
beaux ornements de ce dépôt incompar^le. 

La Règle du Temple, telle que nous la connaissons par la 
publication de M. de Gurzon, se compose d'éléments distincts, 
juxtaposés les uns aux autres, et non fondus ensemble: c'est 
un recueil de règlements, plutôt qu'un code. Une première partie 
comprend la règle primitive , celle que saint Bernard donna, 
dit-on, lors du concile de Troyes, à Tordre naissant^ ; elle est 
suivie des statuts relatifs aux droits et devoirs des grands digni- 
taires du Temple et d'un chapitre concernant l'élection du grand 
maître. Une seconde partie renferme le code pénal et les ordon* 
nances réglant la vie conventuelle des Templiers et la tenue des 
chapitres ordinaire^'; une sorte d'appendice donne un commen- 
taire sur le code pénal, avec exemples à l'appui, et détermine 
le cérémonial de la réception des frères dans Tordre. Le manu- 
scrit de Barcelone, dans son état actuel, ne comporte plus que 
la seconde partie, celle qui concerne la pénalité et la vie con- 
ventuelle; mais il n'est pas douteux que, dans son intégrité, il 
ne contint, avant ce qui nous est parvenu, la règle primitive et 
les statuts hiérarchiques. Nous avons déjà remarqué que Texa- 
men du volume laissait soupçonner la lacune du début; à 
début de ces soupçons, le simple bon sens indique qu'on n'a 
pu imaginer de recueillir les dispositions relatives au code pénal 
et aux règlements conventuels du Temple, sans les faire précé- 
der de la Règle primitive et des statuts hiérarchiques, bases 



1. Pnitz {Die Templerregely dans Kœnigsberger StudUen, l, p. 147-180) 
établit qa» cette règle n'émane pas de saint Bernard, puisqu'elle contient 
des dispositions empruntées à la règle de saint Benoît, qu'elle ne fut pas 
donnée par l'abbé de Clairraux au condle de Troyes (1128), auquel il 
n'assista pas, et qu'elle n'est pas antérieure aux années 1130 à 1135. 

2. Prutz (ibid*) essaie un classement chronologique des diverses parties 
de la Règle et de ses appendices; ses conclusions méritent d'être eiami- 
nées avec attention. 



188 SOCIÉTÉ 

fondamentales de Tordre. On pouvait, au contraire, comme 
cela s'est produit dans le manuscrit de Dijon, ne transcrire que 
la Règle primitive et les statuts hiérarchiques, soit parce que 
cette transcription suffisait aux besoins des maisons d'ordre 
inférieur ^ soit plutôt parce qu'à l'époque où la Règle de Dijon 
a été transcrite, la pénalité n'était pas encore fixée. 

M. de Gurzon distingue quatre rédactions successives dans ce 
recueil de textes, formé sans revision, parfois sans divisions. 
Des trois copies par lesquelles il nous est connu, deux sont com- 
plètes : ce sont celles des manuscrits de Paris et de Rome, qui 
datent des dernières années du xiii" siècle. La troisième, celle 
de Dijon, ne comprend que la première partie du recueil (Règle 
de saint Bernard ^, statuts hiérarchiques et élection du grand 
maître) et remonte au commencement du xni« siècle; mais 
toutes trois procèdent d'une source originale commune, d^un 
texte unique, auquel elles ont puisé. 

En/ est-il de même pour le manuscrit de Barcelone ? Nous ne 
le croyons pas. Il se peut que le rédacteur ait eu devant les 
yeux les mêmes textes que les rédacteurs des Règles de Dijon, 
de Rome et de Paris; cela est même probable : mais il s'en est 
servi autrement. Ce qui caractérise les Règles du Temple, c'est 
l'absence de toute codification; le même objet, la même pres- 
cription figurent à trois ou quatre endroits. Dans le manuscrit 
de Barcelone, le souci de la codification se fait jour; ce n'est 
pas encore un classement méthodique, mais une tentative de 
groupement analytique. Ainsi, tout ce qui concerne les chape- 
lains a été réuni sous un même chef; des transitions sont 
observées pour certains passages que les Règles de Paris et de 

1. Citfïon, Règle du Temple, p. ti. Nous croyons qne ni la Règle ni 
les Retrais n'étaient aux mains des commandeurs, et, contrairement à 
l'opinion générale, nous pensons que les commandeurs des provinces en 
possédaient seuls un exemplaire; la distinction établie entre la Règle et les 
Retrais nous semble subtile. Cf. Knœpfler, Die Ordensregel der TempeU 
herren, dans Historisches Jahrbuch, 1887, p. 666-695; H. Prutz, Die 
Templerregel, dans KoeiUgiberger Studienj I, 147-180. 

2. M. de Curzon a donné le texte latin de la Règle dite de saint Ber* 
nard d'après le ms. de la Bibl. nat. lat. 15045. Knœpfler (op, eitatum, 
p. 671-95) le redonne d'après un manuscrit nouveau, le ms. lat. 2649 de 
la bibliotlièque de Munich, qui semble meilleur. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 189 * 

Rome nous présentaient sans aucun lien entre eux; d'autres 
endroits sont abrégés ; les répétitions, si fréquentes dans l'édi- 
tion de H. de Gurzon, deviennent plus rares. Les idées cepen- 
dant et le fond même de la Règle n'y subissent aucune modi- 
fication essentielle : c'est plutôt la forme qui change et qui se 
concentre. Enfin la Règle de Barcelone met en œuvre des élé- 
mrats étrangers à celles de Paris et de Rome; elle nous fournit 
un assez grand nombre d'exemples historiques qui lui sont spé« 
daux, et des ordonnances qu'on chercherait vainement dans les 
manuscrits de Paris et de Rome. 

n n'entre pas dans le cadre de cet examen sommaire de faire 
ressortir toutes les différences qui distinguent la Règle de Bar- 
celone des Règles précédemment connues. Nous nous bornerons 
à signaler les passages sur l'ivrognerie, sur la situation faite aux 
Templiers prisonniers des Infidèles et déUvrés ensuite, sur les 
maladies pestilentielles dont ils pouvaient être atteints (fol. 9 a- 
iib) et sur TofOce de gonfalonier (fol. 69 a-70) ; ces passages 
étaient ignorés jusqu'à présent. Mais c'est surtout sur les 
exemples historiques qu'il importe d'insister. La publication de 
M. de Gurzon était déjà très riche en exemples de ce genre : le 
manuscrit de Barcelone complète plusieurs d'entre eux en don- 
nant des noms aux acteurs de ces faits ; il contient en outre une 
dizaine de nouveaux exemples qui, presque tous, concernent la 
Terre Sainte ou l'Espagne. Citons, parmi ceux-ci, le cas d'un 
Templier reçu dans l'ordre sans être fils de chevalier (fol. 49 ab) , 
un événement dont un prieur d'Aragon, frère G. de Gardona, 
fut le héros, une très curieuse histoire de falsification de bulles 
survenue en Catalogne (fol. 49), et un document du plus grand 
intérêt historique sur la perte d'Antioche et de GasUn par les 
Templiers en 4268 (fol. 53 6-57 b] *. L'arrivée du sultan Bibars 
, devant Antioche dont il s'empare, l'anxiété des Templiers enfer- 
més, sans armes et sans ordres, dans le château de Gastin, sous 
le commandement de frère Guérant de Sauzet, commandeur 
d'Antioche, la résolution prise par un simple Templier, Guy de 



1. Ce qu'on sait de la prise d'Antioche est résumé dans R. Rœhrieht, 
Études iur les derniers temps du royaume de Jérusalem {Archives de 
rorieni lat*n, 11, 391-392). 



190 SOCIÉTÉ 

Min, de rendre le château au Soudan, résolution exécutée 
pendant le repas des frères, la retraite des assiégés à la Roche- 
Guillaume, sont autant de détails précieux pour Thistoire des 
Croisades. On pourrait multiplier ces exemples; qu'il nous suf- 
fise d'avoir inijiqué en quelques mots l'importance du manuscrit 
de Barcelone et son intérêt exceptionnel. 

Nous espérons que la publication des passages nouveaux que 
contient la Règle de Barcelone justifiera la valeur que nous 
avons cru devoir lui accorder. 

J. Delaville Le Rovlx- 



DE L'HISTOIRS DE FRANCE. 191 

TABLEAU DE CONCORDANCE" 

DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE HANCSCBIT DE BARCELONE 
ET DAKS L'imnOW ffB U BË6LE DOHfllÏE FAB X. DB GUBZON. 



386, 503, 503. 

402, 507, 389 

(cf. 407, 410). 



475, 651. 
652, 653. 



f.2. 
f. 2. 
f. 2 6-3. 



Avec quelques varianteB. 
Idem. 

Voy. ci-deBSouB, n" I-IV. 

La fin diffère, Voy. le texte, n- V. 

Au lieu des quatre dernières 
lignes du % 653, le manuscrit 
de Barcelone porte ; f E ei 
di qne il Eufrira la justice de 
la maiso, e si Deu playt qne 
il se gardarad'aqui en [a]vant, 
hom lo deit far exir defore 
deu. * 



654, 4», 


474. 


t. 3 6. 


B. ajoute ce qui eet bous le 
n- VI; 11 a pour le g 490 de 
fortes variantes. 


468- 4J2, 


497, 


l.iJi. 


Avec de grandes Tarianles. 


500,50 


,520, 






522,505,507. 










f. Sol.. 


V. U teita, u- -ra-X. 






f. 10 a». 


V. le texte, n" Xl-Xm. 


(cf. 44S.I 




f. 10 6-11. 


V. le texte, n- XIV. 


(cf. 444.) 




f. llaè. 


V. le texte, n- XV. 






1. 11 i. 


V. le texte, n-XVI-XVra. 






(.12. 


V. le texte, n- XIX-XXH. 


268-274. 




f. 12-13. 





l SOCI^Tâ 

CtrazoN. Ma. dk Babgelohb. 



Obehktatiohs. 



271-278. 
657-fi86. 



267. 



f. 14-15. 
f. i5-21. 



221-281. f. 2i. 

232. f. 21 6. 

f. 2i 6-25 6. 
l- f.25ft.27 6. 



f. 27 6-29 b. 
î. 29 b, 31. 



B. ajoute qnelijues dleposittoiiB 
relatives aux chapeloine, no- 
tamment celle en venu de 
laquelle an fràre chapelain 
nommé érëqae porte le man- 
teau blanc s'il est chevalier. 
Suivent quelques règlements 
relatifs au port des divers 
manteaux. 

Le g 271 est précâdé dans B. 
d'on préambule. V. n- XXIII. 

Le texte, très endommagé par 
les vers, diffère beaucoup, 
dans la façon dont il est dis- 
posé, deceluideM.de Curzon. 

B. ajoute les n" XXIV et XXV. 

B. ajoute au S 609 : «Et fo el 
tems de maistre frère P. de 
Montagnt. * 

Variantes considérables dans les 
exemples. 

V. le texte, n* XXVI. 



554-7, 558 en 
partie, 560. 



f. 33 6-34. 
578, 579, 581, f. 34. 

563. 
564-567. f. 35. 

574, 575. f. 35 6. 

f. 35 6-38 6. 



V. le texte, n* XXVH. 

B. abrège ; il mentionne que 
l'anecdote donnée au S 556 se 
passa sous le magistère d'A. 
de Périgord, et celle du S 560 
sous le magistère de Thomas 
Bérard. 

V. le texte, n* XXVm. 

B. abrège Its gg 579 et 563. V. 
le texte, n- XXIX et XXX. 

B. abrège le g 567. 

Variantes importantes. 

V. le texte, n-XXXI-XXXV. 

V. le texte, n- XXXVI- 

xxxvn. 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 
GuBZON. Mb. de Barcelone. Obsebvations. 



193 



561, 562. 



580, 582. 
583, 563. 



570. 



569, 573. 



576 

576; 577. 
588, 618. 

619, 620, 591. 



585, 606. 



614, 615. 
616, 617. 



f. 39 6-40. 



f. '40 a b. 



f. 40 6-41. 
f. 41 M2. 



f. 42 h. 



f. 43afr. 



f. 43 &. 
f. 44 a-45 a. 
f. 45 a-46 a. 
f. 46 6-47. 
f. 47 M8 h. 
f. 48 M9. 
f. 49 a b. 
f. 49 ^50 b. 
f. 51 a b. 
f. 51 6-52. 
f. 52 a b. 
f. 52 6-53. 
f. 53-57 b. 
f. 58 a b. 
f. 58 b, 
f. 59. 
f. 60 a b. 



f. 60 6-61. 
f. 61 6-62. 



V. le texte, n- XXX VUI- 
XXXIX. 

B. ajoute que le frère dont il 
est question au § 561 était 
allemand: 

B. nomme le frère dont il est 
question au § 562 frère Marli. 

B. porte que le chapelain men- 
tionné au § 563 venait, non de 
Tripoli, mais de Jérusalem. 

B. porte que le frère s'appelait 
Esteven. 

B. donne le nom du frère héros 
de l'histoire du § 573 : fr. G. 
de Permenteria. 



Pages blanches. 

V. le texte, n* XL. 

V. le texte, n* XLI. 

V. le texte, n* XLII. 

V. le texte, n- XLni-XLIV. 

V. le texte, n* XLV. 

y. le texte, n» XL VI. 

V. le texte, n- XLVH. 

V. le texte, n* XLVIU. 

V. le texte, n* XLIX. 

V. le texte, n« L. 

V. le texte, n* LI. 

B., dans le § 585, au lieu de 
c frère Guiraud de Braies , » 
donne c frère Richart de 
Bures. » 

Avec d'importantes variantes, 
dont la principale est la men- 
tion de maître Thomas Bérard . 



194 SOCIÉTÉ 

GuRZOH. Ms. DE Barcelone. Obsebvatiohs. ^ 

f. 62 ^63 b. B.y jusqu'au^ fol. 66, est très 

abîmé par les vers ; on y dis- 
tingue cepeùdant qn'ii s'agit 
d'une histoire de Sarrasins à 
Tortose. 

— de deux frères ivrognes. 

— d'une histoire où figurent les 
frères Gy et Dider. 

— d'un frère malade à Damiette. 

— de deux frères allemands qui 
s'emparent des manteaux. 

V. le texte, n» LU. 
V. le texte, n* LDI, 



f. 69. Place réservée pour une grande 

lettre en couleur qui n'a pas 
été exécutée. 

f. 69-70 b. V. le texte, n» LTV. 





f. 64. 




f. 64 b. 




f. 64 6-65 b. 




f. 65 6-66 a. 




f. 66 a-67. 


1 


f. 61 ab. 


603, 605, 607, 


f. 67 6-68 b. 


608, 610. 





DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 195 



MANUSCRIT DE BARCELONE *. 

I. {Fol. 2.) — E si nuil frère disoit en xhapitre algnna parola 
qne dir ne dense, un antre frère li pot dire sens mover de... : c Vos 
diteç mal, et cries merci. » 

II. — Frère ne deit a frère lazer sa falia traire de xhapitre ; e se 
il la laxe traire, e antre xhapitre li volie mostrer assestni frère, 
qni a Tantre la lexa traire, sa falia de xhapitre, et no li mostra, 
penre pot hom en lui qant que hom deit pendre en frère, salv son 
abit ; e a l'autre frère segons so que il aura fait e li autre frère 
voudrant. 

m. — E frère que geist en Fenfermaria ne pot rependre li 
enfermers, ne autres frères, tant com il y est ; mas pus que il en 
est esus il le repenre. 

rv. — En qualque manera frère trespasara lo comandament de 
la maiso, hom pot penre en lui qant que hom pot penre en frère, 
salY son abit ; car nuyll comandament no y ha [p]etit ; hom no 
pren tant deu (o) dit com deu fayt. 

V. (Fol 3.) — (Fin du § 651). E si il a faita chosa per qne il no 
la deya recovrer (la maiso), hom li det doner congé de aler salver sa 
arma en altra religio, e doner carta de congé se il la demanda, 
ço est a entendre a Torde de Sent Agusti o de Sent Benehet. E se 
il no a faita chosa per que la deia perdre, hom ne la li doit tolir, 
axi com dit es desus, mas hom li pot tenir una peça a la porta 
segons lo portament de lui. 

YI. (Fol. 3 b.) — {Le ms. de Barcelone ajoute ceci au % 654) : 
Al chep de l'an e de jom, hom li deit rendre Tabit ; e puis est a 
un jom tant com a Deus e als frères playra. Mas el est use que, 
al primer manger que il aura fayt ab son abit, hom lo leva de 
terra. Si hom vol, hom lui pot tenir longament. 

1. Nous ne publions ici que les passages qui ne sont pas dans l'édition 
de M. de Garzon. Le texte a été transcrit à Barcelone avec le plus grand 
soin par notre confrère et ami M. A. d'Herbomez; mais le mauvais état 
de conservation du manuscrit, les incorrections nombreuses qa'ii ren- 
ferme n'ont pas permis de l'établir partout d'une façon absoloe et définitive. 



196 SOCIÉTÉ 

Vn. {Fol. 9.) — E si anqun freré est acustume de tant beure 
que el n'aveya ivre, e il no s'en volia chastier, e hom lui avia 
esgardea falia, lo maestre ab lo chapitre ly pot dire : « Biau frère, 
vos estes invroye et nos volez chastier; ora nos vos metem en 
Pesta (?) que vos prenez de ces .ij. choses quai vos plazia : o que 
vos demandez congé de la maiso e que vos aies sauver en autra reli- 
gio, que vos laxez d[e beure] a toz jors de vestra vida. » E si lo 
frère prenque la maiso lexara, hom doit douer chartre ques pusque 
sauver en autra religio. E si il pren que jamais no beura vin, il 
s'en deit sofrir que jamais non beva si doues li maestre, per acort 
deus frères, no l'en donaven lo congé : car per si lo maestre non a 
poer. E si el en bevist, en era atent, il en perdria la mayso. 

Ym. — E si frère mange o bet en loc o no deia, que sia 
défendu, o chosa que no deia manger, e yl en era (a) [fol. 9 b) 
atent, lis frères li poent esgarder a perdre la vianda, salv lo pan, 
.j. an e .j. jorn, e tal falia com a ills playra, salv son abit. E le frère 
no deit manger dins lo terme que li sera esgarde si doncs il no 
ère malaute en la maiso de l'enfermeria. 

IX. — Si alcun frère es blasme de mauvays portament c'on no 
l'en pot acenier, o d'autre chosa que fos honta ne damage de la 
maiso, e hom nol pot acenyer, e no s'en vol xastier, e aucuns frères 
li veu alcun mal senblant far, el ne fa crier merci en chapitre, los 
frères no li devent esgarder a perdre Tarnes en chapitre ; mas el 
es use que, si la chosa es petita que il aura fayta, los frères lo la- 
zen sur lo coseyl deu maestre. E la cosa porie estre tan gran qe los 
frères li esgardarient falya, e pus lo maestre ab son consel lui 
porie far durte. 

X. — E [can] lo maestre vont fayre durte a .j. frère, il la deu 
fayre per conseyll d'una partia dels prodomes qui seran la ou yl 
sera. Apres, lo meneschal, o celui qui te aquel ofizi, li dira ço 
que li a este esgarde el conseyl, davant .ij. o .iij. frères. E si il est 
acorde que hom l'en mande a .j. chastel o a maiso, e que no pas la 
porta, e que renda son arnes, el lo deit far, e deit rendre son âmes 
de la mereschalchia au merchau, e da permenteria au draper, e 
est en cez bescesces^ e cotes armaures se les estues; e pot retenir 
sa roba de ves- (foL 10 a) -tir [e de] jasir, e l[a x]arpita e les petites 
beazes ^. E lo merechal el draper poent donar Pâmes la bon les 

1. Besaces ? 

2. Brayes? 



DE L*HISTOI]IS DB FBANGK. 197 

playra. £ cant le maestro li voat rendre son âmes, il le doit faire 
par conseil ; e pax li mereschal li pot doner del âmes axi com li 
senblara, e lo draper ausi. 

XI. — El est défendu que hom (que hom) no faca nuil frère de 
nuil hom que aie este en religio si be yl s'a congé de so major que 
posca entrer en antra religio per sa arma saluer. 

Xn. — E si nuil qui eu s'estre^ nostre frère, que hom li ouse^ 
doue congé d'entrer en autra religio, e puis el voleyt tomer a nos, 
bom no lo deit recovrer', aîa este en aura religio o no, pus que 
d a congé de la mayso. 

'Xni. — El est acustume enia maiso que, can frères son pris 
en poder de Sarasins, que eus ne^ deven porter abit; aussi eus an 
manteus, o chapes, o jupel d'armer, ne deven lever la croys, car 
mientre son en preson il no deven aver nuil abit. E si nuil frère 
deseus esteit bailius qant il fo pris, il est relaxes, que si il esteit 
délivre aies' d'un jorn o de .ij., el no deit user de sa baylia que il 
tenit, sens congé deu mestre et deu co- (fol, 10 b) -vent, si estoit 
bailiu per chapitre; e si el avoit autra bailla, poreit estre per 
congé de celui qui Taureit fayt bailiu. E si nuil dels frères enpre- 
sones esteyt mande en la chrestiante, il no doit porter abit si no 
tan solament a les ores e al menger, e lo pot porter mentre 
que seit en la chrestiante, e quan il tornera en la tera deus Sara- 
sins il n'en deit punt porter. E quant a Deu playra que nuil de 
seus frères sien délivres, quan seran venu a la chrestiante, els 
deven aver lurs abits al manger e a les ores, mas els se deven gar- 
der de porter surs joms (sic) entro que agen parle ab lo maestro 
a celui qui te son loc. Eu maestre, ho celui qui te son loc, 
deu comander que il sien vestu de tous robes com a chascun afer. 
E les frères devent venir, quant ixen de preso, au maestre o a celui 
qui te son loc. 

XIY. — El est use de la nostra maiso que si nuil frère esdevent 
mesel, l'enfermer li doit dire au maestre. Eu maestre deit coman- 
der a .ij. frères o a .iij. quemenen selui frère au maestre de Sent 

1. Corr. .* qai oust este. 

2. Corr. : oust. 

3. Corr. : recever. 

4. Corr. : no. 

5. Corr, : nés, même» 



i98 SOCIÉTÉ 

Ladre o a celui qai te son loc, e dir, de part nostre maestro, que 
tel frère est malate de meseleria, segons que hom li fa entendre; 
don el lo preya qu'el lo fasa garder a sos frères que pus saben 
d'esta maladia (fol. il). Eu maestre y doit faire aler les milors 
fiziçians qu'el pora aver. E si les fezisians eus frères de Sent Lazer 
dien e conexen quel frère no es malaute, el s'en doit torner a la 
maiso e estre azi con esteit davan. E si els conexen quel frère es 
meseu, li frères qui ant menet le frère a Sent Laser devent retor- 
ner au maestre e dire que li frère es juge per meseu. Adoncs li 
maistre deit preyer li frère e fer prier a .ij. o a .iij. prodomes, que 
pus que DeuB li a done sela maladia, que el deman congé de la 
mayso e que s'en entre en Torden de Sent Lazer. Eu frère doit 
hobeir la preyerà deu maistre. (Cf, 443.) 

E si per aventura le frère ne voloit obéir a la preyera deu 
maistre, dien los viens bomes de nostra maison queu maistre, ab 
[acort] deu cbapitre, li pot comander que s'en aie a Torden de 
Sent Laser ; eu frère o a affayre. E bom deu doner au frère tota 
sa roba de vestir e de jasir, e li dpit bom doner un esclave per lui 
servir, e .j. asen per son givaucber, .1. besanz, e cascun an vestir 
com .j. frère. 

E si en les partides d'oltramer avenoyt que nuil frère fos meseu, 
lo comandaor de la provincia lo deit faire a malades agarder e a 
mege, axi com desus es dit, que entre a Sen Laser. E si ea la 
provincia no a orden de çella malaudia, lo comandaor {fol, H b) 
lo deit fere mètre en una maiso, e fare servir a .j. bom, e doner li 
la roba el vestir com a .j. frère, e la vianda, e doit porter son abit. 

XV. — E si esdevent que aucun frère podise si fort l'alende^ 
quels altres frères no lo poguesen sofrir, neus meges ne lo poguie- 
sen garir, hom lo deit mètre a una part e doner li las cbosas que 
li seran besuin, ensi com a .j. autre frère, e deit porter abit; e 
quant sera garit deit estre ab los autres frères. [Cf. 444.) 

XVI. — E si a nuyl frère esdeve que sia malade de mal de 
demoni, bom lo deit mètre a porta, e doner las choses que li seran 
besuin, ausi com a .j. autre frère; e port son abit. E quant sera 
garit, sia ab los autres frères. 

XVn. — E si alcun frère esdeven fora del sen, lo det pendre e 
mètre en ferz en una maiso, per tel que damnage no fasa a nuil 

1« Corr, : alêne. 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 199 

bom, e lever l[i] l'abit, car aaîl gai sent ■ en preso qft^deit porter 
abit. Quant il sera ^rit, hom li det rendre son abit IBayre deas 
fers, e deit estre com .j. autre frère. 
B tôt so pot fere li maistre, o qui te son loc, sens cbapitre. 

XVm. — Nnil comandaor des provinçias no pot tenir cbapitre 
en autrui baylia, ne br frère sens congé e licencia del comandaor 
de la provinzia. Mas can sels comandaors venen desa mer, els po«nt 
fere frère en la nau [fol. 12), abans q[uell8 veyen [la terjra desa 
mer. E tos comaadaments devent estre tenuz en la bayllia don el 
es comandaor, e ses chartes devont estre tenues tro qne faxa son 
relaxament. 

XIX. — Lo moistre ne pot nnil comandaor de provincia per 
chapitre fer? venir iIg sa', si no ab acort deu covent, ne relaxw; 
mais si ea fait per conseil, el lo pot fer venir e relaxer per conseyi. 

}^K. — BstabUt[eE] cl Temple quels comandaors de la terra de 
Triple e d'Ajitiocba (ieven venir cascun an a chapitre la ou lo 
maesire el covent ^ia; yl maistre ne pot mander qne demorent 
sens acort del covent 

XXI. — Lo megere frère Gi de Soanay' manda a frère Rosoli* 
qne aies en Espannya, e que prêches la bolla da frère Palayho, 
comandaor, e que tenges loc de comandaor e charta del maistre, a 
frère Palayo que rendes la bolla a frère Rosoli. E frère Palayo fe 
lo comandament e vint deçà a Damiata. El covent li dix per que 
era vennz deza qnan il no l'avien mande qne ve, e qne retomaa 
en sa baylia; e axi lo Kst. 

XXn. — E si le maistre manda a ancan frère qne vage a oltra 

1. Corr. : selt. 
î, Corr. : sa. 

3. GnUlanme de Sonnac, gnnd maître de 1247 i 1^. 

4. Il s't^t de Mre Rocelins de Fos, qai, en 1252, était maître dn 
Temple en Angleterre ; il fat envoyé par le roi Henri III, cette même 
année, anpTés de Blanche de CuUUe et en Gascogne, i l'occasion de la 
trêve intervenue entre les rois de France et d'Angleterre; il avait l'entière 
confiance de son BoaTerain, el pendant son voyage eu Gascogne il fnt 
chaîné de» misetons les plus délicatea. Il fat ensoite maître des maisons 
du Temple en Provence et occapait encore cette charge en janvier 1274. 
{Roy. and hiit. lelUrs... of Henry III. U II, p. 69, 71, 76, 91-2, 391; 
DeUville Le Ronli, Àrch. de MaUe, f. 1S3, note.) 



juer, el c^mt ve quel maistre l'ay mande pet mala voleatet, e 
sens rud^Ptol fer durte, lo covent l'en pot retenir, el maistre 
1d n'a a hoDeir.^ 

XXITI. (roi. 1i.) —Elense en nostra maisoque quant hom Ea 
frère capela, e eu loc hom âge chapelan, hom lî fa Caire sa prome- 
Bio sur l'auter, e qais vol hom pot fer frère [capelan] axi com d'un 
antre &ere sens ajenulier. Ço ee la promisio que il fa sur l'auter : 
{Suit le texte donné par M. de Curton aux ^ 274-278.) 

XXIV. {Fol. 21 b.) — 232. Ajoutes : La X* es sodomtta. 

XXV. — La XI> cboea : qui laia chastel marcha sena congé. 

XXVI. {Foi. 29 b.) — Frère G. de Cardona* ère comandaor en 

(en) Arago, e tint japitre (e) a Moneo*, c gua .ij.lreres defors pcr 
fer baylies, e demanda auB frères, e .j. pt-uJume dist : « Je ne m'en 
acor a nnil. > El comandaor li demanda per coy (fot. 30|; e il 
dissoyt que uo ti seubloyt Buhciens, car il u'avia en zel chapitre 
quy siriont pua suficieoa que nuil de (/.i?]us qaa aron dpfors. El 
comandaor comanda qu'el s'acordas a uji do /.i>u^. El frère dit>t: 
a Ço no es pas razo ; e pus voe fêtes le comandament, je m'acort 
a tel, per lo comandament a tenir. • E après li comandaor vint 
deçà mer; e frère G. d'un Mont trépassa lo comandaor deu coman- 
dament' que aveit fait en chapitre; e el uo avia este en sen cha- 
pitre on lo comandament fo &yt; el comandaor ueya que noho 
avie fait (est comandament. E frère G. dist : < H y a frères qni y 
furent en zeu chapitre. > El maistre comanda, si avoit nuil frère 
qui aveit {fol. 30 b) este en sen chapitre, que venist avant. E u 
frère que y avie este au chapitre dist au maistre :' f Sire, çesta 
chosa fo en chapitre ; volem que vos nos asenes si podem dire 
chosa que eia fayta en chapitre, i Eu maistre dist : ■ Oil, qael 

1. Guillaume de Cardons èt«it maître du Temple en Aragon et Oalalogne 
Ters le milieu du un* siècle; deux bulles d'Innocent IV des 30 ivril 1247 
et 18 mars 1250 le désignent avec ce titre. (Barcelone. Arch. d'Aragon, 
bull. leg. XI, n- 30 et 50 ; texte dans Pmts, EntvrUklwng vnd Vnder- 
gang det Tempaberren ardent, Berlin, 1S88, p. 283.) Nous avons de lui 
un acte scellé du 21 mai 1251. Le sceau est au type équestre avec la 
légende: ( S. Hinistri TempU in [Arag]on. et Catalon. ■ (Arch. d'Alcala, 
ord. de 8aiDt.Jean de Jérusalem, langue d'Aragon, leg. 171, comm. Ambel.) 

2. Htnzon, Espagne, place forte des Templiers, prov. de Haesca, entre 
Ssragosse et Lérida. 

3. Corr. .* lo comandament deu comandaor. 



DK L'mSTOIBB DK FRANCK. 20i 

mairtre, o xeloi qni est en son loc, pot ben comander en chapitre 
que, si noveleta a este fayta en autre chapitre, que ht diant devant 
loi en chapitre. ■ Le frère que avoit porte garentia a l'antre e dist 
qae il aveit descuhert chapitre ; eu frère no vol repenre lo coman- 
daor, et dist que ço (que avie re) que dit havie per asenament deu 
mabtre qu'el aviet dit davant le covent, e fon gite defors. En 
covent dist qu'un frère puet ben dire per les gens (?) que desns 
son dites; eu frère fo mis en pays. £ fou demande a frère G. que 
li {fol. 3i) aveitdit ço que li aveiteste dit en seu chapitre, e frère 
G.^dist que .j. frère, eu frère estet mort. £n comandaor et frère G. 
foi[entJ mis en respit. 

XXVn. — El avtet^ que frères forent mis en penanze a Safet 
.j. dimenge, e Innsdi frère den Ghastel Pelery yindrent, e Tendema 
preyaren le comandaor de chivalers que, per amor Deus, que 
demandas los frères. El comandaor demanda ans frères. Eus frères 
levoren les per amor Deus. Eu maistre cant o sabe {foL 31 b) fetz 
criar merci a toz cens qui s'eront acordes au lever, e fols engarder 
ùdia. E fon dit que nuil frère que no preyest per frère, [si] doncs 
no era molt viel om ; e fon dit que no era razon que frère que fos 
en penance fos levé la primera setmana, si doncs no era malada, 
o per prey[e]ras d'aucun prodom, rie om, o amie de la maiso. 
E 80 fo eu tems de frère Tomas Berart. 

XXVin. IFoL 33 b.) — {E\l maistre ne pot fere nuil coman- 
daor {foL 34) des provinces si no per chapitre gênerai, ne venir 
deçà mer, ni ester, sens chapitre. 

XXIX. {FoL 34.) — 579. E si visitaor ha oltramer*, lo coman- 
daor db la provinzia deit totes ces choses e bestes mander au 
maistre e au covent axi com de Tautra^, salv la roba de jasir e de 
vestir que det doner por Deus. 

XXX. {Fol. 34 b.) — Gan frère capella mor deçà mer, tota la 
roba els libres son deu maistre, e oltra mer del comandaor de les 
provinzes. (Cf. 563.) 

XXXI. (FoL 35 b.) — Si alcnn frère va a oltra mer (fol. 36) 

1. Corr. : avint. 

2. Le copiste a passé un membre de phrase dont le sens est : H ^'U 
iott mort. 

3. Les mots eom de t autre se réfèrent au cas prévu dans le | 578. 

ANNUAIBE-BULLSTIN, T. XXVI, 1889. i4 



202 SOCIÉTÉ 

sens congé, el jorn qes partey de la mayso se recuil en la nau, es 
partey del port, el frère se repent de la falia que el fa, el deyt dire 
al senyor de la nave e als aatres prodesomes, e dir lur [co]ment 
est parti e que s['en] repent. Si la nave pren port en aucun loc, el 
ne det exire de la nave si doncs el loc [n'avia mjaiso nostra ; lors 
poreit exir fors e aler a nostra maiso e no a altra part, e parler ab 
lo comandaor e ab los frères que serion la, e preyer que ills 
envieson charta au maistre outramer, e com el es porte en la nave 
e en sel loc, e cornent se repente de ce que il a fayt. Si no i a 
maiso nostra, el ne det de pendre^ delà nave. E si il près port en la 
terra que sia comandament de son major, det aler vas son conian- 
daor al pus dret chami que il pora de maiso en mayso; e si no 
troba nostra maiso, det auberguer en {fol, 36 b) maiso d'om de 
religio o de clergie o de prodome, axi com es dit en nostra religio 
en nostra maiso. Gant il sera davant son comandaor, il det criar 
merci de sa falhia, e tôt ce li det estre conte axi com çel qui jay 
.j». nit défera la maiso sens congé, si es ausi com desus e[scri]t. 
£ si la nave pren port en autre [loc] en la terra ou lo frère sera 
parti, il nos det par[ti]r de la nave jusques seyt en Acre. E lors el 
det preyer lo senyor de la nave et aucuns autres prodesomes que 
vagen ab lui per davant li maistre, e dire au maistre cornent 11 
frère s'es porte en la nave e preyer per lui. El frère det crier 
merci al primer chapitre que il sera de sa fallya. E si la chosa seit 
ausi coment seit çerta, hom ne li pot aler, sino a l'abit, per so car 
il se repent de so que il a fayt; e si fos en terra, il fore torne a son 
comandaor. Mas qui es en nave ne pot fere a sa volente. Mas si 
lo frère, can fo en Acre, aies a TEspital o en autre {fol. 37) loc, e 
jausse una nuit fora, a an e a jorn. E si tenese plus de .ij. nuis las 
chosas de la mayso, il agra perdua la maiso a tozjors mays. E si 
frère partise de la maiso que fos luin de la mer, que jausse una 
nuit ans que ontrase en la mer, [c]ar la mer no li es conte cor per 
.]. jorn, e si il se [par]tit per enten[zon] de laxer la maiso e se 
meteit en la nave axi [com] de[sus e]s dit, e que el no ausse chosa 
de la maiso e venise dret a nostra maiso a Acre, ensi com desus 
es dit de l'autre frère, e que no ausse jay deçà mer ne delà mer 
nulia nuit, hom no li poreit aler sino a l'abit. E si avest este una 
nuit ans ques recolise fora de la maiso, o depus que el seyt en 
Acre jay una nuit fora de la maiso, el aureit perdua la maiso 
per so car aveit este fora de la maiso, e te nulias chosas defen- 
duas pus de .ij. nuis. E ayço a este avenus aucuna fes. 

1. Corr. : dessendre. 



DE LUISTOIRE DE FRANCE. * 203 

XXXn. — Si aucun frère se part fora ou el sera sens congé de 
son comandaor, e di que s'en ira ai co- (fol, 37 b) -mandaor de la 
provinzia, hom no li pot aier sino a Tabit. E si lo frère qui lo 
chamj te no trobe maiso nostra, el deit alberguer en maiso d'om 
de rdigio, o de cler[gie], o d'aucun prodome; e aso no li d[ei]t 
estn^îonte, mais per .j*. nit. M[a]s sil[o] frère exi fora de chami, 
e qn\ no tenc se[l] chami quels autres frères devent tenir, e 
ja[i]ga .ij. nits fora de la maiso i'una après Tautra, il seret [a] an 
e a jom. Mais si il se pàrteit per entenzio de laxer la maiso, se il 
aveit ren perdu de son ameis o de las chosas que aureit treitas 
de la maiso, il aureyt perdua la maiso segons los establimens 
de la maiso. . 

XXXin. — Il es dit zayns que tota chosa que frère deu Tenple 
faza oltra la defenza deu maistre o de son comandaor, e damage 
en avent de .iiij. deners {fol. 38) en sus, Tabit es en la volente 
deus frères. 

XXXrV. — Tôt frère deu Tenple doit estre creu [del] profit (?) 
deu Tenple de nostra maiso. 

E le frère det egarder [ca]l chosa peu., ser essy, car si la chosa 
no ère [en]si com il diret, hom li esgardaret faiia [sejgons que 

seret la chosa que el aureit dita; il poreit dire tel chose, 

poret hom fer sen damage. 

XXXV. — Il est acustume en la maiso que, quan .j. frère fa apel, 
que tuit y deve[nt] aler. E si alcu senbla quel frère no pusca fer lo 
comandament, yl lo det dir, e selui s'en det ester. E se no s'en 
Yolia ester, hom li pot esgarder falia, sau son abit. E si a aucun 
que deuse fere lo comandament, e ne y a que autre frère y ausse 
que lo volguiese fere, e no sen volguies ester, yl det depar- 
(/b/. 38 b) -tir les frères, e garder celui frère (e) els autres que no 
pusqen salir, si doncs no era gran damage de la maiso se il s'es- 
tave de fer lo comandament; adont il det dire a aucuns prodospmes 
que fasen selui frère zeser. E se il [no] s'en vol ester, lo maistre 
autre frère que soyt sor eus, el maistre est en [l]a maiso, elli 
deven far a sauver. E si n'aya nuil [que sor]eus set, les frères se 
deven asenbler e regarder quel det fayre li comandament segons 
los nostres establimens,«e aler au comandament de selui qui lo 
deit fayre, e far son comandament. 

XXXVI. — Gan les frères sont en albergues e se ten covent, 



204 SOCIÉTÉ 

en quoique loc quel covent venya auberguer, près de chaste! o de 
vila, si quel covent venya manger a maiso, de vent toz les frères 
penre congé au comandaor de givalers de covent ; e el det fere toz 
les comandamens quel comandaor de {fol. (39) chivalers det fere 
la ou meneschal no es. E si le covent es albergue luin de la maiso, 
en comandaor de chivalers y ve, il no a poeer si no axi c<mun 
autre frère. 

XXX Vn. — Se .j. frère a paroles Tnn ab Taltre, o repr[enia] 
fora de chapitre l'un Taltre, aucun prodome les [v]ult [mjetre en 
pals, il lo pot fere sils frères s'[i ajcordent que avien aues les 
paroles. El est use que si un frère era use qu'el parlasa ab frères 
ab chascun per se il deseyt mal, e puis hom y ave, si .j. frère lo 
reprenia, hom li poria esgarder falia, salv Tabit, si ben il neyava 
so de que il era repres, pero qu'el frère ne fos costume, per so car 
di les paroles en conseyl e di mal al prodosomes, e ne le cuida 
com li pusca esgarder falia, car .ij. frères ne le poent acenier segons 
nostra costum. 

E per so fo establit que nuil frère que fos conzeliador costumer 
qu'el frères s'en clament (fol. 39 b) e que hom l'en avie chastie 
que .j. frère l'en pot ausi repenre. E si per so no s'en volie chastier 
le maistre l'en pot fere durte. 

XXXYm. — El est use en nostra maiso que si .j. frère cria 
merci d'alguna falia, e hom li esgarda .j. venredi, e par la des- 
ho[be]dienzia que a fayta li pot hom esgarder altre venredi, e 
penre altra disciplina, o plus gran fallya quis vol. E se alcun frère 
cria merci, e li esgardon .j. venredi, e en zel (zel) chapitre d'altra 
falia cria merci, e li esgardon altre venredi o .j. jorn, el det fere lo 
primer venredi que li fos esgarde, si doncs no era tantost mis en 
sa penanze, car el det fere çella primera, e can sera levé de terra 
jeûner lo venredi. 

XXXIX. — El es establi que nui! frère no det penre comande 
de nuil hom que no set de nostra religion sen congé de son 
comandaor ; e quant hom la pren, si det dire le frère que la penra 
que, si la comanda se pert en nulia manera, que lui ni la maiso 
no fos tengu de rendre {fol. 40). E ensi est entendu deus frères qui 
sont sobrel bestiar. Ë zeus qui reeben les comands devent aver 
escririet^ que reeben, e de coy, si doncs selui qui fa la comanda 

1. Cùrr. : escript so. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 205 

no Yol mètre .j*. uxa el trésor, e que il tenya la clau o beazes o sac 
que [sia] seelle de son seel, e comanda de qui la [cho]8a es. E si 
coma[n]de bestiar, det se fer ab escrit, ax[i corn la] chosa est 
enprisa enfre eus. 

XL. {Fol. 48 b.) — [G]an lo Turcoplirs ha mester de Turcoples, 
il en det parler au mereschal, e per 11 endret retenir la quantité 
que il dira. E si retent Turcoples a .j. an, a charité [aur]a .iij. besants 
al chep de Tan. E a Tivem, li det doner cota, e chamisa, e brayas 
causas, et .j«. garnacha de baria que li pot prester, e .j<^. esclavina 
per cobrir sa besta quan les frères renden les lurs; eausien esti< 
det aver charité. E si ista demis an, il det (fol. 49) aver la mita 
de charité segons sa sayson. E si il rete Torcuplers^ a sou, il det 
garder ses armaures; e si s'avent ab quels del sou e del restou^, el 
det mètre en escript lo tems del restou ; mas no det estre de tant 
de près can la besta val, e ausi det estre mis en escrit. 

XLI. — Il avint que il ot fayt en la maiso .j, frère givaler qui 
avoy nom Oliver, et no era fil de chivaler ni de dona; e vent deçà 
mer e fo repris de çesta chosa, et font atent, e hom esgarda li a 
perdre la (la) maiso. Mays, per so car il avoyt gran pesa estoyt^ 
en la maiso, le maistre els prpdomes de la maiso acorderen se 
que hom li dixes que il avia perdua la maiso, car il ère frère com 
no dévie, e que, sy il volie remanir a la maiso, el convenrie que 
il fos (fol. 49 b) frère serchant ; e aquesta honte li farien les pro- 
dômes de la maiso. E il prega por Deu que hom li donas congé 
que el [si] feses ordener a prevere; e le maistre el covent li ator- 
garent e feren li aquesta honte que el [si] feses ordener a frère 
chapela. E [azo fo fet en chapitol gênerai. 

XLn. (Fol. 49 b.) — El avint en Gatalunnya que .j. frère fist 
falsa bolla del penedençer del papa per mal d'[a]utres frères de la 
terra et blasmant eus. Ge[lui] frère apella autres frères e lur dist 
si li tend[rien] conseyl, e il IL autreyerent e li promeserent. [Ë] 
lors lus mostra las cartes ab les falses bollas, e dist que il las avoit 
faytes fare e la chosa per (pie. E .j. dels autres frères lî dist : « Vos 

1. Corr. : este. 

2. Corr, : Tnrcoples. 

3. Le restor était nne somme payée anx chevaliers et écuyers pour 
rentretien et le renouvellement de leurs chevaux et mules. {Assises de 
Jérusalem, l, p. 613.) 

4. Corr. : este. 



206 SOCIÉTÉ 

faytes mal et mal vos en vendra » ; et puix partis del conseyl. Et 
blasmerent las chosas que il aveit faytes, et no volgren autreyer 
las (fol, 50) chartas ni las boUas, ni n'en parlèrent au oomandaor 
ne a nuil autre frère, ni no destorbaren que ellas no fosen mos- 
trad[a]s. El frère mostra las chartas el chapitre gênerai de la terra; 
et quant lo comandaor eus frères virent çesta chosa, sint forent 
moït coroçes. El comandaor manda qjie toz les frères que re y 
sabien de ceste[s] chartes coment forent faytes, que viguisent 
avant. Els frères vindrent e diçtrent les choses coment faytes ; e 
hom demandet l[o]s si aviet pus frères, e il dist[rent] que oil, 
e... no est E... el comandaor fist los criar merci de cesta chosa, 
e il distrent que no avien cosenti en çesta cbosa, e que lur pesave, 
e foren mis en respit per davant le maistre d'outre mer el covent, 
e partils hom per las maisons que la un no fôs ab Taltre, e 
comandals hom que no pasasen la porta jusqu*al pasage del co- 
{foL 50 b) -mander. E quan lo frère ^^i ^ chartes aveit 
faytes vit ço, il laxa la maiso e s'en aie. El comandaor fi venir le 
frère que no avia este au chapitre, e dis li per que no avie dita 
çesta chosa ? E el frère dis li que il aviet blasme a çest fayt, e al 
frère qui aço avie fayt, e que nos cuidavent que les choses vin- 
guiesent avant. El comandaor fist li criar merci de cesta chosa. 
E qu[ant] lo comandaor vint deçà mer, e los amena ab si, e [i]ls 
criaren merci en Acre au chapitre gênerai az[i] com les choses 
eren aleàs. E .j<^. partida deus vie[ls] hommes de la maiso distrent 
que aço eren com [unes], e autres distrent que no eren pus que ils 
no s'eren autreyes. E la mayor partia del chapitre s'acorderent que 
hom los presist lur abit, e que hom los tenguies longament en 
penança, e que james no fos nuil en la baylia d'Arago, et que la 
un fos en .j<^. terra e Taltre en altra, per que jamas ne fosen ensems, 
per so {foL 51) car els no feront sen poer de destorber la chosa, e 
no distrent au comandaor o autre frère qui lo poese destorber. 
E de celui qui exi del conseyl e blasma la chosa, per so car el era 
sinple orne, et ques cuidave que là zarta non anas avant, fo li laxe 
Tabit por Deus. E si nuils d'els autreye, el fore tenu a comuna e 
agren perdua la maiso. E aço fo per davant le maistre frère Tomas 
Berart. 

XLin. — Lo comandaor del Mas-Deu^ comanda à un frère ques 
preses garda d[e] blat de la era. El frère n'en done .j<^. mesura sens 
congé; e fon dit au comandaor. E il de[man]da al frère se il aveit 

1. En Roassiilon. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 207 

vendu d[e] blat, e] il dist que no. £ pus le frère fo aient de ço, 
en cria merci au chapitre, e perde la maiso per so car il lo neya 
au comandaor; el venc sens congé e despis los dir^ 

XLIV. — Frère Gi * de Basenvila era comandaor de França, e 
.j. frère exi de la maiso per la murallya. Eu frère fo repris de çesta 
chosa, e cria merci en chapitre, e fo mis en respit (foL 51 b) tro 
n'eusen asenament de maistre e deu covent, per ço car ils no cui- 
daven que nuil frère ne perdis la maiso si no era en castel de 
marcha. El comandaor vin deçà mer, e manda au maistre e au 
covent, et fo li dit que frère que isqes de maiso closa per altre 
loc que per la dreta porta, que il a perdua la maiso. Ensi fo mande 
en França ou li frère era demore, e perde la maiso. E aço fo a 
Gesayre per davant le maistre frère Renaut de Yixer^. 

XLY. — .1. sergant requist la [c]ompanye de la maiso, e hom le 
fist frère. E puis .j. [senyor] lo demanda per ser sierve; e zelui qui 
era frère autreya que era vérité. E fist li om criar merci de çesta 
chosa. E per ce car il avey menti en son chapitre cant hom le fe 
frère, hom le leva Tabit, e rendel hom (fol. 52) a son senyor, e ah 
perdua la maiso. Aso fo a Damiata davant le maistre frère G. de 
Saonay; e la reyne avoy paye por lui que hom le feise frère'*. 

XLVI. — Un frère que avie nom frère Johan Plantarosa laxa la 
maiso el regisme de Jherusalem, e aie s'en en Pulhya ; et a chef 
de tems il revint, e cria merci a la porta, axi com es acustume a 
la maiso. E feist li hom demande per quai chosa il avoyt laxea la 
maiso, e ou s'en esfoyt aie. E il dist que el s'en aie por ce car il 
avoit feme, e que il aveit esteit ab lui depuis que il aveit laxea 
la maiso, e hora ère morta, e per so voloit retorner à la maiso. 
E la parola vint au chapitre; e fo demande a frère Joufre de 
Fos*, e il dist que il era costume que nuil frère no deveit estre 

1. Carr. : el vendet sens congé, e despois lor dis. 

2. Do Chesne {Hist. Franc, script, Y, 272) publie une lettre de Guy 
de Bassainville à Tévéque d'Orléans sur l'état de la Terre Sainte au moment 
de la croisade de Philippe -A ngaste. Il semble avoir été grand comman- 
dear da Temple à ce moment. 

3. La mention du grand maître Renand de Yichier limite le fait raconté 
ici aux années 1250 à 1252. 

4. Guillaume de Sonnac, grand maître du Temple de 1247 à 1250. Le 
séjour à Damiette de la reine Marguerite, femme de saint Louis^ se place 
dans l'été de 1249, et date ainsi exactement cette anecdote. 

5. Geoffroy de Fos figure, comme témoin, dans un acte d'octobre 1252. 
(Delaville Le Roulx, Doc. sur les Templiers, p. 30.) 



208 , SOCIÉTÉ 

créât se il se mentoit ^ chosa sar se per aver (foL 52 b) comune 
de la maiso. Els antres distrent que pus que il diseit que il 
avoit fema quant il vint a la maiso, dons fo il perjur, car il neya 
la vérité cant il fu frère, cant hom li demanda si avoit fema, e 
per so s'acorderent tuit que il perdes la maiso. E azo fo a Safet 
per davant £rere Tomas Berart^. 

XLVn. — Il avint que .iij. frères criaren merci en la prise 
d'Alapa. L'un dist que .j. frère ère malade en l'enfermeria e morut; 
e celui frère près Pausbert de celui. E l'autre [pr]ist .j. chapel de 
fere d*un frère qui s'en alava a oltramer, e rendi lo sen en loc de 
zelui. E Paître frère porta lo fren de son chaval a la chabestreria 
per adober; e per so car hom deveit fere chivalchea, el sen fre no 
ère adobe, hil prist .j. altre fre. E chaseuns de cést .iij. feren aço 
sens congé. Les frères que (foL 53) eront en la prise, on avie molz 
de veyls homes, e sabien molt del fait de la maiso, distrent que 
s'eus eusent crie merci de çestes choses al covent que hom los 
pogra aler a la maiso e noter a larezyn, per so quar est costume 
de nostra maiso que nuil frère no deyt pendre arnes d'autre sens 
congé, e car els Tavien tenu tan longament hom los pogra aler 
a 80 que davant es dit. Mais per so car eus erunt en prise, e 
avieh ases de pena e de mesayse, laxaren paser la chosa axi que 
no lur fo esgardea altra falya. E can vindrent de la prise nuil deus 
frères n'en parla per so car les frères qui la falya avien fayta eren 
prodesomes. 

XLVni. — Il avint que frère Gueraut de Saùzet' era comandaor 
de la terra d'Antiocha. Eu Souda ^ exi ab tôt son poder de Babi- 
lonia e ven (fol, 53 b) s'en en Antiocha. E avant que il fos en 
Antiocha, le comandaor trames au maistre que il avie entes quel 

• 

1. Corr. : metoit. 

2. Nous savons que Thomas Bérard était grand maître dès octobre 1252 ; 
il mourut le 25 mars 1273 ; mais, Safet (Chastdblanc) ayant été déman- 
telé en 1271 par les HusulmanSf le fait raconté ici ne saurait être posté- 
rieur à cette dernière date. (Delaville Le Roulx, Arch. de MaUe, p. 181, 
n* 79; Arck. de l'Or, laU, \, p. 390; G. Rey, Monum, de l'architecture 
milit. des croisés en Syrie, p. 92.) 

3. Ce personnage, originaire du diocèse de Limoges, était déjà précep- 
teur d'Auvergne vers 1280. Il semble qu'il ait occupé cette charge jus- 
qu'à sa mort, survenue avant le procès des Templiers. (Michelet, Procès 
des Templiers, passim.) 

4. Il s'agit du Soudan d'Egypte Malik Daher Rokn eddin Bibars Bon- 
dokdari. Son expédition contre Antioehe se place en mai 1268. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 209 

Solda exie de Babilonia, e que hom deye que vernie en Ântiocha, 
e que per Deu li fos que li trameses gens [e] autres choses que 
a li ayie besuyn e a garniso deu chastel, que de tôt avion 
defauta à Gasto^ Eu maistre trames li a dir que sil Solda anave 
ves Antiocha, el li trametrie gens e so que besuyn h[i] fos, e que 
il saveit queu Solda aveit trames ves Ântiocha e no y fareyt mal. 
E sur so lo Solda tent davant Antiocha, e pris la en la ve[nual, 
q[ue] no i esteit mais .ij. joms que la ac prisa. 

E, cant lo Solda ac prisa Antiocha, les frères qui eront a Gasto 
feront molt esmayes, e no saveren que so deusen fere, per ço car il 
no avien rien d'arncs ni autre conseyl que a besunya a garniso de 
jastel. .1. frère de layns, {foL 54) que avie nom frère Guis de Belin, 
mentre queus frères menjaven, monta en son chivau e près les cleus 
del chastel^ e porta les al Solda, e dist li quel chastel de Gasto era 
seu, car los frères dedins lo volien desenparer, e se il y anave o i 
trametie : «E veus las cleus del chastel que yos e aporteas. i E quan 
lo Solda vi so, el manda gran gens. Els frères el sergant qui y erent 
distrent au comandaor que... consel pendryen, car b[en] veyen il 
que no se porien de défendre. [Ë]u comandaor dist que il se defen- 
drie tant cant yl porie, e sereyt a la volonté de Deu. Els frères 
distrent que farien ço que il voirie ni comandarie. Eus sergans 
distrent que eus s'en yrien; que pus que eus visent que nos 
poguesent de- (fol. 54 b) -fendre, eus no y volien morir, e volien 
s'en aler. E sur ço le comendaor eus frères agren lur acort que, pus 
la vila d' Antiocha era prisa tantost, els no avien rien d'arnes ab 
ques poguiesen défendre, nil maistre nols porie dar secors, eu Solda 
savie(nt) lur afayre, que mes valeit que ils se salvasent, e gastasent 
ço que ère en chastel, que no faroyt siu chastel eP eus perdist. E 
convengro que portarient a la Rocha Guileuma^, que se restau- 
rari[a], car la Rocha Guileuma era mal establia; e z[o f]o lur acort. 
E cant ilz virent las geiïs deu Solda, els desenpararen lo chastel, 
e portarent ço que poguierent, e gastaront ço que pogront del 
rémanent, e no tôt ; e azi fo desenpare e gaste. 

E quant {foL 55) le maistre eus frères sauerent que fo prisa Antio- 
cha, eus frères agren gran dolor, e agren lur acort sobrel feyt de 

1. Ch&tean-dU'FiU; château s'élevant sur an des contreforts de i'Ama- 
nas, d'où l'on découvre Antioche. 

2. Ccrr. : e. 

3. La Roche-Guillaume ou la Roche-de-Russole, château d'abord pos- 
sédé par la famille de la Roche et ensuite par les Templiers, près d 'An- 
tioche et de Port-Bonnel. 



240 SOCIÉTÉ 

Gasto ; e Tacort fo aytel que be veyen que Gasto no s'porie tenir, ni 
els no porien trametre socors ; e fo lur acort que ils tramesisent 
.j . frère astyvament, e portas .j. gonfano. E can fos al 8ouda, que alas 
près de terra (?) que si Deus aveit tanta de gratia donea au comandaor 
e aus frères que els eusen desenpare io chastel, e que eus frères 
fosent en la montanya q[uel] o pousent veer e que, se nuil venise 
a lui, que los recolis ; e si no aviont desenpare lo chastel, que il 
y entras, si fer ho podia, o y trametes e que los dises, del part le 
maistre eu covent, que ils desenparasen lo chastel de Gasto e que 
s'en anasen a la (fol, 55 b) Rocha Guileuma ab tôt so que s'en 
porien portar, el sobrepus gastasent tôt ; e de ço portage letres de 
crença. E qant il fo la, frère Pelestort, qui anave per mesage, 
trova que ils [ayien] desenpare lo chastel, axi com es dit desus. 

E can lo comandaor eus frères foren en Acre venus, yls criaren 
merci, cor avien desenpare lo chastel de Gasto sens congé, ensi com 
es dit desus. Eu maistre fist en demanda ; e .j<^. partia deus frères 
distrent que ils avien perdua la maiso, per so qar est dit en nostra 
maiso que, qui desenparara chastel de marcha sens congé den 
maistre eu covent, que la maiso ne li pot demorer; e Tautra 
partia dient que no avien perdua la maiso per zo car (fol, 56) ils 
aviont fayt ço que avie acorde le covent ; e ja fos so que no auesent 
aut le mesage quel maistre avie mande, a la totes fes el aviont 
fayt ço que lui el covent avion acorde, e avant qu'el frère qui 
[an]ava fos partit d'eus. Eu meysme chapitre preyant Deus le 
maistre e toz les frères qu'els anse Deus tant de sen done au 
comandaor eus frères que ils ausen lo cha[stel] desenpare, e' 
avuiem mande au frère qu*i alanala, (sic) si'ntrobave nuil que les 
reco[li6] ? Donques sils frères eu comandaor a fayt ço que o maistre 
eu covent s'acordaven, ab quinya conciençia le pot hom gua[r]der 
tal falya encara ; part aço que ils eren p[oy] de gens, e a ycels 
poys de sergans que ils aviont s'en voliont [a]ler,e que .j. frère [s'en] 
ère aie au [Sou]da e [li] av[ie] portées (/b^ 56 b) les cleus deu 
chastel... avie... encara que no avien nullya chosa que los fos 
besunya per [garnizon] deu chastel. E per çestes choses desusdites 

no lur era avis que hom lur deust [esjgarder fallya 

en nostra maiso que ^ 

•: {fol. bl) 

tôt lo fayt escrit ensi com desus es dit. E lur acort fo tel que, segons 
les [establimens] deu Tenple, lo comandaor et toz lo [covent] s'acor- 

1. A partir de cet endroit, le manuscrit devient absolument illisible. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 211 

derent a desenparar lo cbastel de [Gasjto sens congé e sens ço 

qneu chastel n[o fossja aseges ny hasalit or lo desenpararen, 

que eus arien perd[ua la ma]i8o, si no fos per so, car le maistre 

el c[ovent s'a]6orderent que mandasen au comandaor e de 

la terre d'Antiocha que ... us ra presa que desenpara[re]n 

Gasto ; e encora tuit preyaven a Deu que lur don[e]s tant deu teni- 
ment que eus l'ensen ja desenpare. E doncs pus que yls fayeren 
zo que Yos votiez que fos[s]a fayt, nous es senblant que fos ben 
fayft] que els perde- (fol, 57 b) -sen la maiso, ja sie ço ques pusque 
fayre per rayso. iWfc por Deus e por pieté ; et car es no vêla chosa 
e car le maistre el covent volguîerent que ja fos desenpare, nos 
acordomes que ils no perdan la maiso. Ma[i8 per] ço car yls ne 
gast[e]rent tôt zo que e[ra] el chastel, nos acordarien que fosen 
an e jors. Go es nostre avis, mays vostre sen es tan gran que nos 
nos metreiem part vostre avis. Mays a nos es semblant] zo que 
nos vos avem mande ; mays farez ensy com senyors. E cant le 
maistre ac lur respost, ello mostra al covent, e cominaltmen 
tôt lo covent tengren azo que eus avion mande. Ensi fo esgardea 
la falya de Gasto. 

XLIX. (Fol, 58.) — Il avint que .j. frère laxa la maiso en Proenza 
e no 8*e[n] porta nulya cbosa que porter non deussa, e demoret 
en segle ; .j. frère troba lo, e pris lo, e amenai a nostra maiso, e 
mis lo en .j^. cbanbra. E cant les frères ' menjaven, yl troba la 
p[ort]a de la xanbra aberta, e prist .j<^. espea, e vint a la porta de 
la maiso... El portyer ni autre no le dist ryen, e ala s'en. E cant 
vint a chef de tems, yl vint a la porta criar merzi, e vole recobrer 
la maiso. Eu comandaor frère Rozoly^ fist ne demanda aus 
frères; e .j*. partia distrent que deveyt recovrer la maiso per so car 
il laxa la maiso que il no aveit rien(t) porte ; e Tautra partia dist 
que yl aveyt perdua la maiso per so que .j. frere le prist el mis en 
(fol, 58 b) una xanbra, e zelui s'en ana et portan .j*. espea, e per 
Fespea que s'en porta e no la rende deyt aver perdua la maiso ; 
easo s'acorda la maior partia. E puis fo demande au comandaor 
frere Rosoly : il dit que la falya aveit este gardea segons les esta- 
blimens de la maiso. 

L. — El avint que frere exi del xastel de Tortosa^ per'entenzio 
de laxer la maiso, e ala a TEspital. El jom mismes a la maiso el 
cria merci, els frères li laxeren Tabit por Deu. Apres le frere 

1. V. plus haut, p. 199, note 4. 

2. Ville épiscopale du comté de Tripoli, possédée par l'ordre du T^mple« 



212 SOCIÉTÉ 

demanda a nostre maistre asenament si frère que tel manera lexet 
la maiso si pert honor, e que no fos en eleczio de maistre. Eu 
maistre dist que pus que frère feist tant d'onte a la religio qu'el 
paset la porta per entenzio {fol, 59) de laxer la, que no seyt en 
eleczio de maistre ; car axi est establit en nostra maiso. 

LI. — Frère Po[n]s de Gusans laxa la maiso en Proenza e prist 
fema, e, a chef de tems que sa fema fo morta, il requist la maiso 
tôt de novel. Eus frères distrent que yl aveyt este nostre frère, e yl 
no poet torner a la maiso, si no fazeit enans ipi|Maan8e. £ il dezeit 
que no aveit fait vot ne promesio ; mais vérité esteit que aleit en 
la Santa Terra e fo malade en la nave, e requist la maiso, e hom 
gita li lo manteu desus com a la mort, e no fist vot ni promesio ; 
mais ver es que el usa coma frère, e fo Torcuplez^ deu covent. 
E pus fo li avis que il no esteit tenu de res au Tenple, e posa le 
manteu, e {fol, 59 b) rende tôt ço que devet rende, que no porta 
nulya chosa, e usa coma hom fet, e hora voleit estre frère. Eus 
frères distrent que pus yl av[ei]t tant este en la maiso, si [b]e yl 
no aveit fait promesio, si est tenu axi com frère ; car dret es que, 
si un hom voleit estre en religio, en cela en que a esprove el a estet 
plus d'un an e d'un jorn qe el no s'en partise, hom no li dona 
congé ni çeluy frère ne s'en pot partire de la religio, car ell a 
p[ro]ve zela religio per bona, eus frères lui per bo, e dient aytant 
valer, e segons dret d'esglesia, com se yl aveit faite promesio ha 
ordens qui ont esprove. Eus frères distrent qe si be el dizeit que 
no aveit fayt promesio, el no seret pas creu ni deveit pas estre. E 
fo mis en penanze d'an e de jorn, e fist sa penance, e recobra 
son abit. 

LII. {Fol. 66.) — Le maistre avoit mandes frères en la terra de 
Triple, e foren partis per les mandres^ e frère cria merci a m[aistre], 
e fu mis en respit per davant le comandaor. E après los frères par- 
laren e distren que la falya era petita, que meus fore que fos 
esgar[d]ea que misa en respit. E après en dimenge lo frère [cr]ia 
merci, eus frères esgarderen li la falia ; e aucuns frères parlaren 
de zesta xosa, [et dixtrent que] {fol. 66 b) nulya falya que fos misa 
en respit per davant le maistre hol comandaor de .... nos podie 

1. On ne savait pas jusqu'ici que Pons de Gusans eût été tarcoplier; 
c'est un nom à ajonter à la liste publiée par M. Rey. {VOrdre du Temple 
en Syrie et en Chypre, p. 23-4.) 

2. La Règle défendait {l 320) aux Templiers de pénétrer sans permission 
dans les fermes. 



DE L'HISTOIRS DE FRANGE. 213 

esgarder sens eus ; e al[tres] distrent que si poy[nt]y pos que la 
falya n[o] era de la maiso ni de l'abit ni x[08a] no7[e]la, que cove- 
nise asenament ; e de [so] fo demande asenament au meistre, e 
.}^, carta del[8] prodesomes de la maiso. Eu maistre dist que pos toz 
les frères que foren au primer xapitre ou la falya fo misa en 
respit, e cant en l'autre xapitre ou la falya fo esgardea, e la Mya 
no era de la maiso ne de [xo]sa ou ause asenament besunyua, be 
s' podia esgarder la falya ; mais si la fallia fos de las xosas da[vant] 
ditte, que li frère qui furent au {fol, 67) primer xapitre «disent 
que no fosent en l'autre xapitre, la falya nos se pogra esgarder si 
no davant zelui en q[ue] era mi[s] en respit. E azo s'acorderen tos 
les autres. 

Lin. (Fol. 67.) — Un frère [c]lama merci davant le maistre 
firere Tomas Berart^ d'una falia. Eu maistre demana 11 si ço de 
que clamava merzi si sabla que fos défendu. E il dist que oïl. Eu 
maistre demand^n e dist que il no Pagre gitat defors si no fos zo 
que il dist que il diseyt que saveit que esteyt défendu ço que yl 
aveit &it; [qslt] zo que il aveit fayt no esteyt pas défendu; e pus 
que il se teneyt a fali, el Ten av[eit] gite defors. Eu frères distrent 
que pus {fol. 67 b) qu'el fazeyt xosa don il cuida falir, que hom 
li poreyt esgarder [falya] de qualque xosa que ço fos gran o 
petita.E [a] cestui fo esgarde .j. veredi, e fon dit que aytal fareyt 
hom a tôt frère que [crias merçy] de nulya xosa, que fos gran o 
petita, segons que la xosa sereyt que il aureyt faite, pus que yl lo 
fazeit a bon enteniment que ço que il fazeyt era défendu. 

LIY. (Fol. 69.) — [G]an le ganfanoner o autre frère receu les 
mayn[e]es, illi deyt demander si solui que il rece es pestre ni a 
ordens, si es givale[rs], ni est escomunie, e si est sans de son cors 
per que posa fere lo servi[c]e de la maiso, e si a fayta f[ian]za a 
nuil hom per que il se fementi ; e le det dire que se nuhas de ces* 
tas chosas aveyt, hom nol recevreit. E si il neyave sestes choses, 
et fazeyt sa fia[n]za q[ue] fos ... q[ue e]n lui aus nuUya de zes 
xoses, hom li daret congé, e auret perdue la déserte. E si di que 
il no a nula chosa per que il no pusca fere lo servizi de la maiso, 
hom lo pot retenir. E si hom lo retent, hom le deit dire : c Vos 
prometez a Deu e a nostra dona Senta Maria e a toz sans e a totes 
s[ente8] de Deu que vos servirez be e lealment a la {fol. 69 b) 

i. Cette anecdote se place entre 1252 environ et le 25 mars 1273, dates 
extrêmes connaes du magistère de Thomas Bérard. 



214 SOCIÉTÉ DB L'HISTOIRE DE FRANCE. 

maiso a vostre poer jnsques a Yostre terme, e qaan il fidirez que 
vos n'esmendarez* axi oom est acostume a la maiso. i E Tom det 
dire : c Sire, asy le promet-je. ■ Et le frère det dire : c Et aos vos 
prometemes le pa e Tayga de la maiso, e de la foyn e del mesayse 

ases, e de 1 usamenta de la maiso. ■ E si est a chantée, 

la pobra chantée; e si es a sou, seli sou de que serou avenus. 

E pus li det li frère retrayre les choses de que lo coven a 
garde[rj e que il det fayre. £ ze sont les choses qne hom li det 
retrayre : 

Primerament, que il ne det mètre sa man yreament sor nul 
frère; ni det ferir cristia de pera ni de basto ; ni dar ma ni de xosa 

don ni may poese a .j. colp. Ne det penre ren d'aa- 

trui âmes sens congé de selui {fol, 70) qui l'a en garda, en manera 
que lo neyas, car série tenu a larazin ; ne det fere xosa per que 
nulya besta de la maiso sia prisa ; ni maynea [n]e esclave ne det 
re enbler; ne deyt tr[a]y[re] de palays .j. pan enter en manera de 
larezin; [nje det fere comuna encontra les maynees ne les xoses 
de la maiso. E si il fazeyt nulya de zestas chosas damon dites, el 
série mes en fers e a les mes^ ques en série fruste 3, e aune perdua 
la maiso a toz jorns mais de sa vie. E si il fazeit lo damage de la 
maiso de .iiij. dr. en sus a son escient, o de chosa que sie defendna, 
el ne sera mes en fers segons que aurie fayta la chosa. 

E li det hom dire que il [no] det mentire sa fianza, car, si il lo 

fazeyt {fol. 70 6), el aurie perdu sen servizi e dan, 

e recrie la justizia de la maiso al palays davant totes les maynees. 
E s'inportave la garnacha de ba[rrie], els solers, ne nulya [chosa 
de] son maistre ne d'autnii, el en [sereyt] mes [en] fers. E si il 
jasia .j*. nit [defors] sen[s congé], el en recrie la j[ustizia] al palays 
davant totz, e n[om de] Deu ni de sa Mer[e] ni de Sans [o de 

Sen]tes, e si o fazeyt ren contra la justizia 

de la maiso. 

E ly det hom dire que il no d[ia nulya vilania] a nul frère ; e si 
fazeyt que il en [rec]rie a la justizia de la maiso. 

[E] il ne det be *. 

1. Corr. ; o ou l'esmendarez. 

2. Corr. : ves, à la fois, occasioimeliement. 

3. Corr, : faste. 

4. Ici finit le manascrit de Barcelone. 



RAYMOND DE TDRENNE 



ET LES PAPES D'AVIGNON. 



(4386-1408.) . 



Dans les derniers jours de sa vie, H. Camille Rivain, Thablle 
et zélé trésorier dont la Soelété de THistoire de Franee d^ikm 
la perte, s^occupait à préparer l'établissement d^on texte, fort 
eorieox, qa'il destinait à notre Annuatre-BtUleHn. C'était un 
mémoire émané de Raymond-Louis de Turenne , oe seigneur 
turbulent dont la Camille fut illustrée et enriehie par deux 
papes, et dont deux antres papes (ou prétendus tels) subirent, 
à diverses reprises, les revendications et les attaques. Le rédt 
de œ eonflit présente, chez tous les historiens, beaucoup d'obs- 
curité. Nul texte ne pouvait mieux édairer le sujet que le 
document découvert par H. Camille Ri vain, et nul n'était mieux 
préparé i en tirer un excellent parti que ce regretté confrère, 
dont l'attention s'était naguère portée sur la fSunille de Raymond 
et sur Tune de ses possessions les plus notables, le château de 
6eaufort-en-Yallée. 

Désireux de placer sous les yeux de nos lecteurs une pièce 
intéressante, transcrite à leur intention, je l'ai complétée^ comme 
on le verra plus loin, par des emprunts Hauts à un manuscrit de 
la CoUeetian de Périgard, et j'ai essayé de reconstituer, au 
moins dans ses grandes lignes, un épisode qui, mieux connu, 
ne laisserait pas que de tenir une place importante dans This- 
toire de la papauté d'Avignon, sans parler de l'influence néfaste 
qu'il a pu avoir sur la politique des papes et du sao'é collège, 
par suite sur la prolongation du schisme d'Occident. Les docu- 
ments dont j'ai Ëtit usage sont pour la plupart inédits -, beau- 



216 SOCIÉTÉ 

coup étaient connus de M. Camille Rivain, qui en eût tiré assu- 
rément les éléments d'une notice solide et originale. 

Le schisme, consommé depuis plusieurs années, divisait la 
catholicité en deux obédiences inégales. Celui des deux posses- 
seurs de la tiare qui avait trouvé asile dans le palais d'Avignon 
n'était reconnu ni en Angleterre, ni en Italie, ni en Allemagne. 
Pour lui, le patrimoine de saint Pierre se réduisait aux terres 
du Comtat : heureux encore si le bruit des armes ne l'avait pas 
poursuivi jusque dans cette retraite, et s'il avait pu jouir pai- 
siblement de ses modestes états baignés par la Durance et par 
le Rhône ! 

A vrai dire, la soumission des villes de Provence à Louis 
d'Anjou, oncle du roi de France, puis à sa veuve, Marie de 
Blois, et à son jeune fils Louis II, fortifiait la situation de Clé- 
ment VII dans Avignon. Mais, parmi les seigneurs provençaux 
qui avaient paru accepter la suzeraineté de la seconde maisoa 
d^ Anjou, un, tout au moins, manifestait des prétentions peu ras- 
surantes et constituait, pour la Curie elle-même, un voisinage 
dangereux. Raymond -Louis de Turenne, fils de Guillaume 
Roger, vicomte de Turenne et comte de Beaufort, neveu du pape 
Grégoire XI, petit-neveu du pape Clément VI, occupait, avec 
le consentement de son père, une partie des vastes domaines 
concédés en Provence à la famille Roger : c'étaient, pour ne 
parler que des places fortes, Ëguilles, Pélissanne, les Pennes, 
Pertuis, la redoutable forteresse des Baux, et, plus près encore 
d'Avignon, la ville de Saint-Remy^ Ëléonor de Comminges, 

1. Douët d'Arcq, Choix de pièces inédites relatives au règne de 
Charles VI, 1 1, p. 69. — Dans un de ses factums, Raymond de Tarenne 
affirme que lai et sa mère tenaient les Baux, non de Guillaume Roger, 
mais de Jeanne de Beaufort, sœur de Raymond, mariée, en premières 
noces, à Raymond II de Baux, puis remariée à Guy de Ghauvigny : c Car 
c je ne tieng pas le chastel des Baux par le nom de M. mon père, ne ne tins 
c onques; mais Madame ma mère et moy le tenons de ma suer de Chau- 
c vigny, en serement et par certaines condicions, ne à autre ne le devons 
c baillier. » (Arch. nat., K 55, n" 22, fol. 23 r".) — Il est à remarquer 
que, le 8 juin 1385, la reine de Sicile, Marie de Blois, avait reçu l'hom- 
mage lige de François de Baux, seigneur d'Aubagne, pour les châteaux 
des Baux, d'Éguilles, de Puyrieard, etc. (L. Barthélémy, Inventaire chnh 



DE L'HISTOnUB DE FRANCE. 217 

mcore de Raymond, tenait, de son côté, la place de Meyrargues. 
Vers le printemps de Tannée 1386; Fentente fut rompue entre 
Raymond de Turenne et la reine Marie * ; non pas, comme le 
rapportent les historiens provençaux^, que Raymond eût à se 
plaindre d'une spoliation générale de ses terres, mais plutôt par 
suite d'une contestation au sujet d'Aureille, bourgade située près 
des Baux, où la reine arait fait arborer ses bannières et celles 
du roi, son flls^. La réunion de Saint-Remy au domaine pro- 

nologiçue et analytique des chartes de la maison de Baux, Marseille, 
1882, in.8% n« 1593.) 

1. Jean le Ferre, chancelier dn roi et de la reine de Sicile, rapporte, 
dans la partie encore inédite de son Journal, qne, le 15 janvier 1386, il 
avait scellé des lettres favorables à Raymond de Tarenne : c Une lettre 
c poor messire Raymon de Tarenne, par la quelle ICadame li confirme, 
c et à son père le visconte, et à sa mère , toutes les terres qu'il ont 
c en Pronvence, et li promet à faire droit dn visconte de Yaleme, son 
c oncle, et de la mère, etc. — Item, une lettre au dit messire Raymon, 
c par la quelle ICadame mande aus juges d*Arle que il facent justice 
c au dit mesure Raymon de cenlx qui eurent les joyaulx de sa seur, à 
c la prinse des Baux. — Item, une obligacion par la quelle ICadame pro- 
c met au dit messire Raymon m chasteaulx en la viconsté de Limoges... » 
Le 19 ou le 20 janvier, Raymond avait prêté serment de fidélité à la 
reine, et, le 23, celle-ci avait retenu à son service deux des écuyers de 
Raymond. (Bibl. nat., ms. fr. 5015, fol. 104-107; cf. Baluze, Viisc papa^ 
rum avenionensium, t. I, c. 1394.) 

2. Je renonce à suivre César de Notredame, H. Bouche, J.-S. Pitton, J. de 
Gaufrîdi, etc., dans leur récit déclamatoire de c la plus horrible guerre que 
les siècles passez ayent jamais jeue en Provence, i Ce qu'ils rapportent de 
Raymond de Turenne, c ce got et cruel Attile, » semble être surtout inspiré 
d'un Discours dos troubles que foron en Provensa dau temps de Louys 
second.,., pet aqueou Reymond Rougier sumomat lou viscounte de ThO' 
reno, que Papou {Histoire générale de Provence, t. III, p. 292) dit remon- 
ter au règne du roi René, mais dont il déplore, en même temps, les erreurs 
et le dé&ut de chronologie. On pourra vérifier Texactitude de ces cri- 
tiques en consultant les copies manuscrites du Discours, qui sont con- 
servées à la bibliothèque Méjanes (n* 794; cf. F. Vidal, les Manus- 
crits provençaux de la Méjanes, Aix, 1885, in-8*, p. 13) et dans celle de 
Carpentras (Add. aux mss. de Peiresc, n* 11). M. Paul Heyer a reconnu, 
dans cette dernière copie, la main de Jean de Notredame. — Un auteur 
moderne, l'abbé Rose, a réuni, dans une brochure intitulée : Étude his- 
torique, Raymond de Turenne (Pont-Saint-Esprit, 1858, in-8*)) quelques 
extraits empruntés an Journal de Jean le Fèvre. 

3. Le 10 mars 1386, c Bosquet dit à Madame que messire Raymon de 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 15 



2! 8 SOCIÉTÉ 

vençal, opérée par lettres du 40 août 4386\ constitua bientôt 
un second grief dont Raymond dut se prévaloir pour justifier 
sa prise d'armes. 

Presque au même moment, la guerre se trouve déclarée entre 
Raymond et Clément VIL Le prétexte flit sans doute quelqu'une 
des créances que Raymond faisait valoir contre la Chambre 
apostolique. Déjà ses gens « avoient couru jusques aux portes 
d'Avignon, » quand, le 24 août, Clément Vn^ ne se croyant 
plus en sûreté à Châteauneuf-du-Pape, vint se réfugier dans 
son palais des Doms^. Le 3 septembre, les gens de Raymond 
battirent, devant Eyrargues^ les troupes pontificales et leur 
firent une vingtaine de prisonniers *. 

De nouvelles rencontres durent avoir lieu avant Thiver; car, 
le 2 octobre, une troupe où Ton remarquait Georges de Marie, 
maître d'hôtel du Pape, et Eudes de Yillars, dont il sera lon- 
guement question plus loin, sortit d'Avignon pour aller com- 
battre l'ennemi de la cour romaine^. 

Soit que les hostilités aient été renouvelées durant les années 
suivantes', soit que Clément VU ait acheté par l'offre d'un 

c Turenne forment se complaignoit de ce qne Hanssart estoit en Anreille, 
c lequel dist estre sien. Dit li fu que Madame estoit merveillée comment 
c le dit messire Raymon avoit fait courir sur ceulz d'AureilIe, depuis les 
c bannières de Madame et du roy Loys mises, et en avoient ses genz 
c occis trois, i {Journal de Jean le Fèvre, fol. 113 r*; cf. fol. 115 r*, 
116 V, 117 r, 122 r, 127 v. Abbé Rose, op. cH.) 

1. Jean le Fèvre, lorsqu'il scellait ces lettres, en prévoyait les consé- 
quences : c Je doubte, i écrivait-il (fol. 136 v*), c que ceste lettre ne 
c suscite escandle contre le visconte de Turenne, à qui sont ceulz de 
c Saint-Remi. i 

2. Ibid., fol. 138 V. 

3. c Vindrent nouvelles que, le jour précèdent, les genz d'armes du 
c Pape avoient esté desconlis devant Eraguez, et Gérard d'Arlo, le capî- 
c taine, s'en estoit fuy, et avoient esté prins xx hommes d'armes : et ce 
c avoient fait les gens messire Raymon de Turenne. » (Ibid., fol. 138 v^} 

4. Ibid., fol. 141 V*. Cf. Baluze, Vitx paparum avenionensiuniy t. I, 
c. 1395. — Le 16 septembre, la reine Marie fait commencer le procès 
de Raymond de Turenne c sur les maléfices que il fait et a fait en Prou- 
vence. » (Journal de Jean le Fèvre, fol. 140 r*.} Le 12 octobre, Clé- 
ment VU approuve la réunion de Saint -Remy au domaine provençal. 
(Ibid., fol. 141 V.) 

5. Vers le mois de septembre 1387, des ambassadeurs envoyés à Aix 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 219 

tribut annud le désarmement de Raymcmd * , la guerre était) au 
mois de janvier 4389, à la veille d'être de nouveau portée sur 
les terres du saint-siège. Clément VU, fort alarmé, en même 
temps qu'il prenait à sa solde François de Saint-André, avec 
soixante lances, s'empressait d'envoyer des gens d'armes dans 
plusieurs châteaux du diocèse de Valence, particulièrement à 
Ghâteaimeuf-d'Isère ^. Raymond avait épousé, cette fois, la 
querelle de sa tante Alix de Beaufort, comtesse douairière de 
Vaientinois : de là ses incursions sur les terres du comte de 
Valentinois, Louis de Poitiers. Avec non moins de bonheur que 
de hardiesse, il s'était emparé, par surprise, de Ghâteauneuf- 
de-Mazenc, de Félines, de Soyans, de Saint-Gervais, de Savasse, 
de Rochefort et de la Roche-Saint-Secret. Ces châteaux, situés 
dans le comté de Vaientinois, faisaient partie d'un 8ef de l'Ëglise ; 
mais là ne se bornèrent pas les méfaits de Raymond à l'égard 
du saint-siège. La campagne d'Avignon, avec ses routes sillon- 
nées de prélats, de pèlerins, de voyageurs que des intérêts de 
toutes sortes appelaient sans cesse auprès du Pape ou du sacré 
collège, lui offrait le théâtre d'une guerre plus commode, et non 
moins lucrative : vraie guerre de bandits, qui convenait à mer- 
veille aux gens de compagnies dont il s'entourait. Il prit Roque* 

par la yille de Tarascon furent c prins sur le chemin par les genz de la 
▼icontesse de Turenne et menés à Merargues. » {lbid»y fol. 170 y*.) 

1 . Dans le registre des Arch. nat. R^* 38 (Papiers Bouillon), qui con- 
tient un inventaire ancien des titres de la maison de Turenne, je relève la 
mention d'un traité conclu, en 1387, aux termes duquel la Chambre apos- 
toUque s'engageait à payer chaque année à Raymond cinq cents francs et 
cinq cents florins de chambre. Malheureusement j'ai constaté plus d'une 
fois l'inexactitude des dates fournies par cet inventaire. Mais, d'autre 
part, Jean le Fèvre mentionne, aux dates du 2d août et du 27 décembre 
1387, sept lettres de la reine de Sicile favorables à Raymond de Turenne ; 
à la date du 20 seplembre> une rémission pour un de ses compagnons; 
au mois d'octobre, des démarches tendantes à réconcilier Éléonor de Com- 
minges avec Marie de Blois; enfin, le 28 janvier 1388, une rémission plé- 
nière pour tous les pillards qui ont dévasté la Provence c sous Tombre » 
de Rayn^ond de Turenne. (Ms. fr. 5015, fol. 166 v, 178 r% 188 V, 191 v, 
203 r*" et 210 r*,) Les rapports étaient donc bons à cette époque, au moins 
entre Raymond et la cour de Sicile. 

2. Arch. nat, JJ 137, n<* 47; O. Yaissete, Histoire générale de Lan- 
guedoc, édit. Privât, t. IX, p. 957; t. X, c. 1780. 



220 SOCIÉTÉ 

Inartine^ à sept lieues d'Avignon : ce ftit, avec les Baux, son 
quartier général. De là, ses mercenaires s'élançaient au pillage. 
Les voyageurs détroussés ou emmenés prisonniers , mis à la 
question et rançonnés appartenaient, en grand nombre, à la 
classe des clercs, voire même à celle des prélats. L'évêque d'Albi 
Guillaume de la Voulte^ n'échappa point au sort commun; lui 
et ses serviteurs revenaient d'Avignon, quand, à six lieues de là, 
ils firent la rencontre d'une des bandes de Raymond : argent, 
joyaux, tout leur fut enlevé. Puis, c'étaient des paysans mal- 
traités ou blessés, des bestiaux volés, des tonneaux de vin, des 
sacs de blé, des marchandises de toutes sortes dirigés vers l'une 
des places dont Raymond avait foit ses magasins généraux : 
Ancone, par exemple, ou Ghâteauneuf-de-Mazenc. Fréquem- 
ment le sang coulait, comme à la prise de Vaison, qui fut 
Tœuvre de Raymond lui-même. Visan, Pierrelatte, Robions, 
Menerbes, autres châteaux du Gomtat, dont les gens de Ray- 
mond tentèrent l'escalade, ne lui échappèrent que grâce à la 
vigilance de leurs gardiens. Les châteaux d'Oppède et de 
Baumes tombèrent en son pouvoir^; tous les habitants, hommes 
et femmes, furent emmenés prisonniers. Plusieurs villes et vil- 
lages devinrent la proie des flammes *. 

Sans doute, il y eut des trêves et des négociations. Dès le 
mois de février 4389, les gens d^armes furent licenciés de part 
et d'autre*. Pierre, comte de Genève, frère du Pape (22 février), 

1. Bonches-dn-Rhône, comm. d'Eygaières. 

2. Il n'est pas vrai, comme le rapportent les antenrs de la Gallia ehrU" 
tiana (t. I, c. 29), que Gnillanme de la Yonlte ^écat jnsqn'en 1397; il 
moumt le 15 octobre 1392 (abbé J.-H. Albanès, Armoriai et ngittogra- 
phie des évéques de Marseille, Marseille, 1884, in-fol., p. 90), et Clé- 
ment VU, dans sa bnll& dn 15 décembre 1393, pent dire de lui : c ... bone 
a memorie Guillermam, episcopam Albiensem. » 

3. Circonstance ignorée de M. l'abbé A. Allègre, auteur d'une tonte 
récente Monographie de Baumes-de-Venisse (Carpentras, 1888, in-4% 
p. 38). 

4. Arch. nat., Titres de la maison d^AnjoUj P 1351, n* 694. Cf. Pithon- 
Curt, Histoire de la noblesse du ComtaUVenaissin^ Paris, 1750, in-4', 
t. IV, p. 48, et Baijavel, Dictionnaire historique, biographique et biblio- 
graphique du département de Vaucluse, Carpentras, 1842, in-8*, t II, 
p. 348. 

5. Les officiers royaux dn Dauphiné défendirent à tous les bateliers de 



DE L*HISTOmE DE FRANCE. 221 

et, plus tard, le Pape lui-même (34 mars) accordèrent à Ray- 
mond des sauf- conduits pour venir régler ses aflEaires en 
cour de Rome; les serviteurs de Raymond devaient pouvoir se 
procurer denrées et marchandises sur les terres du Pape ou du 
roi de Sicile ^ 

A plusieurs reprises, il fût question également d'arbi- 
trages' : on espérait terminer, du même coup, les que- 
relles de Raymond avec Clément VII, avec Louis II d'Anjou, 
avec les comtes de Genève et de Yalentinois et avec Févêque 
de Valence. Ainsi, durant Tété de 4390, ces divers litiges 
furent soumis au jugement de Guérin d'Apchier et de Raoul 
de l'Estrange, arbitres désignés par Raymond de Turenne, de 
Févéque de Mende et de TErmite de la Faye, arbitres désignés 
par la partie adverse, enfin de Jean m, comte d^ Armagnac, 
« surarbitre » choisi par toutes les parties, et auquel devaient 
être livrées les places litigieuses. On leur donnait jusqu'au 
45 août 4394 , et, au besoin, jusqu'au 45 août 4392, pour expé- 
dier les parties^. Cette mission contribua peut-être à prolonger 
le séjour du comte d'Armagnac en deçà des monts. Cepen- 
dant, bien longtemps avant l'expiration du premier terme, vers 
le printemps de Tannée 4394^ Jean 111 prit la route de l'Italie, 
ne songeant plus qu'à se mesurer avec Jean-Galéas Visconti^. 

* 

passer ancnn de ces hommes d'armes du Yalentinois en Danphiné. (Arch. 
nat., JJ 137, n* 47; D. Yaissete, lac. cit.) 

1. Hoillard-Bréholles, Titres de la maison ducale de Bourban, n*' 3758, 
3759 et 3764. 

2. Le P. Anselme (t. III, p. 816 et 832) mentionne un accord conclu, au 
sujet des Baux, le 20 février 1389 (y. st.?), entre le Pape, la reine et 
Raymond, grâce à rinterreniion de Guérin d'Apchier, des cardinaux de 
Palestrina et d'Amiens, des comtes de GenèYe et de Yalentinois, choisis 
par les parties comme arbitres. C'est évidemment le traité dont parle 
Raymond lui-même dans une lettre du 12 juillet 1393. (Arch. nat., K 54, 
n*26.) 

3. Convention du 29 mai 1390 entre le comte d'Armagnac et l'évéque 
de Conserans, légat du Pape. (Bibl. nat., coll. Doat, ms. 204, fol. 53-56.) 
Accord passé à Mende, le 9 août 1390« ratifié les 20, 26 et 28 du même 
mois. (Baluze, op. cit., t. II, c. 1052-1057; D. Yaissete, t IX, p. 955; 
cf. P. Anselme, t. YI, p. 318 ; comte de Circourt^ Louis d'Orléans, dans 
la Revue des Questions historiques, juillet 1887, p. 51.) 

4. Notre confrère M. P. Durrieu {les Gascons en Italie, Auch, 1885, 



222 SOCIÉTÉ 

Il avait auparavant chargé son frère Bernard de tenter une 
démarche auprès de Raymond de Turenne pour Ten traîner à 
sa suite : « Bernard, avait-il dit (c'est Froissart qui le raconte); 
« vous retournerés par devers nostre cousin Raymon de Thou- 
« raine, qui se tient icy en la conté de Venissin, terre de 
a pape, et moult la guerroie et traveille... Si luy priés, de par 
a moy et de par vous, car j'en suis requis du pape Clément, 
a que il s*ordonne pour venir avec moy en ce voyage : et le fèray 
«c mon compagnon en toutes choses, et que il soit tout certain 
« que je le sourattendray en la cité de Gap, séant entre les 
« plus aspres montaignes. i> Bernard, voulant s'acquitter de sa 
mission auprès de Raymond, « luy remonstra tout Paffaire... 
« très sagement et doulcement, à celle fin que il y euist plus 
«c grande inclination. » Mais la réponse de Raymond ne fut qu'à 
moitié satisfaisante : « Beau cousin, avant que vostre frère soit 
« entré en Lombardie trop avant et que il ait assiegié chastel ne 
« ville, il pourra bien advenir que je le sieuvray ; mais il est 
« encoires assés tempre pour moy et mes gens mettre au cfae- 
a min. Si me rescripra mon cousin, vostre frère, de ses nou- 
« velles; et, contre ce may, je le sieuvray, car là en dedans je 
« pense bien avoir fin de guerre [à mon oncle, ce pape d'Àvi- 
« gnon\ et aux eardinaulx, qui ne me veulent faire nul droit 
« et me retiennent de force tout ce que mon oncle, pape Grégoire, 
« me donna et ordonna. Ils me cuident lasser par moy faire 
« excommunier; mais non feront. Ils prient chevalliers et 
« escuiers, et les absolvent de peine et de coulpe pour moy 
« guerroier : mais ilz n'en ont nul talent. J'auroye plus de gens 
(K d'armes pour mil florins, que ils n'auroient pour toutes les 
« absolutions que ils pourroient faire et donner en sept ans! — 
« Beau cousin, respondy Bernard, vous dittes vérité. Tenés 

in-8', p. 69) a trouYê encore trace du séjour de Jean d'Armagnac à 
Avignon à la date du 7 avril 1391 ; le comte n'aurait passé en Italie qu'au 
mois de juin. 

1. Raymond de Turenne avait épousé Marie de Boulogne, nièce de la^ 
mère de Clément VII. 11 était donc, par alliance, cousin de ce pape. De 
là à dire, comme Bouche (t. II, p. 420} ou comme Pitton {Histoire de la 
ville d'Aix, p. 20S), que Clément VU ménageait en Baymond un proche 
parent^ il y a loin. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 223 

« vostre prommesse; car je ne vous vueil autrement conseillier, 
« et, tout ainsi que vous m'ayés respondu, j'en rescripray à mon 
« frère. — Dieux y ait part! respondy Raymon. » Froissart 
ajoute qu'en recevant cette promesse évasive, le comte Jean 
d'Armagnac « passa oultre et n'en flst pas trop grant compte. » 
Il eut raison : le mois de mai, le mois de juin, le mois de juil- 
let s'écoulèrent sans que Raymond trouvât le moment de fran- 
chir la chaîne des Alpes. La guerre qu'il continuait à mener en 
Provence, malgré les offres séduisantes des états du pays^ ne 
lui laissait aucun loisir. Il est vrai que, le 6 octobre, longtemps 
après que le comte d'Armagnac eut succombé sous les murs 
d'Alexandrie, Raymond conclut avec le roi el la reine de Sicile 
un traité, qui, d'ailleurs, lui était entièrement favorable^. Mais 
les plénipotentiaires de la reine n'avaient pu maintenir dans la 
rédaction définitive une clause, insérée dans les conventions 
préliminaires, suivant laquelle Raymond devait promettre de 
ne plus faire guerre au Pape « publiquement ne occultement^ » 
hormis le cas de légitime défense'. 

1. 0£fre de 20,000 florins par les états tenas, à Aix, le 22 juillet 1391. 
(Reg. Polentia, cité par Papon, t III, p. 282. Cf. Ch. Cottier, Notes 
historiques concernant les recteurs du ci-devant Comté-Venaissin, Car- 
pentras, 1806, iii-8*, p. 98.) 

2. Louis II d'Anjou lai restituait les Pennes, Meyrargues, le péage de 
Bouc (Bouches-du-Rhône, comm. de Fos), le port de Sainte-Réparade 
(comm. du Puy*Sainte-Rêparade), etc., le faisait mettre, lui ou son père, 
en possession d'une moitié de la yicomté de Yalernes, saisissait les deux 
forteresses de Montpaon et de Gastillon, dont les garnisons, par suite, 
deyaient cesser d'inquiéter les habitants du territoire des Baux, lui payait 
14,000 francs de dommages-intérêts, se reconnaissait débiteur d'une rente 
de 1,000 livres, enfin pardonnait à tous les gens et complices de Raymond, 
sauf à R. Baudet de Rémusat. De son côté, Raymond devenait yassal 
du roi, pour ses nouvelles possessions, et se réconciliait avec les Marseil- 
lais et autres qui avaient pris part au démantèlement de Meyrargues et 
des Pennes. Ce traité, ratifié par la reine Marie le 10 novembre suivant, 
se trouve transcrit tout au long dans le registre R^* 37 (fol. 83-107) des 
Arch. nat.; un texte moins complet en a été conservé parmi les Titres de 
la maison d'Anjou (P 1351, n» 693). — A la date du 15 février 1392, la 
reine Marie transporta à Raymond, en déduction de ce qui lui avait été 
promis, tous ses droits sur un tiers du château de Sénas. (Chr. Justel, His- 
toire généalogique de la maison de Turenne, Paris, 1645, in-fol., pr., p. 124.) 

3. c Item, que le dit mess. Reymont promettra et asseuera que, des 



224 SOCIÉTÉ 

Ce fut seulement le 5 mai 4 392 que Fintervention du roi de 
France ^ sollicitée par Clément YII lui-même, aboutit, après 
de longs pourparlers, à la conclusion d'une paix, qui devait 
être perpétuelle, entre Raymond de Turenne et ses alliés, 
d'une part, le Pape, Tévêque de Valence et le comte de Yalen- 
tinois, d'autre part'. Les noms des commissaires royaux 
qui prirent en main l'affaire et se transportèrent en Avignon 
pour interroger les parties, Philippe de Moulins^ évèque de 
Noyon, Bureau de la Rivière, Jeannet d'Estouteville , Henri 
Mauloué, secrétaire du roi, plus tard Jacques de Montmor, 
gouverneur du Dauphiné, indiquent suffisamment l'importance 
que la cour de France attachait au rétablissement de la paix 
dans la vallée du Rhône. Cette fois, du moins, toutes les pré- 
cautions semblaient bien prises. Raymond de Turenne devait 
évacuer les places fortes qu'il occupait sur les terres de ses 
adversaires et les livrer aux gens du Roi, à l'exception de 
Châteauneuf-de-Mazenc, qu'il était autorisé à remettre à sa 
tante, la comtesse douairière de Valentinois. De leur coté. 
Clément YII et ses alliés livraient aux gens du Roi les forteresses 
qu'ils avaient prises, sauf Savasse et Félines, qui devaient être 



c Bans ne de nul antre lieu qu'il tiengne ou obtendra en Prouyence, ne 
c fera guerre publiquement ne occultement au Pape^ ne ne receptera per- 
c sonne qui mal luy veuille faire qu'il le puesse savoir. Ou cas toutesfoiz 
c que le Pape luy fera guerre, Madame est contente qu'il se deffende. » 
(Arch. nat., R»* 37, fol. 101 ▼•.) 

1 . Charles VI était fort intéressé à la cessation des hostilités ; en Dau- 
phiné, le rendement des péages des gabelles et antres taxes avait notable- 
ment diminué par le fait de Raymond de Turenne ; les gens de Raymond 
ayaient capturé les c gardiers t delphinaux et refusé de les remettre en 
liberté, malgré les injonctions du gouverneur. (Voy. un mémoire remis 
aux réformateurs le 10 janyier 1392 : abbé U. Chevalier, Choix de docu- 
mcnis inédits sur le Dauphiné, Lyon, 1874, in-8% p. 216 et 217.) D'ail- 
leurs, Charles VI, grâce aux pourparlers entamés avec Louis de Poitiers, 
au mois de novembre 1391, pouvait déjà considérer le comté de Valen- 
tinois comme devant, un jour ou l'autre, appartenir à la couronne (Arch. 
nat, J 287, Valentinois, n* .1). 

2. Arch. nat., K 54, n» 10; J 288», Valentinois, n" 1 et 2. Baluze, op, 
cit., t. II, c. 1058-1070. " C'est le traité dont Papou résume, tant bien 
que mal, quelques dispositions, et auquel il assigne la date erronée de 
1393 (t. m, p. 285, 286). 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 225 

également restituées à la comtesse douairière de Yalentinois. De 
part et d'autre, on désarmait ; les compagnies, depuis si long- 
temps la terreur du Gomtat, devaient chercher une autre pro- 
vince à rançonner et à piller. Raymond de Turenne, pour sa 
part, avait lieu d'être satisfait : il recevait immédiatement dix 
mille francs, sans compter les deux mille qu'on avait déjà versés 
pour lui faire prendre patience, ni les vingt mille qui allaient 
être payés à ses hommes d'armes, par les soins du gouverneur 
de Dauphiné^ dès qu'ils auraient juré d'évacuer la contrée et 
fourni, en, garantie de cette promesse, un certain nombre 
d'otages. Raymond devait toucher, par la suite, encore vingt 
mille francs; comme gages, le Pape lui assurait le^ revenus 
du prieuré de Saint-Pierre de Saint-Remy et les terres, rentes 
et dîmes possédées à Pertuis et à Pélissanne par l'abbaye de 
Montmajour. On lui faisait espérer des lettres de rémission pour 
tout attentat commis sur les terres du roi de France. Un sauf- 
conduit Pautorisait à circuler dans le royaume et dans le Gomtat- 
Yenaissin, escorté de cent hommes armés ^. On promettait de 
fodre bonne justice à sa tante Alix de Beaufort, qui déjà rentrait 
en possession de ses châteaux du Yalentinois et du Yivarais^; 
quant aux autres litiges, Charles YI ou ses délégués devaient 
statuer sommairement, et en dernier ressort, avant le 30 no- 
vembre ou, au plus tard, avant le 34 décembre 4392. Enfin le 
Pape promettait de rendre bonne justice à un changeur auquel 
Raymond portait, comme créancier, un intérêt particulier^; il 



1. Cette clause, mal interprétée, a donné lien à une légende : le gou-^ 
yeraeur de Dauphiné passe pour avoir soutenu Raymond dans cette guerre, 
et l'on déplore, à ce propos, Finsubordination des officiers royaux, 
Tanarchie qui régnait alors. (Yoy. Bouche, t. II, p. 421 ; Papou, t. III, 
p. 283, etc.) 

2. Cf. Arch. nat., K 55, n« 22, fol. 52 v». 

3. Privas, Baix, Chalençon, etc. Il était stipulé que Raymond ne se 
servirait pas de ces places pour faire la guerre soit au Pape, soit au 
comte de Yalentinois ou à Tévéque de Valence. Il en prit, en effet, l'en- 
gagement positif, le 1*' septembre, à Châteauneuf-de*Mazenc, engagement 
dont se portèrent garants, le 8 et le 27 septembre, Edouard, sire de 
Beaujeu, et Louis, seigneur de Montboissier (Arch. nat., J 288^, n** 3, 
4 et 5). 

4. Cf. ci-dessous, art. VII et VIII, et Arch. nat., K 55, n» 22, fol. 56 v. 



226 SOGKTÉ 

promettait également de consulter huit cardinaux sur la révoca- 
tion, ptus ou moins justifiée, d*un fonctionnaire de la chancellerie 
apostolique dont le frère, messire Guy de Pesteil, appartenait 
à Raymond ^ 

Je le répète, les précautions semblaient bien prises pour enle- 
ver à Raymond de Turenne tout prétexte de renouveler la guerre. 
Cependant ce traité, conclu au prix de tant d'efforts, grâce au 
concours de, tant d'importants personnages, et confirmé, le 
23 août^ par le duc de Rerry, servit tout au plus à maintenir 
pendant quatre mois la paix dans la Provence et dans le Gomtat'. 

Qui est responsable de la reprise des hostilités ? Raymond de 
Turenne, au dire du Pape^ ; Clément VU, si Ton s'en rapporte 
à Tun des factums de Raymond^. 

Il parait certain que Tagression ne vint ni de l'un ni de l'autre, 
mais de plusieurs seigneurs provençaux, parmi lesquels Eudes 
de Yillars. Déjà l'on a vu ce personnage, en 4386, marcher 
contre Raymond ; celui-ci refusa, parait-il, de le laisser com- 
prendre dans le traité du 5 mai 4392^. Eudes de Yillars avait 
épousé Alix de Baux, comtesse d'Avellino^ nièce de Raymond. 
De ce chef, il élevait des prétentions sur la baronnie des Baux, 
sur les châteaux et terres de Montpaon, de Castillon, d'Éguilles, 
de Puyricard, de Mouriès. U avait même obtenu une sentence 
des réformateurs du Languedoc et plusieurs arrêts du Par-* 
lement qui obligeaient le comte de Beaufort à lui restituer la 
baronnie des Baux. En attendant l'exécution de ces jugements 



1. Cf. ci-dessous, art. XX. 

2. Le 31 août 1392, Pierre de Cherrease ordonna an sénéchal de Beau- 
caire de marcher à la tête des milices du pays et d'empêcher que doaze 
cents hommes d'armes des gens des compagnies qui avaient fait la guerre 
pour Raymond ne pénétrassent en Languedoc. (D. Yaissete, t. IX^ p. 966, 
note d'A. Molinier.) 

3. Bulle du 15 décembre 1393 (Arch. nat., P 1351, n* 694). 

4. Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 4 et suiy. — Ce factum remonte au 
commencement de Tété de 1396 (yoy. fol. 8 r* : c Un dimenche en juing. 
qui Tendra aura trois ans... v). Je lui emprunte une grande partie des 
renseignements qni vont suivre. On peut en rapprocher le récit^ plus bref, 
inséré par Raymond dans sa letlre à Jean de Vienne du 12 juillet 1393 
(K 54, n» 26). 

5. Yoy, ci-dessous, art. V. 



DE L'HISTOnUE DE FRANGE. 227 

si préjudiciables aux intérêts des Beaufort, et dont Raymond ne 
cessa pas de poursuivre Finfirmation * , Eudes de Yillars avait 
reçu, à titre de gages, Séderon^ Mais, Anduze, etc.^. Peur le 
moment, secondé par le seigneur d'Oraison el par Foulque de 
Pontevez, il Élisait irruption sur les terres de Raymond et de 
son père, et, sans déclaration de guerre, leur causait un dom- 
mage que Raymond évalue à plus de vingt mille firancs. 

Il appartenait au Pape et à la reine de Sicile, si intéressés Tun 
et l'autre au maintien de la paix, de détourner dès le début ce 
commencement d^orage. Raymond prétend que tout autre fut 
leur secret dessein ^. Il se persuade que Clément VII encoura- 
geait sous main l'attaque des seigneurs d'Oraison, de Villars et 
de Pontevez; il croit reconnaître parmi leurs troupes des sou- 
doyers du Pape et de la reine. Il se plaint : les magistrats se 
bouchent les oreilles. Les réponses de Jean Pèlerin, gouverneur 
de Provence, lui laissent entrevoir une entente entre la reine et 
Clément VII et un parti pris de ne tenir compte d'aucune de ses 
observations. C'est alors qu'il se décide à entrer en campagne : 
du premier coup, il enlève quatre ou cinq places à ses enne- 
mis, tout en protestant de sa fidélité envers le roi de Sicile, dont 
il oblige ses gens d'armes à respecter les terres^. 

Provoqué ou non, Raymond donnait de nouvelles preuves de 
sa force. Mais il rappelait aussi, non sans quelqpie imprudence, 
que, malgré les promesses de désarmement contenues au traité 
du 5 mai, il avait conservé presque intacte Tarmée de merce- 
naires qui avait fait si longtemps la terreur du Comtat^. Dès 

1. Voy. les arguments qu'il faisait valoir (K 55, n» 22, fol. 22 v). 

2. Jnstel, op. dty pr., p. 127. Cf. h. Barthélémy, op. cit., n*" 1626 et 
1631. — Lors d un accord qui intervint après la sentence des réformateurs, 
Eudes de Yillars fut représenté par un personnage bien connu, M* Oudard 
d'Attainville (K 55, n* 22, fol. 22 r). 

3. Les relations de Clément VU avec Eudes de Villars ne sauraient 
être niées : au mois de mai 1390, le Pape avait nommé Eudes recteur 
du Comtat-Yenaissin (L. Barthélémy, op. cU,, n« 1630), et ce rectorat dura 
trois ans, suivant Ch. Cottier (op. cit., p. 97). 

4. Ceci se passait au mois de septembre 1392, si j'en crois une indication 
fournie par le registre R2* 38 des Arch. nat. — Dans K 55, n* 22 (fol. 13), 
on trouvera les noms des capitaines au service de Raymond en 1392. 

5. Cf. la bulle du 15 décembre 1393 (Arch. nat., P 1351, n* 694). 



228 SOCIÉTÉ 

lors, dans le conseil de la reine de Sicile, à la cour d'Avignon, 
comme aux états de Provence^ toute politique semble subordon- 
née au besoin d^expulser sans retard, sinon Raymond, au moins 
ses compagnies. Le Pape et la reine s^entendent pour mettre 
un certain nombre de combattants en ligne, et ils annoncent 
l'intention de faire la guerre à quatre ou cinq des capitaines qui 
servent sous Raymond. Si, en apparence, la reine Marie sépare sa 
politique de celle de Clément YII, rejette sur celui-ci la respon- 
sabilité d'une nouvelle guerre et Pexplique par le désir qu'aurait 
le Souverain pontife de grouper sous son bégémonie les villes de 
Provence, elle n'en insiste pas moins auprès de Raymond pour 
le renvoi des compagnies. A leur tour^ quatre cardinaux, char- 
gés de rassurer Raymond au sujet de la concentration de troupes 
qui s'opère au même moment, et qui, à les entendre, n'est aucu- 
nement dirigée contre lui, — « car ilz ne lui vouloîent faire ne 
« mal ne dommaige , mais lui vouloient faire tout plaisir et 
<K amour, » •— quatre cardinaux, dis-je, lui promettent une forte 
indemnité à la condition de Mre déguerpir ses routiers sans 
retard. Enfin les gens d^ Arles joignent aux offres d'argent des 
offres de services : ils promettent de compter à Raymond vingt- 
cinq mille florins et s'engagent à mettre eux-mêmes le siège 
devant Gadenet et Lauris-sur-Durance, qui lui ont été enlevés par 
les seigneurs d'Oraison et de Pontevez, pourvu que ses merce- 
naires évacuent la contrée. Il n'est pas jusqu'aux officiers du roi 
de France qui ne surveillent d'un œil inquiet les mouvements de 
ces bandes. Dès le 4 4 octobre^ Hector du Caillar, bailli de Grai- 
sivaudan, se présente à la porte du château de Leyne et remet 
à Raymond, de la part des commissaires royaux, un ordre 
écrit d'avoir à faire déloger promptement ses hommes d'armes 
de toutes les places et terres mentionnées au traité. Raymond 
jette les yeux sur le papier et refuse de le lire, défend à un 
notaire présent d'en publier le contenu, déclare ne point con- 
naître les pouvoirs du baiUi, et ne veut promettre d'observer le 
traité du 5 mai que si ses adversaires en font autant. Hector du 
Caillar renouvelle les mêmes injonctions de vive voix et annonce 
à Raymond qu'en cas de désobéissance, il peut, dès à présent, 
considérer tous ses biens comme confisqués, soit au profil du Roi, 
soit, dans les terres d'Empire, au profit du dauphin, vicaire impé- 



DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 229 

rial^ Peu après, les seigneurs dauphinois reçoivent Tordre de 
se trouver en armes à Grenoble, le 4 2 novembre, pour marcher 
contre les aventuriers de Raymond', et, au mois d'avril 4393, 
le sénéchal de Beaucaire est chargé de transmettre au belliqueux 
chevalier la défense d*entraver le commerce du sel sur le Rhônç 
ou d'arrêter les marchands français^. 

Devant de si nombreuses prières, accompagnées de si sérieuses 
menaces, Raymond paraît avoir cédé. Mais il n'obtint pas du 
premier coup l'assentiment de ses capitaines : Jehannin le Fran- 
çois, Gonnin de Marmignac, Guillaume Gassien, le Bourc de 
Yerdusanne, après avoir déclaré quUls hiverneraient en Pro- 
vence, se décidèrent à traiter directement avec Georges de Marie. 
Ils prirent le chemin de la Lombardie, non sans maudire Tin- 
gratitude du chef qui les abandonnait, et non sans lui prédire 
sa ruine à brève échéance : « Ilz savoient bien que, au plus 
« tost qu'ilz auroient passé les montaignes^ que le Pape et la 
« roynemettroienttoutelapainequ'ilzpourroientàledestruire. » 

Peu s'en faUut que cette prédiction ne se réalisât. Cependant 
le temps n'était pas encore venu, pour Clément VU et Marie de 
Blois, de ne garder aucune mesure à Tégard de Raymond. Loin 
de là ! Ton ménageait en lui, non plus le chef de bandes, mais le 
père d'une des plus riches héritières de France. L^unique enfant 
légitime de Raymond était une fille, Antoinette de Turenne : il 
s'agissait de la marier. 

Sur cette question, comme sur beaucoup d'autres, Tentente 
s'était faite entre la reine et Clément VU; leur projet, qu'ils 

1. Arch. nat., J 288% n* 8.^— Le même jour, à Baix, Jacqaes de Hont- 
mor faisait à Alix de Beaufort une déclaration analogue, qui ne paraît 
pas avoir été aussi mal accueillie. La comtesse reconnut que, conformé- 
ment au traité, elle avait été remise en possession de ses châteaux de 
la rive droite et de la rive gauche du Rhône, notamment de Leyne, de 
Savasse et de Chàteanneuf-de-Mazenc (ibid., n*" 6, 7 et 9). « 

2. A. Prudhomme, Inventaire sommaire des Arch. dép, de VIsère, 
série B, t. II, B 3258. — Cette mesure de précaution semble avoir coïn- 
cidé avec un mouvement de retraite des troupes qui occupaient, au 
nom de Raymond, plusieurs châteaux du Yalentinois. (Cf. A. Lacroix, 
l'Arrondissement de MontëHmar, géographie, histoire et statistique , 
Valence, 1882, in-8% t. VI, p. 6.) 

3. D. Vaissete, t. IX, p. 966, note d'A. HoUnier. 



230 SOCIÉTÉ 

avaient eu soin, au préalable, de fiiire approuver par Guillaume 
Roger, père de Raymond, consistait à obtenir la main d'Antoi- 
nette pour le prince de Tarente, frère puîné du roi Louis II * . 
De la 8(vte, on assurait tôt ou tard à la maison d'Anjou la pos- 
session des domaines qui, pour le moment, faisaient de Ray- 
mond un si redoutable voisin. 

La perspective d'allier son sang à un petit-flls de roi de France 
épouvanta plus qu'elle ne flatta Raymond. La rente de douze ou 
de quinze cents florins promise à Antoinette par Guillaume 
Roger lui paraissait insuffisante. Il entendait être respecté et 
servi par son gendre : un prince devant lequel « il lui feusist 
agenouillier » ne faisait point du tout son affaire. II eût mieux 
aimé voir sa fille morte, disait-il, que de la donner à Charles de 
Tarente'. Aussi accueillit-il avec peu d^empressement les ouver- 
tures de la reine Marie; c'est même ce qui contribua sans doute 
à paralyser les efforts que faisait, vers le mois de mai 4393^, 
le duc de Rourbon pour amener un accord^. En même temps, 
Raymond prétait l'oreille à d'autres propositions, moins bril- 
lantes assurément, mais mieux fiâtes pour lui plaire, car elles 
mettaient à un prix plus élevé la main d'Antoinette de Turenne. 

La cour de France, malgré les embarras que lui avait cau- 

1. Ce projet a^ait reçu d'abord, paralt-il, l'agrément de la coar de 
France; c'est du moins ce qu'affirme Raymond, dan» Ton de ses mémoires : 
c Premièrement, par la Yoalenté da Roy, le mariage fnt traictié entre le 
f prince de Tarente et Anthoinette de Torena; et tant ala avant qne 
« M. mon père promist et jnra le dit mariage, et y avoie Ixmne Yoa- 
c lente. » (Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 31 r*.} 

2. Donêt d'Arcg, op. eU.f t. I, p. 94. 

3. Les gens du duc de Bourbon s'occupèrent de ces négociations pen- 
dant un mois ou six semaines. Or, le séjour du duc de Bourbon à Avi- 
gnon paraît avoir pris fin entre le 3 et le 16 juin 1393. (Yoy. les documents 
cités par Ghantelauze, en notes de son édition de La Mure, Histoire des 
ducs de Bourbon et des conUes de Forez, Paris, 1868, in-4*, t. II, p. 82 ; 
cf. Titres de la maison dttcale de Bourbon, n* 3923.) 

4. Raymond prétend qne, « en la parfin, M. de Bourbon ne trouva point 
a de fondement on Pape ne à H"* la royne ; si alerent mander les gens 
c de M. de Bourbon au dit mess. Remond que le Pape et la royne avoient 
« plus à cuer à lui foire guerre qne de aidier au roy Loys, et qu'il feroit 
c que saige de soi gouverner saigement et de soi advisier en ses besoignes. » 
(Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 7 r.) 



m LUICTOIBB DB FHAKCS. 231 



flé§ Iqrmoiid, à diTerses reprises, sur les frontières du Dau« 
phiné ou du Languedoc, n'avait jamais cessé d'user envers lui 
de certains ménagements. En 4385, quand elle avait élevé 
quelques prétentions sur la Provence, elle considérait coDune 
acquises d'avance à la cause française les places occupées par 
Guillaume Roger et par Raymond de Turenne^ Tout récem- 
ment, au printemps de i 392, une paix très avantageuse avait 
été conclue entre Raymond et ses adversaires grâce à Finterven* 
Uoa de Charles YI, et, dans toute cette aflkire, le Pape ne pas- 
sait pas, aux yeux des princes français, pour avoir complètement 
raison '. Rien de surprenant dès lors à ce que des pourparlers 
se soient ouverts et aient pu aboutir entre la cour de France et 
Raymond de Turenne au sujet du mariage de sa fille. Le parti 
que proposaient les oncles de Charles VI était un simple gentil- 
homme, mais réputé la fleur de la chevalerie, fils de maréchal 
de France et maréchal de France lui-même depuis dix-huit mois 
environ, Jean le Meingre, dit Roucicaut, le deuxième et le plus 
fameux de ceux qui ont illustré ce surnom. Un tel mariage 
rendait aux vues de la politique française; il établissait forte* 
ment sur les rives du Rhône une des créatures du Roi ; et, de 
plus, il semblait combler les espérances de Raymond, puisqu'on 
lui promettait l'annulation de la sentence prononcée, à son détri- 
ment, par les réformateurs du Languedoc, après quUl aurait tou- 
tefois compté vingt mille florins à Eudes de Villars '. Telles furent 
les bases de la négociation que les ducs de Rerry et de Rourgogne 



1. Doaet d'Arcq, op. cit., t. I, p. 69. — U est qiiestion ci-deft8oaft, 
dans Tart. III, de seniees que Rajmood anrait rendus à Charles VI en 
Flandre : peaUétre avali-ii accompagné son p^e, en 1383, dans la clie- 
vaachée die Boarboorg. (Cf. G. Demaj, Inventaire det sceaux de la coU 
leetUm ClairamhauU, n* 7886.) 

2. Honoré Bonnet écrivail pins tard, en pariant de Bajmond : < Oo 
c tonps passé, il faisoit entendre an Roy et à nosseigneurs que la guerre 
c il ne faisoit que contre le pape Clément ; et, pour ce que lame estoit 
< que aucunement le Papes loi aroit tort, 1 y Roys et nosseigneurs avoient 
« aucunement pacience. Hais, maintenant qn'ilz royent tout le contraire, 
s J'ay espérance que bien briefment il congnoistra quel courrouder fait 
« le sang des fleurs de lis... > {Vapparitéan nuMre Jehan de Mteun. 
BibL nat, ms. fr. 810, fol. 32 v.) 

3. or Afeb. nat, Vfl* 37, fol 79 r. 



232 SOCIÉTÉ 

nouèrent avec Raymond dès le printemps de Tannée 4393, 
qui nécessita la rédaction de vingt ou trente lettres et renvoi 
successif en Provence de Jean de Pertuis, de Blain Loup, de 
Regnaudon de RufQgnac, d'Ëlyon de Neilhac et d'Oudard d^At- 
tainville. Enfin Ton demeura secrètement d*accord qu'avant le 
4«' novembre Raymond ne disposerait point de la main de sa 
fille sans le congé du Roi, et que, de son côté, Charles YI accom- 
moderait le diiTérend de Raymond avec Eudes de Yillars. 

Tout eût été au mieux des intérêts communs, si, par suite 
d'une indiscrétion, d'une trahison, pour parler le langage de 
Raymond de Turenne, dont Ëlyon de Neilhac se serait rendu 
coupable. Clément VU n'avait eu vent de l'union projetée. Sa 
déception ne fût pas moins vive que celle de la reine Marie. On 
s'enquit près de Raymond ; on lui offrit la paix, s'il voulait 
renoncer à Talliance de Boucicaiit; les parents que Raymond 
comptait dans le sacré collège furent mandés près du Pape. 
Clément VII leur remontra comment Raymond « vouloit perdre 
« sa fille...; c'estoit par dépit de lui... Si il la vouloit donner 
« au prince de Tarente, » le Pape lui ferait don d'une « bonne 
« somme d'argent. » A toutes les ouvertures Raymond opposa 
l'engagement qui le liait, jusqu'à la Toussaint, aux ducs de Berry 
et de Bourgogne. 

C'est alors, ou plus exactement c'est le 25 juin 4 393 qu^afin 
de confirmer Raymond dans ses bonnes dispositions, en même 
temps que pour calmer la colère du Pape, le Conseil de Charles VI, 
siégeant alors à AbbeviUe, remit à deux nouveaux ambassa- 
deurs, Jean Blondel et Jean de Pertuis, des instructions détail- 
lées que les érudits, par suite d'une erreur de lecture, ont tous 
fait remonter au 25 juin 4388^ Il s'agissait surtout de persua- 

1. L'origîaal, conseryé aax Arch. nat., sous la cote K 53b, n* 87, porte 
incontestablement la date du c xxy* jonr de juing l'an de a g[race 
M] CGC Iinxx et xni. f II est vrai qu'au premier abord le X du mot 
XIII, légèrement e£facé, présente quelque ressemblance avec un V, sur- 
tout avec un Y moderne. Tous y ont été trompés et ont daté hardi- 
ment la pièce du 25 juin 1388, sans remarquer que le séjour de la cour 
à Abbeville ne peut se placer, historiquement, qu'en 1393, et qu'en tout 
cas le texte, qualifiant Boucicaut de maréchal, ne saurait avoir été rédigé 
qu'après la promotion de ce dernier^ c'est-à-dire après le 23 décembre 
1391. N'importe 1 suivant rex<smple des archivistes anciens on modernes 



DE L'HISTOIAB DE FRANCE. 233 

der au Pape qu'il se trouverait bien du mariage arrêté par les 
ducs : « Car ilz ont nourry ledit mareschal, et sont certains 
« qu'il ne fera fors ce qu'ilz voudront et que, li dit mariage 
c acompli, ledit mareschal mettra paine de retraire messire 
« Remon d'aucunes entreprinses qu^il pourroit faire au dom- 
« mage du Pappe et de FEglise ou de H""' la roynne de Cecille... 
t Et s'il advenoit que la fille dudit messire Remon feust mariée 
« autre part, et qu'elle espousast un homme qui ne feust pas 
« obéissant au Roy..., et que les chasteaulx, villes et forte- 
« resces dudit messire Remon venissent en estranges mains, 
c plusieurs dommages... s'en pourroient ensuir tant à l'Eglise, 
c comme au Roy, et à ladite M""' la royne, et à Messeigneurs 
« ses enfans. )» Charles VI, en même temps, rappelait en France 
l'amiral Jean de Vienne, qui s'était fait le chevalier servant de 
la reine Marie * , et que l'on soupçonnait, avec raison, de méditer 
le siège des Baux. 

Cet ordre arriva trop lard. Dès le lundi 7 juillet*, Raymond 
avait reçu un défi de Jean de Vienne et de ses capitaines, au 
nombre de trente, qui chacun le provoquaient en combat sin- 
gulier. Il répondit à l'amiral en déclinant le combat, par ce 
motif qu'entre un « chef de guerre », comme lui, et un « sou- 
doyer », comme Jean de Vienne, la partie n'était pas égale. 
Ses capitaines se chargèrent de relever les autres défis. Puis, 

qui avaient écrit aa dos de l'acte c 1388, » M. Jules Tardif Ta fait figurer 
sons cette date dans son inventaire des Carions des roU (n* 1692); 
M. Donët d'Arcq Ta pobliée in extenso avec la même date (op, dU, t. I, 
p. 94); enfin M. A. Molinier s'en est servi pour établir, contrairement 
au texte de D. Yaissete et à l'opinion générale, que le mariage de Bou- 
cicant ne doit point être placé à la fin de Tannée 1393, mais bien être 
reporté avant le mois de juin 1388. (D. Yaissete, t. IX, p. 984, n. 3.) 
Cette fois, par hasard, les Bénédictins auteurs de X Histoire générale de 
Languedoc ont raison contre leur savant éditeur. 

1. Jean de Vienne écrivait ainsi à Raymond, en parlant de la reine : 
c Je tien et croy qu'elle est si belle, si vaillant et si noble qu'elle ne 
c vous a riens promis qu'elle ne vous ait tenu, s'il n'a tenu à vous... » 
(K 54, n* 26, fol. 2 r».) — L'auteur de la Chronique des quatre premiers 
Valois donne à entendre (p. 335) que Tamiral servait plutôt les intérêts 
de Clément VII. 

2. Cette date est fournie par la pièce K 54, n* 26. Raymond se trompe, 
dans son factum, en disant que ce fut un vendredi. 

ANNUAIRE-BXJLLETIN, T. XXVI, 1889. 16 



234 SOCIÉTÉ 

tandis que les hérauts allaient de Tun à l'autre, porteurs de 
répliques et de dupliques , Raymond traitant Jean de Vienne 
d*ivrogne « rassoté », oelui-ci accusant Raymond « de mentir 
faussement et déloyalement par sa fausse mauvaise gorge ^, » 
le château des Baux, où se trouvait Raymond, subissait Passant 
d'une grande partie des troupes de Tamiral ; la garnison opé- 
rait de brillantes sorties^; toute la force armée d'Arles et de 
Tarascon venait, avec les bannières de la reine, grossir la 
troupe de Jean de Vienne, ravager les blés et les vignes ' . Georges 
de Marie, après avoir reconduit en Piémont les compagnies jadis 



1. On trouvera dans le carton K 54 (n* 26) et dans l'ooTrage dn mar- 
quis Terrier de Loray {Jean de Vienne, amiral de France, Paris, 1877, 
in-8% p. GLxx à cxcn) : 1* le défi de Jean de Vienne et la réponse de 
Raymond; dn 7 juillet, Tnn et l'autre imprimés par Juste! (op. di,^ pr., 
p. 125 et 126); 2'* les défis de Jean de Nant et de Gérard de Bourbon, 
arec les réponses de Jean de Beaumarchais et de Guyot de Messac; 
3' les répliques de Jean de Nant et de Gérard de Bourbon, du 9 juiUet; 
4* la réplique de Jean de Vienne, du 10 juillet; 5* les dupUques de Jean 
de Beaumarchais et de Guyot de Messac, du 11 juillet; ô" la duplique 
de Raymond de Turenne, du 12 juillet ; 7* une troisième lettre de Jean 
de Vienne, avec une troisième réponse de Raymond, des 22 et 23 juiUet; 
8* une lettre de Raymond à Gérard de Bourbon. 

2. La Chronique des quatre premiers Valois (loc, eU.) joint aux assié- 
geants le comte de Valentinois : c Et dit le dit amiral au dit Mgr Remond 
qu'il se rendis!. Le dit Mgr Remond lui demanda : c Me requerez-vous 
c comme amiral de France, ou comme Jehan de Vienne? ~ Je le dix 
c comme Jehan de Vienne, et pour le pape Clément. — Ne an pape 
c Clément ne à tous je ne rendroy le chastel. Mais, se le roy de France 
c me mandoit que je lui rendisse, je lui rendroye. » Aprez ce, yindrent 
gens par ung bois à Mgr Remond de Thouraine et entrèrent eu chas- 
tel par une poterne secrètement. Et, par ung point du jour, le dit 
Mgr Remond, o ses gens, vint soudainement, abatant logeiz et tentez, 
et desconfit cil qui Pavoient assiégé. » — Jean de Vienne passa l'au- 
tomne de 1393 dans ses domaines de Franche-Comté. (Terrier de Loray^ 
op, cit, p. 263.) 

3. Raymond de Turenne, dont je suis pas à pas le récit, a peut-être ici 
groupé des événements séparés par un assez long intervalle. Bertrand 
Boysset, dans ses Mémoires, nous apprend, en e£fet, que le siège des Baux, 
après avoir duré assez longtemps, fut levé, puis repris ; quant au « dégât i> 
fait par les gens d'Arles et de Tarascon, il n'aurait eu lieu que les 12, 13 
et 14 ma! 1394. {Le Musée, revue arlësienncy historique et littércàre, 
Z* série, Arles, 1876-1877, p. 27 et 28.) 



DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 235 

entretenues par Raymond, mettait le siège devant Saint-Paul- 
lès-Durance et devant Meyrargues. Les écuyers que Raymond 
ava^t envoyés comme otages dans plusieurs villes, afin que les 
Provençaux pussent sans crainte se livrer aux travaux de la 
moisson, se voyaient partout emprisonner. L'un de ses capi- 
taines, passant par Arles, était arrêté, tiré à la corde et noyé 
avec ses valets. 1a reine Marie déclarait que, quand Raymond 
lui avait refusé sa 011e, elle lui aurait mangé volontiers le 
visage, ajoutant qu'elle voulait le jeter promptement hors du 
pays*. 

De son côté, Raymond renouvelait tous les excès de ses pré- 
cédentes campagnes, et, reniant du même coup sa foi politique 
et sa foi religieuse, il faisait proclamer, sur les remparts des 
Baux, les deux noms abhorrés de Boniface IX, le pape de Rome, 
et de Ladislas de Durazzo, le concurrent de Louis II au trône 
de Sicile^. Cette manifestation, fréquemment répétée, exaspéra 
Clément VII. Le procès de Raymond et d'un grand nombre de 
ses capitaines ftit entamé en cour d'Avignon. Une bulle ful- 
minée le 45 décembre 4393 rappela les peines promulguées 
par Grégoire XI et par Clément YII lui-même contre les 
envahisseurs des états de FÉglise, énuméra longuement les 
forfaits de Raymond, ce ûls ingrat « qui crachait à la face de 
rÉglise le lait sucé à son sein maternel, » lui enjoignit de res- 
tituer immédiatement les biens et terres usurpés, et le cita, ainsi 
que ses complices, au prochain consistoire, pour se voir con- 
damner comme larrons, incendiaires, bandits et dévastateurs 
publics*. 

Ce fut le moment choisi par Raymond pour conclure le mariage 
de sa fille avec Boucicaut. Il est vrai que Charles YI, empêché 

1. Suite du factam de Raymond (K 55, n* 22, fol. 8 y*). 

2. Cette circonstance a toujours été passée sous silence. L'auteur de 
Tune des yies de Clément VII se borne à dire que Raymond reconnais- 
sait en ce pontife le pape légitime. (Balyze, t. I, c. 532.) 

3. Arch. nat., P 1351, n" 694. — Relevons, en passant, une des nombreuses 
erreurs de Bouche : il prétend (op. cit., t. II, p. 416) que Clément VII avait 
excommunié Raymond ayant 1390. — Au sujet des pn>£etnations commises 
par les soldats de Raymond, yoy. le P. Boyer de Sainte-Marthe, Histoire 
de l'église cathédrale de Saint ' Paul -Drois- Châteaux ^ Avignon, 1710, 
in-4% p. 154. 



236 SOClâTÉ 

par la maladie ou par des affaires plus urgentes, n'avait pu 
encore faire annuler les sentences rendues jadis au proflt d'Eudes^ 
de Yillars et d'Alix de Baux ; mais rengagement en était pris 
et renouvelé, à plusieurs reprises , par les ducs de Berry, de 
Bourgogne et d'Orléans, qui, en outre, promettaient d^intervenir 
en faveur de Raymond dans sa querelle avec le Pape et la reine 
de Sicile. Boucicaut lui-même prenait à sa charge les coûts et 
dépens de l'affaire et s'engageait à obtenir, dans le délai d'un 
an, Tannulation tant désirée*, les envoyés de la cour de France 
se portaient garants de cette promesse, et Boulbon, un château 
acheté par Boucicaut sur la rive gauche du Rhône, devait, à 
toute réquisition, ouvrir ses portes à Raymond et même lui être 
livré, à partir du 4" avril 4394, jusqu^à Taccomplissement défi- 
nitif des clauses du traité. Raymond abandonna donc à sa fille 
tous ses droits sur le comté d'Alais, sur les terres et baron- 
nies d*Anduze, de Portes-Bertrand et de Sainte-Étienne-Valfran- 
cesque*, en Languedoc, se réservant, à la mort de son père, 
de lui donner, en échange, le comté de Beaufort-en-Vallée. Le 
mariage fût célébré, la veille de Noël, dans la chapelle du châ- 
teau des Baux^. Raymond reconduisit son gendre jusqu'à Baix, 
en Yivarais, et, comptant sur lui pour recouvrer les places de 
Gharlus^, de Montredon et de Ghampagnac, en Auvergne, dont 
le duc de Berry consentait à se dessaisir en sa faveur, il lui donna 
une procuration, conçue dans les termes les plus larges, de 
telle façon que Boucicaut pût se faire livrer tous les châteaux 
de son beau-père. Le maréchal se répandit en offres de services, 

1. Auj. Saint-Etienne- VaUée-Française (Lozère, cant. Saint-Gennain- 
de-Galberte). 

2. Arch. nat., R^* 37, fol. 79 et sniy.; Balaze, Hist généalog. de la 
maison (ffÀwvergne, t. II, p. 219; Ju^tel, op. dt, pr., p. 127. — Pilham 
{Histoire du maréchal de Boucicaut, Paris, 1697, in-8*, p. 7) et Papon 
représentent le mariage de Boucicaut sous des couleurs romanesques : 
a C'étoit, » dit ce dernier en parlant d'Antoinette de Turenne, « une des plus 
a belles femmes du royaume. Bougeant, avant son mariage, l'avoit célébrée 
« en vers de plus d'une manière; et, dans les tournois, il avoit rompu plus 
tt d'une lance pour soutenir qu'elle n'a voit point d'égale. » (Op. cit., t. III, 
p. 290 ; cf. Terrier de Loray, op. cit., p. 262.) Le passage du Livre des 
faicts visé dans ce passage ne se rapporte aucunement à la fille de Raymond, 

3. Cantal, cant. Saignes, comm. Bassignac. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 237 

en protestations de reconnaissance : Raymond lui avait fait un si 
grand honneur en lui donnant la préférence I S'il possédait deux 
cents châteaux Y il les livrerait à Raymond ; il ne manquerait pas 
de courir au secours de son beau-père, dût-il pour cela résigner 
son ofGce de maréchal de France : « Et par Dieu, Monsieur, 
« vous me Mttes grant honeur de me baillier vostre procuration, 
« qui est si forte qu'elle ne puet plus... Mais je vous jure, par 
« ma foy, que je ne feray jà chose de la dicte procuracion, si non 
« tout par vostre voulenté. > Roucicaut baisa son beau-père 
sur la bouche, et ils se séparèrent fort contents Tun de Fautre. 

n arrive quelquefois qu'on se repent d'un marché, à peine 
est-il conclu. Roucicaut ne tarda guère à être, aux yeux de Ray- 
mond, un traître dont celui-ci ne pouvait énumérer « toutes 
les tricheries, desloiautés et barateries. > Si Ton veut voir le 
héros de Roosebeke et de Nicopolis peint sous des traits bien 
différents de ceux auxquels ses biographes nous ont accoutu- 
mes, il faut lire les jugements portés sur lui par son beau- 
père : c'est, du reste, une page de la vie de Roucicaut sur 
laquelle l'auteur du Livre des faicts garde un silence prudent. 

Une fois en possession de la dot de sa femme et de la procu- 
ration de Raymond, le maréchal n'aurait plus songé à tenir 
aucune de ses promesses. Au lieu de reconduire son beau-père 
jusqu'aux Raux, il se serait hâté de retourner en France, sou» 
prétexte de répondre à un appel du Roi. Raymond, réduit à 
descendre le Rhône dans une barque, avec deux compagnons, 
manqua de se noyer et n'échappa que par miracle aux galères 
du Pape. Des cent vingt hommes d'armes, des quarante arbalé- 
triers que devait lui envoyer Roucicaut, point de nouvelles, non 
plus que des chargements de grains qui devaient servir à ravi- 
tailler Roulbon. Le capitaine de cette dernière place trouvait 
dVxcellentes raisons pour en différer la remise et, finalement, 
pour en rendre le séjour impossible à Raymond. En revanche, 
Roucicaut tentait, à l'aide de la procuration qui lui avait été 
donnée, de s'emparer de Pontgibaud, l'un des châteaux que son 
beau-père possédait en Auvergne^ et celui-ci lui attribuait 

1 . Circonstance ignorée de M. Ambr. Tardien {Pontgibaud en Auvergne, 
Moulins, 1882, in-4% p. 65). 



238 SOCIÉTÉ 

Finitialive de plusieurs mesures prises par les autorités fran- 
çaises pour interdire à ses gens le passage du Rhône, ou pour 
empêcher ses hommes d'armes d'Auvergne, de Limousin, de 
Quercy de venir à son secours ^ Enfin, et ce fut peut-être le 
plus sérieux des griefs de Raymond, les délais prévus par le 
contrat étaient depuis longtemps expirés^ et Boucicaut n'avait 
point encore obtenu de la cour de France l'annulation des 
femeuses sentences prononcées en faveur d^Eudes de Yillars et 
d'Alix de Baux ^. 

Tandis que les espérances qu'il avait fondées sur le mariage 
de sa fille s'évanouissaient les unes après les autres, Raymond 
continuait d'être en butte au ressentiment de la Gurie^. Une 
bulle du 46 avril 4394, publiée à son de trompe et affichée aux 
portes de la cathédrale d'Avignon, renouvela toutes les anciennes 
sentences contre les persécuteurs de l'Église, tels que Pierre 
Tomacelli (Boniface IX) et Marguerite de Durazzo, mais s'attaqua 
plus particulièrement à Raymond de Turenne et à ses complices : 
elle les déclara privés de tout bénéfice et incapables d'en acqué- 
rir, leur enleva le droit de tester, confisqua leurs biens au pro- 
fit des suzerains ou du fisc, défendit de leur fournir des vivres 
ou des armes, de leur adresser même la parole, et mit l'interdit 
sur les lieux de leur résidence^. Vainement, au mois de mai, 

1. Je résume sommairement nn des mémoires de Raymoi^d, malheu- 
reusement incomplet. (Arch. nat., K 55, n<* 22, fol. 31 à 33.) — Dès le mois 
d'octobre 1393, ordre avait été envoyé au sénéchal de Beaucaire d'empê- 
cher à tout prix les gens d*armes de passer le Rhône pour aller renforcer 
les troupes de Raymond ; cet ordre fut renouvelé au mois de janvier et 
le 26 avril 1394. (D. Vaissete, t. IX, p. 966 et 970.) 

2. Arch. nat., K 55, n» 22, fol. 23 v. 

3. Boucicaut et Guy de la Trémoîlle s'étaient entremis inutilement pour 
faire la paix de Raymond avec la cour pontificale : c Et là vint Piquet, 
c qui me aporta lettres dudit sire de la Trémoille et du mareschal, en quoi 
c estoit contenu le traitté de la paix d'entre le Pape et moy. Et, après 
c pluseurs parolles, je alay dire que j'en ferois riens : car je veoie que 
< ce n'estoit que ma decevance, se je le feisse... Hz vouloient que je leur 
c baillasse et me dessaisisse de mes chasteaux et les meisse es mains 
c dudit sire de la Tremoîle et dudit mareschal. » (K 55, n* 22, fol. 32 r*.) 
— Sur les bonnes relations qui existaient entre Boucicaut et Guy de la 
Trémoîlle, voy. un acte du 23 février 1395 (duc de la Trémoîlle, Guy de 
la Trémoille et Marie de Sully, Nantes, 1887, in-4% p. 196). 

4. Arch. nat., P 1351, n* 696. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 239 

les ducs de Bourgogne, d^Orléans et de Bourbon, fort ennuyés 
de cette interminable querelle, décrétèrent, en séance du 
Conseil, le maintien du traité de 4 392, annoncèrent que le Roi 
demeurait seul juge des griefs anciens ou nouveaux, et ten- 
tèrent d'imposer la cessation immédiate des hostilités; vaine- 
ment ils envoyèrent, comme messagers de paix, des personnages 
considérables : Philippe de Moulins, évêque de Noyon, Enguer- 
ran, sire de Goucy, Jean de Trie et Jean de Sains. Raymond 
aurait volontiers accepté l'arbitrage royal, pourvu que le juge- 
ment ne se fit pas trop attendre, et qu'on lui rendit les chartes 
volées aux Baux, les places prises en Provence durant la der- 
nière guerre. Le Pape lui-même se montrait assez accommo- 
dant, bien qu'il déclarât ne rien savoir des chartes en question. 
Mais les exigences de Marie de Blois rendirent la paix impossible : 
elle refusa de se dessaisir, même entre les mains d'une per- 
sonne neutre, d'aucune des places prises sur Raymond, les 
déclarant dûment acquises au domaine provençal, à moins que, 
de son côté, Raymond n'abandonnât les Baux, Roquemartine, 
Meyrargues, Ghâteauneuf-de-Mazenc, en un mot tout ce qui lui 
restait sur la rive gauche du Rhône. A ce prix seulement, elle 
promettait, d'accord avec le Pape, dix ou onze mille francs pour 
faciliter le départ des soudoyers de Raymond (40 juillet 4394) ^ 
Les négociations furent donc rompues, et Clément VU, dont 
cette guerre, dit-on, abrégea les jours ^, employa les derniers 
mois de sa vie à aggraver, par de nouvelles bulles, la condam- 
nation déjà portée contre son infatigable adversaire : Raymond 
et ses principaux capitaines, les Gantonnet d'Abzac, les Guil- 
laume Pot, les Tristan Roger, furent déclarés déchus de la 
dignité de chevalier; les complices de Raymond et Raymond 
lui-même condamnés au célibat perpétuel; leurs descendants 
mâles privés du droit de tenir un fief, ou de remplir un office 
public, jusqu'à la deuxième génération; les sujets du Pape 



1. Je tire ces renseignements de pièces qui m'ont été obligeamment 
communiquées par notre confrère M. Henri Lacaille. 

2. Instructions de Benoît XIII citées, d'après un ms. du Vatican, par 
Seb. Fantoni-Castrucci {Istoria délia citta d'Avignone e del Coniado 
Venesino, Venetia, 1678, in4% t. I, p. 272). 



240 SOClâTÉ 

encouragés à s'emparer de leur personne, en respectant toute- 
fois leur vie et en évitant de les « mutiler ^ » 

La guerre que Raymond de Turenne faisait au Souverain 
pontife empêcha Clément VU, au dire d'un de ses biographes, 
de pourvoir, comme il l'aurait voulu, à l'extinction du grand 
schisme'. Après la mort de ce pontife (46 sept. 4394), empé- 
cha-t-elle également les cardinaux avignonnais de différer, sui- 
vant le vœu de la cour de France et suivant Tintérèt de TËglise, 
l'élection d'un nouveau pape ? C'est ce que donne à entendre 
Jouvenel des Ursins; ou du moins, c^est l'excuse qu'il place 
dans la bouche des cardinaux : « Il leur falloit un chef...; mes- 
« sire Raymon de Turenne, qui se disoit neveu du feu Pape, 
« leur menoit guerre très grande et avoit pris, par la vaillance 
c de son corps, plusieurs places ausquelles il avoit mis garni- 
« sons : par quoy il tenoit les cardinaux, en Avignon, en grand 
« subjetion. » H est certain que la cour de France avait prévu 
le danger, l'objection si l'on veut, et tenté de l'écarter. Dans le 
conseil tenu, le 23 septembre, à Paris, le duc de Berry avait fait 
remarquer combien il importait d'écrire et d'envoyer à Raymond 
« afin qu^il cessât de faire guerre au Collège et à la royne. » 
Chose curieuse, le choix du Conseil tomba sur Boucicaut. Était-ce 
pour donner satisfaction au vicomte de Melun qui avait, dans 
le même conseil, exprimé le désir que les ambassadeurs envoyés 

1. Arch. nat., P 1351, n* 697. — Suivant Pithon-Curt {op. cit^ t. IV, 
p. 358 et 361), an jugement rendu par Clément VII, en 1394, enleva la 
seigneurie des Baux à Raymond de Turenne et l'attribua à François de 
Baux, seigneur d'Aubagne. 

2. Baluze, op. cit., t. I, c. 532. — Il est certain que, pendant la der- 
nière année de sa vie, Clément VII fit des armements considérables 
pour combattre Raymond et Alix de Beaufort. La prise de Savasse et celle 
de Leyne (juin 1394), peu après remis aux mains du roi de France (voy. 
ci-dessous art. XXXVII), furent les principaux fruits de cette campagne. 
Un assaut donné à Chàteauneuf-de-Mazenc (29 juUlet) fut repoussé par 
Tristan de Beaufort, et le blocus qui s'ensuivit ne parait pas s'être ter- 
miné à l'avantage des assiégeants. (A. Lacroix, op. cit., t. VI, p. 8 et suiv.; 
cf. t. II, p. 51, 52 et 62.) Cependant Tristan, vivement poursuivi par le 
gouverneur du Dauphiné, fut obligé de mettre bas les armes et obtint, 
au mois de décembre de la même année, des lettres de rémission de 
Charles VI. (Arch. nat., JJ 146, n* 421, documeqt cité par M. A. Molinier, 
Bist. de Languedoc, t. IX, p. 966.) 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 241 

en Provence « Missent gens qui n'y eussent que foire fors ce 
que on leur auroit encbargié ^? » Tout au contraire, les médi- 
sants insinuaient que Boucicaut avait de graves Intérêts à 
régler dans le Midi, et qu'il avait manœuvré de façon à se faire 
choisir^. En tous cas, il partit , se faisant fort de conclure 
la paix entre PÉglise et Raymond; et, quand la nouvelle de 
l'élection de Benoît XIII parvint en France, il reçut Tordre néan- 
moins de continuer son voyagea 

Il ne paraît pas cependant avoir ramené la paix dans le Gom- 
tat-Venaissin. Raymond continua, ou recommença bientôt à 
foire, comme on disait alors, la guerre au pape sans Rome et 
au roi sans couronne^. Benoit XIII et Louis d^ Anjou durent 
s'allier aux états de Provence pour lui opposer une résistance 
efficace. Un impôt de soixante-dix mille florins, levé même sur 
les seigneurs, prélats et cardinaux, servit à mettre sur pied 
quatre corps d'armée, payés à raison de quinze florins par 
lance'. En même temps, le procès criminel de Raymond de 
Turenne fut entamé, cette fois devant la juridiction laïque du 
sénéchal de Provence. 

Les charges étaient lourdes : le fait d'entretenir aux Baux, à 
Castillon, à Pertuis un ramassis de vils brigands recrutés dans 
tous les pays, et qu'au besoin il renforçait des troupes de 
Meyrargues et des Pennes, autres repaires de bandits, les nom- 
breux meurtres qu'il avait commis, notamment celui de Jean 



1. D. Martène, Veterum scriptorum amplissima colleciio, t. VII, 
c. 482. Cf. Religieux de Saint- Denys, t. II, p. 194. 

2. C'est ce qui résulte d'une lettre du comte de Valentinois que M. Paul 
Fournier a ea l'extrôme obligeance de copier, pour moi, sur le ms. 1428 de la 
bibliothèque de Grenoble (n** 843) : c Le mareschal Bouciquaust s'enz va 
c à court de Rome de par le Roy, combien que autres y alassent; mais, 
c pour la grant importunité qu'il a fait au Roy, yl a falu qu'il i soit 
c alez. Et ledit mareschal ce fait fort qui fera la paix de l'Esglise et de 
c Mosen Reymont. Et vous poyez bien pancer à quel fin y le fait... » 

3. Àmpliss. collect.y loc. cit. 

4. JouYenel des Ursins, qui rapporte ce propos {loc. cit.), ajoute : c Et 
c au prince d'Orange sans terre ; car toutes ses terres estoient occupées. » 

5. Papou, op. cit., t. ITI, p. 290. — Est-ce alors que le Pape fut taxé 
à 50,000 fr. par les états de Provence? (L. Blancard, Inventaire des 
archives du département des Bouches-du-Rhône, B 49, reg. Potentia,) 



242 SOCIÉTÉ 

de CbazeroOf précipité^ ainsi qne tant d'autres, du haut du 
rocber des Baux, des rapts, des adultères, des sacrilèges, des 
incendies, des « courses » en Provence et dans les pays adja- 
cents, où de nombreux chrétiens se voyaient réduits au déses- 
poir par « cet ennemi des âmes aussi bien que des corps, » la 
violation de son serment, le crime de lèse-majesté constituaient 
autant de chefs d'accusation sur lesquels il devait répondre 
le 24 décembre 4 394. L^assignation ftit publiée, à son de trompe, 
à Tarascon, à Arles, à Saint-Remy, et afQchée nuitamment aux 
portes du château des Baux. Le 22 décembre, Raymond de 
Turenne n'ayant point comparu, le sénéchal Pierre d'Acigné, 
siégeant à Tarascon, déclara ses biens et ses terres confisqués 
au profit de Louis II, affranchit les sujets provençaux de toute 
obligation envers le coupable, enfin prononça contre lui une 
condamnation capitale qui devait recevoir son exécution aussitôt 
(et cela ne tarderait guère) que Raymond serait tombé aux mains 
des officiers du roi^ 

On ne voit donc pas bien clairement les avantages qui résul- 
tèrent du voyage de Boucicaut, pour la paix générale s'entend. 
Si Ton se place, au contraire, au point de vue particulier des 
intérêts du maréchal, le bénéfice de son séjour apparaît bien 
plus nettement. Il a fait agréer, le 4 5 novembre, par la reme 
Marie, son hommage du comté et du châteaude Beaufort, qu'une 
, donation récente de Guillaume Roger (28 septembre) avait trans- 
portés en ses mains et en celles d'Antoinette, sa femme, au grand 
détriment de Raymond, son beau-père^. 

La guerre ne prit fin que vers le mois de février 4395. Henri 
de Marie, président, et Pierre le Fèvre, conseiller au parlement 

1. Arch. nat., P 1351, n* 695. — A défaat de cette sentence, qu'il ne 
connaît point, Papon cite (t. ITI, p. 291) un acte du mois de mars 1395 
par lequel la tète de Raymond aurait été mise à prix. Les négociations 
qui s'engagèrent, comme on ya le voir, dès le mois de février 1395, me 
font douter de l'exactitude de cette indication. 

2. Justel, op. cit., pr.j p. 138 et 139. — La première impression de Guil- 
laume Roger avait pourtant été mauvaise, quand il avait appris le mariage 
de sa petite-fille Antoinette : c M. mon père, écrit Raymond, me ala roan- 
c der que J'avoie mal fait d'avoir marié la mareschalle si meschaument 
c et à sy grant honte et deshonneur et honte de nostre lignage. > (Arch. 
nat., K 55, n* 22, fol. 31 v.) 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 243 

de Paris 9 ftirent envoyés à Perlais, auprès de Raymond de 
Turenne, pour négocier la paix. Par malheur, cette ambassade 
donna lieu à un incident qui, sous la plume de Tiotéressé, revêt 
tous les caractères d'un odieux guet-apens. Je reproduis son récit, 
sans en garantir Texactitude. Deux des hommes de Raymond, 
Paul Triboulet et Jean David, avaient été chargés d'escorter les 
négociateurs ; forts des assurances recueillies de la bouche même 
de Benoit, ils s'en retournaient en Avignon, le 4 5 février, quand, 
aux approches de la ville^ ils se virent assaillis par une troupe 
d'hommes armés, parmi lesquels un écuyer du cardinal de 
Viviers. Emmenés aussitôt au château de Mornas, propriété du 
Pape, ils furent mis aux fers *, l'un d'eux, Paul Triboulet, a jeté 
en la fosse maie et profonde. » Bientôt arriva l'ordre de Benoît 
de les tenir sous clef, et, chose plus grave encore, le trésorier 
du Pape s'empara de tous les titres et mémoires dont ils étaient 
porteurs et dont ils devaient s'aider, en cour romaine, pour sou- 
tenir les revendications de leur maître ^ 

Les pourparlers continuèrent néanmoins, et les trente-sept 
premiers articles de la pièce donnée en appendice sont précisé- 
ment les demandes que Raymond adressait à la cour d^ Avignon 
vers la seconde partie du mois d'avril 4395 : demande de liberté 
pour Paul Triboulet et Jean David (art. XXVIII et XXXIII) 5 
demande de réparation et de restitution pour la comtesse douai- 
rière de Valentinois (art. XXXVII) ; demande de réintégration 
en la charge de grossateur pour maître Pierre Vincent (art. XXI) -, 
demande d'ofDce pour le frère du chevalier Guy de Pesteil 
(art. XX) ; demande de bénéfices pour Pierre Morgant (art, XIX) ; 
demande de justice pour Jean Panival (art. VI) ; demande d'ar- 
gent pour les héritiers de « Jean de les Ages » (art. XXII) , pour les 
écuyers Pierre Mauroux et Yves Trébignon (art. XXIII à XXVII), 
et surtout pour Gantonnet d'Abzac, qui, avant de comman- 
der les bandes de Raymond, avait guerroyé en Italie comme 
capitaine général à la solde de TÉglise, puis avait servi sous 
Clément VII dans la guerre de Provence, contre les Tuchins et 
au siège d'Aix (art. XIII à XVIII). Si Raymond pensait aux 
siens, il n'avait garde de s'oublier lui-même : c'étaient des 

1. Voy. ci-dessou8, art. XXVIII, XXXIX et XL. 



244 SOCIÉTÉ 

créances remontant au règne de Grégoire XI (art. I et XXXIY)*; 
des ornements, des joyaux et des tapis de Turquie qu'il préteu- 
dait lui avoir été donnés lors du départ de ce pape pour Tltalie 
(art. rV) ; son père et lui avaient prêté de fortes sonimes au 
saint*8iège sous Grégoire XI et sous Clément YII (art. IX et XI) ; 
lui-même avait servi en Italie pour le compte de TÉglise^ (art. X). 
Puis, à Avignon, sans sa permission et sans celle de son père, 
le cardinal de Thurey, depuis plusieurs années, occupait leur 
hôtel de Turenne (art. XII). La Chambre apostolique devait 
lui répondre des dettes du changeur André de Tix (art. VU 
et YIII), ainsi que des dommages que lui avaient causés, 
depuis 4392, les agressions d'Eudes de Yillars (art. Y). Clé- 
ment Yn avait violé la paix jurée (art. XXX) et lui avait retenu 
les revenus des bénéfices de Saint-Remy, de Pertuis et de Pélis- 
sanne (art. XXXYI). Raymond demandait, en tout, plus de deux 
cent mille francs, une absolution générale et publique, l'annu- 
lation des sentences prononcées contre lui et ses gens au mépris 
de tout droit (art. XXXII) , la restitution des chartes et des 
titres qui lui avaient été enlevés par Jean de Trie et sur les- 
quels se fondaient une grande partie de ses réclamations 
(art. XXXI) \ 

Ces demandes furent examinées par les officiers du Pape, et 
je les ai retrouvées, dans un manuscrit de la Collection de 
Périgordj accompagnées des réponses de la Curie. Sauf en ce 
qui concerne Paul Triboulet et Jean David, déjà remis en liberté, 
ce sont autant de fins de non-recevoir. La plainte d'Alix de 
Reaufort est renvoyée au Roi-dauphin. Des protégés de Raymond, 
les uns ont été justement punis, comme serviteurs d'uti ennemi 
de l'Église, les autres peuvent se passer de son intervention : 
tel est Gantonnet d'Abzac, qui a déclaré s'en rapporter person- 
nellement à Benoit XIII. Le Souverain pontife n'est responsable 

1. Raymond paraît aToir été nommé, vers 1376, capitaine général des 
troupes da Comtat (Gh. Gottier, op, cit, p. 90). An sujet de son rôle en 
Italie, M. Henri Lacaille a recueilli dimportants documents, qu'il doit 
faire connaître dans un ouvrage sur Enguerran Vll^ sire de Coucy. 

2. A deux reprises déjà, Raymond s'est plaint d'avoir été dépouillé de 
ses titres ; cette fois il rend responsable du toI Jean de Trie, l'un des 
négociateurs envoyés par Charles VI au mois de mai 1394. 



DE L'HISTOIRE DE FRANCE. 245 

ni des attaques d'Eudes de Villars, ni de renlèvement du char- 
trier : simple &it de guerre qui s'esl produit à une époque où 
Raymond était en lutte ouverte avec TÉglise. Dans les autres 
demandes, on relève des contradictions, des inconséquences, 
des défauts de preuves. La paix de K 392 a été violée, non par 
Clément, mais par Raymond ; et, quand celui-ci s'occupera de 
réparer les graves dommages qu'il a causés à FËglise, l'Église 
pourra peut-être songer à reviser son procès. 

La situation resta donc à peu près la même, et les années 
suivantes n'offrent guère que la répétition d'incidents déjà con- 
nus. Gantonnet d^Abzac s'intitulait pompeusement « vicaire et 
capitaine gênerai es contés de Provence et Forcalquier pour 
noble et puissant seigneur messire Raymond, viconte de 
Turenqe et de Yalerne et seigneur de la ville et baronnie de 
Pertuis^ » Quand les bandes de Raymond étaient lasses de 
combattre, elles se laissaient nourrir par le pays, trop heureux 
d'acheter à ce prix un peu de tranquillité; c'est ainsi qu'au 
mois de décembre 4395, Arles, Tarascon, Toulon, Marseille 
conclurent des « patis » avec les compagnies répandues dans 
les forteresses des Baux, de Roquemartine , de Pertuis, de 
Vitrolles, de Roquefure, tandis que la partie militante des 
troupes de Raymond, trois cents combattants au moins, s'en 
allait continuer la guerre sur la terre du prince d'Orange^. Puis 
un nouvel accord, du 44 mars 4396, semblait promettre l'éta- 
blissement d'une paix plus durable, au moins entre Raymond, 
le roi de Sicile et la Provence : Raymond rendait le château de 
Vitrolles, recouvrait en revanche Saint-Remy et les terres 
Baussenques, les cens jadis possédés par les seigneurs des Baux 

1. Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 16 r*. — Vers cette époque, Raymond 
se yantait d'a?oir en Proyence cinq cents combattants de plus qu'autre- 
fois et de pouyolr facilement s'en procurer encore mille autres. (Ibld., 
fol. 29 y.) 

2. Ibid., foi. 16 r*, 18 v, 4446. — Raymond réclamait à Jean de Gha- 
Ion, prince d'Orange, une partie de l'héritage de Catherine de Baux, dame 
de Courtheson et de Gaudissart, morte en 1393, sans postérité, et dont 
les terres ayaient été confisquées, dés 1365, au profit de Raymond de 
Baux V, prince d'Orange. Elle avait donné à Guillaume Roger de Beau- 
fort, le 12 noyembre 1375, son château de Gaudissart. (L. Barthélémy, 
op. d(., p. xiz, 412 et suiy.) 



ne SOCIÉTÉ 

à Taraseon, à Aureille, à Sénas et à Pélissanne, le péage de Boue, 
leportdaPuy-Sainte-Réparade, Éguilles, Puyricard, Gaudissart, 
Séderon et une moitié de la vicomte de Yalernes; durant la 
trèye, il touchait^ chaque mois, quatre mille francs ; l'évacua- 
ticMa de ses compagnies devait coûter à la Provence de quarante 
à soixante mille francs ; toutes les difficultés restaient soumises, 
en dernier ressort, à l'arbitrage du duc d'Orléans ^ Mais, comme 
d'habitude, cette paix n'était que le prélude d'une nouvelle 
guerre. Un Arlésien déclare qu'on ne saurait estimer le dom- 
mage causé, vers cette époque, par les gens d'armes de Raymond, 
et il affirme que, sans une trêve conclue par la ville d'Arles le 
7 décembre i 396, le pays environnant risquait d'être entièrement 
dévasté '. On signale, en cette même année et en la suivante, des 
armements considérables du côté de la Provence, une démarche 
infructueuse de Reforciat d'Agoult auprès d'Éléonor de Gom- 
minges, les sièges de Yitrolles et de Heyrargues'. Le 27 avril 
4397, Georges de Marie, sénéchal de Provence, se disposait à 
marcher contre les Baux et Roquemar tine , repaires toujours 
occupés par les < vils brigands {latruncuK\ » de Raymond iie 
Turenne *. 11 mettait, le 30 juillet, le siège devant Pertuis, et 
s'en emparait au bout de dix-huit jours, grâce peut-être à cer- 
taine bombarde qui lançait des pierres de trois « quintaux ». 
Les gens d'Arles et de Taraseon n'osaient faire la vendange que 
sous la protection de petits corps d'armée soudoyés à cet effet, 
précaution dont l'événement démontra la nécessité. Enfin ils ne 
tardèrent pas à élever à Saint-Hippolyte-de-Moulès une sorte 
de redoute ou d'observatoire fortifié, dont la garnison, nuit et 
jour, veillait sur les vignes de la Grau '. 

Raymond, de son côté, renouvelait ses attaques contre les Ëta^ 
de l'Église, détroussait de plus belle voyageurs et pèlerins et, 
qui pis est, s'emparait du château de la Fare, en plein Gomtat- 
Yenaissin. Force ftit à Benoît XIII de recourir aux moyens 

1. Arch. nat., K 55, n* 22, fol. 12 f; cf. ibid., fol. 1 et 52. 

2. Mémoires de Bertrand Boysteê, loc. eii,, p. 44. 

3. PapoD, t. m, p. 293. 

4. Arch. des Boochea-da-Rhône, B 1S08 (communication de M. F. Rey- 
naod). 

5. Mémoires de Bertrand Boysset^ toc. d(., p. 50 et 51. 



DE L'HISTOIBB DS FRANCS. 247 

employés, sans beaucoup de suecès d'aillears, par son prédé- 
cesseur : une bulle du 20 août 4 397 assigna, pour le 4 9 octobre, 
Raymond et ses complices, afin qu'ils fiissent intwrogés au snji^ 
de leur fol, qu'une si longue obstination rendait singulièn»neal 
suq[>ecte. Un consistoire se tint à la date indiquée-, deux cardi- 
naux sortirent du palais d'Avignon, pour appeler à baute voix 
Raymond et ses complices, et Benoît Xm, encouragé par une 
récente irictoire^ fulmina contre eux l'excommunication^. Le 
45 février suivant, mêmes formalités, même appel £adt aux 
portes du palais des papes; du coup, l'interdit fut jeté sur tous 
les lieux où résidaient Raymond et ses complices; les curés 
durent, chaque dimanche et chaque jour de fête, foire porter 
processionnellement une civière devant la porte des excommu- 
niés ou, tout au moins, à travers les chemins, en chantant le 
psaume GIX, plein d'amères imprécations, puis lancer à terre 
trois cailloux, en signe de malédiction éternelle^. 

Quelques mois s^écoulèrent, et aux mesures de rigueur suc- 
cédèrent les propositions de paix. Le cinquante-septième feuillet 
d'un petit registre conservé dans les Cartons des Rois contient 
un firagment de charte à moitié efikcé : j^en ai pu déchiffrer 
juste assez pour apprendre qu'au mois de juin 4398, quatre 
cardinaux furent pris pour arbitres par les envoyés de Raymond 
et par le Camerlingue, représentant de la Chambre apostolique^. 
Us eurent à examiner, sous une forme plus développée parfois, 
les demandes déjà produites par Raymond trois ans auparavant. 
Bien qu'elles ne semblent pas avoir reçu un accueil beaucoup 
plus favorable qu'en 4395, la paix, tant désirée, se serait 

1. Averti à temps da passage à Cadolet d'un des caqpilaines de Raymond^ 
eommandant qaatre-TÎiigt-dix lances, le gouYernenr du Comtat avait 
appelé en toale hâte les tronpes de Raymond de Mondragon, qui, tom- 
bant à l'improYiste sur les soldais du Ticomte, n'en laissèrent pas échap- 
per un seul. (n>id.y p. 51.) 

2. Aieh. nat, P 1351, n?* 697 et 698. — Jnstel, au oontraire, prétend 
qu'en 1397 Raymond fut absous par Benoit Xin (op. cit., p. 68). 

3. Arch. nat., P 1351, n* 699. 

4. Ardi. nat, K 55, n* 22, foL 57 y*. — L'effectif des troupes de Raymond 
avait diminué : an mois d'avril, cent quarante de ses hommes d'armes 
ayaient été dirigés sur la Camai^e et sur le Languedoc {Mémoires de 
Bertrand Boffsset, toc. cit., p. 51.) 



248 SOGlâTÉ 

peut-être fidte. Mais la papaaté d'Avignon traversait alors une 
crise qui compromettait plus que son repos, son existence même. 

La cour de France était lasse d'assister aux tergiversations 
des deux pontifes qui se partageaient l'Église : dans Tespoir 
d'abréger le schisme , elle venait de retirer son obédience à 
Benoit XIII. Abandonné de presque tous ses cardinaux, ce pape 
allait être assiégé, dans son propre palais, par Greoffiroy le 
Heingre, frère du maréchal Boucicaut *. 

C'était pour Raymond de Turenne une trop belle occasion de 
reprendre la campagne. Froissart le nomme parmi ceux qui se 
joignirent à Geoffroy le Meingre^. J'ai, en effet, trouvé trace 
d'une promesse qu'auraient faite, à ce moment, les soldats de 
Raymond de le servir envers et contre tous, particulièrement 
contre le Pape*. 

Dans tous les cas, ce fut un des derniers exploits de Ray- 
mond sur les terres de l'Ëglise. Privé des secours qu'il atten-- 
dait de France (le sénéchal de Beaucaire avait pour consigne 
de barrer le chemin à tout renfort), rejeté en Yivarais et en 
Yelay, il fut assiégé, en 4400, dans le château de Bouzols, 
par Pons de Langeac, chambellan du duc de Berry^. En même 
temps se poursuivait et se consommait l'œuvre de sa spoliation 
au profit de Boucicaut, son gendre, et d'Antoinette, sa fille^, 
que Raymond n'avait pas attendu jusque-là pour déshériter et 
désavoua ^. Boudcaut avait conclu, le 7 juillet 4399, un traité 

1. Et non pas le maréchal lai-méme, comme on le croit généralement. 
Le P. Ihrle, qui Tient de mettre ce dernier point en lumière {Àrchiv 
far Literatur und Kirchengetchichie des Mitidalters, Bd. V, Heft 3, 1889, 
p. 465), aurait pu citer à l'appui de sa thèse le témoignage de Boysset. 

2. Éd. Kerryn de LettenhoYe, t. XYI, p. 126. 

3. Arch. nat., R»* 38. 

4. Voy., pour plus de détails, D. Vaissete, t. IX, p. 983, et Arch. nat., 
R2 40. Cf. Douet d'Arcq, op. cit., t. I, p. 139. 

5. Aussitôt après la mort de Guillaume Roger (27 mars 1395), Bouci- 
caut s'était fait envoyer en possession du chAteau et du comté de Beau- 
fort (voy. l'ordre de Charles VI, du 8 avril [1395], Arch. nat., K 55, n*22, 
fol. 16; cf. ibid., fol. 39 et 51). Les châteaux de Bouzols et de Fay, éga- 
lement livrés à Boucicaut vers cette date (K 55, n* 22, fol. 51), firent 
ensuite retour à Éléonor de Comminges (ibid., fol. 50) ou à Raymond de 
Turenne (R^* 38). 

6. Le 17 novembre 1395, Raymond fait jurer à un nouveau capitaine à 



DE LlnSTOIBB DE FRANCE. 249 

par leqoel il s'engageait à réduire en l'obéissance de la reine 
les Baux, Roquemartine et autres places encore occupées par 
son beau-père, à embarquer pour Gonstantinople, s'il pouvait 
les y décider, les routiers guerroyant en Provence et à barrer 
le passage du Rhône aux troupes levées par Raymond sur la 
rive languedodenne^ Peu de temps après, il recevait en don 
la seigneurie des Pennes', et, dès la même année, ses domaines 
provençaux comprenaient PertuiSyPélissanne, Saint-Remy, etc.'; 
enfin, en i 404 , il se faisait amener la mère de Raymond, prison- 
nière à Aix, pour négocier avec elle la cession de Meyrargues^. 
Quant aux Baux et aux châteaux de Montpaon, de Castillon, 
de Houriès, de Séderon, d'Éguilles, etc., ils paraissent avoir 
été attribués à Eudes de Yillars et à Alix de Baux'. Amsi se 

qui il confie la garde da château de Montvalent (Lot, canton de Martel) 
de ne jamais remettre ce chAtean, ni à Bondcant, ni à Antoinette, qne 

dès à présent il déshérite : < Et ceste priyacion, disoit qu'il Tavoît 

< faite et faîsoit par pluseurs causes raisonnables qui à ce faire le mon- 
c voient, et par les grans mauyaistiez, ingratitus qu'il disoit qne elle, 
c enluminée de l'art du deable, avoit fait audit M. le conte... i Raymond 
accusait alors Boucicaut d*aYoir fiiit mourir de douleur son père^ Guil- 
laume Roger, et d'avoir cherché à le faire périr lui-même (K 55, n* 22, 
fol. 14 y«). — Le 5 juillet 13d9, il fait son testament, par lequel il renie 
de nouYeau et déshérite sa fille et institue comme héritiers sa sœur 
Éléonor et le duc d'Orléans (A. Yayssière, Documents relatifs à VMstoire 
de la maison de Turenne, dans le Bulletin de la Soc. scientif., histor. 
et archéol. de la Corrèze, t. YII, 1885, p. 359-378]. Justel toujours plein 
de ménagements pour la maison dont il écrit l'histoire, interprète ainsi 
cette pièce : Raymond fit sa sœur Éléonor son hériUère nniyerselle c en 
cas qu'Antoinette de Beaufort, sa fille unique, moumst sans enfans. i 
{Op, cit., p. 70.) Expilly ya plus loin : à l'entendre, le testament da 
5 juillet 1399 fut fait en faveur d'Antoinette. {Dictionnaire géographique 
des Gaules, t. I, p. 83.) 

1. Reg. Uvidi de la Chambre des comptes d'Aix, analysé par Papou 
(t. m, p. 294-295). Cf. Bouche, t. U, p. 424. 

2. L. Blancard, op, cit., B 597; cf. B 602. 

3. Ibid., B 1670 à 1675. 

4. Ibid., B 602; cf. B 1676 à 1678. Papou, t. III, pr., p. lxz. 

5. Voy. un hommage du 8 octobre 1399 (L. Barthélémy, op. cit., n* 1674; 
cf. n* 1692). — M. A. Molinier affirme qu'en 1404 Raymond de Turenne 
était l'alUé du roi de Sicile et se servait de lui contre le maréchal Bouci- 
caut. (Eisi. génér. de Languedoc, t. IX, p. 984.) Notre confrère interprète 
un peu trop librement une analyse de l'inventaire des HonvmewU histO' 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXYI, 1889. 17 



250 SOCIÉTÉ 

réalisait la prédiction d'Honoré Bonnet, prieur de Salon : « Je 
« verray encores, s'il plaist à Dieu, que le commun parler de 
« Lombardie sera verifOé en Raymond Rogier ; ce dit le Lom- 
i< bard : Home depoco retourne enpoco*. » 

J'ai nommé Honoré Bonnet, Tauteur de V Arbre des batailles. 
Mais les circonstances qu'on vient de rapporter ne permettent- 
elles pas de préciser la date d'une de ses' œuvres littéraires^ 
r Apparition maistre Jehan de Meun ? H. Paulin Paris la place 
entre 4397 et 4403^. Je crois que l'on ne peut hésiter qu^entre 
4397 et 4398. En effet, dès l'année suivante, on a vu que Ray- 
mond était dépossédé de ses terres de la rive gauche du Rhône ; 
rien n'eût empêché dès lors Honoré Bonnet de s'en retour- 
ner en Provence et d^y jouir paisiblement des revenus de son 
prieuré de Salon : il n'eût donc pas écrit ces mots, qui sont 
insérés dans sa dédicace au duc d^Orléans : c [Je] suy hors 
« de mon pays, et pour la guerre que maistre Remond Rogier 
a a faicte tant longuement en Prouvence contre le jeune roy 
« Louis de Gecille, pour ce que pas ne me plaist d'estreenpays 
«de guerre; car ne sçay, ne doy armes porter, et mon bénéfice 
« est maintenant de petite value. Sy me suis tenus par deçà, et 
a m'y tiens tousjours, en attendant que Dieu meist remède 
« contre cellui tirant Raymon Rogier'. » 

Le rôle de Raymond de Turenne en Provence et dans le Gom- 
tat-Yenaissin était bel et bien fini. Cela est si vrai que les histo- 
riens provençaux placent à cette date le récit de sa mort, qu'ils ne 
manquent pas d'agrémenter de circonstances dramatiques : « Le 
« 40 mai 4399, disent-ils (quelques-uns mettent 4400, ou 4404), 
« Raymond voulant repasser le Rhône, avec ses soldats, pour 
« éviter la cavalerie du prince de Tarente, qui le suivait de près, 
« il piqua son cheval pour entrer dans une barque; le cheval la 
c franchit, se précipita dans le fleuve et tenta en vain d'en 
« regagner les bords : Raymond tomba et disparut*. » 

riques (a** 1816) qui, elle-même, est loin de présenter l'exactitude désirable. 

1. Bibl. nat., ms. français 810, fol. 33 r». — Cf. Paulin Paris, les 
Manuscrits françois de la Bibliothèque du Roi, t. YI^ p. 265. 

2. Ibid., p. 260 et 271. 

3. Bibl. nat., ms. fr. 810, fol. 32 r*. 

4. A. Fabre, Histoire de Provence, t. II, p. 369. Gf. Bouche, t. II, 



DE L'HISTOIRB DE FRANCE. 251 

n est certain cependant que Raymond de Turenne vécut, sinon 
jusqu'en 4417, comme Pont cru les auteurs de Y Art de vérifier 
les dates *, au moins jusqu^en 4414 3, et peut-être jusqu'aux pre- 
miers mois de Tannée 1413'. N'eût-il laissé d'autres traces de 
son existence remuante que les nombreux procès qu'il ne cessa 
de poursuivre *y ou que les violents réquisitoires qu'il rédigea 
contre son gendre', nous serions sûrs qu'il n'a pas péri dans le 
Rhône vers l'an 1400. Le Parlement, pour ne citer qu'un bit, 

p. 425; Pitton, p. 214; Gaufridi, t. I, p. 270; Papoa, t. III, p. 296; abbé 
Boze, Histoire d^Apt (Apt, 1813, in-8*)> p. 196; abbé Rose, op. cit., p. 54; 
Baijavel, t. II, p. 348> etc. 

1. T. II, p. 403. — lis se fondent nnignement sor une lettre du dac 
Jean de Berry imprimée par Juste! (pr., p. 138) sous la date de 1417. Or, 
comme le duc de Berry était mort depuis le 15 juin 1416, il faut proba- 
blement reporter la lettre en question à l'année 1397, dale qui lui est 
assignée dans une analyse du registre R^* 38. 

2. Lettres de Charles Yldu 22 septembre 1411. (Arch. nat., R> 41.) Le 
16 décembre 1409, Raymond était interyenu dans un procès pendant au 
Parlement. (Arch. nat, XU 4788, foi. 386.) 

3. D'après un acte cité par Baluze (Viix papanim^ 1. 1, c. 966), et dont 
6. Lacoste (Histoire de Çtaercy, t. III, p. 354) conteste inutilement l'au- 
thenticité, Boucicaut et Antoinette auraient constitué procureur, le 12 mars 
1413, pour prendre possession de la vicomte de Turenne. Une preuve 
plus convaincante de la mort de Raymond ressort du testament d'Antoi- 
nette, daté du 10 avril 1413 : elle y recommande à Boucicaut l'Âme de 
son père, et le charge de pourvoir à rétablissement des bâtards de 
Raymond. (Arch. nat., R** 37, fol. 240 et suiv.; texte publié, en 1885, par 
M. A. Vayssière, dans le Bulletin de la Soc. scientif., kislor, et archéol. 
de la Oorrèzcy t. YII, p. 378, et, tout récemment, par M. Joseph Denais, 
le testament d'Antoinette de Turenne, comtesse de Beaufort, femme 
du maréchal de Boucicaulty\asme&, 1889, in-8*.) — L'épitaphe de l'église 
Saint-Martial d^Avignon, dont on a voulu conclure que Raymond avait 
vécu jusqu'au 12 mai 1420, pourrait bien se rapporter à son oncle Ray- 
moQfd de Beaufort, vicomte de Yalemes. (Cf. P. Anselme, t. YI, p. 317.) 

4. Arch. nat., XU 4786, fol. 120 r», 127 v,277 v%etc. — On trouvera 
dans K 55, n* 22, fol. 35 v« et 37 v*, l'état des causes que Raymond avait 
pendantes, en 1398, au Parlement et au ChÂtelet. — A signaler aussi la 
curieuse lettre d'un des hommes de Raymond qui, ayant maille à partir 
avec la justice royale, contait sa mésaventure, et ajoutait : f Dictes à 
c Monseigneur que, se je usse soufferte tant de mal ne de maischansté 
f pour servir Dieu comme j'ay pour lui servir, que m'arme fùst sauvée. » 
(K 55, n» 22, fol. 36 V.) 

5. Yoy. notamment un acte d'appel du 27 juin 1407. (Arch. nat, R' 41.) 



252 SOCIÉTÉ 

défend à Fun de ses avocats, le 5 février. '1 406, « sur peine 
d'encourir Findignalion du Roy..., que, en nulle manière il 
ne conseille, ,ne ayde, ne conforte messire Raymon de Turenne, 
chevalier, ou préjudice du Roy, de son honneur ne de sa 
court, mais le induise et exhorte de son povoir à obéir au 
Roy^ » Raymond, à cette époque, n'osait plus s'aventurer en 
France, même pour plaider, et ses serviteurs, à ce qu'il assure, 
étaient arrêtés par les gens du duc de Berry pour ne point vou- 
loir se prêter aux complots dirigés contre la vie de leur maître*. 
C'est alors aussi que Raymond, vieilli, ruiné, chassé, mis au 
ban du royaume, parut pour la première fois plier sous les 
excommunications. Sentant le besoin de se réconcilier avec 
l'Église, il sollicita son pardon de ce même Benoît XIII qu'il 
avait vu repoussé, puis de nouveau obéi en France, et dont il 
devait bientôt voir, pour la deuxième fois, la déchéance et la 
fuite. Il demanda seulement à être dispensé de venir en per- 
sonne se prosterner aux pieds du Souverain pontife, faisant 
valoir les dangers auxquels l'exposerait ce voyage. Par bulle du 
U février 4408, datée de Porto-Venere, Benoît XIII, cédant aux 
supplications de Boucicaut, alors gouverneur de Gênes, et 
tenant compte, dans une large mesure, de la parenté de Ray- 
mond, donna de pleins pouvoirs à l'archevêque de Tours pour 
entendre la confession du coupable, pour recevoir son serment, 
lui imposer une pénitence et l'absoudre : mais il fut stipulé 
qu'en aucun cas Raymond, eût-il par devers lui des obligations 
écrites, ne réclamerait un seul denier des officiers pontificaux, 
ni de la Chambre apostolique ^. 

1. Arch. nat., X 1» 1478, fol. 251 y«; pa&sage cité par M. Félix Aabert 
{le Parlement de Paris de Philippe le Bel à Charles VIj son organisa- 
tion, Paris, 1887, in-8% p. 242). 

2. Arch. nat., R» 41 (27 juin 1407). 

3. Balaze, ViUs paparum, t. II, c. 1136-1142. — Jastel a imprimé 
(pr., p. 136) et, ce qui est plu» étrange, Baluze a utilisé (op. cit., t. I, 
c. 965 et 1396) une prétendue bulle d'absolution donnée à Raymond de 
Turenne le 6 féyrier 1408. Quand nous n'aurions pas, dans Baluze même, 
le texte de la véritable bulle, ni le fond ni la forme de l'étrange document 
imprimé par Justel ne permettraient d'en attribuer la rédaction à la chan- 
cellerie de Benoit XIII. La phrase n'y présente aucun vestige du rythme 
propre à la chancellerie pontificale. De plus, on y fait tenir à Benoît xni 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 253 

Tel tat l'épilogue d'une lutte célèbre dans les annales du 
Midi, célèbre^ dj&-je, autant que mal connue. Peut-être les 
exploits de ce brigand de bonne famille eussent- ils moins 
frappé les imaginations, si, comme tant d^autres chefs de bandes 
qui, vers la même époque, ravageaient les provinces, il se fut 
borné à des attaques contre les puissances temporelles. La 
guerre au chef de l'Église, même quand ce chef est contesté, a 
dans le monde plus de retentissement. Celle qu'entretint Ray- 
mond de Turenne, pendant plus de dix années, prouva que, 
sous un gouvernement faible, le séjour d'Avignon n^était guère 
plus favorable aux papes que celui de lltalie; elle absorba 
une grande partie des ressources de la Curie, elle paralysa son 
action, elle mina sourdement sa position déjà branlante. Sui- 
vant la pensée ingénieuse d'un biographe de Clément YII^ cette 
guerre fut le châtiment du népotisme des papes : Grégoire XI 
avait enrichi les siens, peut-être avec excès ; son neveu retourna 
contre le saint-siège les armes qu'il en avait reçues. 

La pièce que je donne en appendice a été transcrite par 
M. Rivain d^24)rès le carton £ 4 1 44 (n*' 37) des Archives natio- 
nales. J'y ai joint des variantes et des « réponses » emprun- 
tées à un texte du même document conservé à la Bibliothèque 
nationale, dans le ms. 4 de la Collection de Périgord. L'intérêt 
en avait été signalé par notre confrère M. A. Holinier' ; quelques 
extraits en devaient paraître dans le BuUetin de la Société 
historique et archéologique du Périgord^. 

n est aisé de s'apercevoir que ces deux textes n'ont pas été 
rédigés tout à Eût à la même époque. Quand l'un (celui de la 
Bibliothèque) compte (art. XXXIY et XXXYI) trois termes échus, 

le langage le plus ootrageant pour son prédécessear. Nul doute que nous 
ne soyons en présence d'one bulle apocryphe, ou peut-être d'un projet de 
buUe préparé par Raymond lui-même. Dans ce cas, ce texte présenterait 
on certain intérêt, en ce qu'il ferait connaître les expUcations que four- 
nissait Raymond au sujet du mariage d'Alix de Baux avec Eudes de Yil- 
lars et au sujet des événements qui en furent la conséquence. 

1. Balnze, Fito paparwny t I, c. 534. 

1. D. Yaissete, t. IX, p. 957. 

3. Communication de H. Maimier (3 février 1881). 



254 SOCIÉTÉ 

l'autre en compte six. Cherchons à déterminer la date précise 
de la première rédaction, qui ne comprend que trente-sept 
articles. 

J'y relève (art. XXVIII) une mention de l'arrestation de Paul 
Triboulet et de Jean David^ qui eut lieu, comme on le sait par 
ailleurs, le 45 février 4395. De plus, à Fart. XXI, je lis : 
a Gonune le xvii* jour du mois de janvier et Tan derrenièrement 
« passé, c'est assavoir Tan mil CGC lUI" et XIIII.. . » Ray- 
mond de Turenne usait du style de France : Tannée 4394, pour 
lui, avait pris fin le jour de Pâques (U avril) 4395. De ces 
deux passages on peut conclure que la première rédaction est 
postérieure au 44 avril 4395. Mais, d'autre part, Raymond de 
Turenne y parle de son père comme s'il vivait encore (art. XI 
et XII), et n'y prend pas encore le titre de comte de Beaufort; 
or, Guillaume Roger était mort, à Paris, le 27 mars 4 395 S et 
il est difficile d^admettre que son fils ait ignoré sa mort plus de 
quatre ou cinq semaines. Par conséquent, la date de la première 
rédaction doit être placée vers la seconde moitié du mois 
d'avrU4395. 

Quant à la seconde rédaction, qui comprend quarante articles, 
elle ne peut être antérieure au mois de mai 4398 (voyez 
art. XXXYIII) ', ni postérieure à la Saint-Jean (24 juin) de la 
même année (voyez art. XXXIY). En la plaçant au mois de 
juin 4398, on la fait coïncider avec un arbitrage dont la trace 
a été retrouvée et signalée au cours de ce mémoire. 

Noël Valois. 

1. Arch. nat., R> 40; Kbl. nat., ms. Balaze 23, fol. 125 r*. 

2. M* Paal Triboalet dut être, comme on i'a vu, remis en liberté vers 
le mois de mars ou d'anil 1395 ; il lirra son neyeu comme otage : or, la 
captivité de ce neveu avait déjà duré, au moment de la rédaction de 
l'art. XXXYIU, trois ans et trois mois. H y a bien cet intervalle entre le 
mois de mars 1395 et le mois de juin 1398. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 255 



Ce soirr lbs demandes que messqie Ratvon, gohtb de Bjeàufort 

ET YICONTE DE TUKBIflfB^ FAIT A NOSTES SAIHT FEUS LE PaFE ET 
A SON CHAMBELLAN. 

[AvriH395-jum 4398.] 

L — Premièrement, comme, du temps de bonne mémoire pape 
Grégoire, derrenier trespassé, et par compte fait entre ledit messire 
Raymon, d'nne part, et le trésorier du Pape, d'autre, nostre Saint 
Père soit tenuz à icelui messire Raymon [de la] somme de iij™ 
ve lij frans, comme par lettres scellées du seel dudit trésorier puet 
apparoir et autrement deuement, se mestier est, demande ledit 
messire Raymon que nostre Saint Père le face paier la dite somme 
de iij» yc lij frans. 

[Réponse de 4395^ :] In compromisso in articuh viso prius, 
etc., ubi désignât istam litteram, ponit quod continet vj vel 
vy" franeos, et sic Hbi contradidt, 

[Réponse de \ 398 :] Attende. 

[N. B.] Geste présente lettre a robée audit messire Raymon 
Jehan de Trie : si requiert ledit messire Raymon que elle [lui] 
soit rendue, pour prouver [sa] demande. 

[Réponse de 4395 :] Ista petitio ex se ipsa injtista est et 
iniqua. 

n. — Item, requiert le dit messire Raymon que nostre Saint 
Père le face paier ij" xl frans, d'une part, et ij"» c xlv frans, d'autre, 
èsquels icelui nostre Saint Père lui est tenuz, comme il appert 
par cedules escriptes de la main dudit trésorier et autrement 
deuement. 

[Réponse de 4395 :] In compromisso [ef] in articulo visis 
prius, etc. y ponit quod iste cedule continent circa viij vel 
ix^ franeos sive florenos eamere : et sic est contradictio. 

\. Le texte du ms. 4 de la Collection de Périgord porte simplement : 
< Messire Raymon de Tnrenne. » 

2. Elle ne se trouye que dans le ms. 4 de la Collection de Périgord. il 
en est de même de tontes les réponses faites, en 1395, aux demandes de 
Raymond. 



256 SOCIÉTÉ 

[Réponse de 4398 :] Attende. 

[N. B.] Gestes cedules a robées Jehan [de Trie] audit messire 
Raymon : si requiert ledit messire que elles lui soient rendues 
pour prouver ses demandes. 

[Réponse de i 395 :] Ut supra. 

[Note se rapportant aux deux premiers articles :] Mgr le cardi- 
nal du Puy^ scet bien que le trésorier du Pape devoit cest argent 
audit messire Raymon. 

[Réponse de 4 395 :] Domirvus cardinalis dicit quod nichil sdf. 

[Réponse de 4395 se rapportant aux deux premiers articles :] 
Ad duos primas articulas potest respanderi quad de quantita- 
tibus in eis cantentis etpetitis, si débite prabahuntur, et Caméra 
apastolica ad eum tenebitur, faciet daminus naster fieri satis^ 
factianem. 

ni. — Item, quant le dit messire Raymon ala au mandement 
et service du Roy à la bataille de Flandres, et mena pluseurs gens 
d'armes avecques lui, et, pour paier ses gens d'armes, engaiga à 
feu maistre Bernart Garit, jadiz collecteur de nostre Saint Père, 
deux fermaux d'or, desquelz l'un estoit fait à la façon d'un P, 
chargié de pierreries fines, et avoit dedans le P une ymage de 
Nostre Dame d'or, et estoit garni de perles, et valoient bien les 
deux fermaux viijc frans ; et semblablement engaiga icelui messire 
Raymon au dit feu Garit, au dit temps, deux chopines et deux 
gobelès d'or, tout pour la somme de iiijc frans; et il soit ainsi 
que il n'ait recouvré du dit feu Garit, collecteur, que les dictes 
chopines et gobelès, parmi paiant ijc frans, qu'il en a baillié roiau-* 
ment ; et, pour les autres ijc frans, il ait baillié au dit collecteur 
une assignacion de iijo l frans ; et que le cardinal du Puy ou de 
MuroP ait pris, après le trespas du dit collecteur, pour nostre saint 
père le pape Glement, derrenier trespassé, les diz fermaux : requiert 
ledit messire Raymon que nostre Saint Père lui rende les diz fer- 
maux et la dite assignacion, parmi recevant ij» frans, que iP est 
prest et offre à paier'*. 

1. Pierre Girard. 

2. Jean de Marol. 

3. Ms. : quiel. 

4. La réponse faite à cet article en 1395, et i/iBcrite en marge da ma. 4 
de la Collection de Périgord, est presque entièrement effacée. Les quelques 
mots restés lisibles permettent de croire que les gens du Pape engageaient 
Raymond de Turenne à s'adresser aux héritiers de Bernard Garit. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 257 

[N. B.] Les gens de feu Bemart Garit ont dit qae Mgr de Mnrol 
cm le cardinal dn Pny prirent les biens dudit Mgr Bernard Garit. 

[Réponse de ^1398 :] Papa non sueeessU isti, née habuit ait' 
quid de bonis suis; ymo se submisit parlamento Régis. 

rv. — Item, le pape Grégoire derrenierement trespassé donna 
an dit messire Raymon, quant il parti derrenierement de Romme, 
deux grans tapiz de Turquie, et valoient bien chascun v« ducas, 
et une chapelle de draps de damas et les paremens d'autel rouges, 
la dicte chapelle garnie de diacre et de soubzdiacre, de [plu]yals, 
d'orfirois, et un grant fermaU d'or garni de pierreries et de perles, 
qui ayoit cousté iiijc et l ducas, et une grant venue de FeuYre de 
Naples, les quelles choses feu le cardinal d' Arle * print et emporta 
de Romme en Avignon ; et par ainsi estoit tenuz en son vivant de 
le rendre audit messire Raymon; et il soit ainsi que, après le 
trespas du dit cardinal, nostre Saint Père derrenier trespassé ait pris 
touz les biens d'icelui cardinal, et ait donné ung des diz tapis au 
sire de la Rivière ; et, pour ce, requiert le dit messire Raymon 
que nostre Saint Père, comme successeur es biens du feu cardi- 
nal, lui rende les biens et choses déclarées en cest présent article. 

[N. B.] M. P. de Gassaignes, que Diex absoille, savoit bien ceste 
chose, et aussi M. J. de Bar; et Mgr de Xainctes^ en scet bien 
la certaineté et en a bien oy parler. 

[Réponse de 4395 :] Qui deeesserunt... niehil scire^,.. [eer- 
tos] institua heredes; contra quos agat ipse dominus Raymun^ 
dus, quia Papa née hères, nec suecessor ^sius domini cardinalis. 

[Réponse de 4398 :] Probetf 

V. — Item, comme, ou trectié et en l'accort fait, à Saint Espe- 
rit, par Mgr le duc de Berry entre nostre saint père pape Glement 
derrenierement trespassé, Tevesque de Valence, le conte de Valen- 
tinois et messire Odo de Yillars, duquel nostre Saint Père [se fist] 
fort et s'est obligié, d'une part, et le dit messire Raymon, d'autre, 
ait esté dit par ledit Mgr le duc que bonne paix seroit entre les 
dites parties, et que le dit messire Odo ne feroit ne porteroit 
aucun dommage au dit messire Raymon, ne en ses lieux et terres; 
et il soit ainsi que, depuis et après ladite paix et la prononcia- 
cion d'icelle faicte par ledit Mgr le duc, ledit messire Odo et ses 
gens aient £edt guerre audit messire Raymon et de M. son père, 

1. Pierre de Gros. 

2. tille de Lestrange. 

3. La première partie de cette lépoiae est eilacée. 



258 SOCIÉTÉ 

et icelles endommagés jusques à la somme de xx» frans et plus, 
de quoy nostre Saint Peice estoit et^devoit estre tenuz, pour ce 
qu'il s'estoit fait fort et omigié pour le dit messire Odo, comme il 
est dict : requiert ledit messire Raymon que nostre Saint Père lui 
paie ladicte somme. 

[N. B.] Cet article se puet prouver par les lettres de la paix et 
par les sauf conduis qui ont esté donnez par les gens de messire 
Odo de Yillars, depuis que la paix fut prononcié par Mgr de Berry. 

[Réponse de 4395 :] Per dictas liiteras apparet de contra- 
didione, quia in eis nulla fit mentio de dicto Odone; et, licet 
fuisset actum quod ipse dominus Odo comprehenderetur in dicta 
p[aee,] tamen ipse dominus Raymundus nullo modo voluit; et 
propter hoc fuerunt refecte [littere] ipsim domini Ducis super 
dicta pace, 

[Réponse de 4398 :] Attende, quiadictus Reymundus noluit 
consentire quod dominus Odo includeretur, etc., et ideo agat 
contra eum, 

YI. — Item, comment, par le trectié de la dite paix prononcié 
le v« jour de may, nostre Saint Père derrenierement trespassé et 
son chambellan feussent tenuz de faire droit et raison des habi- 
tans d'Avignon et en la conté de Yenice audit messire Ra3rmon 
et à ses gens, serviteurs et familiers, et certains marchans d'Avi- 
gnon soient tenuz à Jehan Panival, serviteur et familier du dit 
messire Raymon , en la somme de xiiijc frans , qui leur a bail- 
lez et nombrez de la somme de \\^ cent frans qu'il avoit receuz des 
propres deniers dudit messire Raymon, et il soit ainsi que le 
dit messire Raymon ait sommé et requis le dit chambellan qu'il 
feist paier aux diz marchans les diz xiiij<» frans qui leur a baillez 
et nombrez, a&n qu'il feust paiez desdiz ij°> cent frans à lui deuz 
par ledit Panival, et qu'il a interest que ledit Panival reçoive les 
diz xiiijc frans, pour ce qu'ilz furent de son argent : requiert ice- 
lui messire Raymon que nostre Saint Père paie audit Panival les 
diz xiiije frans, ou les lui face paier dedens ung certain brief jour. 

[Réponse de 4395 :] Nunquam ipsi domino Raymundo, nec 
ejus servitoribus, seu familiaribus, fuit denegata justicia per 
ipsum Camerarium, velalium officiarium; unde et satis apparet 
quod istapeticio est indebita et exquisita. Quare, etc. 

[Réponse de 4398 :] Petat a dicto Panival, qui captus est; 
et fiet sibi justicia. 



DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 259 

[N. B.] Geste lettre roba J. de Trie audit messire Raymon : si 
requiert le dit messire Raymon que la dicte lettre lui soit rendue 
pour prouver ses demandes. 

[Réponse de 4395 :] Manifeste injuste petit. 

YIl. ~ Item, comme pareillement, par le dit trectié prononcié 
le dit y^ jour, nostre dit saint père le pape Clément derreniere- 
ment trespassé et son dit chambellan soient tenuz de faire droit 
et raison audit messire Raymon de Ândrieu de Tix, lequel lui 
est tenuz en la somme de v» frans, oultre ce qu'il a, et le dit mes- 
sire Raymon ait sommé et requis par pluseurs foiz le dit cham- 
bellan qu'il lui feist droit et raison dudit de Tix, de quoy il a esté 
refusant : requiert ledit messire Remon que nostre Saint Père 11 
paie ladicte somme de v*» frans, ou la lui face paier, dedens ung 
certain et brief jour. 

[Réponse de 4395 :] Istudnon est verutn, quia ymo ad requis 
sitionem simplicem ipsim domini Raymundi fuerunt dati 
[judiees] illi, quos ipse voluit, super omnibus petidonibus 
qms volebat facere contra dictum Andream; qui judiees, pro^ 
sequente procuratore dicti domini Raymundi, eognoverunt et 
pronunciaverunt , et eorum sentencia.., protU... per publica 
instrumenta. Quare, etc. 

Vin. — Item, comme, par deffaut de ce que ledit de Tix n'a 
paie au dit messire Remon les diz v"^ frans, et qu'il a esté des- 
loial, et en demeure de lui rendre certains joiaux, c'est assavoir 
veselle d'or garnie de pierreries et de perles qu'il avoit en garde 
de lui, la quele le dit de Tix a vendu oultre sa voulenté, et la tient 
pour emblée et n'eust pas donné le marc pour deux cens frans, 
et pour ce ait esté endommagiez en la somme de xxx"* frans, des- 
quelz dommages ledit messire Raymon doit estre creu par son 
serement, comme il apperra par certaines lettres ou instrumens 
sur ce passez , et il soit ainsi que ledit chambellan n'ait voulu 
faire aucune raison au dit messire Raymon du dit de Tix, ne des 
diz dommages, combien qu'il en ait esté requis et sommé, comme 
dit est, et qu'il est tout prest de jurer que les diz dommages 
montent tant, et offre à faire le serement sur ce : pour ce requiert 
ledit messire Raymon que nostre Saint Père lui paie ladicte somme, 
ou lui face paier, par ledit de Tix dedens ung certain et brief jour. 

[N. B.] Ces ij articles se prouveront par les instrumens. 
[Réponse de 4395 :] Respondetur ut inpreeedenti articulo. 



260 SOCIÉTÉ 

[Réponse de 4398 :] Habuit sententiam contra se. 

IX. — Item, que ledit messire Raymon a preste à nostre saint 
pare pape Clément derrenierement trespassé vij°^ v^ florins de 
chambre, d'une part, et ij^ et iiij", d'autre, comme il apperra par 
bulle de nostre Saint Père, et autrement deuement, se mestier 
est : et pour ce requiert le dit messire Raymon à nostre Saint Père 
qull lui paie les diz vij™ vc florins, d'une part, et ijc iiij» frans, 
d'autre. 

[N. B.] Geste bulle roba Jehan de Trie à messire Raymon : si 
requiert ledit messire Raymon que on lui rende la dicte bulle pour 
prouver ses demandes. 

[Réponse de 4 395 :] Peticio est iniqua et [injusta] *, sed doceat 
ipse dominus Raymuf^dus de débita, et dominus noster faciet 
fieri debitam satisfactionem. 

X. — Item, comme nostre dit Saint Père soit tenuz et obligés 
audit messire Remon en la somme de vij™ florins de chambre 
pour cause des services par lui faiz ou pais d'Italie, es guerres de 
l'Eglise, comme apperra par bulle de nostre Saint Père, et autre- 
ment deuement, se mestier est : requiert ledit messire Raymon 
que nostre Saint Père lui paie les diz vij™ florins. 

[Réponse de 4395 :] Respondetur ut supra proxime ad alium 
articulum. 

[N. B.] Jehan de Trie a robe ceste bulle audit messire Ray- 
mon : si requiert ledit messire Raymon que on lui rende, pour 
prouver ses demandes. 

[Réponse de 4398 se rapportant aux articles IX et X :] Dœe. 

XI. — Item, comme feu l'evesque de Magalonne^ derreniere- 
ment trespassé, jadiz trésorier du Pape, confessa devoir à Mgr de 
Beaufort, père dudit messire Raymon, la somme de iiij"> florins 
de chambre, à cause de prest fait à nostre dit Saint Père, lequel 
obliga pour ce les biens de la Chambre, messire Raymon au {sic) 
interest que son dit seigneur et père soit paiez ; et, par ledit trectié 
de la paix prononciée ledit v« jour de may, nostre dit Saint Père 
se soit soubzmis à Tordenance du Roy et de ses députez de tout 
ce en quoy il puet estre tenuz et obligez audit Mgr de Beaufort : 
requiert icelui messire Raymon que nostre Saint Père paie audit 
Mgr de Beaufort, son père, la dicte somme de iiij™ florins. 

1. Pierre de Yemobs. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 261 

[Réponse de 4395 :] Doceatur de debito, et fiei débita res" 
ponsio. 

[Réponse de 4398 :] Attende si Thesawarius potuit obligare, 
et doce de litteris. 

[N. B.] Mgr de Beaufort a ladite bulle. 

[Note ajoutée en 1398 :] Et Mgr de Beaufort qui est huy a 
monstrée la dicte bulle à Mgr de Saint Marçal^, et Ta veue^ et a 
mandé à Mgr de Beaufort qu'il a veue la bulle en la main de 
M. Alzias^. Mgr a de cette bulle yidimus signé de deux notaires, 
que Merigot a entre ses mains, pour les monstrer aus arbitres. 

Xn. — Item, comme Mgr le Gardinal.de Thury' ait occupé de 
fait, et contre le gré et voulenté des diz Mgr de Beaufort et de 
messire Raymon, son ûlz, leur bostel, assis en Avignon, appelle 
Fostel de Turenne, et Tait détenu l'espace de viij ans, et detiengne 
encores, et le dit messire Raymond ait requis audit chambellan 
qui lui en feist raison et justice, et lui feist rendre le dit hostel et 
les louages d'icelui, comme faire le devoit, par le dit cardinal, de 
quoy il n'a riens voulu faire : poar ce, requiert ledit messire Ray- 
mon que nostre Saint Père rende à M. son père et à lui ledit 
hostel, ou le leur faire rendre dedens un certain jour que sur ce 
lui sera prefigé, et à paier ou faire paier, dedens ung certain 
jour, les diz louages, c'est assavoir iiijc frans par an desdictes 
xij années, et ceulx qui escharront jusques à plaine restitucion 
dudit hostel audit pris. 

Gest article se puet prouver par Tinstrument de Mgr Enguer- 
ran de Heudin et par l'instrument de l'argent que on présenta 
audit Mgr Enguerran ou à son procureur. 

[Réponse de 4395 :] Dirigat* ipse dominus Raymundm suant 
peticionem contra pomdentem diçtam domum, et fiet justi' 
cia sibi, 

[Réponse de 4398 :] Fiet justicia. 

XIII. — Item, comme messire Gantonnet d'Apzac ait esté capi- 
taine gênerai pour l'Eglise ou pais d'Italie, et, pour ce, lui 
feussent deuz pluseurs gaiges, et, avecques ce, lui estant prison- 

1. Hugues de S&int-Hartial, cardinal-diacre du titre de Sainte-Marie 
in Porticu. 

2. Alcias^Oasc, un des familiers de Raymond. 

3. Pierre de Thorey. 

4. Ms. Ùrigatat. 



262 SOCIÉTÉ 

nier pônr la gnerre de la dicte Eglise on lien d'Arone, lequel il 
recouYra sar les ennemis de la dicte Eiglise, plnsenrs biens qu'il 
aToit laissez en Tostel de bonne mémoire feu Raymon, aroevesque 
de Nicossie*, jadiz son oncle, lesquels estoient siens et lui appar- 
tenoient, eussent esté pris par les gens de la chambre de feu pape 
Grégoire, et encores le dit arcevesque eust Mt audit d'Apzac plu- 
seurs lais en son testament, pour lesquelles choses le dit d'Apzac 
faisoit poursuite par devant nostre Saint Père et contre lui, c'est 
assavoir que sur les dictes choses fut foite composicion, transac- 
tion et accort entre le dit chevalier, d'une part, et le trésorier de 
nostre dit Saint Père, d'autre, et les gens de sa Chambre, et par 
icelle composition fut dit et accordé que icelui chevalier auroit 
certaine somme de florins pour les choses dessus dictes, de la quelle 
somme reste encore à paier yi}^ florins de chambre , comme il 
apperra par bules sur ce faictes et autrement deuement, se mestier 
est^ : pourquoy requiert ledit messire Raympn, par le moien du dit 
trectié, et que ledit d'Apzac est son serviteur et famlUer, que 
nostre dit Saint Père paie ou face paier au dit d'Apzac la dicte 
somme de yiy^ florins. 

[N. B.] Gest article se puet monstrer par bulle. 

XIY. — Item, comme ledit d'Apzac ait baillé pieça en garde 
et deposts à feu l'evesque de Magalonne, jadiz trésorier de nostre 
Saint Père, mille florins de chambre, et il soit ainsi que nostre 
Saint Père ait prins et eu touz les biens demeurez du décès du dit 
feu evesque et trésorier : pour ce, et par le moien dudit trectié, et 
que ledit d'Apzac est serviteur et famillier du dit messire Raymon, 
requiert messire Raymon que au dit d'Apzac soient paiez les mil 
florins dessusdiz de chambre. 

[N. B.] Gest article se paet prouver par le cardinal du Puy et 
par pluseurs autres tesmoings que Mgr Gantonnet produira. 

[Réponse de 4398 se rapportant aux articles XIII el XIY :] 
Fietjmticia dicto militi. 

XV. — Item, le dit messire Gantonnet a demeuré, par le com- 

1. Raymond de la Pradèle, qai moamt avant 1382 d'après les docn- 
ments recueillis par M. le comte de Mas Latrie (Histoire des archevêques 
latins de Vile de Chypre, Gènes, 1882, in-4% p. 70). 

2. Gantonnet d'Abzac revient sur ces diverses questions dans son testa- 
ment fait, à la Douze, le 18 décembre 1401 et publié en partie par M. de 
Mas Latrie {Histoire de Chypre sous le règne des princes de la maison 
de Lusiçtnan, Paris, 1852, in-8% t. U, p. 460-464). 



DE L'QISTOm Vm FRANCE. 263 

mandement et wdenance de ûostre saint père pape Clément derre- 
nierement mort, en la guerre de Provence, et contre les Touchins, 
et servi l'Eglise et nostre dit Saint t^ere, par l'espace de vj ans, à 
zxx ou à xl hommes d'armes, qui estoient à lui et soubz son pen- 
non et retenue, de quoy il n'a riens esté paie : et, pour ce, requiert 
ledit messire Raymon, par le moien dudit trectié, et que icellui 
Gantonnet est serviteur et famillier dudit messire Raymon, que 
nostre Saiilt Père paie audit messire Gantonnet ses gaiges et de 
ses dictes gens d'armes, c'est assavoir xviij florins pour mois ponr 
chascun homme d'armes, pour les dictes yj années. 

[N. B.] Mgr Gantonnet dit qu'il les prouvera. 

XVI. — Item, comme ledit messire Gantonnet ait demeuré, 
du commandement et ordenance de nostre Saint Père, en la ville 
de Saint Esperit et ou paîs denviron, et servi icellui Saint Père 
par l'espace d'un an, avecques xl hommes darmes, qui estoient à 
lui soubz son pennon, et desquelz il avoit la charge : pour ce 
requiert ledit messire Raymon que, pour les moiens et causes 
dessus dictes, nostre Saint Père paie audit messire Gantonnet ses 
gaiges et de ses dictes gens d'armes pour xj mois de la dicte année, 
c'est assavoir xviij florins, pour chascun homme d'armes, pour 
chascun mois. 

XVU. — Item, que le dit messire Gantonnet fut et ala oultre 
mer pour avoir le paiement et satisfaction d'aucunes assignacions 
que les gens de la chambre de nostre dit Saint Père lui avoi[en]t 
fait ou dit païs ; et, combien qu'il en feist toute diligence, il n'en 
peust avoir un denier, et despendit ou voyage la somme de iiij°* flo- 
rins de chambre : pourquoy requiert ledit messire Remon, par 
les moiens dessus diz, que nostre Saint Père paie audit messire 
Gantonnet la dicte somme de iiij°^ florins de chambre. 

[N. B.] Mgr Gantonnet dit qu'il prouvera ces ij articles. 

XVin. — Item, quant le pws de Prouvence se rebella contre 
l'arcevesque d'Âix, ledit messire Gantonnet fut, du commande- 
ment et ordenance de nostre dit Saint Père, avec ledit arcevesque 
et au siège d'Aix, l'espace de iij ans, avecques quarante hommes 
d'armes, qui estoient à lui soubz son penon et ordenance, et il 
soit ainsi que, les diz trois ans, le dit messire Gantonnet n'ait esté 
paie oultre ung mois : pour ce requiert le dit messire Remon, par 
les moiens dessus diz, que nostre Saint Père paie audit messire 
Gantonnet ses gaiges et de ses dictes gens d'armes par les dictes 
iij années, ledit mois excepté, c'est assavoir xviij florins, pour 
chascun mois, à chascun homme d'armes. 



264 SOCIÉTÉ 

[Réponse de 4395 :] Ad xiij et supra pnoxime sequentes, ad 
isium inclusive, respondetur quod dietus dominus Gantonetus 
scripsit et notificavit domino nostro quod, super omnibus die- 
tis peticionibus et aliis que hdbet facere cum Caméra, vult stare 
ordinacioni Sue Sanctitatis, nec vult per alium quemcumque 
pro eo aliquid peti, Quare, etc. 

[Réponse de 4398 se rapportant aux articles XV à XVIII :] 
Fiet justicia dicto militi. 

XIX. — Item, comme nostre dit Saint Père ait osté, sanz cause 
raisonnable, sauve sa grâce, à Pierre Morgant, mes tant seule- 
ment en haine de ce qu'il estoit serviteur dudit messire Raymon, 
et qui lui révéla comment on le vouloit emprisonnier, les pro- 
vendes de Briode en Auvergne et de Sainte Opportune de Paris : 
requiert ledit messire Raymon que notre Saint Père rende et res- 
titue audit Morgant les dictes provendes, ou le recompense en 
autres bénéfices equipollens, et aus fruis et levées que ledit Mor- 
gant eust perceu des dites probendes depuis Fan mil CGC min 
et nu, que elles lui furent ostées, comme dit est, et ceulx que 
icelui Morgant en pourroit percevoir et percevroit, jusques ad ce 
que icelles probendes lui seront rendues, ou il soit recompensez, 
comme dit est, en autres bénéfices. 

[N. B.] Gecy est public et se puet prouver par bulles et autres 
enseignemens. 

[Réponse de 4395 :] Iste Petrus serviebat inimico Ecclesie et 
ipsiîis domini nostri Clementis, unde juste debuit et potuit pri* 
vari. Quare, etc. 

[Note ajoutée en 1398 :] Gest chapitre Mgr ne laisseroit point 
que le Pape ne lui en fist raison, et aussi bien les arbitres. 

[Réponse de 4398 :] Prosequatur Morgant jus suum. 

XX. — Item, comme par le dit trectié de la paix, ait esté dit 
expressément que le registre de court de Rome, le quel avoit esté 
osté au frère de messire Guy de Pesteilz, chevalier, sanz cause et 
raison, comme il a esté depuis cogneu par les cardinaux qui à ce 
ont esté commis, lui seroit rendu en Testât qui Tavoit par avant 
qui lui feust osté, et, ce non obstant, nostre dit Saint Père ait 
chargié ledit registre de la pension de mil florins envers le cardi- 
nal de Saluce^ : pour ce requiert le dit messire Remon que, en 

1. Amé de Saluées. 



BB L'HISTOIRE DE FRANGE. 265 

entérinant le dit trectié, la dicte charge soit ostée du dit registre 
roianment et de fait, et on en tiengne quitte le frère dudit cheva- 
lier, car la rente que le Pape a ou roiaume de France en est hien 
ohligié, comme il apport par le trectiô de ladicte paix faicte par 
les gens du Roy et de Mgr de Berry^ 

[Réponse de ^395 :] Respondetur qtiod Papa hoc offieium 
potest committere cui vult et quando vult, et, si uni commi- 
sUj potest pro libito voluntatis alteri committere, nec aliquis 
mortalium débet ei dicere : Cur ita facis ? Quare [etc.]. 

[Note ajoutée en 1398 :] De cest chapitre, messeigneurs les car- 
dinaux lui veillent faire justice. 

[Réponse de ^398 :] De hocfiet verbum domino nostro Pape, 

XXI. -« Item que, comme, le xvij* jour du mois de janvier et Tan 
derrenierement passé, c'est assavoir l'an mil GGG IIIUz et XIIII, 
l'auditeur de la chambre de nostre dit Saint Père eust fait prendre 
et encarcerer maistre Pierre Vincent, grossaires des lettres apos- 
toliques de nostre Saint Père ; et, estant en la prison, par force et 
par paour le tourment, le fit renoncier audit office, le quel pape 
Grégoire, que Diex absoille, lui avoit donné, et l'avoit tenu et 
possidé paisiblement, par Tespace de xxij ans, le dit auditeur ; sanz 
cause et senz raison le despoulla dudit office, et ses autres biens 
pris par ledit auditeur, à tort et à pechié et sanz cause et raison, 
ainsi comme il se puet clerement prouver, fors tant seulement 
pour ce qu'il avoit esté serviteur dudit messire Raymon ou temps 
du pape Grégoire : et, pour ce, requiert ledit messire Raymon que 
ledit maistre Pierre Vincent soit restitué en son dit office et en ses 
biens dessus diz ; car il ne les a perduz, se non pour ce qu'il avoit 
esté serviteur du dit messire Raymon, et cecy scet bien l'auditeur 
de la Ghambre qui est aujourdui. 

[Réponse de ^395 :] Respondetur quod iste sancte et juste 
fuit privatus, ut apparet per processum existentem super hoc 
in curia audiioris Camere. Quare, etc. 

[Réponse de ^398 :] Fiet mencio domino nostro. 

XXII. — Item, comme nostre Saint Père feust tenuz et obligez 
à feu Jehan de les Âges, jadiz serviteur et famillier dudit messire 
Raymon, en la somme de viijc florins de chambre, comme il 

1. Ces deraiers mots « comme il appert, etc., » ne se trouvent pas dans 
le ms. 4 de la Collection de Périgord. 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 18 



266 SOCitiTÉ 

apperra par bulles et autrement deuement, se mestier est : pour 
ce requiert ledit messire Raymon, par le moien dudit trectié, et 
que ledit feu Jehan de les Ages estoit son senriteur, comme dit 
est, que nostre Saint Père paie ans héritiers dudit feu Jehan la 
dicte somme de yiij<^ florins de chambre. 

[N. B.] Gecy se puet prouver par la bulle que Filol a. 

[Réponse de 4395 :] Respondetur ad ùtam petieionem et 
sequenteSy usque ad xxvij incltisive, quod dominus [Raymun* 
d%ui\ non débet esse procurator istarum; sed ipsi pétant a 
Caméra, si qwd eis débet, et ipsa débite eos contentabit. 

[Note ajoutée en 1398 :] Mgr ne laisseroit point cecy aler; car 
ledit Jehan de les Ages devoit à Mgr plus de mil florins. 

XXUI. — Item, comme Pierre Mauroux, escuyer, ait esté ou 
service de nostre Saint Père, ou chastel de Saint Angel, Tespace 
de ziiij mois, estant le siège devant ledit chastel, du quel service 
ledit Mauroux n'a aucunement esté paie : pour ce, et par le moien 
du dit trectié, et que le dit Mauroux est serviteur et famillier dudit 
messire Raymon, requiert icellui messire Raymon que nostre Saint 
Père paie audit Mauroux ses gaiges desdiz xiiij mois, c'est assa- 
voir xviij florins pour chascun mois. 

[N. B.] Gecy se puet prouver clerement : car ledit Pierre Mau- 
roux estoit l'un des plus grans capitaines qui feussent dedens et 
qui plus fist endurer le chastel de Saint Angel. 

XXrV. — Item, comme nostre dit Saint Père soit tenu et obligié 
audit Mauroux en la somme de ij» florins de chambre, comme il 
appert par lettre ou bulle ou autrement deuement, se mestier est : 
requiert ledit messire Raymon que ledit Mauroux soit paie de 
ladite somme de ijc florins de chambre. 

[N. B.] Jehan de Trie roba ceste bulle : si requiert ledit messire 
Raymon que on la lui rendes 

XXV. — Item, comme nostre dit Saint Père ait prins ou fait 
prendre tous les biens que ledit Mauroux avoit en Avignon, pour ce 
que icellui Mauroux, qui est vassal et serviteur et famillier dudit 
messire Raymon, lui avoit gardé et défendu une sienne forteresse, 
et en hayne dudit messire Raymon : pour ce, et par les moîens 
dessusdiz, requiert ledit messire Raymon que audit Mauroux soient 
renduz ses diz biens, ou la somme de v^ florins pour la value d'iceulx. 

1. Cette note a été cancellée dans K 1144, n* 37. 



DB L'HISTOIRE DE FRANGE. 267 

[N. B.] Gecy se puet prouver par voix commune; et ledit 
P. Mauroux n'est pas en cest pais : mais on le mandera quérir. 

[Réponse de ^1395 :] Iste Petrus nominatus in istis tribus 
articulis erat serviens armorum et faciebat guerram, domino 
nostro régnante. Quare, etc. 

[Réponse de ^398:] Veniat et petat, 

XXVI. — Item, comme Yvon Trebignon, escuier, ait servi 
nostre dit Saint Père en la guerre de l'Eglise ou pais dltalie, l'es- 
pace de vj mois, avecques trois hommes d'armes soubz lui et des- 
quelz il avoit la charge, requiert ledit messire Raymon que, par 
le moien du trectié, et que icelui Yvon est serviteur et famillier 
dudit messire Raymon, que nostre Saint Père paie audit Yvon 
ses diz gaiges et des diz iij hommes d'armes des diz vj mois, et 
pour chascun homme d'armes, pour chascun desdiz mois, xviij flo- 
rins ; et de ceci sont bonnes lettres d'eux. 

[N. B.] Jehan de Trie roba cestes ij lettres : en requiert ledit 
messire Raymon que elles lui soient rendues, pour prouver sa 
demande. 

XX Vn. — Item, comme nostre dit Saint Père soit tenuz audit 
Yvon Trebignon, pour cause du service par lui fait en la guerre de 
TEglise ou païs d'Italie, en la somme de ixc ducas, comment il se 
puet prouver par bulles ou lettres et autres deuement : requiert 
ledit messire Raymon, par les moiens dessusdiz, que nostre Saint 
Père paie audit Trebignon ladicte somme de ix^ ducas. 

[N. B.] Cest article se puet prouver par les lettres scellées du 
scel du cardinal de Genève, qui lors estoit légal (sic) et tantost 
après fut pape. 

[Réponse de 4 398 :] Petat, si velit. 

XXVIII. — Item , requiert ledit messire Raymon que Jehan David 
et maistre Paul Triboulet lui soient renduz et délivrez, car nostre 
Saint Père leur avoit dit qu'ilz povoient aler et venir seurement; 
et, d'autre part, ilz avoient saufconduiz de M™« la Royne, et 
furent pris de lieux du Pape, en foré, et recuillis en ses lieux. 

[N. B.] Gest article est notoire à chascuns. 

[Réponse de ^395 :] Isti fuerunt expediti. Quare, etc. 
[Réponse de 4398 :] Expediti sunt. 

XXIX. — Item, que l'en face justice au dit messire Raymon, 
en toutes les cours d'Avignon, de touz ceulx que le dit messire 



268 SOCIÉTÉ 

Raymon pourra monstrer par lettres oa instrumens qui lui seront 
tenuz ou obligiez. 

[Réponse de ^395 :] Respondetur quod et sibi [et] omnibus 
ibi petentibtAs fit et fietjusticia, 

[Réponse de ^1398 :] Papa mandabit fieri justiciam de 

subditis, 

XXK. — Item, comme se soit chose que le Pape derreniere- 
ment très passé, ouitre ce qu'il avoit promis et juré ou trectié de 
la paix qu41 ne feroit ne ne pourchasseroit mal ne dommage audit 
messire Raymon ne à ses gens, ait fait et pourchassié le contraire, 
qui tourne en dommage audit messire Raymon de plus de cent 
mille frans, tant de la perte de son héritage, comme de ses gens, 
et de ce qu'il leur doit : pourquoy requiert ledit messire Raymon 
à nostre Saint Père que il lui en plaise faire restitution, car ledit 
messire Raymon s'en remeit en sa conscience. 

[Réponse de ^395 :] Istum [non] est verum. [Quare,] etc. 

XXXI. — Item, comme Jehan de Trie ait robées audit messire 
Raymon lettres jusques au nombre de xvij, qui lui seront necces- 
saires à prouver ses demandes, et nostre Saint Père lui ait mandé 
qu'il trouvera bien manière que ledit messire Raymon recouvrera 
les dictes lettres : pourquoy requiert ledit messire Raymon que 
les dictes lettres lui soient rendues, car autrement il ne pourroit 
prouver ses demandes. 

[N. B.] Gest article se puet bien prouver comment ledit Jehan 
de Trie roba les dictes lettres ; et ceci scevent bien Mgr Girart de 
Bourbon et messire Girart d'Arlo, qui s'ofiFroit de les faire rendre, 
mes que messire Raymon en quitast le Chambellan et pluseurs 
autres ^ 

[Réponse de i 395 :] Iste articulus continet manifestant injus- 
ticiam, quia dominus noster non débet emm[daré] furta vel 
dampna dicta vel facta ipsi domino Raymundo per suos, nec 
eciam per alios, quando ipse faciebat [guerram] apertam contra 
Ecclesiam, Quare, etc., et petat litteras suas ab eo quem asse- 
rit cas sibi suttraxisse, etc. 

[Note ajoutée en 1398 :] Et cestes lettres ont tenues par pluseurs 
fois Meirigot de Palisses, maistre Paul Triboulet, Gobert de Luseul, 
Merigot Bermon, maistre Pons Girart, et Jehan Bon Vin, et par 

1. Dans la pièce K 1144, n* 37, cette note se termine ainsi : c En'qui- 
tast le Chambellan et print Tobligance de la Chambre du Pape. » 



DE L'HISTOIBS DE FRANCE. 269 

cenlx là se puet prouver ; car il ont tenues les dictes lettres. Et 
anssi ont yea et tenu lesdites lettres maistre Gliment de Reilhac 
et maistre Jehan Andriquel, advocas en Parlement, maistre Jehan 
de Betisy et maistre Jehan Naudon, procureurs de Parlement, 
lesquelz adYocas et procureurs firent les demandes dudit messire 
Raymon selon les lettres et instrumens en quoy le Pape estoit 
tenuz audit messire Raymon, et les gens du Pape doiyent avoir 
le roulle qui leur fat haillié devant le chancelier de France, et 
signé de la main maistre Henry Mauloué, secrétaire du Roy. 

[Réponse de 4398 :] Injuste petit. 

XXXII. — Item, requiert ledit messire Raymon que nostre 
Saint Père révoque et mette au néant touz et quelconques procès 
ou sentences faiz par son prédécesseur contre ledit messire Ray- 
mond et ses gens, et leur donne absolucion générale et publique, 
se mestier est ad cautelam * : car, contre tout droit et raison, les diz 
procès et sentences ont esté faiz et données publiquement contre 
lui et ses gens, et le pape derrenierement trespassé lui rompy la 
paix et les convenances qu'il lui avoit faictes, et le Pape et le Gham- 
bellain les avoient promises et jurées'. 

[N. B.] Et ce se puet prouver par l'accort qui fut fait par les 
gens du Roy et de Mgr de Berry, et par les paix qui furent faites 
à Saint Rémi et à Saint Esperit. 

[Réponse de 4395 :] Quando ipse daminus Raymundus emen- 
dabit dampna que fecit Ecclesie, providebitur sibipraut fuerit 
racionis. 

[Réponse de 4398 :] Faeta paee, fiet talUer quod dehebU 
eontentari, 

XXX in. — Item, nomme les personnes pour qui il veult avoir 
saufconduit : premièrement messire Gantonnet d'Autissac, Jehan 
David, messire Paulet Triboulet, Jambert de Gomilli, Guynot de 
Tession, messire Alsias €rasc, maistre Pierre Vincent, et chascun 
d'euix portant le saufconduit, et x autres en sa compagnie, et que 
le saufconduit soit du Pape et de la part de la royne, et que ilz 
se lacent fors de toutes gens et de toutes pars 3. 

[Réponse de 4395 :] Ad istum artictUum non est [opw] res- 
ponsione. 

1. Ces cinq derniers mots ne se tfoarent pas dans le ms* 4 de la Col- 
lection de Périgord. 

2. La dernière proposition a été également rajoutée en 1398. 

3. Dans la pièce K 1144, n* 37, cet article est cancellé. 

ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 18* 



270 SOCIÉTÉ 

XXXIV. — Item, comme ce fenst chose que pape Grégoire 
derrenierement trespassé deust au dit messire Raymon la somme 
de xxj» iiijc iiij frans ou florins de chambre, et en eust baillié 
audit messire Raymon deux bulles comment il lui recongnois- 
soit devoir la dicte somme, lesquelles deux bulles ledit messire 
Raymon bailla au cardinal d'Arle derrenierement trespassé, ainsi 
comme il devoit faire, par Taccort de la paix, qui fut faicte en 
Avignon; et, parmi ladicte paix, Mgr le chambellan de nostre 
Saint Père se soit obligez audit messire Raymon, en présence de 
mes seigneurs les cardinaux de Poitiers*, d'Amiens 3, de Gusance^, 
de Saint Marsal et de Mgr de Xaîntes, de paier audit messire 
Raymon, chascun an, à chascune feste de saint Jehan Baptiste, 
v^ frans et v^^ florins de chambre, jusques à tant que ledit messire 
Remon feust parpaiez de la somme contenue es deux bulles des- 
sus dictes, et en prist sentence d'escommeniement de Tauditeur de 
la Ghambre ou cas qu*il defauldroit d'un seul jour à paier audit 
messire Remon v^ frans et vc florins de chambre à chascune feste 
de saint Jehan Baptiste, comme dit est; et il soit ainsi que Mgr le 
Chambellan ait deffailli de paier audit messire Raymon de trois 
termes : requiert ledit messire Raymon à nostre Saint Père qu'il 
le face paier à Mgr le Chambellan des diz iij termes^, et qu'il 
face mettre en segur que, deci en avant, Mgr le Chambellan lui 
tiengne ce qui lui a promis et juré, et lui face rendre les ij bulles 
en quoy est contenue ladicte somme; car maistre Pierre Vincent 
les bailla au cardinal d'Arle derrenierement trespassé, ainsi comme 
il le devoit faire parmi le trectié de la paix qui fut faicte en Avi- 
gnon, et Mgr de Xaintes le scet bien', Mgr Pierre Bourier etplu- 
seurs autres gens d'estat, chevaliers et escuiers. 

Item, devra plus le Chambellan, à la Saint Jehan qui vient, 
à Mgr de Beaufort vc frans et v» florins de chambre, oultre les 
vj termes dessusdiz. 

[Réponse de ^395 :] Ad istum articulum respondelur prout 
in instructione seu memoriali quod incipit : Dominus Cle- 
mens VIL 

i. Guy de Malesset. 

2. Jean de la Grange. 

3. Nicolas firancaccio, archevêque de Gosenza. 

4. Le texte rédigé en 1398 et conservé dans la pièce E 1144, n* 37, 
porte : c vi termes. » 

5. Les quelques liftes qui suivent ne se trouvent pas dans le ms. 4 
de la Collection de Périgord : elles ont été ajoutées en 1398. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 271 

[N. B.] Il en doit bien souvenir à messeigneurs les cardinaux 
de Poitiers, d'Amiens, de Gusance et de Saint Marsal, et aussi à 
Mgr de Xaintes^, comment le Chambellan s'obliga et emprint 
sentence d'escommeniement, et aussi leur doit })ien souvenir que 
Mgr de Beaufort qui est huy bailla les bulles au cardinal d'Arle 
ainsi comme il le devoit faire ; car ainsi fut ordené par les sel-* 
gneurs cardinaux qui firent la paix : par quoy rende l'en les bulles 
audit Mgr de Beaufort, et là il verront les bulles en quoy le Cham- 
bellan est obligez audit Mgr de Beaufort. 

[Réponse de 1398 :] Attende. 

XXXV. — [Article ajouté en 1398 :] Item, demande plus ledit 
messire Raymon audit Mgr le Chambellan, pour les dommages, 
fraiz, interez et despens faiz et soutenuz par ledit messire Raymon 
à cause du deffaut de la paie des diz vj termes dessus diz, et à cause 
aussi que il n*a tenu ne acompli les autres choses contenues en 
ladicte paix, aussi comme ilz Tavoient promis et juré, et l'avoiènt 
obligié à tenir et ou trectié de la paix acomplir, vint mille francs, 
sur lesquelles et desquelles (sic) dommages, fraiz et despens ledit 
Chambellan voulsist, promisist et jurast à croire audit messire Ray- 
mon, et à sa simple parole et sanz sacrement et nulle autre pro- 
messe, ainsi comme il appert par les lettres faictes sur ladicte paix. 

Et ledit Mgr de Beaufort s'offre de jurer et prouver qu'il y a de 
dommage de plus de xx™ frans, pour ce que le Chambellan ne lui 
a tenu la paix qui lui avoit promise et jurée. Si requiert le dit 
Mgr de Beaufort aux seigneurs cardinaux qui sont arbitres qui lui 
en facent paier au Chambellan la somme et dedommagier le dit 
Mgr de Beaufort. 

Item, devra plus le Chambellan à Mgr de Beaufort, à la Saint 
Jehan qui vient, v^ frans et v^ florins de chambre. 

XXXVI. — Item, comme ce soit chose que nostre Saint Père 
derrenierement trespassé doie audit messire Raymon de la somme 
de xx»^ frans, et lui en eust baillié en gaiges les beneûces de Saint* 
Rémi 2, de Pellissaine^ et de Pertuz^, à prendre et lever les fruiz 
dlceulx, jusques à tant que ledit messire Raymon feust paie tout 
à un coup de ladite somme ; et il soit ainsi que ledit nostre Saint 

1. Les lignes suivantes ont été ajoutées en 1398. 

2. Saint-Remy-de-Provence (Bouches-du-Rhône, arrondissement d'Arles, 
chef-lieu de canton). 

3. Pélissanne (Bouches-du-Rhône, canton de Salon). 

4. Pertuis (Yaucluse, arrondissement d'Apt, chef-lieu de canton). 



272 SOCIÉTÉ 

Père ait esté audit messire Raymon les beneiices de Saint Hemi 
et de Pelissaine et de Pertnz, et pris les fmis d'iceulx par Tj années, 
et de Pertuz depuis la Tonssains en ça : requiert ledit messire Ray- 
mon estre restitué es diz bénéfices des dictes années, qui se montent 
plus de xij'B florins^ et que nostre Saint Père conferme la bulle 
sur ce faicte par son prédécesseur, car, en la paix faicte entre nostre 
Saint Père et ledit messire Raymon par les gens du Roy, le Pape 
et le Collège doivent confermer les dictes choses en la plus forte 
manière que faire se pourra. 

[Réponse de 4395 :] Respandetur qtiod per factum vel operam 
[domini nostri dictus] dominus Raymundus nichil perdidit, 
quodque ipse pacem de qua supra fit [sermo] non servavit. 
Quare non débet contentis in ea gaudere, etc. 

[Note ajoutée en 1398 :] Item, messeigneurs les cardinaux ont 
mandé à Mgr de Beaufort, par maistre Paul et Pierre Meingot, qui 
feist la procuracion de cel arbitrage, car messeigneurs les cardi- 
naux lui garderoient bien son droit, et qu'il meist par escript ses 
mémoires à part; car, se que Mgr de Beaufort mettroit en ses 
mémoires, messeigneurs les cardinaux li garderoiisnt bien son 
droit entièrement. Et Mgr de Beaufort supplie à mesdiz seigneurs 
les cardinaux que ilz vueiilent faire confermer les bénéfices par la 
manière que le Pape et TEglise en est obligée, et qui donne sen- 
tence d'escommeniement à touz ceulx qui mettront empeschement 
que Mgr de Beaufort n*ait les diz bénéfices et les frais, et qu'ilz 
mettent entredit es villes de Pertuz, de Pelissane et de Saint Rémi 
jusques à tant que ilz aient paie à Mgr de Beaufort la valeur des 
bénéfices et arrérages. 

XXX Vn. — Item, comme ce soit chose que nostre Saint Père 
derrenierement trespassé, sanz cause et sanz raison, ait fait mettre 
le siège devant Alêne >, et destruit ledit lieu, etSavace^ : requiert 
ledit messire Raymon que les diz lieux soient remis en la main de 
Ifme de Yalentinoys, et que on lui en baille la possession, et que 
on lui amende les dommages qui lui ont esté faiz ; car ma dicte 
dame de Yalentinois ne mère mal de ce que le Bastart^ faisoit à 

1. Dans le texte de 1395, les lignes qui précèdent sont remplacées par 
ces mots : c ... pour iij années, qoi se montent pins de ii^" florins. » 

2. Leyne (Drôme, commune de Savasse). 

3. Savasse (Dréme, canton de Marsanne). 

4. Tristan de Beaufort, fils naturel de Guillaume II Roger de Beaufort. 



DE L'HISTOIBE DE FRANGE. 273 

Gastel neaf ^ ; et, d'autre part, requiert ledit messire Raymon que 
le lieu de Gastel neuf soit mis en la main de madicte dame de 
Yalentinois. 

[Réponse de ^395 :] Respondetur quodpetat a Dalphino,qui 
tehet dicta castra ^. 

XXXVni. — [Articles ajoutés en 1398 :] Item, il est venté 
que, Tan mil CGC IIII»» et Xlin, ou mois de février, le premier 
an de la creacion de nostre saint père pape Benoist, que aujour- 
d'hui [est] , par certain trectié de . paix entre M»* la royne de 
Sicille, en nom du roy Loys, son filz, et le paîs de Prouvence, 
d'une part, et Mgr de Beaufort qui est huy, d'autre part, de la 
voulenté, consentement et exprès commandement de nostre saint 
père le Pape, et par Tordenance de nosseigneurs les cardinaux 
d'Amiens, Thurin, Albane^ et Petramale^, Penestre*, Jherusalem*, 
Agrifueille^ et le Vert^, touz assemblez en l'ostel de Mgr d'Amiens, 
Tan dessusdit et le mi« jour de février, maistre Henry de Marie, 
Fun des présidons de Parlement, et maistre Pierre le Fevre, 
conseiller du Roy en son Parlement à Paris, lesquelz furent 
envolez à Partuz devers Mgr de Beaufort qui est huy, au conduit 
de Mgr Girart de Bourbon, pour les tenir seeurs des Prouvençaz, 
et au conduit de maistre Paul et de Jehan David, pour les tenir 
seeurs des gens de Mgr de Beaufort, et fu ordené par les seigneurs 
cardinaux que aus diz maistre Paul et Jehan David le -chambel- 
lan du Pape donnast lettres certifficatoires de seurté, car Mgr de 
Beaufort n'a voit point pour lors de guerre au Pape; laquele sceurté 
le chambellan du Pape ne voult donner, et disoit qu'il ne povoit 
jà chaloir, et que Mgr de Beaufort qui est huy n'avoit point de 
guerre au Pape. Après, les diz maistre Paul et Jehan David alerent 
prendre congié de nostre saint père le Pape, en la présence du 
prevost de Thoulouse, de Tevesque de Terrassone et de l'evesque 

1. GhAteauneuf-de-Mazenc (Drôme, canton de Dienlefit). 

2. Anenn des articles qui suivent ne se trouve dans le ms. 4 de la Gol- 
lection de Périgord. On lit du reste en marge de cet article, dans la 
pièce E 1144, n* 37 : c Iste non est in primo datis, nec aUl sequentes. » 

3. Nicolas Brancaccio. 

4. Galeotto Tarlato di Pietramala. 

5. Guy de Malesset. 

6. Bertrand de Ghanac. 

7. Guillaume d'Aigrefeuille. 

8. Sans doute Pierre de Vergne. 



274 SOCIÉTÉ 

du Pay, qui pour le temps estoit evesque de Saintes^, où nostre 
saint père le Pape estoit en la chambre de Romme, conmianda à 
maistre Paul et Jehan David qu'ilz allassent à Partuz, pour con- 
duire lesdiz maistres Henry de Marie et maistre Pierre le Fevre, 
en leur enchargant de dire certaines paroles à Mgr de Beaufort qui 
esthuy touchans le fait d'eulx deulz, en les assurant que, en la terre 
de PEglise, ne entour Avignon, que lesdiz maistre Paul et Jehan 
David n'auroient mal ne dommage en corps ne en biens, en aucune 
manière, et que hardiement alassent et retournassent seurement ; 
et, sur la dicte assurance faicte par le Pape de sa bouche, maistre 
Paul et Jehan David se myrent au chemin pour aler devers Mgr de 
Beaufort qui est huy, à Partuz, en la compaignie des dessus 
diz; et, au retourner de Pertus à Avignon devers nostre saint 
père le Pape, Jehan de Petigny et Pierre d'Espaigne, escuier de 
Mgr le cardinal de Viviers, partirent d'Avignon le xv« jour dudit 
moys de février, armez et acompaignez de divers variés à cheval; 
es vignes d'Avignon, emprisonnèrent les diz maistre Paul et Jehan 
David et le varlet de maistre Paul, et leur estèrent leurs chevaux, 
robes et argent, lettres et apointemens qui portoient sus le trectié 
par lequel les dessus diz président et maistre Pierre Lefevre furent 
envolez à Partuz, et menèrent lesdiz maistre Paul et Jehan David 
à Mornas^, ou chastel, au plus hauit, qui est au Pape, où avoit un 
chastellain que on appelioit Estienne de Mentonnay, qui les receut 
en le plus aut de la forteresse, que est du Pape ; et mirent les 
dessus diz es fers et en bonne prison fermée, et maistre Paul en 
la fosse maie et profonde ; et eurent d'eulx les choses cy dessoubz 
particulièrement d éclairées. 

Item, après, quant nostre saint père le Pape seust de la prise 
desdiz maistre Paul et Jehan David, il envola à Mornas son tré- 
sorier et le régent de Yeinisy, où ilz arre[st]erent lesdiz maistre 
Paul et Jehan David es mains du chastellain, du commandement 
du Pape, et par bon instrument, que il ne les laisse transporter 
autre part ; et le trésorier emporta une grant boueste plaines de 
lettres et de mémoires de Mgr de Beaufort qui est huy. Après, 
maistre Paul fut mis à finance à ijc florins, et l florins pour les 
despens, et donna ostages et pièges à paier à certain temps ; et, 
pendent lequel terme, le chambellan de nostre saint père le Pape 
commanda au chastellain de Mornas, du commandement du Pape, 
que il baillast les diz prisonniers à leur maistre, et par ainsi furent 

1. Élie de Lestrange. 

2. Yauclase, canton de BoUène. 



DE L'HISTOIRE DE FRANGE. 275 

menez en Savoye; c'est assavoir Tostaige de maistre Paul, (ont 
tant maistre Paul, comme son oncle) et un sien nepveu {sic), en 
demeura emprison trois ans et trois mois, et encores y est son 
nepveu en Savoye ; et a monté sa finance et les despens v<^ l flo- 
rins ; item plus, en pourchassant la finance et délivrance de ses 
ostages, ij<^ florins. 

XXXIX. --- Item, a eu son maistre {sic) les choses qui s'en- 
suivent de maistre Paul : 

Premièrement : deux chevaux, Tun grison et l'autre morel, qui 
lui coûtèrent iiij" florins. 

Item plus, une espée, ij frans. 

Item plus, unes hottes noires, ij florins. 

Item plus, unes houges èsquelles y avoit les choses qui s'en- 
suivent : premièrement les bouges, ij florins ; 

Item, un vel de coton de la grant fourme, ij florins; 

Item, deux paire de chausses de liere, ij escuz ; 

Item, iij paires de chemises, que grandes que petites, ij florins. 

Item, deux paire de souiers, demi franc. 

Item, en billon par parpilloles, gros de Pape et de royne, et 
autres diverses monnoyes, xxviij florins. 

Item, qu'il estèrent au varlet dudit maistre Paul, xiiij escuz. 

Item, plus avoit es bouges deux mars d'argent en deux tasses, 
xij frans. 

XL. — Et pour ce que ledit maistre Paul es[toit] asse[tré] par 
le Pape, et Mgr de Beaufort n'avoit point lors guerre au Pape, et 
toute la conté de Yenessi et la terre de l'Eglise estoit en bonne 
paix, et aussi [maistre] Paul avoit bonne sceur[té] et saufconduit 
de M»« la royne, dist maistre Paul que nostre saint père le Pape 
lui doit reparer et amender la finance et les dommages qu'il a 
receu et soustenu pour occasion de ladite prise, car lui et Jehan 
David furent pr[ins près] d'Avignon, en forés, et furent menez en 
la forteresse du Pape, et ceulx qui les prindrent estoient fam[il- 
liers] des cardinaux, comme dit est; et, se nostre S[aint] Père 
disoit que le chastellain de Mornaz n'estoit mie [ob]eïssant à lui, 
maistre Paul dit que, sauve sa révérence, ledit chastellain lui 
fut tousjours obéissant; et appert bien : car, par le commande- 
ment que le trésorier du Pape et le régent de Yenessi firent de par 
le Pape audit chastellain qui ne laissât aler le dit maistre Paul et 
Jehan David, ne transporter autre part senz [le] congié du Pape ; 
et, par vertu dudit commandement, ledit chastellain retint arresté 
ledit maistre Paul et Jehan [David] jusques à tant que, par le 



276 SOCIÉTÉ DE L^HISTOIRB DE FRANGE. 

commandement du Pape ou de son Chambellan, il les rendist à 
ceulx qui les avoient prins et les menèrent en 8avoye ; et, par sem- 
blable raison, dist maistre Paul que le Pape les eust peu délivrer 
et commander audit chastellain qu'il les laissast aler, à touz leurs 
biens, [librement] et quittement, comme il lui fist commander 
[de les tenir] arrestez ; car aussi ledit chastellain afiCerma et dist 
[qu'il] les eust laissié aler quittement, se le Pape lui eust 
commandé. 



TABLE DES MATIERES 

CONTENUES 

DANS LA SEœNDE PARUE 

DE L'ANNUAIRE-BULLETIN 

DS L'ARNéE ^1889. 



^n nouveau manuscrit de la Règle du Temple, par M. J. Delà- 
ville Le Roulx, p. 185. 

vttaymond de Turenne et les papes d'Avignon (1386-1408), par 
•M. Noël Valois, d'après un document transcrit par M. Camille 
RiVAiN, p. 215. 



Nogent-le-Rotroa, imprimerie Daupelst-Gouterneur. 



LISTE 

DES OUVRAGES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ 

DEPUIS 8A FONDATION BN 1834, 

A PilRIS, CHEZ RSNOUARD, LIBRAIRE, RUB DE TOURNON, Nl6 

H. LAURENS, snGOBSSBnR. 



Font partie de la Société toutes les personnes qni sont agréées par le 
Ck>nseil sur la présentation de denx membres. Les demandes d'admission 
penyent être adressées au secrétaire de la Société, 60, rue des Francs- 
Bourgeois, aux ArchiTes nationales. Le chiffre de la cotisation annuelle 
est fixé à 30 francs ; elle est rachetable moyennant le Tersement d'une 
somme unique de 300 francs, qui donne le titre de sociétaire à vie. 
Les sociétaires reçoivent, chaque année, quatre volumes de chroniques, de 
mémoires ou de correspondances et un volume d' Annuaire-Bulletin. Ils 
peuvent acquérir les publications antérieures à leur inscription, au prix 
de 7 francs le volume ; le prix est de 9 francs pour les personnes qui ne 
font pas partie de la Société. 

Tous les ouvrages publiés par la Société sont pourvus de tables 
analytiques. 



Annuairbs de la Société de l'Histoire de Frange, de 1837 à 1863 ; 
in-18. Prix : 2 et 3 fr. Les années 1845-1848, 1853, 1859, 1861 et 1862 
sont épuisées. 

Entre autres notices et nomenclatures que contient cette collection, 
nous citerons les listes des évéchés et archevêchés (années 1838, 1844- 
1849), des monastères de France (1838), des grands feudataires (1855, 
1856), des saints (1857, 1858, 1860), des ambassadeurs de France et 
en France (1848 et 1850), la^topographie ecclésiastique de la France 
(1859, 1861-1863). 

Bulletin de la Sogi^t^ de l'Histoire de Frange, années 1834 et 1835; 
4 vol. in-8»; prix : 18 francs. Les années 1836-1856 et 1859-1862 sont 
épuisées. Années 1857 et 1858, 1 vol.; prix : 6 francs. 

Recueil destiné à faire connaître les travaux de la Société, compre- 
nant, en outre, un grand nombre d'articles bibliographiques, de notices 
historiques et de documents originaux. 

Table générale du Bulletin, 1834-1856 ; in-8''. Prix : 3 francs. 
ANNUAIRE-BULLETIN, T. XXVI, 1889. 19 



II LISTE DES OUVRAGES 

Au Balletin de 1861-1862 est jointe une table des matières contenues 
dans les Tolumes des années 1857-1862, 

Annuairb -Bulletin db la Société db l'Histoirb db Frangb, années 
1863-1868, 1'* et 2* parties ; in-8« ; prix : 9 francs. Années 1869, 1870- 
1871, 1872 à 1889 ; in-8^ prix : 5 francs. 

Nombreux articles, documents et nomenclatures, tels que la liste des 
chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit (1863}, l'inventaire de la collection 
Godefroy (1865 et 1866}, la notice sur le Cartulaire du comte de Rethel 
(1867}, ete. 

Table oénérâlb db l'Annuairb-Bullbtin (1863-1884); uhS\ Prix : 2 fr. 



LTsTOiRB db li Normant bt la Gbroniqub db Robbet Visgabt, par 
Aimé, moine du Mont-Gabsin, publiées pour la .première fois, d'après 
un manuscrit français inédit du zm* siècle, appartenant à la Biblio- 
thèque royale, par M. GhampoUion-Figeac, 1835, 1 vol. {épuisé). 

V Histoire conduit le récit des expéditions normandes jusqu'à la mort 
de Richard, prince de Capoue, en 1078. La Chronique descend jus- 
qu'à Pierre d'Aragon, couronné roi de Sicile en 1282. 

Histoire bccolésiastique des Francs, par Grégoire de Tours, publiée 

par MM. Guadet et Taranne, 1836-1837, 4 vol. {La traduction est épuisée.) 

Le texte latin a été revu sur de nouveaux manuscrits appartenant 

à la bibliothèque de Gambrai et à la Bibliothèque nationale ; il est 

suivi d'une traduction française. 

Lettres du cardinal Mazarin a la Reine, a la princesse palatine, 
etc., écrites pendant sa retraite hors de Frange en 1651 et 1652, 
publiées par M. Ravenel, 1836, 1 vol. (épuisé. Il reste quelques exem- 
plaires sur grand papier; prix : 20 francs). 

Quatre-vingt-quinze lettres trouvées dans les papiers de Baluze, et 
propres à éclairer les rapports intimes de Mazarin avec Anne d'Autriche. 

MÉMOIRES DE Pierre de Fenin, comprenant le récit des événements qui 
se sont passés en France et en Bourgogne sous les règnes de Charles Yi 
et Charles VII (1407-1427), pubUés par M»'» Dupont, 1837, 1 vol. 

Chronique française, en partie inédite, publiée d'après un nouveau 
manuscrit appartenant à la Bibliothèque nationale, accompagnée de 
notes historiques et de trente et une pièces justificatives. 

De la gonquestb de Constantinoblb, par Joffroi de Villbhardouin, 
édition faite par M. Paulin Paris, 1838, 1 vol. {épuisé). 

Texte revu sur de nouveaux manuscrite appartenant à la Bibliothèque 
nationale, accompagné de notes et de commentaires. 

OrDBRIGI YrTALIS, ANOUOENJB, CKENOBU UtIGBNSIS MONAOHI, HiSTORLB 

bgolbsiastioa ubri trbdegim, publiés par M. Aug. le Prévost, 1838- 
1855, 5 vol. 
Ouvrage plein de renseignemento précieux, notamment sur l'histoire^ 



PUBLIÉS PAR LÀ SOCIÉTÉ. ni 

de Normandie et d'Angleterre JoBqa'en 1141. Notice de IL L. Deliftle 
•nr l'abbaye de SaintrÉvroal, sur Orderic et son orayre. 

COBBBSPONDANCB DB L'BlCPBRBim I^AXIIOLIBN !** BT DB ILOIOUBBITB, SA 

FiixB, oouTBaNANTB DBS Fats-Bas, DB 1507 A 1519^ pnbliéo par M. le 
Glay, 1839, 2 vol. 

Plus de six cents lettres inédites, tirées des arcbires de l'ancienne 
chambre des comptes de Lille, pleines de renseignements intéressants 
snr la fin du règne de Louis XII et le commencement du règne de 
François I*% 

HlSTOlRB DBS DUOS DB NORICANDIB BT DBS BOIS d'ÀNOLBTBRBB, pUbUéC, 

d'après deux manuscrits de la Bibliothèque du Roi, par M. Francisque 
Michel, 1840, 1 vol. (épuUé). 

Première édition complète d'une chronique française qui s'étend 
depuis l'invasion des Normands en France jusqu'à l'année 1220. A la 
suite, relation en vers du tournoi de Ham, par Sarrazin, trouvère du 
xin* siècle. 

ŒuTRBS coxPLtaBà d'Éoxnhaed, pubUées par M. A. Teulet, 1840-1843, 

2 vol. {le tome /*' est épuisé). 

Vita Karoli imperatoris ; Annales Franeorum; EpUAoUe; Historia 
translationis beatorum Christi martyrum Marcdlini et Pétri, Nou- 
yelle édition, accompagnée de variantes, d'une traduction française et 
de notes. 

MiMOiBBS DB Philippb DB CoMMTNBS, publiés par H"* Dupont, 1840-1847, 

3 vol. {tome J*' épvisé; le tome II ne peut être vendu séparément). 
Nouvelle édition, revue sur les manuscrits de la Bibliothèque natio- 
nale, accompagnée d'une notice biographique et de nombreuses pièces 
justificatives, pour la plupart inédites. Cet ouvrage a obtenu une pre- 

«mière médaille au concours des Antiquités de la France. 

LBTTRBS DB MaBOUBRITB D^ANaOULÂMB, SŒUR DB FbANÇOIS I", RBINB DB 

Navarbb, publiées, d'après les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, 
par M. Génin, 1841, 1 vol. 

Cent soixante et onze lettres inédites, accompagnées de notes, de 
pièces justificatives et d'une notice biographique. 

PnOGÀS DB CONDAMNATION BT DB REHABILITATION DB JeANNB d'ArG, pubUéS 

par M. Jules Quicherat, 1841-1849, 5 vol. {les tomes 7, // et III ne 
peuvent être vendus séparément). 

M. Quicherat a groupé, à la suite du texte inédit des deux procès, 
tous les témoignages des chroniqueurs français, bourguignons, étran- 
gers, et des poètes du xv* siècle. Il y a joint un recueil de documents 
sur la fausse Jeanne d'Arc. Les textes des deux procès sont l'objet 
d'une étude critique développée. 

MéMOiRBS BT Lbttrbs DB Maroxjbritb DB Yalois, pubUés par M. Gues- 
sard, 1842, 1 vol. 

Nouvelle édition des Mémoires (1559-1582). On y a joint une note 



ly LISTE DES OUVRAGES 

jnstificatiTe rédigée par la fiUe de Henri II, en 1574, pour son mari, 
Henri de Nayarre, et de nombrenses lettres inédites (1579-1609), tirées 
des collections des frères Dapuy, de Béthune et de Brienne. 

Lis CouTums db Bbautoibis, par Pmuppn nn Bbaumamoie, publiées 
par M. le comte Beagnot, 1842, 2 toI. (épuisés), 

NouTelle édition, revue d'après les manuscrits de la Bibliothèque 
nationale^ précédée d'une notice sur Beaumanoir. 

NOUTKLLBS LBTrRBS DB LA RBINB DB NaYABBB ADRESSAbS AU ROI FRAN- 
ÇOIS I", SON vrArb, publiées, d'après un manuscrit de la Bibliothèque 
royale, par M. Génin, 1842, 1 toI. 

Cent cinquante et une lettres inédites, arec un Supplément à la 
noUce sur Marguerite d'Angouléme, 

Righbr, Hibtoirb db son tbmpb, publiée par M. J. Guadet, 1845, 2 toI. 
Le texte latin de la chronique de Richer (888-995) a été reproduit 
diaprés l'édition Pertz, traduit en français, annoté et accompagné d'une 
notice critique. 

MiMOlRES DU OOMTB' DB GoUONT-SALiaNT BT Hil£0IRBS DU MARQUIS DB 

ViLLBTTB, publiés par M. Monmerqué, 1841-1844, 1 toI. {épuisé). 

Petits et grands mémoires de Coligny-Sallgny (1617-1686), ces der- 
niers inédits. Correspondance également inédite de Ck>ligny et de son fils 
avec Bnssy-Rabutin. — Mémoires inédits contenant le récit des cam- 
pagnes de mer du marquis de Villette (1672-1704). Mémoires sur la marine 
de France composés par M. de Valincour (1725) et par le comte de 
Toulouse (1724). Correspondances inédites du maréchal d'Estrées et 
d'Abraham Du Quesne a?ec le marquis de Seignelay. 

Chronique latinb db Guillaume db Nanois db 1113 a 1300, avbg lbs 
CONTINUATIONS DB CBTTB Chroniqub DB 1300 A 1368, publiée par M. H. 
Géraud, 1843, 2 vol. • 

NouTclle édition, postérieure à l'édition partielle du Recueil des hiS' 
ioriens des Gaules, revue d'après les manuscrits, annotée et précédée 
d'une introduction sur GuUlaame de Naogis, Jean de Venette, etc. 

Aboistrbs DB l'Hôtel de yillb de Paris pendant la Fronde, publiés 
par MM. Le Roux de Lincy et Douët d'Arcq, 1847-1848, 3 Tol. (tome J 
épuisé). 

Copie inédite des délibérations de la Ville dont Louis XIV ayait 
ordonné la suppression (17 août 1648-13 octobre 1652). Suit une rela- 
tion de ce qui s'est passé dans la ville et l'abbaye de Saint-Denis à la 
même époque. 

ViB DB SAINT Louis, par Le Nain de Tillemont, publiée pour la pre- 
mière fois par M. J. de Gaulle, 1847-1851, 6 vol. 

Restitution intégrale d'un des plus précieui ouvrages, et l'un des plus 
complets, qu'ait produits l'érudition française au xyii* siècle. La destruc- 
tion des copies de documents faites par Le Nain de Tillemont rend 
encore plus nécessaire de recourir k%?i Vie de saint Louis* 



PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. V 

Journal historioub kt anbgdotiqub du rèonb db Louis XY, par Bar- 
BiBR, publié par M. A. de la YillegiUe, 1847-1856, 4 toI. {tomes I, Il 
et m épuisés). 

Première édition de ce célèbre journal, accompagnée de notes et pré- 
cédée d'une notice sur l'auleur. 

BiBuooRAPEiB DBS Makarinadbs, pUbllée par M. G. Moreau, 1850-1851, 
3 vol. 

Plus de quatre mille deux cents Mazarinades sont rangées par ordre 
alphabétique, plusieurs analysées ou publiées par fragments. Suiyent 
des tables chronologique et analytique. Cet ouvrage a obtenu une 
mention très honorable au concours des Antiquités de la France. 

Comptes db l'Argbntbrib dbs rois db Frangb au xiy* siàolb, publiés 
par M. Douët d'Arcq, 1851, 1 vol. (épuisé). 

Comptes de Geoffroy de Fleuri (1316) et d'Etienne de la Fontaine 
(1352). Journal de la dépense du roi Jean en Angleterre. Dépenses du 
mariage de Blanche de. Bourbon, reine de Castille (1352). Inventaire du 
garde-meuble de l'Argenterie (1353). Vaisselle du roi Jean (1363). Ces 
pièces inédites sont accompagnées d'un glossaire des termes techniques 
et d'une dissertation sur les comptes de l'Argenterie. 

Mbmoirbs db Damibl db Cosnag, ARCHBvâQUB d'Aix, publiés par le comte 
J. de Cosnac, 1852, 2 vol. {épuisés). 

Mémoires et documents inédits d'un haut intérêt pour l'histoire de la 
cour et du clergé sous Louis XIV. 

Choix db ICazarinadbs, publié par M. C. Moreau, 1853, 2 vol. {le tome I*' 
ne peut être vendu séparément). 

Recueil de pamphlets qui joignent à un certain mérite littéraire 
l'avantage de faire connaître les opinions et les intérêts des partis, les 
caractères et la situation des personnages de la Fronde. 

Journal d'un Bouroboib db Paris sous lb ràonb db François I*', 
publié par M. L. Lalanne, 1854, 1 vol. {épuisé). 
Chronique parisienne inédite embrassant les années 1515 à 1536. 

MÉMOiRBB DB Mathibu Mol^, publiés par M. A. Champollion-Figeac, 
1855-1857, 4 vol. 

Notes, pièces et journal inédits (1861-1869), précédés d'une introduc- 
tion par le comte Moié, accompagnés de notes et suivis de nombreux 
appendices. 

Histoire db Charles VII bt db Louis XI, par Thomas Basin, évéque 
de Lisieux, publiée par M. Jules Quicherat, 1855-1859, 4 voU {tome I 
épuisé). 

Chronique latine, presque entièrement inédite, restituée à son véri- 
table auteur et publiée avec accompagnement de sommaires et de pièces 
justificatives. L'éditeur, qui a joint aux deux Histoires une Apologie de 
Thomas Basin, un Breviloquium ou abrégé de sa vie, ainsi que des 



YI LISTE DES OUVRAGES 

extraits de ses autres ouvrages, a condensé dans une étude préliminaire 
les principaux traits de sa biographie. 

Ceboniqubs DB8 00MTB8 d'Anjou, publiées par MM. P. Harchegay et A. 
Salmon (t. l*' des Chroniques d'Anjou), 1856, 1 vol. (épuisé). 

Nouvelle édition des Gesto consulum Andegavorumy de i'Bistoria 
Gaufredit comtUs Andegavorum, du Liber de ctnnposiUone casiri 
Ambazix et des Geita dominorum ipHus aistri, du Fragmentum 
historix Andegavensis a Fulcone comité scriptum, du Commeniarius 
Hugonis de Cleeriis de nunjoralu et senescalcia Francix Andegavo- 
rum olim comUibu$ collatis. Textes particulièrement utiles pour This- 
toire de l'Anjou jusqu'au xui* siècle. 

La Chronique d'Enoueeran de Monbteelet, publiée par M. Dou6t 
d'Arcq, 1857-1862, 6 vol. [tomes I et III épuisés). 

Le texte de Monstrelet (1400-1444) a été revu sur les manuscrits de la 
Bibliothèque nationale : il est suivi de la chronique bourguignonne 
anonyme du règne de Charles YI dite des Cordeliers (1400-1422). 

Les LiVees des Miracles et autbes opuscules de Grégoire de Tours, 
publiés par M. H. Bordier, 1857-1865, 4 vol. [les tomes I et II sont 
épuiséSy sauf quelques exemplaires sttr grand papier). 

De Gloria martyrum, De miraculis S. Juliani, De virttUibus 
5. Martini, De gloria confessorum, Vit» patrum. De cursu steU 
larum, etc. Textes latins revus sur de nouveaux manuscrits, accom- 
pagnés d'une traduction française et suivis d'une bibliographie des 
ouvrages de Grégoire de Tours. 

Les Miracles de saint Benoît, icRrrs par Adrewald, Aimoin, André, 
Raoul Tortaire et Hugues de Sainte-Marie, moines de Fleurt, 
publiés par M. £. de Certain^ 1858, 1 vol. 

Textes latins, en partie inédits, fournissant des détails précieux sur 
l'abbaye de Fleur y-sur-Loire, sur l'histoire ecclésiastique et sur l'histoire 
générale depuis l'invasion des Lombards en Italie jusqu'à l'année 1108. 

Anghiennes Cbronigques d'Enolbteere par Jehan de Wayrin, publiées 
par M"* Dupont, 1858-1863, 3 vol. (tome II épuisé, sauf un exemplaire 
sur vélin). 

Ont été extraits de l'œuvre de Wavrin les chapitres inédits qui 
offraient le plus d'intérêt pour l'histoire de France de 1325 À 1471. Ils 
sont suivis d'une Histoire inédite de Charles le Téméraire, tirée d'un 
manuscrit du Musée britannique. 

Journal et Mémoires du marquis d'Argenson, publiés par M. Rathery, 
1859-1867, 9 vol. (tome l*' épuisé; le tome II ne peut être vendu sépa- 
rément). 

Mémoires publiés pour la première fois dans leur intégrité, d'après 
les manuscrits autographes, aujourd'hui détruits, de la Bibliothèque du 
Louvre (années 1697-1757). 

MÉMOIRES DU MARQUIS DE BbAUVAIS-NaNGIS ET JoURNAL DU PROCÈS DE 



PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. VII 

La Boulate, publiés par MM. Monmerqué et Taillandier, 1862, 1 vol. 
Les mémoires inédits de Nicolas de Brîchanteau, marqais de Beau- 
Tais-Nangis, embrassent les années 1562 à 1641. Le procès de la Bou- 
laye fait connaître un incident de l'époque de la Fronde. 

Chronique des quatre premiers Valois (1327-1393), publiée par M. S. 
Luce, 1862, 1 vol. 

Chronique inédite, rédigée en français dans les dernières années du 
ziY* siècle, probablement par un clerc de Rouen, révélant plusieurs 
faits complètement ignorés et apportant presque sur chaque événement 
de quelque importance un grand nombre de détails précieux. 

Choix de pièges inédites relatives au rèone de Charles VI, publiées 
par M. Douet d'Arcq, 1863-1864, 2 vol. 

Le premier volume contient des pièces d'un intérêt général : instruc- 
tions diplomatiques, traités, règlements, acquisitions du domaine, etc. 
Le second, plus important pour l'histoire de la vie privée, est rempli 
de fragments de comptes, d'inventaires, de lettres de grâce ou de 
rémission, etc., tirés des Archives nationales. 

Chronique de Mathieu d'Esgoucht, publiée par M. du Fresne de Beau- 
court, 1863-1864, 3 vol. 

Chronique française (1444-1461), en partie inédite, précédée d'une 
biographie de Mathieu d'Escouchy et suivie d'un grand nombre de pièces 
justificatives. Cet ouvrage a obtenu une première mention au concours 
des Antiquités de la France. 

Commentaires et Lettres de Blaise de Monlug, maréchal de France, 
publiés par M. A. de Ruble, 1864-1872, 5 vol. {tome !•' épuisé). 

Restitution du texte authentique des Commentaires (1521-1576), 
qui avait été altéré et mutilé dans les précédentes éditions. Les deux 
derniers volumes, qui se composent de deux cent soixante-dix lettres 
inédites, forment en quelque sorte un ouvrage distinct, complémentaire 
du premier. 

Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantôme, 
publiées par M. Lalanne, 1864-1882, 11 vol. parus {tomes I et II épuisés; 
les tomes IV et V ne peuvent élre vendus séparément). 

Édition revue sur les manuscrits, pourvue de variantes et de notes. 
Poésies inédites publiées par M. le D' £. Galy. Lexique couronné en 
1881, par l'Académie française, au concours Archon-Despérouses. 

Comptes de l'hôtel des rois de Frange aux xiv* et zy* siàcles, publiés 
par M. Doaet d'Arcq, 1865, 1 vol. 

Reproduction intégrale ou partielle de onze comptes de Thôtel du roi 
Charles VI, d'un compte de l'hôtel de la reine Isabeau de Bavière 
(1401), de deux comptes de l'hôtel du roi Charles VU (1450), de deux 
comptes de l'hôtel de Jean, duc de Berry (1397 et 1398), et de trois 
comptes de la chambre du roi Louis XI. Ces pièces fournissent d'utiles 
renseignements sur le personnel de la maison des princes, sur leurs 
relations politiques, sur leurs itinéraires, sur les beaux<arts, etc. 



Vm LISTE DES OUVRAGES 

RouLKAUx DBS MORTS, BU IX* AU XY* siàcLs, pQbUéft par M. L. Delisle, 

1866, 1 Yol. 

Reprodaction intégrale ou partielle de près de cent drcnlairefl, pour la 
plupart inédites, destinées à notifier la mort de quelque membre ou bien- 
faiteur de couvent (souvent il s'agit d'un personnage célèbre dans l'his- 
toire ou la littérature) ; elles contiennent, en prose ou en vers latins, la 
biographie du défunt, ainsi que le titre, plus ou moins long, qu'il était 
d'usage d'inscrire pour accuser réception du rouleau mortuaire. 

ŒuTRBS ooMPLitiBS DB SuoBR, pubUées par M. A. Lecoy de la Marche, 

1867, 1 vol. 

Pour la première fois réunies en un corps et collationnées sur les 
manuscrits, les œuvres latines du célèbre abbé de Saint-Denis com- 
prennent la Vie de Louii le Gros, le Mémoire de Suger sur son admi" 
nistration abbatiale, le récit De la consécration de l'église de Saint- 
Denis, en 1143, vingt-six lettres et treize chartes; on y a joint la Vie 
de Suger, écrite par un religieux du nom de Guillaume, et divers 
témoignages contemporains relatifs au même* abbé. 

HiSTOiRB DB SAINT LOUIS, PAR JbAN, SIRB DB JoiNTILLB, SUlVÎe du CredO 

et de la lettre à Louis X, publiée par M. N. de Wailly, 1868, 1 vol. 

Texte ramené, pour la première fois, à l'orthographe des chartes du 
sire de Joinville. Édition enrichie d'un vocabulaire et de plusieurs 
éclaircissements. 

MÉMonucs DB Madamb DB MoRNAT, publlés par H"* de Witt, 1868-1869, 
2 vol. 

Nouvelle édition, revue sur les manuscrits, des mémoires calvinistes 
de la femme de Philippe du Plessis-Mornay; renseigqements nombreux 
sur les règnes de Charles IX, de Henri III et de Henri IV. Soixante- 
dix-neuf lettres inédites. Notice par M. Guizot. 

Ghromiqubs DBS A0LISB8 d'Anjou, publiées par MM. P. Marchegay et 
Ém. Mabille (t. II des Chroniqubs d'Anjou), 1869, 1 vol. 

Chroniques latines de Saint-Maurice (320-1106), de Saint-Aubin (768- 
1357), de Saint-Serge d'Angers (768-1215), de Saint-Sauveur-de-rÉvière 
(678-1251), de Saint-Florent de Saumur (700-1236), de Maillezais (768- 
1140), etc. 

Chroniqubs DB J. Froissart, publiées par M. Siméon Luce, 1869-1888, 
10 vol. parus ((e tome II ne peut être vendu séparément). 

Les volumes déjà parus embrassent les années 1307 à 1377. Texte 
accompagné de variantes, de sommaires et de commentaires historiques. 
Introduction dans laquelle sont classés les différentes rédactions et les 
divers manuscrits du premier livre des Chroniques, Cet ouvrage a 
obtenu le grand prix Gobert de l'Académie des inscriptions et belles - 
leltres. 

Journal db ma vis, Mémoirbs du marbghal db Bassompibrrb, publiés 
par M. le marquis de Chantérac, 1870-1877, 4 vol. 
Première édition du Journal (1579-1640) conforme au manuscrit ori- 



PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. IX 

ginal (français n** 17478-17479 de la Bibl. nat.). Notice historique et 
bibliographique. Notes et appendices. 

Les Amnalbs db Saint-Bbatin bt db Saint- Vaast, publiées par M. Tabbé 
G. Dehaisnes, 1871, 1 toI. 

Annales lalines présentant le récit contemporain le plus exact des 
éTénements accomplis entre les années 830 et 899. Nouvelle édition, 
enrichie de notes et de varianteSi suivie d'une chronique inédite allant 
jusqu'à l'année 874. 

Ghroniqub d'Ernoul bt db Bernard lb TRisoRiBR, publiée par M. L. de 
Mas Latrie, 1871, 1 vol. 

Cette chronique française, qui embrasse l'histoire des croisades 
depuis 1099 jusqu'à 1231, est publiée pour la première fois d'après les 
manuscrits de Bruxelles, de Paris et de Berne. On l'a fait suivre d'un 
Essai de classification des continuateurs de Guillaume de Tyr, 

Introduction aux Chroniques des Comtes d'Anjou, par M. Habille, 
1872, 1 vol. 

Étude critique sur les textes qui composent le tome I*' des Chro- 
niqties d'Anjou, suivie de dissertations sur l'histoire des premiers 
comtes d'Anjou et de pièces justificatives. 

Histoire de B^arn et de Navarre, par Nicolas de Bordbnave (1517 
A 1572), msTORiooRAPHE DE LA MAISON DE Navarrb, pubUéc par M. P. 
Raymond, 1873, 1 vol. 

Ouvrage inédit, composé par le ministre protestant Bordenave, sur 
Tordre de Jeanne d'Albret. 

Chroniques de Saint-Martial de Limoges, publiées par M. H. Duplès- 
Agier, 1874, 1 vol. 

Huit chroniques latines, fournissant de nombreux renseignements sur 
l'histoire du monastère de Saint-Martial et sur celle de l'Aquitaine (804- 
1658). Œuvres diverses de Bernard Itier. Pièces relatives aux abbés, 
aux moines et à la bibliothèque de Saint-Martial. 

Nouveau regubil de comptes de l'Argenterie des rois de Frange, 
publié par M. Douët d'Àrcq, 1874, 1 vol. 

Comptes de draps d'or et de soie rendus par Targenlier de Philippe 
le Long, en 1317, et par le mercier de Philippe de Valois, en 1342. 
Inventaire, après décès, des biens de la reine Clémence de Hongrie (1328). 
Compte d'un argentier de Charles Yl, en 1387. Textes inédits, précédés 
d'une étude sur les argentiers et sur leurs comptes. 

La Chanson de la croisade contre les Albigeois, publiée par M. P. 
Meyer, 1875-1879, 2 vol. 

Poème historique, en langue méridionale, commencé par Guillaume 

de Tudèle, continué par un auteur anonyme. Cette édition, qui a obtenu 

le grand prix Gobert de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres, 

. comprend une introduction critique et philologique, un vocabulaire 

(t. V), une traduction et un commentaire historique (t. II). 



X LISTE DES OUVRAGES 

Rbqits d'un iffiNBSTRKL DB Rbim8 AU XIII* siiKSLB, pubUés par M. N. de 
Wailly, 1876, 1 vol. 

Précédemment édité sous le titre de Chronique de Ràins, ce texte 
français, qui se réfère aux règnes de Louis VU, de Philippe-Auguste, 
de Louis VIII et de saint Louis, avait subi de nombreuses altérations. 
Il est accompagné d'un vocabulaire et d'un commentaire critiquei d'au- 
tant plus utile que les récits dont il se compose semblent avoir un 
caractère moins historique que satirique et littéraire. 

La Chboniqub du bon duo Lots db Bou&bon, publiée par M. A. Chazaud, 
1876, 1 vol. 

Vie de Louis II de Bourbon (1337-1410), composée en français, vers 
1429, par Jean Cabaret d'Orville et par Jean de Ghâteaumorand, sur 
Tordre du comte de Glermont. Édition revue sur les manuscrits de 
Saint-Pétersbourg, de Bruxelles et de Paris. 

Chboniqub db Jban lb FàYRB, sbionbur db Saint-Rbmt, publiée par 
M. F. Morand, 1876-1881^ 2 vol. 

Composée par le roi d'armes de Tordre de la Toison d'or, cette Chro- 
nique française embrasse les années 1408 à 1435. Texte établi sur un 
manuscrit appartenant à la bibliothèque de Boulogne-sur-Mer. Notice 
biographique sur Jean le Fèvre. 

AneGDOTBS HISTORIQUBS, Ll&GBNDBS ET APOLOOUBS TIRES DU RECUEIL 
INBDÎT d'ÉtIBNNB DB BOU&BON, DOMINICAIN DU XIII* SIÈCLE, pubUéS par 

M. Lecoy de la Marche, 1877, 1 vol. 

L'éditeur a extrait du Traciatus de diversis materiis praedicaMibus 
d'Etienne de Bourbon, recueil d'exemples à Tusage des prédicateurs, les 
passages les plus propres à éclairer l'histoire des lettres et des mœurs. 

Lettres d'Antoine de Bourbon et de Jehannb d'Albret, publiées par 
M. le marquis de Rochambeau, 1877, 1 vol. 

Plus de deux cents lettres inédites, comprises entre les années 1538 et 
1572, tirées des archives ou bibliothèques de France, d'Angleterre et de 
Russie, les unes intimes, nous initiant aux mœurs privées du xvi* siècle, 
les autres politiques, relatives aux guerres avec Charles-Quint ou aux 
guerres de religion. 

MÉMOIRES INÉDITS DB MiGHBL DB LA HuouBRTB, publlés par M. Ic baroR 
de Ruble, 1877-1880, 3 vol. 

L'auteur, successivement secrétaire ou agent secret de Coligny, de 
Ludovic de Nassau et du prince de Condé, donne sur l'histoire des 
guerres de religion de 1570 à 1588, et sur la vie des chefs de la Réforme, 
des détails nouveaux et confidentiels. 

Histoire du gentil sbionbur de Batart, composés par le Loyal Ser- 
viteur, publiée par M. J. Roman, 1878, 1 vol. 

Nouvelle édition, enrichie d'un glossaire, de pièces justificatives et 
de lettres de Bayart inédites. 

Extraits des auteurs orbgs concernant la géographib bt l'histoire 



PUBUéS PAR LA SOCIÉTÉ. XI 

DBS GATJun, texte et traduction noareUe, publiés par M. E. Gongny, 

1878-1886, 5 rdl. parus. 

de recneil comprend : 1* les géographes ; 2* les historiens ; 3* les phi- 
losophes, les orateurs, les poètes et les écrirains de genres divers qui 
fournissent quelques renseignements sur l'histoire ou la géographie des 
Gaules. 

■ 

MÉMomBS DB Nicolas Goulas, obntilhommb orbinaibb du duo d'Ob- 
Li&AVS, publiés par M. Ch. Constant, 1879-1882, 3 vol. 

Mémoires inédits se rapportant aux années 1627-1651, particulière- 
ment utiles pour l'histoire de Gaston d'Orléans et de son entourage. 

Gbstes DBS ivtQUBS DB Gambrai DB 1092 A 1138, pubUés par le P. Gh. 
de Smedt, 1880, 1 vol. 

Textes latins inédits, les uns en prose, les plus nombreux en vers, 
venant compléter la série des chroniques de Cambrai. 

Lbs Établissbments DB SAINT Louis, par M. P. Yiollet, 1881-1886, 4 vol. 
Introduction comprenant une étude sur les sources, sur la jurisprudence, 
sur l'influence et sur les manuscrits de la compilation connue sous le 
titre d^ÉtablissemetUs de saint Louis, — Texte des ÉiabUssemewts publié 
avec les variantes. — Textes primitifs qui ont servi au compilateur 
(ordonnance sur la procédure au Ghâtelet, ordonnance de saint Louis 
contre les duels, Usage d'Orlenois, coutume de Touraine-Anjou). — 
Textes dérivés ou parallèles. — Notes des précédentes éditions et notes 
nouvelles. — Tabie-glossaire. — Cet ouvrage a obtenu le grand prix 
Gobert de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. 

RBLATION de la cour DB FrAMCB BN 1690, PAR ÉZBGHIBL SpANHBIM, 

BNVOT^ BXTRAORDiNAiRB DB Brandbbouro, publléc par M. Gh. Schefer, 
1882, 1 vol. 

Ce texte, qui n'avait été publié qu'en Allemagne et dans les condi- 
tions les plus défavorables, contient de curieux portraits de Louis XIV 
et des principaux personnages de son entourage, et décrit le mécanisme 
de l'administration civile, ecclésiastique et militaire. Il est suivi de deux 
opuscules attribués aussi à Spanheim, les Remarques sur VÉtat de 
France et les Qualités bonnes et mauvaises des principaux person' 
nages de la cour. 

Chroniqub normands du XIV* siisGLE, publiée par MH. Aug. et Ém. Moli- 
nier, 1882, 1 vol. 

Première édition d'une chronique française anonyme rédigée en Nor- 
mandie, probablement par un noble, et embrassant les années 1294 
4 1372. Sommaire et commentaire historique développé. Cet ouvrage a 
obtenu une médaille au concours des Antiquités de la France. 

Œuvres db Rioord bt db Guillaume lb Brbton, publiées par M. H.-Fr. 
Delaborde, 1882-1886, 2 vol. 

Nouvelle édition, étabUe d'après les manuscrits de Paris, de Rome, de 
Bruxelles et de Londres. Le premier volume comprend les Ge^ Philippi 



Xn LISTE DES OUVRAGES 

Àugniti de Rigoid (1165-1208) et les Gesto Philippi AugwU de Gnil- 
laume le Breton (1 165-1220), avec nne introduction développée sur la 
Tie et les ouvrages des historiens de Philippe-Auguste. Le second 
Tolnme contient la PkUippide, poème latin de Guillaume le Breton, 
avec une table analytique très détaillée. Cet ouvrage a obtenu une 
médaille au concours des Antiquités de la France. 
Lbttrbs db Louis XI, roi db Fbanoe^ publiées par MM. J. Yaesen et 
Et. Gharavay, 1883-1887, 3 vol. parus. 

Le tome P" contient cent vingt-six lettres de Louis Dauphin (1439-1461) 
publiées sur les originaux conservés en France et à l'étranger, cent 
pièces justificatives et douze notices biographiques. Les tomes II et III 
contiennent quatre cent trente-six pièces des neuf premières années du 
règne de Louis XI et de nouvelles pièces justificatives. 

MilfOIRBS n'OuVIBR BB la MaRGHB, MAtTRB d'h^BL BT CAPITAINE DBS 

OAHDBS DB Chaelbs lb Tbmbrairb, pubUés par IfM. H, Beaune et 
J. d'Arbaumont, 1883-1888, 4 vol. 

Texte ramené à sa forme originale d'après le plus ancien manuscrit 
(Bibl. nat., fr. 2868 et 2869), éclairci ou rectifié à l'aide de documents 
d'archives. Le t. IV contient une notice biographique et un certain 
nombre de pièces inédites. 
Mbmoi&bs du mab^hal db Villars, publiés par M. le marquis de 
Vogué, 1884-1889, 3 vol. parus. 

Première édition complète faite d'après le manuscrit original. Les 
trois premiers volumes embrassent les années 1670 à 1713. A partir de 
la p. 301 du tome I*', l'on donne, pour la première fois, le texte authen- 
tique de Villars, qui avait été entièrement remanié par les précédents 
éditeurs. En appendice, correspondances et documents inédits. 

NonoBs BT DOCUMENTS pubUés pour la Société de l'Histoire de France, à 
l'occasion du cinquantième anniversaire de sa fondation, 1884, 1 vol. 

Avec un historique de la Société, dû à M. Gh. Jourdain, ce volume 
comprend trente articles ou publications rangés par ordre chronolo- 
gique depuis le vu* jusqu'au xvui* siècle ; les auteurs sont : MM. le 
duc d'Aumale, Baguenault de Puchesse, E. de Barthélémy, A. Baschet^ 
le marquis de Beaucourt, A. de Boislisle, A. de la Borderie, le duc de 
Broglie, le comte de Gosnac, Fr. Delaborde, L. Delisle, E. Dupont, 
J. Havet, L. Lalanne, A. Longnon, S. Luce, le comte de Loçay, le comte 
de Mas Latrie, A. Molinier, H. Omont, feu Léopold Pannier, G. Picot, 
le comte Riant, J. Roman, le baron de Ruble, Tamizey de Larroque, 
P. Viollet et le marquis de Vogué. 

Journal db Nicolas db Batb, grbffibr du Parlement de Paris (1400- 
1417), publié par M. A. Tuetey, 1885-1888, 2 vol. 

Recueil de notes inscrites par le greffier sur les registres du Conseil, 
des Plaidoiries, des Grands Jours de Troyes, des Matinées, etc., et four- 
nissant de nombreux renseignements sur les événements de l'époque ou 
sur le mécanisme de l'administration. On trouve dans le t. II un Mémo- 



PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ. XIII 

liai latin également dû à Nicolas de Baye, une notice snr sa vie et un 
inTentaire de ses biens meubles. 

La RAolb du Tbmplb, publiée par M. H. de Gurzon, 1886, 1 vol. 

Texte français du xni* siècle, établi diaprés les trois manuscrits de 
Paris, Rome et Dijon, et contenant : 1" la traduction de la Règle latine de 
1128; 2* les statuts hiérarchiques; 3* le règlement de l'existence jour- 
nalière des frères et celui de la tenue des chapitres; 4* le code pénal. 
L'Introduction décrit les manuscrits employés et donne un résumé 
général de Torganisation de l'Ordre. 

HiSTOiRB UNiVERSBLLB, PAR AGRIPPA d'Aubignb, éditlou pubUéc par M. le 
baron A. de Ruble, 1886-1889, 3 vol. parus. 

Nouvelle édition, annotée, d'un ouvrage dont la valeur littéraire 
égale rimportance historique. Le commentaire a pour objet d'expliquer 
et de rectifier, au besoin, les affirmations de cet historien passionné de 
la vie et du règne de Henri lY (1553-1610). Le troisième volume s'ar- 
rête à Tannée 1572. 

Le Jouvencel, par Jean de Bueil, suivi du Commentaire de Guillaume 
Tringant; introduction biographique et littéraire par M. Camille Favre; 
texte établi et annoté par M. Léon Lecestre, 1887-1889, 2 vol. 

Le Jouvencel est une sorte de roman historique composé au 
XV* siècle, ou plutôt un traité d'éducation militaire appuyé d'exemples 
et d'allusions historiques, dans lequel l'auteur, Jean de Bueil, raconte 
les principaux événements de sa vie. L'introduction, très développée, 
de M. Favre retrace Texistence complète de Jean de Bueil (1406-1477). 
Le Commentaire de Tringant donne la clef des pseudonymes. Cet 
ouvrage a obtenu une médaille au concours des Antiquités de la France. 

Chroniques de Louis Xll, par Jean d*Auton, édition publiée par M. R. 
de Maulde la Clavière, 1889, 1 vol. paru. 

Nouvelle édition, revisée quant an texte et amplement annotée, de la 
chronique la plus intéressante et la plus exacte que l'on possède sur 
les débuts du règne de Louis XII, et sur les expéditions d'Italie. Le 
premier volume s'arrête au mois de mars 1501. 



Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupelet-Gouyernbur. 



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